Glossaire

Raie à queue de velours (Malacoraja senta) mature mâle dotée d'épines malaires proéminentes.

Raie à queue de velours (Malacoraja senta) mature mâle dotée d'épines malaires proéminentes.

Mimétisme agressif : Forme de mimétisme qui permet au prédateur de prendre l'avantage sur sa proie en se camouflant, qu'il s'agisse de la même espèce que la proie ou d'une espèce que cette dernière ne considère pas comme menaçante.

Épine alaire : Épine préhensile projetée vers l'avant ou vers l'arrière. La raie mâle possède un certain nombre de rangées d'épines alaires acérées près des bords latéraux des nageoires pectorales, qui lui servent à se maintenir fermement contre le corps et la nageoire pelvienne de la femelle. Ces épines sont donc aussi une caractéristique sexuelle secondaire. Le nombre et l'état des épines alaires ont servi dans quelques études, tout comme d'autres caractéristiques d'organes reproducteurs, afin d'indiquer la maturité sexuelle.

Albumen : Liquide clair et gélatineux présent dans la capsule d'œuf avec l'ovule qui servirait essentiellement à protéger le fragile ovule au cours des premiers stades de développement au sein de la capsule d'œuf. Comme il est riche en protéine, il fournit peut-être également des éléments nutritifs à l'embryon pendant sa croissance.

Ampoules de Lorenzini : Ensemble de petites vésicules sous-cutanées remplies d'une sorte de gelée et innervées de fibres nerveuses situées autour de la tête des élasmobranches. Elles sont visibles à la surface de la peau, sous forme de petits pores. Les ampoules de Lorenzini permettent aux requins et aux raies de détecter les faibles champs électromagnétiques émis par les poissons en détresse. Elles peuvent aussi réagir à des stimuli mécaniques.

Batoïdes : Superordre de poissons cartilagineux (superordre : Batoidea) comptant plus de 500 espèces connues se divisant en quelque 13 familles. Les batoïdes comprennent les pastenagues, les raies (ordre des Rajiformes), les raies électriques, les poissons-guitares et les poissons-scies.

Boucliers : Épines (ou grands denticules cutanés) dont la base est épaisse et solide.

Cephalophoil : Extensions latérales de la tête du requin-marteau. On a observé des requins-marteaux en train de chasser des raies : ils se servaient de la forme particulière de leur tête pour asséner de puissants coups aux raies et les coincer contre le fond avant de les dévorer.

Ptérygopode : Extension postérieure des nageoires pelviennes de l'élasmobranche mâle, qui est introduite dans la femelle durant la copulation et qui favorise la transmission du sperme.

Concave : Courbé vers l'intérieur (forme un creux).

Convexe : Courbé vers l'extérieur (bombé).

Couronne : Partie de la dent qui est visible au-dessus du tissu conjonctif de la mâchoire. Sur les épines (ou denticules cutanés), la couronne est la partie du denticule qui est recouverte d'émail, et dont la pointe est appelée « cuspide ».

Crus : Appendice fonctionnel distinct en forme de patte qui fait partie du lobe antérieur considérablement modifié de la nageoire pelvienne de certaines espèces de raies (comme la raie hérisson). Cet appendice est constitué de trois articulations flexibles qui permettent à la raie de se donner une poussée à partir du substrat. Un mouvement asynchrone des deux appendices permet aussi à la raie d'effectuer un virage serré et rapide pour capturer une proie. Ce mouvement serait impossible à effectuer avec une nageoire pectorale normale.

Cuspide : Structure pointue d'une dent ou d'une épine.

Denticule : Petite dent ou petite saillie en forme de dent.

Élasmobranche : Type de poisson dont le corps se distingue par son squelette cartilagineux et la présence d'au moins cinq fentes branchiales de chaque côté de la tête. À l'inverse, les poissons osseux (ou téléostéens) sont dotés d'un squelette osseux et d'une seule pièce anatomique recouvrant la cavité branchiale appelée opercule. Les élasmobranches comprennent les requins, les poissons-scies et les raies.

Épifaune : Faune benthique (ou organismes) vivant sur une surface, par exemple le plancher océanique.

Oviparité prolongée : Type de reproduction dans le cadre duquel le développement de l'embryon se fait presque exclusivement à l'extérieur de la femelle. Le processus de développement dans le sac ovigère est extrêmement long et peut durer jusqu'à 15 mois.

Follicule : Élément de base de la biologie reproductive des femelles située dans l'ovaire, constitué d'un amas cellulaire plutôt sphérique et contenant un seul ovocyte (ou encore ovule ou œuf).

