
Statut selon la LEP :Préoccupante (mars 2013)
Statut selon COSEPAC : Préoccupante (avril 2010)

Les moules d’eau douce sont des mollusques au corps mou sans squelette, donc des invertébrés, qui vivent au fond des ruisseaux, des rivières, des lacs et des étangs. Elles utilisent leur pied musculeux pour creuser et nager et elles sont dotées d’une paire de coquilles articulées. Ce sont des organismes filtreurs, c’est-à-dire des purificateurs d’eau naturelle, qui servent de nourriture à d’autres espèces de la faune comme les poissons, les loutres, les visons, les rats musqués et certains oiseaux. Les moules d’eau douce sont aussi l’une des espèces les plus menacées de disparition sur terre.
Ce n’est pas seulement la destruction de son habitat qui met cette espèce de moule en voie de disparition. En fait, parce qu’elle dépend des espèces hôtes pour la croissance de ses petits, elle est également vulnérable aux répercussions des déclins des populations hôtes. C’est le cas de la lampsile fasciolée, dont le poisson hôte—l’achigan à petite bouche —a décliné dans la rivière Grand en raison de la pêche.

Photo : Shawn Staton, MPO

Photo : Todd Morris, MPO
Programme de rétablissement de la lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) au Canada (2007)
Registre LEP – Lampsile faciolée
Description
Habitat
Menaces
Information scientifique
Renseignements supplémentaires
Lampsilis fasciola (Rafinesque, 1820)
Mâle (gauche) | Femelle (droite)

Photos de l'Institut national de recherche sur les eaux, Environnement Canada
La lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) est une des cinq espèces du genre Lampsilis que l’on trouve au Canada et elle présente les caractéristiques suivantes :
La lampsile fasciolée était autrefois présente dans 13 États américains et dans les bassins sud des Grands Lacs en Ontario. À l’heure actuelle, on ne trouve l’espèce que dans un lac et dans le réseau hydrographique s’y rattachant en Ontario (delta du lac St-Clair et rivière St-Clair), et dans quatre autre bassins hydrologiques : les rivières Ausable, Grand, Maitland et Thames, et leurs affluents. Les estimations de la population effectuées récemment suggèrent que les populations de lampsiles fasciolées s’améliorent progressivement dans le sud de l’Ontario, à l’exception de la population de St-Clair.
La lampsile fasciolée habite surtout les zones de rapides des cours d’eau limpides de moyenne taille dont le fond est constitué de sable ou de gravier. Comme elle s’enfouit habituellement dans le substrat, elle peut être particulièrement sensible à l’envasement. La lampsile fasciolée est une espèce sexuellement dimorphe dont la durée de vie est modérément longue, c’est-à-dire au moins 10 ans, mais rarement plus de 20 ans. On croit que le frai a lieu à la fin de l’été et que les glochidies (larves) sont libérées l’été suivant (de mai à août). Chez les femelles du genre Lampsilis, le bord du manteau a évolué de façon à constituer un leurre à ménés qui sert à attirer les poissons hôtes potentiels lorsque les glochidies sont prêts à être libérées.
On a identifié deux hôtes pour cette espèce en Ontario: l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu) et l’achigan à grande bouche (Micropterus salmoides). Comme toutes les mulettes, la lampsile fasciolée se nourrit surtout de bactéries et d’algues.Les principales menaces qui pèsent sur la majorité des populations de lampsiles fasciolées sont la diminution de la qualité de l’habitat et la perte d’habitats découlant de l’agriculture et des activités d’urbanisation. La qualité de l’eau est la principale menace pour l’espèce. À l’instar de la plupart des moules d’eau douce, la lampsile fasciolée est extrêmement sensible à plusieurs contaminants chimiques, y compris le cuivre et l’ammoniac, qui nuisent particulièrement aux glochidies (larves) et aux juvéniles. La qualité de l’eau se dégrade avec le ruissellement des sédiments, des pesticides, des herbicides et des engrais utilisés près des bassins, sans compter les dommages causés par le fumier et le piétinement de la végétation riveraine. On estime qu’une proportion de 15 p. 100 de l’habitat de la lampsile fasciolée a été envahie par la moule zébrée, principalement dans la rivière et le delta St-Clair. En raison de sa capacité à s’accrocher directement sur les surfaces dures (par exemple sur les autres moules d’eau douce), la moule zébrée empêche la lampsile fasciolée de se nourrir, de respirer et de se reproduire.
Pour un complément d’information, consultez le site Web du Registre de la LEP.
Nom scientifique : Lampsilis fasciola
Statut selon la LEP : Cette espèce était reclassifiée d’espèce en voie de disparition à espèce préoccupante (mars 2013)
Statut selon le COSEPAC : Préoccupante (avril 2010)