Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Tortue luth
Dr. Scott A. Eckert, Wider Caribbean Sea Turtle Conservation Network (WIDECAST)

Nom scientifique :
Dermochelys coriacea
Taxonomie :
Reptile
Statut LEP :
En voie de disparition (2003)
Statut COSEPAC :
En voie de disparition (2001)
Région : Océans Pacifique et Atlantique

Pas de marche arrière
N’ayant jamais acquis la capacité de nager à reculons, la tortue luth ne peut pas reculer quand elle rencontre des filets de pêche, des cordages et d’autres débris en mer. Cette incapacité cause également de sérieux problèmes aux scientifiques qui tentent de l'élever en captivité. Les animaux maintenus en bassin se cognent continuellement aux parois de l’aquarium et finissent pas se blesser. L'impossibilité d'élever l'espèce en captivité jusqu’à l’âge adulte signifie que les scientifiques ne peuvent pas faire d'observations en vue d'établir le rythme de croissance et la durée de vie. Cela signifie aussi qu'un programme bon départ ne permettrait pas de contribuer aux efforts de conservation de l'espèce.

Tortue luth : Conseils pour la manipulation et la remise à l’eau (dans la région du Golfe)

Espèces aquatiques en péril - Tortue luth

Coup d'œil

Virtuellement inchangée depuis l’époque des dinosaures, la majestueuse tortue luth nage dans les océans du monde entier depuis plus de 90 millions d’années. Malgré sa longue existence, la tortue luth nous cache toujours bien des mystères. Par exemple, nous ne savons pas encore sa durée de vie ni le temps qu’il lui faut pour atteindre sa pleine maturité. Ce que nous savons par contre, c’est qu’elle est une espère en voie de disparition.

Au sujet de la tortue luth

Nageuse puissante et élégante, la tortue luth peut couvrir d'énormes distances en plein océan. Une tortue retrouvée au large de l'île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, s'est rendue aussi loin au sud que Trinidad, en seulement quatre mois. La tortue se propulse dans l'eau à l'aide de ses membres antérieurs à une vitesse qu’on a évalué atteindre 9 km/h.

Elle peut aussi plonger à des profondeurs incroyables – environ 1 000 mètres – et elle peut rester sous l’eau pendant plus d'une heure avant de remonter à la surface.

Comment reconnaître la tortue luth

Le plus gros reptile de la planète, la dossière (ou carapace) de la tortue luth peut atteindre plus de deux mètres de longueur. La tortue luth est aussi la seule tortue marine qui ne possède pas de carapace dure. Au contraire, sa carapace (de couleur bleu nuit) est recouverte d'une peau coriace ayant l'aspect du cuir (d'où le nom anglais « leatherback »). Sous son cuir épais s'étend une couche très riche de tissu conjonctif graisseux et de cartilage entourant une mosaïque de petits nodules osseux imbriqués, ressemblant à un casse-tête.

Comme toutes les tortues marines, la tortue luth possède des nageoires antérieures et postérieures, mais c'est la seule parmi celles-ci dont les nageoires sont dépourvues de griffes. Ses grosses nageoires antérieures sont généralement aussi longues que la moitié de la carapace. La forme du corps présente une zone frontale large et arrondie et une zone caudale triangulaire et pointue. La partie ventrale de la carapace est blanc rosâtre.

Chaque tortue luth présente sur la partie antérieure de la tête une tache rose. Comme nos empreintes digitales, cette tache est unique à chaque tortue. Certains scientifiques pensent que cette tache est sensible à la lumière ou permet de déterminer la position en mer.

Tortue luth
Dr. Scott A. Eckert
 
Tortue luth
Fiona Cuthbert
 
Tortue luth
Fiona Cuthbert
 
Tortue luth
Fiona Cuthbert

Comment conserve-t-elle la chaleur?

La tortue luth peut maintenir sa température corporelle à plus de 18 oC au dessus de la température de l’eau où elle séjourne, ce qui lui permet de survivre dans des eaux beaucoup trop froides pour les autres tortues de mer. On croit qu’une combinaison d’adaptations lui permet de retenir la chaleur qu’elle produit, y compris l’épaisse couche de graisse, le rapport élevé du volume à la surface du corps et l’activité constante. La tortue luth possède aussi des échangeurs de chaleur dans ses nageoires. Veines et artères y sont étroitement enliassées, de sorte que le sang chaud arrivant du cœur par les artères aide à réchauffer le sang froid revenant des nageoires au cœur par les veines, ce qui permet de transférer la chaleur et d’en minimiser la perte. Même si elle est un reptile, la tortue luth peut dans une certaine mesure produire sa propre chaleur, comme un mammifère.

Son habitat

Plus grande migratrice de tous les reptiles, la tortue luth se retrouve dans les océans Atlantique, Pacifique et Indien et également en Méditerranée. Au Canada, elle se trouve au large des côtes de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et Labrador, du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard. Les recherches ont révélé qu’elle se trouve en plus grande abondance dans les eaux du Canada atlantique de juillet jusqu’à la fin d’octobre, les densités les plus élevées se présentant sur le plateau et le talus néo écossais, dans le sud du golfe du Saint-Laurent et sur la côte sud de Terre Neuve. Elle a aussi été signalée, mais moins fréquemment, au large des côtes de la Colombie-Britannique.

