
Nom scientifique :
Delphinapterus leucas
Statut selon la LEP: Présentement Évaluée
Statut selon COSEPAC: Menacée (mai 2004)
Région : Arctique
Rapports de situation du COSEPAC d'Anguille d'Amérique (2006)
Le langage des bélugas
Les bélugas sont des animaux qui émettent beaucoup de sons, une véritable cacophonie qui varie de l’aiguë d’un sifflet à des grognements bas et répétitifs. Ces sons servent sans doute à communiquer. Par exemple, les chercheurs ont observé que les squawks sont émis plus fréquemment quand les bélugas sont inquiets.
Les bélugas ont aussi un sens de l’ouïe bien développé et une capacité raffinée de détecter des objets par le son qu’ils émettent. Appelé écholocation, ce sonar naturel est important pour une espèce qui vit une bonne partie de sa vie dans les eaux sombres de l’océan. À des profondeurs de 100 mètres et plus, il n’y a virtuellement aucune lumière et les bélugas font de fréquents plongeons de plusieurs centaines de mètres. La visibilité dans l’eau peut être réduite davantage par le ruissellement de la vase dans les estuaires des rivières ou par la couverture glacière et les courtes journées de l’hiver polaire. Pour naviguer et attraper sa proie, le béluga utilise une série de sons ressemblant à un clic qui rebondit sur le poisson et sur d’autres objets dans l’eau. Les échos qui rebondissent permettent aux bélugas de reconstituer une image exacte de son entourage.
Cette population de bélugas a été désignée comme une espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Elle est présentement évaluée aux fins de son inscription sur la liste des espèces en péril de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. Une protection est accordée par le biais de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. Si l’espèce est inscrite en vertu de la LEP, elle bénéficiera d’une protection supplémentaire. En vertu de la LEP, un programme de rétablissement doit être élaboré pour cette population.
Delphinapterus leucas

Illustration par G. Kuehl

Crédit photo : J. Klenner, MPO
Le béluga (Delphinapterus leucas) est une baleine à dents membre de la famille des monodontidés. Elle tire son nom du mot russe, belukha, qui signifie blanc. Cette baleine est également connue sous le nom de baleine blanche, de qilalugaq dans les dialectes Inuktitut, Inuvialuktan et Inuinactun et de siqsuaq dans le dialecte Inupiat. Les bélugas présentent les caractéristiques et les traits distinctifs suivants :
Le béluga a une aire de répartition circumpolaire et on le retrouve dans l’Arctique aussi loin qu’à 82° de latitude nord, dans le sud de la zone arctique du Pacifique à 60° de latitude nord (Alaska) et dans l’estuaire du Saint-Laurent aussi loin au sud qu’à 47° de latitude nord. Un total de 22 populations possibles ont été désignées récemment, sept d’entre elles étant présentes dans les eaux canadiennes au moins une partie de l’année. La population de la baie Cumberland se regroupe dans la zone du fjord Clearwater à la tête de la baie Cumberland de la mi-juillet à la mi-septembre. Elle passe le reste de l’année dans le plan d’eau principal de la baie Cumberland.
Répartition du béluga (Population de la baie Cumberland)

Le béluga fréquente différents habitats selon la saison et la progression de la débâcle et de l’englacement. Les bélugas se rassemblent habituellement à la fin du printemps le long des lisières de glaces, ils pénètrent les passages et peuvent se retrouver dans les estuaires des rivières. Durant l’été, on les retrouve sur la côte et dans les eaux peu profondes. Ils fréquentent également des estuaires de rivières particuliers, qui peuvent servir d’aires de mue ou d’abris contre les prédateurs. À la fin de l’été ou au début de l’automne, ils quittent les zones estuariennes pour des eaux plus profondes, possiblement pour se nourrir en abondance. Ils migrent ensuite vers les aires d’hivernage au large, parfois sur de longues distances. L’accouplement a lieu à la fin de l’hiver ou au début du printemps. Les femelles atteignent la maturité sexuelle entre quatre et sept ans, les mâles entre six et sept ans. La gestation dure environ de 13 à 14.5 mois, la période de lactation entre 20 et 32 mois. Pour cette population de bélugas, l’espérance de vie est d’environ 10 ans, certains exemplaires atteignant 20 ans ou plus.
Dans la baie Cumberland, le béluga se nourrit surtout de morue polaire (Boreogadus saida) et de flétan noir (Reinhardtius Hippoglossoides). Son régime comprend aussi l’omble chevalier (Salvelinus alpinus), des crevettes, des calmars, des mollusques et des vers marins.
Le béluga est vulnérable à la prédation par les ours polaires (Ursus maritimus) et les orques (Orcinus orca). Sa propension à retourner aux mêmes estuaires d’une année à l’autre le rend vulnérable à la chasse et aux perturbations causées par l’être humain. Parmi les menaces actuelles ou potentielles à la population de la baie Cumberland, mentionnons le bruit et les perturbations causés par le trafic maritime accru et la concurrence avec les pêches commerciales. La chasse de subsistance actuelle est soigneusement gérée et semble être durable.
Il n’y a pas d’espèces semblables.
Sources du texte : Richard 2001; Rapport de situation du COSEPAC 2004.
Pour un complément d’information, consultez le site Web du Registre de la LEP à www.registrelep.gc.ca