
Crédit photo :
Todd Morris, MPO
Statut selon la LEP : En voie de disparition
Statut selon COSEPAC : En voie de disparition

Les moules d’eau douce sont des mollusques au corps mou sans squelette, donc des invertébrés, qui vivent au fond des ruisseaux, des rivières, des lacs et des étangs. Elles utilisent leur pied musculeux pour creuser et nager et elles sont dotées d’une paire de coquilles articulées. Ce sont des organismes filtreurs, c’est-à-dire des purificateurs d’eau naturelle, qui servent de nourriture à d’autres espèces de la faune comme les poissons, les loutres, les visons, les rats musqués et certains oiseaux. Les moules d’eau douce sont aussi l’une des espèces les plus menacées de disparition sur terre.
Évaluation et Rapport de situation sur la mulette du Necturus (Simpsonaias ambigua) au Canada (2011)
Description
Habitat
Menaces
Renseignements supplémentaires
Information scientifique
La mulette du Necturus (Simpsonaias ambigua), aussi connue sous le nom de mulette du necture, fait partie des 54 espèces de moules d’eau douce du Canada et est la seule espèce du genre Simpsonaias. Elle est également la seule espèce de moules d’eau douce à utiliser un hôte autre qu’un poisson. Comme le dénote son nom, cette espèce utilise un amphibien, le necture tacheté (Necturus maculosus), comme hôte. Elle possède les caractéristiques suivantes :
Simpsonaias ambigua

Institut national de recherche sur les eaux
Au Canada, on trouvait jadis la mulette du Necturus dans les rivières Détroit, Sydenham et Thames, en Ontario. Elle est maintenant limitée à une étendue de 50 km de la rivière Sydenham est, où elle semble se reproduire. Cette espèce de moules, que l’on trouvait jadis également dans 14 États américains, a disparu de 60 % des rivières et des cours d’eau qu’elle occupait aux États-Unis.
On trouve le plus souvent la mulette du Necturus enfouie dans le sable ou la vase sous de grosses roches plates situées dans les zones peu profondes où le courant est rapide, mais on peut parfois la trouver dans la boue et sur les bancs de gravier. Elle habite les zones qui répondent aux exigences de l’hôte de ses larves, soit le necture tacheté, en matière de nidification et d’abri. Dans cet habitat, les glochidies (larves) sont libérées, infestant les branchies du necture tacheté. Lorsque les larves sont transformées en moules juvéniles, elles sont probablement libérées dans la cachette du necture tacheté, ce qui crée de grands groupes de cette espèce dans un seul endroit. On croit que le frai a lieu à la fin de l’été et que les glochidies sont libérées au printemps ou à l’été suivant. Les adultes sont essentiellement sessiles et leurs déplacements se limitent à quelques mètres sur le substrat.
Comme toutes les espèces de moules d’eau douce, la mulette du Necturus filtre la nourriture présente dans l’eau et se nourrit surtout de bactéries et d’algues.
La carte montre la répartition de la mulette du Necturus. La carte indique les siters courants et historiques dans la sud-ouest de l’Ontario

Le déclin de la qualité de l’habitat en raison de l’agriculture intensive, du développement urbain et de la pollution continue de représenter une menace pour la mulette du Necturus. La permanence de cette espèce au Canada peut également reposer sur le statut de son hôte, le necture tacheté, qui ne tolère pas l’envasement et pourrait être menacé par les charges croissantes de sédiments provenant des activités agricoles du bassin versant de la rivière Sydenham. On croit aussi que l’espèce est disparue de la rivière Détroit en raison de la présence des moules zébrées envahissantes (Dreissena polymorpha). La mulette du Necturus est difficile à trouver et est peut-être sous-recensée.
Renseignements supplémentaires
En vertu de la LEP, un programme de rétablissement et un plan d'action ont été élaborés dans le but d'empêcher la disparition de la mulette du Necturus au Canada et de rétablir des populations saines et autosuffisantes dans les rivières Sydenham et Thames, et dans le delta du lac Sainte-Claire.
Des activités de recherche, de gérance des terres et de l'eau, de surveillance et de sensibilisation sont en cours. Une législation provinciale qui réglemente les nutriments agricoles et protège l'eau saine en Ontario a été promulguée. L'habitat essentiel de la mulette du Necturus a également été désigné en vertu de la LEP, ce qui permet une meilleure protection et un meilleur rétablissement de l'habitat de cette espèce.
Sources du texte : Rapport de situation du COSEPAC sur la mulette du Necturus (Simpsonaias ambigua) au Canada. 2001; Metcalfe-Smith et al. Photo Field Guide to the Freshwater Mussels of Ontario, 2005; Pêches et Océans Canada. Plan d’action pour la rivière Sydenham au Canada (proposition), 2012; Pêches et Océans Canada. Programme de rétablissement de la dysnomie ventrue jaune, l’épioblasme tricorne, le pleurobème écarlate, la mulette du Necturus et la villeuse haricot au Canada (proposition), 2012.
Pour un complément d’information, consultez le site Web du Registre de la LEP.