Les tortues luth pondent leurs œufs sur les plages tropicales des océans Atlantique, Pacifique et Indien. L’accouplement a lieu dans les eaux baignant les plages de nidification. Lorsque leurs œufs sont pleinement développés, la plupart des femelles attendent la tombée de la nuit pour remonter péniblement la plage. Elles creusent un petit puits dans le sable et y pondent leurs œufs. Après avoir évacué tous ses œufs, la femelle comble le nid à l’aide de ses pattes arrière avec du sable et le tasse avec son corps puis elle rampe lentement vers la mer. Elle reviendra pondre à nouveau au même endroit environ 10 jours plus tard. Bien que la femelle pond de 60 à 90 œufs à chaque coup et qu’elle peut pondre jusqu’à 10 fois dans une saison, seuls quelques nouveaux nés survivent jusqu’à l’âge adulte et s’accouplent. Les survivants passeront de 24 à 29 ans en mer avant de pondre pour la première fois sur la même plage où ils sont nés. L’espérance de vie moyenne d’une tortue luth va de 24 à 29 ans.

Si nous savons que la vie est périlleuse pour les nouveaux nés et que seulement quelques uns survivent jusqu’à l’âge adulte, nous ne savons pas où les petites tortues luth vont entre le moment où elle se lancent dans l’océan et le moment où elles se manifestent en eaux tempérées à l’état de gros sous adultes. Il est très rare de voir de jeunes tortues.

Pourquoi la tortue luth est-elle en péril?

Bien qu’elles déguisent l’emplacement exact de leur nid en balayant le sable à l’aide de leurs nageoires avant, les femelles, lentes sur terre, laissent une trace évidente dans le sable lors de leur parcours aller-retour du nid à la mer. Les mammifères prédateurs, comme le coati, et les chiens ensauvagés peuvent facilement localiser les nids et manger tous les œufs. Les œufs étant considérés comme un mets délicat dans de nombreux pays, leur collecte constitue également un problème. De plus, de nombreuses plages de nidification autrefois tranquilles sont maintenant des zones résidentielles et des centres touristiques bruyants; les nouveaux nés qui émergent des nids sont souvent désorientés par les lumières éblouissantes et meurent d’épuisement, de déshydratation ou de prédation lorsqu’ils tentent aussi bien que mal d’atteindre la mer.

Dans l’océan, les tortues luth peuvent se prendre et/ou s’emmêler dans les engins de pêche. Bien que de nombreux pêcheurs prennent soin d’extirper des engins les tortues qui s’y sont prises, quelques-unes se noient ou subissent des blessures létales avant qu’ils n’y parviennent. Les tortues peuvent aussi s’emmêler dans les engins de pêche abandonnés, entrer en collision avec un navire ou prendre pour de la nourriture les sacs de plastique (le plastique bloquent leur système digestif et elles meurent de faim).

Les nouveaux-nés ont de nombreux prédateurs naturels. En route du nid à l’océan, ils représentent des proies attrayantes pour les crabes, les goélands, les corneilles, les vautours et les faucons. Une fois rendus à l’océan, les nouveaux-nés deviennent un amuse gueule pour les pieuvres, les requins et autres gros poissons. Les tortues luth adultes ont peu de prédateurs naturels, bien qu’elles soient occasionnellement attaquées par de gros requins ou des épaulards.

Ce qui est fait

La tortue luth est protégée au Canada en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Elle est également protégée par des lois provinciales en Nouvelle-Écosse et désignée en voie de disparition par le Nouveau-Brunswick et sa Loi sur les espèces menacées d’extinction.

Le développement du programme de rétablissement de la tortue luth dans les eaux canadiennes du Pacifique est terminé et un plan d’action est en cours d'élaboration.

Le développement du programme de rétablissement de la tortue luth dans les eaux canadiennes de l’Atlantique est également terminé et un plan d’action est en cours d'élaboration.

Que pouvez-vous faire?

Les tortues luth obtiendront la protection dont l’espèce a besoin seulement si tous les Canadiens et Canadiennes travaillent ensemble à l’élimination des menaces. Renseignez-vous sur les tortues luth et soyez conscients des menaces à leur survie créées par l’activité humaine, que ce soit l’enchevêtrement dans les filets de pêche ou la pollution maritime. Faites votre possible pour éliminer ces dangers pour mieux protéger l’habitat essentiel des tortues luth. Participez en joignant le Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril ou un autre organisme de conservation.

Jetez un coup d’œil sur le site du Canadian Sea Turtle Network (CSTN), une initiative en recherche et en conservation qui rassemble des pêcheurs, des exploitants de bateaux d’excursion, des naturalistes, des résidents côtiers et des biologistes universitaires du Canada atlantique. Le CSTN a produit une vidéo pour informer les pêcheurs au sujet de la tortue luth et leur expliquer comment s’y prendre pour extirper des engins de pêche les tortues qui s’y sont prises et répondre directement aux rapports d’enchevêtrement de tortues. Le réseau mène également des recherches de terrain sur la tortue luth depuis 1999. Il a muni plus de 70 tortues luth d’une étiquette de repérage par satellite pour les suivre dans leurs déplacements en mer dans l’espoir de résoudre les mystères entourant cette tortue et contribuer ainsi au rétablissement de l’espèce.
Pour en savoir davantage >>.

Au Nouveau-Brunswick, l’espèce est désignée espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces menacées d’extinction. Elle est également protégée par des lois provinciales en Nouvelle-Écosse.

Les agents des pêches fédéraux en poste en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, ainsi qu’un groupe de libération des animaux marins en détresse à l’œuvre dans la région de Terre-Neuve, viennent au secours des tortues luth empêtrées dans les engins de pêche.

Pour un complément d’information, visiter le site Web du Registre publique de la LEP.

Renseignements généraux fournis par Environnement Canada en mars 2004, et misent à jour en mars 2010.