
Statut selon la LEP: En voie de disparition
Statut selon COSEPAC: En voie de disparition

Les moules d’eau douce sont des mollusques au corps mou sans squelette, donc des invertébrés, qui vivent au fond des ruisseaux, des rivières, des lacs et des étangs. Elles utilisent leur pied musculeux pour creuser et nager et elles sont dotées d’une paire de coquilles articulées. Ce sont des organismes filtreurs, c’est-à-dire des purificateurs d’eau naturelle, qui servent de nourriture à d’autres espèces de la faune comme les poissons, les loutres, les visons, les rats musqués et certains oiseaux. Les moules d’eau douce sont aussi l’une des espèces les plus menacées de disparition sur terre.
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'obovarie ronde (Obovaria subrotunda) au Canada (2003)
Description
Habitat
Menaces
Information scientifique
Renseignements supplémentaires
L’obovarie ronde (Obovaria subrotunda) fait partie des 54 espèces de moules d’eau douce du Canada, mais c’est l’une des deux seules espèces du genre Obovaria trouvée ici (les deux étant inscrites sur la liste des espèces en voie de disparition). Il s’agit d’une petite moule facilement distinguable par sa forme ronde presque parfaite qui présente les caractéristiques suivantes :
Obovaria subrotunda

Crédit photo : Environnement Canada
Autrefois, l’obovarie ronde était présente au Canada dans le bassin ouest du lac Érié, dans le lac Sainte-Claire et dans les rivières Welland, Grand, Sydenham, Thames et Détroit. Elle a disparu du lac Érié, de la rivière Detroit et des eaux du large du lac Sainte-Claire en raison de la présence des moules zébrées envahissantes (Dreissena polymorpha). Elle a disparu des rivières Grand et Thames, et sa population a décliné de façon spectaculaire dans la rivière Sydenham. De manière générale, l’obovarie ronde a disparu de près de 90 % de son aire de répartition historique au Canada et elle est considérée comme étant gravement en péril. En effet, on ne la signale plus maintenant que dans un périmètre de 12 km2 des eaux canadiennes du delta de la rivière Sainte-Claire et sur 60 km de la rivière Sydenham. Auparavant, aux États-Unis, l’obovarie ronde se trouvait dans 13 États, mais la plupart de ses populations sont maintenant en déclin et l’espèce a disparu des États de la Géorgie, de l’Illinois et de New York.
L’obovarie ronde vit en général dans les rivières de taille moyenne à grande au débit modéré et régulier ainsi que dans les substrats de sable et de gravier à des profondeurs allant jusqu’à 2 m. Cependant, en Ontario, elle a été observée principalement dans des rivières aux eaux troubles et à débit lent, où le substrat est constitué d’argile et de sable ou d’argile et de gravier. C’est une espèce dont la durée de vie est modérément longue, soit au moins 10 ans. Le frai a lieu à la fin de l’été et les glochidies (larves) sont libérées au mois de mai ou juin suivant. Comme c’est le cas pour la plupart des autres moules d’eau douce, les glochidies de l’obovarie ronde mènent une vie parasitaire sur les poissons, puisque les glochidies s’accrochent aux branchies du poisson hôte et y demeurent jusqu’à ce qu’elles deviennent des juvéniles autonomes, après quoi elles se détachent pour tomber sur le substrat. Les adultes sont sédentaires et passent leur vie partiellement ou complètement enfouis dans le substrat.
Au Canada, les poissons hôtes de l’obovarie ronde sont le dard noir (Percina maculata), le dard barré (Etheostoma flabellare) et le dard à ventre jaune (Etheostoma exile).
Comme toutes les espèces de moules d’eau douce, l’obovarie ronde filtre la nourriture présente dans l’eau et se nourrit surtout de bactéries et d’algues.
La carte montret la répartition d’un obovarie ronde. La carte indique les sites courants et historiques dans la sud-ouest de l’Ontario.

Les moules zébrées (Dreissena polymorpha) et l’obovarie ronde se disputent la nourriture, et les moules zébrées s’accrochent par centaines, voire par milliers, à la coquille des obovaries rondes et finissent par les tuer en nuisant à leur mécanisme d’alimentation, à leur respiration et à leur capacité de se déplacer. L’agriculture intensive et l’urbanisation croissante menacent également les populations restantes de l’obovarie ronde, en particulier les lourdes charges de limon, de sédiments, d’éléments nutritifs et de polluants, qui détruisent son habitat, obstruent ses branchies et réduisent la qualité de l’eau.
Renseignements supplémentaires
En vertu de la LEP, un programme de rétablissement et un plan d'action ont été élaborés dans le but d'empêcher la disparition de l'obovarie ronde au Canada. Des activités de recherche, de gérance des terres et de l'eau, de surveillance et de sensibilisation sont en cours. Une législation provinciale qui réglemente les nutriments agricoles et protège l'eau saine en Ontario a été promulguée, alors que l'habitat nécessaire au rétablissement de l'obovarie ronde est désormais protégé légalement en vertu de la LEP.
Pour un complément d’information, consultez le site Web du Registre de la LEP.