
Statut selon la LEP : En voie de disparition
Statut selon COSEPAC : En voie de disparition

Les moules d’eau douce sont des mollusques au corps mou sans squelette, donc des invertébrés, qui vivent au fond des ruisseaux, des rivières, des lacs et des étangs. Elles utilisent leur pied musculeux pour creuser et nager et elles sont dotées d’une paire de coquilles articulées. Ce sont des organismes filtreurs, c’est-à-dire des purificateurs d’eau naturelle, qui servent de nourriture à d’autres espèces de la faune comme les poissons, les loutres, les visons, les rats musqués et certains oiseaux. Les moules d’eau douce sont aussi l’une des espèces les plus menacées de disparition sur terre.
Comme c’est le cas pour la plupart des autres moules d’eau douce, les glochidies du ptychobranche réniforme mènent une vie parasitaire sur les poissons. En effet, les moules femelles libèrent les glochidies dans une substance mocoïde qui ressemblent à de la nourriture que le poisson hôte ingère. Une fois que les glochidium sont dans la bouche du poisson, ils sont libérés en raison de la rupture des muqueuses. Les glochidies s’accrochent ensuite aux branchies du poisson hôte, et y demeurent jusqu’à ce qu’elles deviennent des juvéniles autonomes, après quoi elles se détachent pour tomber sur le substrat.
Description
Habitat
Menaces
Renseignements supplémentaires
Renseignements scientifiques
Le ptychobranche réniforme (Ptychobranchus fasciolaris) fait partie des 54 espèces de moules d’eau douce du Canada, mais c’est la seule espèce du genre Ptychobranchus trouvée au Canada. C’est une moule de taille moyenne à grande qui présente les caractéristiques suivantes :
Ptychobranchus fasciolaris

Crédit photo : T. Morris, Pêches et Océans Canada
Autrefois, le ptychobranche réniforme était présent au Canada dans le sud-ouest de l’Ontario, dans les lacs Érié et Sainte-Claire, et dans les rivières Niagara, Sydenham, Thames, Détroit, Ausable et Grand. Il a toujours été rare dans les eaux des Grands Lacs où les populations ont pratiquement disparu en raison de l’invasion de moules zébrées. On ne le signale plus maintenant que sur 100 km de la rivière Sydenham et sur 25 km de la rivière Ausable, et seulement quelques individus se trouvent toujours dans le delta de la rivière Sainte-Claire et dans la rivière Thames. De manière générale, cette espèce a disparu de près de 70 % de son aire de répartition historique au Canada et elle est considérée comme étant gravement en péril. Auparavant, le ptychobranche réniforme était présent dans 14 États américains, et même s’il n’est pas considéré comme étant en danger aux États-Unis, il est considéré comme disparu ou en péril dans 7 États.
Le ptychobranche réniforme vit principalement dans des rivières et des ruisseaux de petite à moyenne taille. Il préfère l’eau limpide et les zones de rapides peu profondes, et les substrats constitués de sable et de gravier grossier bien compactés. Il est généralement bien enfoui dans le substrat et on le trouve souvent à proximité de lits de décodons verticillés; les adultes sont sédentaires et passent leur vie partiellement ou complètement enfouis dans le substrat. Le ptychobranche réniforme est une espèce dont la durée de vie est modérément longue, soit au moins 10 ans, et tout porte à croire que le frai se produit à la fin de l’été et que les glochidies (larves des moules) sont libérés aux mois de mai à août suivants.
En Ontario, les poissons les plus susceptibles d’être des hôtes pour le ptychobranche réniforme sont le dard noir, le dard barré et le raseux-de-terre noir.
Comme toutes les espèces de moules d’eau douce, le ptychobranche réniforme filtre la nourriture présente dans l’eau et se nourrit surtout de bactéries et d’algues.
La carte montre la répartition d’un ptychobranche réniforme. La carte indique les sites courants et historiques dans la sud-ouest de l’Ontario.

Les populations restantes de ptychobranche réniforme du sud-ouest de l’Ontario sont menacées par les effets de l’agriculture intensive et l’urbanisation croissante, en particulier par les lourdes charges de limon, de sédiments, d’éléments nutritifs et de polluants, qui détruisent l’habitat du ptychobranche réniforme, obstruent ses branchies et réduisent la qualité de l’eau. La présence croissante de moules zébrées envahissantes, représente aussi une préoccupation, puisque des centaines, voire des milliers de ces petites moules non indigènes s’attachent à la coquille des ptychobranches réniformes et finissent par les tuer en nuisant à leur mécanisme d’alimentation, à leur respiration et à leur capacité de se déplacer. Les futures menaces pourraient aussi comprendre la perte des espèces de poissons hôtes en raison d’une autre espèce envahissante, le gobie à taches noires.
Renseignements supplémentaires
En vertu de la LEP, un programme de rétablissement et un plan d'action ont été élaborés dans le but d'empêcher la disparition du ptychobranche réniforme au Canada. Des activités de recherche, de gérance des terres et de l'eau, de surveillance et de sensibilisation sont en cours. Une législation provinciale qui réglemente les nutriments agricoles et protège l'eau saine en Ontario a été promulguée, alors que l'habitat nécessaire au rétablissement du ptychobranche réniforme est désormais protégé légalement en vertu de la LEP.
Pour un complément d’information, consultez le site Web du Registre de la LEP.
Nom scientifique : Ptychobranchus fasciolaris
Statut selon la LEP : En voie de disparition (janvier 2005)
Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition (mai 2003; mai 2013)