
Barry Peters
Nom scientifique :
Balaena mysticetus
Taxonomie :
Mammifère (marin)
Statut LEP :
Menacée
Statut COSEPAC :
Menacée (2008)
Région : Océan Pacifique
Voyageurs internationaux
L'épaulard est une créature cosmopolite, ayant été observée dans les océans de toute la planète. Parce qu'ils ne sont pas restreints à certaines profondeurs ou à certaines températures, ils sont capables de survivre dans divers types d'habitats. Ils ont toutefois des préférences. Ils ont tendance à se concentrer dans les régions plus froides et on les retrouve dans les océans du Canada ainsi qu'à l'occasion dans la baie d'Hudson et dans le Golfe du Saint-Laurent. En Colombie-Britannique, on les a aperçus dans presque toutes les zones marines, incluant plusieurs ruisseaux et plusieurs passes étroites.
D'une beauté saisissante et d'une agilité remarquable, l'épaulard est facilement reconnaissable à son corps noir parsemé de taches blanches. Il existe trois populations distinctes dans l'océan du Pacifique Nord-Est : les « résidants », les « migrateurs » et les « hauturiers ». La population hauturière du Pacifique Nord-Est est petite et possède un faible potentiel de croissance. Cette population n'a pas fait l'objet d'études poussées mais on croit savoir qu'elle se compose d'au moins 250 individus.
Les épaulards forment l'espèce la plus imposante de la famille des dauphins. Ce sont des animaux très sociaux qui vivent en groupes stables, regroupés en famille. Dirigés par des femelles, ces groupes se composent habituellement de 5 à 50 épaulards, bien qu'à l'occasion, ils peuvent se retrouver en formation de 100 individus ou plus. Comme les humains, les épaulards protègent de près leur progéniture.
Sans prédateur naturel, les épaulards peuvent vivre entre 50 et 80 ans. Cependant, le taux de mortalité entre la naissance et les six mois d'existence peut atteindre 50 pour cent. Les taux élevés de mortalité chez les nouveau-nés font en sorte que la longévité moyenne des épaulards mâles est de 17 ans et de 29 ans pour les femelles. Les épaulards atteignent leur maturité sexuelle autour de l'âge de 15 ans. Les femelles mettent bas, en moyenne, à un baleineau tous les cinq ans. Tous ces facteurs mis ensemble font en sorte que les taux de croissance de la population sont très lents.
Comme espèce, les épaulards se nourrissent d'une grande variété de proies, notamment les calmars, les pieuvres, les poissons, les tortues marines, les oiseaux marins, les loutres de mer ou de rivière et d’autres cétacés comme les baleines, les marsouins et les dauphins. Différentes populations d'épaulards se spécialisent en différentes proies, certains sur des mammifères marins, d'autres sur des poissons. Les proies de prédilection des populations hauturières d'épaulards ne sont pas connues, mais on est en droit de penser qu'il s'agit de poissons.
La taille de l'épaulard― de sept à neuf mètres de longueur et entre quatre et cinq tonnes de pesanteur― et ses marques noires et blanches très distinctes font en sorte qu'on ne peut le confondre avec aucun autre mammifère marin. À première vue, c'est souvent la nageoire dorsale triangulaire, qui peut atteindre 1,8 mètre de hauteur chez les mâles adultes qui frappe chez l'épaulard. Chez les femelles et les jeunes adultes, la nageoire est plus petite et ressemble à une faucille. Derrière la nageoire dorsale, on retrouve une tache grise qu'on appelle tache en forme de selle. La forme de la nageoire dorsale et de la tache en forme de selle, ainsi que les entailles et les blessures, sont uniques à chaque épaulard.
Les baleineaux mesurant 2,5 mètres à la naissance grossissent pour atteindre 7,7 mètres (femelles) à 9 mètres (mâles).