Hétérocerque : Type de nageoire caudale caractérisée par des lobes inégaux. La colonne vertébrale se prolonge vers le haut, dans le plus grand lobe de la nageoire caudale. De nombreux requins présentent une nageoire caudale hétérocerque (pas en forme de croissant de lune), tandis que d'autres, comme le requin-taupe et le requin-pèlerin, sont dotés d'une nageoire homocerque (en forme de croissant de lune). Les raies n'ont pas de nageoire caudale hétérocerque ou homocerque. Leur nageoire caudale est soit de taille réduite, soit absente.

Endofaune : Faune aquatique (ou organismes) qui vit enfouie dans le substrat d'un plan d'eau, plus particulièrement dans des fonds marins meubles.

Kératinisé : Fait de kératine, une protéine fibreuse dure et insoluble.

Épine malaire : Épine buccale (se rapporte à la joue)

Myxoptérygie : Voir Ptérygopode.

Régime alimentaire ontogénétique : Régime alimentaire qui varie selon le stade biologique d'un organisme. De nombreuses espèces de raies ont un régime alimentaire ontogénétique, c'est-à-dire que les raies plus jeunes et plus petites ne se nourrissent pas des mêmes organismes que les raies plus âgées, plus grandes et plus matures.

Oogénèse : Processus de formation et de développement de l'ovule dans les animaux femelles.

Propulsion oscillatoire : Mouvement caractérisant les batoïdes, qui nagent en faisant onduler leurs nageoires de haut en bas et de bas en haut, comme les ailes d'un oiseau. Les aigles de mer et les mantes sont des raies qui utilisent leurs nageoires de manière oscillatoire.

Ostium (ostia) : Canal postérieur à l'ovaire dans lequel passe l'ovule relâché pour atteindre l'oviducte antérieur. Plus précisément, les ovules relâchés par les ovaires dans la cavité péritonéale sont recueillis par les ostia et transportés dans les oviductes jusqu'à la glande nidamentaire (ou coquillière).

Oviducte : Tube dans lequel passe l'ovule lorsqu'il se rend de l'ovaire à l'utérus. Chez les raies, on fait une distinction entre l'oviducte postérieur et l'oviducte antérieur.

Oviparité : Mode de reproduction donnant lieu à la production de gros sacs ovigères ayant l'aspect du cuir et contenant suffisamment de vitellus pour nourrir les embryons tout au long de leur développement. Les sacs ovigères sont déposés au fond de la mer, abandonnés par la mère. Après la gestation, de jeunes versions miniatures des parents émergent des capsules d'œufs. Les animaux qui se reproduisent de cette façon sont dits ovipares.

Oviposition : Processus de ponte d'œufs chez les animaux ovipares. Chez les raies, l'oviposition implique l'extrusion de la capsule d'œuf et le dépôt de la capsule dans le substrat du fond marin.

Ovoviviparité (aussi appelée viviparité aplacentaire) : Mode de reproduction le plus répandu chez les élasmobranches. Les œufs éclosent dans l'utérus avant la fin du développement des embryons, qui continuent de croître dans l'utérus sans lien placentaire. L'embryon se nourrit de la vésicule vitelline à laquelle il est rattaché par une sorte de pédoncule. Au moment de sa naissance, l'embryon aura entièrement consommé ces deux éléments. Les animaux qui se reproduisent de cette façon sont dits ovovivipares.

Ovule : Cellule reproductrice femelle.

Placoïde : En forme de plaque. Chez les requins, de petites écailles placoïdes se chevauchant sont enchâssées dans la peau et recouvrent presque tout le corps de l'animal, lui donnant une texture semblable à celle du papier de verre. Chez les raies, les écailles placoïdes forment généralement une ou plusieurs rangées de denticules (ou épines) prédominants le long de la ligne médiane du dos. Les dents des requins et des raies sont également des écailles placoïdes modifiées.

Aiguillons (ou piquants) : Petits denticules cutanés qui recouvrent parfois tout le corps de certaines raies.

Poussée : Nouveau type de locomotion au moyen de la nageoire pelvienne utilisé par certaines espèces de raies (comme la raie hérisson), qui ressemble beaucoup à la marche chez les tétrapodes. Pour se propulser, les raies doivent être munies d'un mécanisme à cet effet. Ces espèces possèdent donc une nageoire pelvienne postérieure modifiée (appelée crus), prolongée d'un élément nécessaire au glissement dans l'eau.

Raie (ordre des Myliobatiformes) : Poisson cartilagineux rhomboïde ou en forme de cerf-volant présent dans les eaux marines tropicales et subtropicales partout dans le monde, et dont certaines espèces sont présentes dans les eaux estuariennes. La majorité des raies sont benthiques, mais certaines d'entre elles sont pélagiques. Contrairement aux raies de l'ordre des Rajiformes, qui sont dotées de queues charnues, celles-ci sont munies de queues en forme de fouet, et parfois d'un ou deux aiguillons venimeux. Les raies sont vivipares (mettent bas), et donnent naissance à un nombre relativement faible de jeunes déjà plutôt grands.

