Requin bleu

Prionace glauca

  • Fréquent
  • Eaux de surface
  • Jusqu’à 3 m (10 pi) de longueur
  • Bleu indigo foncé sur le dos; dégradation vers le bleu clairéclatant sur les côtés et le blanc sur le dessous
  • Remarquable par sa grande nageoire pectorale arquée
  • Museau bien développé; corps élancé

Recherche

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Requin bleu

Image fournie par Dan Doucette, Infotography

Les dents de la mâchoire supérieure

Les dents de la mâchoire supérieure (à gauche) sont triangulaires et courbées, leurs extrémités sont dentelées et elles se chevauchent à la base.

Celles de la mâchoire inférieure

Celles de la mâchoire inférieure (à droite) sont plus droites et plus minces, et leurs extrémités sont finement dentelées.

Photo : Requin bleu

Un requin bleu : péninsule Brooks, août 2013. Photo : Wendy Szaniszlo

Photo: Requin Bleu

Description

Le requin bleu est l'un des requins les plus facilement reconnaissables. Sa coloration est remarquable; le dos est indigo foncé, les flancs d'un bleu brillant et la face inférieure, blanche. Les grandes nageoires pectorales sont aussi faciles à reconnaître, car elles sont aussi longues que la distance entre le bout du museau et la dernière fente branchiale. Le corps du requin bleu est mince et fusiforme, atteignant 3,8 mètres de longueur (13 pieds). C'est possiblement un des grands requins les plus prolifiques, car il abonde sur l'ensemble de son aire de répartition. Le requin bleu possède une petite carène sur le pédoncule caudal, et le lobe supérieur de la nageoire caudale est plus long que le lobe inférieur. Les dents des mâchoires supérieure et inférieure ont des cuspides triangulaires avec des bords lisses ou finement dentelés.

On les reconnaît par leur corps particulièrement svelte et leur coloration bleue vif. Leur dos est de couleur bleu foncé, changeant au bleu vif sur les côtés et au blanc sur le ventre. Sa couleur change rapidement à un gris foncé uniforme lorsqu'il est hors de l'eau. Il a un long museau, de grands yeux et des nageoires pectorales pointues et étroites. La taille des adultes varie d'environ 2 - 3 m (6 - 10 pieds). Le requin bleu s'alimente principalement de calmars et de poissons pélagiques en bancs tels que le hareng, aussi bien que de carcasses de baleines et de tortues. Le requin bleu est muni de branchicténies, généralement caractéristiques des requins filtreurs, ce qui lui permet de s'alimenter de plus petits invertébrés pélagiques tels que la crevette.

Sur la côte Pacifique du Canada, les chercheurs de la Station biologique du Pacifique ont récemment participé à un programme international d'étiquetage des requins bleus avec des scientifiques du United States National Marine Fisheries Service (NMFS).

  • Eaux de surface
  • Jusqu'à 3 m (10 pi) de longueur
  • Bleu indigo foncé sur le dos; dégradation vers le bleu clair éclatant sur les côtés et le blanc sur le dessous
  • Remarquable par sa grande nageoire pectorale arquée
  • Museau bien développé; corps élancé

Aire de répartition

Le requin bleu habite l'Atlantique, le Pacifique et l'océan Indien, dans les eaux des côtes et du large. Son aire de distribution se situe entre 50 o de latitude nord et 50 o de latitude sud. Dans l'ouest de l'Atlantique, on le retrouve de Terre-Neuve et du golfe du Saint-Laurent jusqu'en Argentine. Dans les eaux canadiennes, le requin bleu a été observé au sud-est de Terre-Neuve, sur les Grands Bancs, dans le golfe du Saint-Laurent, sur le plateau néo-écossais et dans la baie de Fundy. Il s'agit probablement du grand requin le plus rencontré dans les eaux canadiennes.

L'aire de répartition du requin bleu est étendue et on le retrouve globalement dans les eaux tempérées et tropicales. Il est présent au large des côtes Atlantique et Pacifique du Canada. Cette espèce est fortement migratrice et il est un des requins ayant une aire de répartition la plus étendue. En été, lorsque l'eau plus chaude se déplace vers le nord, on peut trouver le requin bleu au large de la côte ouest de l'île de Vancouver au Canada, jusqu'à 40 miles marins (70 km) du rivage.

Habitat

Dans les eaux tempérées, le requin bleu est une espèce pélagique vagabonde qui vit à la surface où les eaux atteignent des profondeurs supérieures à 200 mètres. Il préfère une température de l'eau située entre 10 et 20 oC. On le voit souvent près de la surface des eaux profondes au large des côtes de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador en été et en automne.

Cycle biologique

Le requin bleu peut atteindre 383 cm, mais il mesure en moyenne entre 180 et 240 cm et pèse 30 à 52 kg. On ne sait pas jusqu'à quel âge il peut vivre pour l'instant, mais on pense qu'il peut vivre jusqu'à 20 ans. Les migrations saisonnières des requins bleus sont souvent associées aux changements de la température de l'eau. Lorsque les eaux se réchauffent, le requin bleu migre vers le nord et les eaux côtières; les grandes femelles précèdent les mâles et les femelles plus petits. On trouve les grands mâles plus au large. Le requin bleu est une espèce très migratrice et fait des traversées transatlantiques.

