
J. Orr
Nom scientifique :
Delphinapterus leucas
Taxonomie :
Mammifère (marin)
Statut :
En voie de disparition, à l’étude pour être ajouté à la LEP
Région : Québec, océan Arctique
Plonger profondément
Pour pouvoir bien se nourrir, les bélugas passent beaucoup de temps sous l’eau. Les bélugas sont capables de plonger fréquemment à des profondeurs variant entre 400 et 800 mètres. Le plongeon le plus profond enregistré pour un béluga a dépassé les 1 000 mètres. Comme tout mammifère marin, les bélugas ont dû développer un mécanisme spécifique pour la plongée en eaux profondes : leur système compte deux fois plus de sang qu’un animal terrestre de même taille et leurs cellules sanguines contiennent 10 fois plus d’oxygène. Entre autres adaptations, on compte une faible sensibilité au dioxyde de carbone et une plus grande habileté de leurs muscles à fonctionner à des niveaux d’oxygène peu élevés.
Habitant les eaux arctiques de l’Est de la baie d’Hudson, cette population de Bélugas a connu un déclin dramatique à la fin du 19e siècle et au début du 20e, chute attribuable en grande partie à la surpêche des baleines. Bien que la chasse commerciale ait cessé en 1950, la population de bélugas n’a pas manifesté de signes de rétablissement. De nos jours, on dénombre environ 1 500 bélugas dans l’Est de la baie d’Hudson.
Également surnommé baleine blanche, le béluga est un animal à sang chaud, qui respire l’air, et qui est bien adapté à la vie dans les eaux froides de l’Arctique. Une épaisse couche de graisse variant de 2,5 à 9,5 centimètres d’épaisseur, logée sous la peau, sert à l’isoler efficacement, aidant à maintenir la température de son corps tout en servant de réserve d’énergie.
L’âge des bélugas et de plusieurs autres mammifères sauvages est déterminé selon le nombre de couches de croissance sur leurs dents. Pendant des années, on a pensé que le béluga était un cas unique parmi les mammifères parce qu’on croyait que deux couches de croissance représentaient une année de vie. De nouvelles observations scientifiques publiées en 2006 ont rejeté cette interprétation et ont conclu qu’une couche de croissance représente une année de vie.
Dans la nature, les bélugas peuvent vivre 75 ans ou plus. Les mâles atteignent leur maturité sexuelle entre 12 et 14 ans, et les femelles, entre 8 et 14 ans. Les bélugas s’accouplent tous les trois ans environ, d’avril à juin. Une femelle donne naissance à un baleineau (d’environ 1,5 m de long) vers juillet ou août, après une période de gestation de 14,5 mois.Les bélugas voyagent en groupes de deux à 10, bien que des groupes plus imposants ne soient pas exceptionnels.
Avec sa peau d’un blanc très pur, et son front proéminent et bombé, le béluga est facilement reconnaissable. Béluga signifie en russe « celui qui est blanc ». Cependant, seuls les adultes bélugas sont blancs; les nouveau-nés sont bruns ou gris foncé et pâlissent pour devenir totalement blancs entre six et huit ans.
Les bélugas sont de taille forte, ont un cou non soudé et une petite tête qui est disproportionnée avec le reste de son corps. Ils ont la peau épaisse, des nageoires en forme de large pagaie et des dents bien acérées. Contrairement aux autres baleines, les bélugas n’ont pas de nageoire dorsale. Les bélugas varient de 3 à 5 mètres de longueur et pèsent entre 500 et 1 500 kilos. En vieillissant, l'extrémité des nageoires mâles se courbe vers le haut.



Photo gauche supérieure : J. Orr; Photo droite supérieure : Jack Lawson; Photo gauche inférieure : W. Klenner
Les bélugas sont des animaux qui émettent beaucoup de sons, une véritable cacophonie qui varie de l’aiguë d’un sifflet à des grognements bas et répétitifs. Ces sons servent sans doute à communiquer. Par exemple, les chercheurs ont observé que les squawks sont émis plus fréquemment quand les bélugas sont inquiets.
Les bélugas ont aussi un sens de l’ouïe bien développé et une capacité raffinée de détecter des objets par le son qu’ils émettent. Appelé écholocation, ce sonar naturel est important pour une espèce qui vit une bonne partie de sa vie dans les eaux sombres de l’océan. À des profondeurs de 100 mètres et plus, il n’y a virtuellement aucune lumière et les bélugas font de fréquents plongeons de plusieurs centaines de mètres. La visibilité dans l’eau peut être réduite davantage par le ruissellement de la vase dans les estuaires des rivières ou par la couverture glacière et les courtes journées de l’hiver polaire. Pour naviguer et attraper sa proie, le béluga utilise une série de sons ressemblant à un clic qui rebondit sur le poisson et sur d’autres objets dans l’eau. Les échos qui rebondissent permettent aux bélugas de reconstituer une image exacte de son entourage.
Le béluga vit dans les eaux froides de l’Arctique, passant d’un habitat à l’autre. Ses déplacements sont déterminés par la présence de glace et la quantité de poissons. En hiver, ils se retrouvent dans les chenaux et les polynies (grands espaces d’eau dans la banquise) et, durant l'été, ils habitent les baies peu profondes et les estuaires.
Les femelles et leurs petits préfèrent les eaux calmes et peu profondes le long de bordures de récifs et près d'îles et de grandes baies. L'eau en surface est plus chaude à ces endroits, et le fond est composé de sable, de gravier ou de boue, où le béluga trouve les mollusques, les crustacés et les poissons de fond dont ils se nourrissent. Les adultes et les jeunes sevrés favorisent les endroits où la profondeur varie, et où l'eau de surface se maintient à une température froide.
La chasse est certainement la principale cause de cette chute dramatique chez la population de bélugas. Cependant, d’autres facteurs comme les modifications des habitats, comme la construction de barrages sur les rivières, et possiblement la pollution sonore causée par les navires et les embarcations de plaisance ont pu contribuer à cette baisse. Les navires pourraient interférer avec la méthode d’écholocation des proies des bélugas.
De plus, le dragage, les bateaux, les activités industrielles et la contamination environnementale ont dégradé la qualité de l'habitat et mené au déclin de l'approvisionnement en nourriture des Bélugas.
La population de béluga de l’Est de la baie d’Hudson est désignée « en voie de disparition » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada et est à l’étude pour être ajoutée à la Loi sur les espèces en péril (LEP). Ce béluga est également protégé en vertu d’un certain nombre d’autres règlements et ententes.
L’équipe de rétablissement de l’est de la baie d’Ungava et de l’est de la baie d’Hudson travaille à l’élaboration d’une stratégie de rétablissement qui couvre les populations de belugas de l’est de la baie d’Hudson et de la baie d’Ungava. Dans les projets en cours jusqu’à présent, on compte des études de population qui consistent à compter le nombre d’animaux et retracer les mouvements des bélugas, et une enquête sur les conséquences de la pollution sonore. Un plan de gestion a été préparé pour établir des quotas pour la chasse de subsistance, la création de sanctuaires et la restriction de la circulation des embarcations dans certains secteurs.
Le béluga obtiendra la protection dont l’espèce a besoin seulement si tous les Canadiens et Canadiennes travaillent ensemble à éliminer les menaces. Renseignez-vous sur le béluga et renseignez-vous sur les menaces créées par activité humaine. Faites votre possible pour éliminer ces dangers pour mieux protéger le béluga. Participez en vous joignant au Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril ou un autre organisme de conservation.
Renseignements généraux fournis par Environnement Canada en mars 2004.