Racine : Partie de la dent qui est fermement plantée dans le tissu conjonctif de la mâchoire.

Dimorphisme dentaire sexuel : Type de dentition pour lequel on observe une différence dans la morphologie des dents selon le sexe, différence qui souvent ne devient apparente qu'après la maturation sexuelle. Chez certaines espèces de raies, les mâles matures sont dotés de dents plus acérées et pointues qui les aideraient à s'accrocher à la femelle durant la copulation. Les femelles, pour leur part, sont dotées de dents arrondies et émoussées qui ne changent pas lorsqu'elles ont atteint la maturité sexuelle.

Amorphisme dentaire sexuel : Type de dentition pour lequel la morphologie des dents est la même chez les mâles et les femelles, même une fois la maturité sexuelle atteinte.

Glande coquillière (aussi appelée glande nidamentaire) : Organe spécialisé de l'oviducte antérieur des élasmobranches où 1) l'ovule est fécondé; 2) l'ovule fécondé est encapsulé dans un sac ovigère. L'aspect des capsules d'œufs varie : elles sont minces et membraneuses chez les raies de l'ordre des Myliobatiformes et à structure complexe et extrêmement durable chez les raies de l'ordre des Rajiformes. Chez certaines espèces de batoïdes, la glande coquillière sert également à stocker le sperme.

Raie (ordre des Rajiformes) : Poisson benthique cartilagineux en forme de diamant présent partout dans le monde dans les régions tempérées et polaires, ainsi que dans les eaux tropicales profondes. Les raies de cette famille sont ovipares, c'est-à-dire qu'elles déposent sur le plancher océanique des sacs ovigères résistants dont l'aspect rappelle le cuir et desquels sortiront des petits. On a découvert plus de 280 espèces de raies de la famille des Rajidae, ce qui en fait l'une des plus grandes familles de batoïdes au monde.

Spiracle : Petite ouverture respiratoire située derrière les yeux des élasmobranches, utilisée par les raies à la place de la bouche pour pomper l'eau sur les branchies. Chez le requin, le spiracle sert parfois à faire passer le sang oxygéné directement à l'œil et au cerveau par un vaisseau sanguin distinct; toutefois, le spiracle est souvent absent ou plus petit, surtout chez les requins rapides.

Tapis choroïdien : Couche réfléchissante semblable à un miroir située derrière la rétine de l'œil de la majorité des élasmobranches, et constituée de cellules plates et parallèles. Les cristaux du tapis choroïdien permettent aux élasmobranches de profiter d'une vision extrêmement efficace à faible luminosité.

Épine : Large denticule cutané. Bien que certaines raies ne possèdent pas les aiguillons caractéristiques de ces espèces, elles sont dotées d'épines qui dissuadent les prédateurs.

Propulsion ondulatoire : Mouvement caractérisant les batoïdes, qui nagent en faisant onduler leurs nageoires pectorales de l'avant vers l'arrière. La majorité des batoïdes nagent de façon ondulatoire, notamment toutes les raies de l'ordre des Rajiformes

Sinus urogénital : Organe creux du tractus reproducteur des raies mâles et femelles. Chez les mâles, les deux sacs de sperme sont reliés à l'arrière pour former le sinus urogénital, qui se termine par la papille génito-urinaire et débouche sur le cloaque. Chez les femelles, les deux utérus s'unissent pour former le sinus urogénital, qui se dilate lors de la maturation sexuelle, ce qui laisse supposer qu'il s'agit d'une caractéristique sexuelle secondaire.

Utérus : Organe musculaire creux situé dans la cavité pelvienne de la femelle. Chez les raies, l'utérus est un renflement de l'oviducte postérieur, et il est situé à l'arrière de chaque glande coquillière. Chez les raies de l'ordre des Myliobatiformes, le développement des embryons se fait à l'intérieur de l'utérus. Chez les raies de l'ordre des Rajiformes, le durcissement des capsules d'œufs (ou sclérotisation) se fait à l'intérieur de l'utérus.

Synthèse du jaune : Formation du jaune d'un œuf. Les œufs contenant un jaune (ou vitellus) sont dits vitellogènes.

Viviparité (aussi appelée viviparité placentaire) : Mode de reproduction le plus évolué chez les élasmobranches. Les embryons en développement dans la mère dépendent tout d'abord de la vésicule vitelline, mais ils sont par la suite nourris par un transfert direct d'éléments nutritifs de la mère au moyen d'un placenta vitellin. Plus précisément, les tissus de l'embryon (ou une sorte de pédoncule) touchent directement la muqueuse utérine de la mère, ce qui forme le placenta vitellin. Les animaux qui se reproduisent de cette façon sont dits vivipares.