Régime alimentaire

Ce requin consomme plusieurs sortes de poisson et d'encornet, et il peut parfois manger des phoques. Même si les poissons plats font partie de son menu, le requin bleu se nourrit principalement de poissons pélagiques, comme le hareng, le merlu argenté, la merluche blanche, la merluche rouge, la morue, l'aiglefin, la goberge, le maquereau, le stromatée à fossettes, l'hémitriptère atlantique, le thon et l'espadon. Les poissons capturés à la palangre sont souvent attaqués et mangés par les requins bleus qui, à leur tour, restent prisonniers de l'engin de pêche. Ils sont opportunistes et se nourrissent de baleines mortes et de marsouins.

Reproduction

Le requin bleu est une espèce vivipare; les jeunes se nourrissent dans l'utérus et la femelle accouche de petits vivants. Les jeunes mesurent entre 40 et 51 centimètres de longueur (16 à 20 pouces) à la naissance, et la femelle met au monde 25 à 50 individus; on signale même qu'un requin bleu a accouché de 135 petits. Les femelles atteignent la maturité sexuelle lorsqu'elles mesurent entre 2,2 et 3,2 m de longueur (7 à 11 pi), alors que les mâles l'atteignent entre 1,8 et 2,8 m de longueur (6 à 9 pi), soit à environ 6 ans. Après la copulation, les femelles gardent et nourrissent les spermatozoïdes dans la glande de l'oviducte pendant des mois, et même des années, en attendant l'ovulation. Après la fécondation des œufs, la période de gestation dure entre 9 et 12 mois.

Interaction avec l'homme

Des plongeurs en eaux libres observent parfois des requins bleus. C'est un poisson sportif actif pour les pêcheurs récréatifs. Il est considéré comme étant une nuisance pour la pêche commerciale en raison de sa faible valeur commerciale, et il détruit les engins de pêche et les prises. Le requin bleu a déjà été impliqué dans des attaques sur des victimes de catastrophes aériennes et maritimes. Ils étaient très nombreux, mais il n'en reste plus beaucoup en raison des prises accessoires et de la surpêche. La mortalité due au rejet issu de palangres pélagiques peut être importante ( Campana et al. 2009; Campana et al. 2009c). Une récente évaluation du stock de requins bleus dans les eaux canadiennes est maintenant disponible. La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (l'organisme responsable de la gestion des grands poissons pélagiques dans l'océan Atlantique) a effectué une évaluation préliminaire des stocks (rapport de la CICTA) de requins bleus dans tout l'Atlantique Nord, mais les conclusions étaient équivoques. Le COSEPAC a examiné le statut du requin bleu au Canada en 2006 et l'a inscrit comme espèce préoccupante, mais aucune protection particulière n'est nécessaire.

Caractéristiques particulières

  • Corps long et mince
  • Le dos est bleu foncé, les flancs sont bleu brillant et la face inférieure, blanche.
  • Nageoires pectorales très longues
  • Membrane nictitante sur l'œil

Un requin bleu nageant au large des côtes de Halifax (Nouvelle-Écosse) (prise par M. Chris Harvey-Clark, Université Dalhousie, sur un laboratoire de recherche affrété sur le requin).

Inquiétudes liées à la pêche et à la conservation

Au large de la côte ouest du Canada, il n'y a pas de pêche dirigée sportive ou commerciale du requin bleu. Il peut cependant être capturé dans les prises accessoires de la pêche à la palangre ou au chalut. Au large de la côte est du Canada, on pratique la pêche sportive au requin bleu, surtout lors de tournois annuels. Au niveau mondial, ils sont habituellement capturés par la pêche pélagique à la palangre mais également à la ligne, au chalut pélagique, et même au chalut de fond près des côtes. On les attrape aussi comme prise accessoire dans la pêche à la palangre et au filet dérivant en haute mer. Le requin bleu ayant peu de valeur commerciale, les taux de prises rejetées en mer sans être déclarées sont probablement élevés et généralement seulement les nageoires sont prises. Toutefois, il y a quelques pays qui consomment avec enthousiasme le requin bleu tels que l'Espagne, le Brésil, l'Italie et la France. Les requins bleus sont utilisés pour la consommation humaine à l'état frais, fumé, salé-séché; la peau est utilisée par l'industrie du cuir; les nageoires sont consommées en potage d'aileron de requin; et en tant qu'huile de foie et de farine de poisson.

Il n'existe aucune statistique fiable sur les captures (dirigées ou fortuites) du requin bleu dans le monde et ceci rend difficile à comprendre l'impact de la pêche sur les stocks. Les captures ont été estimées à environ six millions par année. L'abondance élevée et la distribution globale de cette espèce ont un effet tampon relatif contre l'extinction. Cependant, certains stocks pourraient devenir menacés si la capture accessoire de pêche en haute mer n'est pas soumise à une étroite surveillance et à un contrôle strict. Le requin bleu est inscrit sur la liste rouge de l'UICN en tant qu'espèce à faible risque/quasi menacée à l'échelle mondiale.

Références

Compagno, Leonard J. V. 1984. Sharks of the World: An annotated and illustrated catalogue of shark species known to date. Part 2 – Carcharhiniformes. FAO species catalogue Vol.4. pp. 521-524. Food and Agriculture Organization of the United Nations.

FAO Fisheries and Aquaculture Department. 2008. Species Fact Sheets: Prionace glauca. Downloaded on 06 March 2008.

Ferrari, Andrea, and Ferrari, Antonella. 2002. Sharks: a Firefly guide. Firefly Books Ltd, Toronto.