En se servant de l'air se trouvant dans leur évent, les épaulards communiquent entre eux à travers une variété complexe de sifflements, de petits cris et de geignements. Les sons varient d'un groupe d'épaulards à un autre, chaque groupe possédant son propre dialecte. Les épaulards peuvent reconnaître le groupe auquel ils appartiennent à des kilomètres à la ronde à partir des chansons distinctes que le groupe fredonne. Les chercheurs croient que plus les dialectes sont similaires entre deux groupes, plus rapprochés sont ces deux groupes. Les groupes d'épaulards possédant un dialecte commun sont appelés clans.
Les groupes d'épaulards sont très bavards quand ils chassent une proie. Ils se servent d'une série de sons ressemblant à un cliquetis qui rebondissent sur le poisson et les autres objets dans l'eau. Appelé écholocation, ce sonar naturel est utile quand les épaulards sont à la recherche de nourriture ou qu'ils se retrouvent dans des eaux troubles, leur permettant ainsi de se faire une image précise de ce qui les entoure.
Les épaulards se retrouvent dans les trois océans du Canada, ainsi qu'à l'occasion dans la baie d'Hudson et le Golfe du Saint-Laurent. Il n'est pas limité par des facteurs tels la profondeur, la température de l'eau ou la salinité. Ils ont été vus dans des eaux allant de peu profondes (plusieurs mètres de profondeur) à des centaines de mètres en plein océan. La population hauturière est petite et n'a pas vraiment fait l'objet d'études. Certains individus ont été aperçus aussi loin au sud qu'au centre de la Californie et aussi loin au nord qu'en Alaska.
L'épaulard est potentiellement en péril en raison des menaces anthropiques, à savoir les produits chimiques toxiques et la possibilité qu'ils doivent concurrencer avec l'homme pour se nourrir. La population hauturière vit près des principaux passages pour les pétroliers, l’exposant au risque de collisions avec ces mastodontes de la mer. Compte tenu des petites populations et des faibles taux de croissance de la population, les interactions avec les humains, que ce soit la nuisance des navires, le bruit sous l'eau, la concurrence pour les poissons et l'exposition aux déversements pétroliers, pourraient avoir une incidence importante.
À lire : Les épaulards – Des indicateurs de la pollution en milieu océanique
C'est 1970 avec sa Wildlife Act que la Colombie-Britannique adoptait sa première loi pour protéger les populations d'épaulards. En 1982, les épaulards étaient inclus dans la réglementation assortie à la Loi sur les pêches du Canada. Ces règlements interdisent la chasse sans permis, à l'exception de la chasse autochtone. Aucun permis n'a été présentement délivré. La population du Pacifique Nord-Est de l'épaulard est classée comme espèce préoccupante et est protégée aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Les directives sur l'observation des baleines et autres mesures de vulgarisation sont prises pour minimiser les interactions possiblement négatives entre les navires et les baleines.
Un plan de gestion de l’épaulard océanique a été développé.
Les épaulards obtiendront la protection dont ils ont besoin seulement si les Canadiens travaillent ensemble à réduire les menaces. Renseignez-vous davantage sur l'épaulard et soyez sensible aux menaces représentées par l'homme à sa survie que sont l'activité industrielle et la pollution de l'eau. Faites votre possible pour atténuer ces menaces pour protéger l'habitat essentiel de l'épaulard. Engagez-vous auprès du Programme d'intendance de l'habitat pour les espèces en péril (PIH) ou un autre organisme de conservation.
Inscrivez-vous à un programme d'intendance comme le B.C. Cetacean Sightings Network. Les principaux objectifs du Réseau sont d'identifier les habitats essentiels et d'aider à atténuer les menaces. Le réseau demande également qu'on produise des rapports d'observation de cétacés pour les marins le long de la côte de la Colombie-Britannique. Pour en savoir davantage >>
Ou inscrivez-vous au programme British Columbia Adopt a Killer Whale Program (« Adopter un épaulard »), administré en collaboration avec l'aquarium de Vancouver. Pour en savoir davantage >>
Certains renseignements généraux ont été fournis par Environnement Canada, novembre 2004