
Nom scientifique :
Balaena mysticetus
Statut selon COSEPAC:Préoccupante (Avril 2009)
Statut selon la LEP : À l’étude
Région :Océan arctique, Nunavut
Rapports de situation du COSEPAC (2009)
Plus d'information sur le baleine boréale
Rien de perdu
La baleine boréale a déjà constitué une part importante de la nourriture traditionnelle – et une ressource essentielle – des Inuits. La capture d’une baleine voulait dire nourriture, outils, équipement, abri, chaleur et lumière pour toute une collectivité. L’épaisse couche de graisse de la baleine était non seulement une excellente nourriture mais elle représentait la meilleure source d’huile pour éclairer et chauffer. Les côtes et les os de la mâchoire étaient utilisés comme supports pour le toit et les vertèbres comme des blocs pour couper et hacher. D’autres os servaient d’instruments et de patins de traîneau. Les phanons de la baleine servaient à retenir ensemble les traîneaux et les armatures de kayak. Une chasse de subsistance limitée et bien gérée a été récemment réintroduite tant dans la partie est que la partie ouest de l’océan Arctique en vertu d’ententes territoriales avec les peuples du Nunavut et de l’Inuvialuit. Cette chasse de petite envergure est rigoureusement gérée.
Cette population de baleine boréale a été confirmée en 2009 comme une espèce préoccupante par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). On étudie présentement la possibilité d’ajouter cette population à la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. La protection est présentement assurée par l’entremise de la Loi sur les pêches du fédérale. Si cette population est ajoutée à la liste de la LEP, elle bénéficiera d’une protection supplémentaire. En vertu de la LEP, un plan de gestion sera élaboré pour cette espèce.
Balaena mysticetus

Illustration par G. Kuehl
© Pêches et océans Canada
La baleine boréale (Balaena mysticetus) est un mysticète (baleine à fanons) de grande taille appartenant à la famille des balénidés. L’espèce est aussi appelée baleine franche boréale, baleine franche du Groenland et baleine du Groenland. Dans les langues autochtones du nord, la baleine boréale est connue sous les noms suivants : arviq ou arvik (inuktitut et inuvialuktun), agkhovik (inupiat), akhgvopik (yupik) et ittiv (tchouktche). Les baleines boréales présentent les caractéristiques suivantes:
Les baleines boréales ont une répartition quasi circumpolaire dans l’hémisphère Nord; leur territoire s’étend des latitudes 54° N à 85° N. Des obstacles physiques comme des terres ou de la glace de mer infranchissable semblent avoir divisé la population mondiale de baleines boréales en quatre populations, dont deux se trouvent au Canada : la population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort et la population de l’est de l’Arctique et de l’ouest du Groenland. Par le passé, cette dernière était considérée comme deux populations distinctes. La zone d’occurrence de la population de l’est de l’Arctique et de l’ouest du Groenland couvre environ un million de km2 et est considérée comme stable. Cette population de baleines boréales passe l’été dans l’ouest de la baie de Baffin, dans l’Extrême-Arctique canadien, dans la partie nord du bassin de Foxe et dans le nord-ouest de la baie d’Hudson. La migration automnale débute à la fin-août et en septembre et dure de deux à trois mois. On croit que les baleines boréales hivernent dans des régions où se trouve une banquise non consolidée comme dans le nord de la Baie d’Hudson, le détroit d’Hudson, le centre du détroit de Davis, le sud de la baie de Baffin et au large de la côte ouest du Groenland. Ces régions leur fournissent abris et protection contre la prédation.

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Les baleines boréales se trouvent dans des eaux marines dont les conditions varient de la mer libre à la banquise épaisse et non consolidée. Avec la couronne de la tête, elles sont capables de briser la glace d’une épaisseur de plus de 20 cm pour respirer et elles savent naviguer sous de grandes étendues de banquise grâce à leur ouïe très développée. Elles croissent et se développent lentement et atteignent la maturité sexuelle vers l’âge de 25 ans. Les femelles croissent plus rapidement que les mâles et mettent bas environ une fois tous les trois ans durant la migration printanière. La gestation dure entre 12 et 16 mois. L’espérance de vie se situe entre 50 et 75 ans, certains exemplaires atteignant possiblement plus de 100 ans.
Les baleines boréales se nourrissent de zooplancton composé de crustacés, tels que des euphausiacés et des copécodes. Elles consomment également des organismes épibenthiques (mysidacés et amphipodes gammaridés). On a laissé entendre que la variabilité annuelle des observations de baleines boréales est liée à l’abondance et à la distribution du zooplancton.
La chasse commerciale à la baleine était jadis la plus grande menace pour la baleine boréale et la principale raison pour laquelle l’espèce est en péril dans des parties de son aire de répartition. À l’heure actuelle, c’est peut-être l’épaulard (Orcinus orca) qui constitue la plus grande menace. On sait que les baleines boréales sont déplacées pendant de brèves périodes par l’activité industrielle comme l’exploration et l’exploitation pétrolières et gazières. Les effets à long terme possibles sont inconnus. Enfin, les facteurs climatiques, qui ont une influence sur l’état des glaces et sur l’abondance des proies, peuvent aussi avoir une incidence sur la survie ou la répartition.
Sources du texte:Rapport de situation du COSEPAC 2009. Text Sources: COSEWIC Status Report 2009.
Pour un complément d’information, consultez le site Web du Registre de la LEP à www.registrelep.gc.ca.