Faits intéressants

Habitudes alimentaires
Figure 1: Contenu de l'estomac d'un requin-taupe commun qui se nourrit de poissons

Contenu de l'estomac d'un requin-taupe commun qui se nourrit de poissons

Figure 2: Phoques

Phoques

Les habitudes alimentaires des requins varient en fonction de quatre principaux types de nourriture : les poissons, les mammifères, les crustacés et les planctons. Le régime alimentaire d'un requin détermine de nombreux aspects de sa vie, dont l'endroit où il vit, le moment de la journée où il est actif, la profondeur des eaux qu'il fréquente et le type de dents et de mâchoires qu'il possède.

Les requins qui se nourrissent de poissons sont habituellement pélagiques; on les retrouve partout dans la colonne d'eau. Par exemple, le requin-taupe commun, le requin-taupe bleu et le requin bleu fréquentent les eaux canadiennes. Leurs dents, qui sont plutôt étroites et pointues, leur permettent de saisir leurs proies en nageant. Cette image montre le contenu de l'estomac d'un requin-taupe commun qui se nourrit de poissons. On peut voir sur la photo les restants partiellement digérés de cavalos, de calmar et d'aiglefin (faites glisser le curseur sur la photo pour l'agrandir).

Des requins comme le grand requin blanc se nourrissent surtout de mammifères marins comme les phoques ou les otaries. Bien que leur alimentation ne soit pas exclusive aux mammifères, leurs dents dentelées leur permettent de se nourrir de gros animaux comme les cétacés et de déchirer de gros morceaux de chair.

Les espèces de requins qui se tiennent près des fonds marins, comme la roussette de profondeur, se nourrissent de crabes et d'autres crustacés dotés d'une carapace extérieure dure. Les dents courtes de ces requins leur permettent de broyer leur nourriture. Très peu de requins de ce type existent dans les eaux canadiennes.

Les requins qui se nourrissent de planctons ont un mécanisme d'alimentation spécialisé. Le pèlerin se nourrit en nageant la gueule ouverte à la surface de l'eau et en laissant s'écouler l'eau par ses branchies. Des branchiospines à l'entrée des branchies capturent et filtrent tous les planctons (petits organismes qui flottent dans l'eau).

Figure 3 : Branchiospines

Branchicténie d’un requin pèlerin.
Photo modifiée de Sharks. Joyce Pope. 1997. Firefly Pocket guide Series. Firefly Books Ltd. Willowdale (Ontario).

Figure 4 : Planctons

Planctons
Photo modifiée de Sharks. Miranda Macquitty. 1992. Eyewitness Books Series. Stoddart Publishing Co. Ltd. Toronto (Ontario).

Le pèlerin a de nombreuses branchiospines, comme celles que l'on voit dans cette photo, mais il les perd en hiver lorsque les ressources de planctons se font rares.

Les planctons sont des organismes microscopiques qui flottent dans l'eau. Ils sont souvent clairs ou translucides comme ceux que l'on voit dans cette photo. Il en faut de grandes quantités pour nourrir un requin aussi gros que le pèlerin.

Reproduction

Les requins sont sexuellement dimorphes, c'est-à-dire qu'il existe des différences visibles entre les mâles et les femelles. Les mâles, comme celui de la photographie, possèdent des ptérygopodes (nageoires pelviennes modifiées) pour introduire le sperme dans la femelle.

Figure 1 : ptérygopodes

ptérygopodes

Figure 2 : Gros plan du testicule droit d'un requin-taupe commun

Gros plan du testicule droit d'un requin-taupe commun

Figure 3 : Cloaque

Cloaque

Les ptérygopodes sont des rouleaux de cartilage devenus rigides par le calcium chez l'adulte. La présence ou l'absence de ptérygopodes facilite la détermination du sexe du requin. Les mâles possèdent aussi une paire de testicules; cependant, le droit est toujours plus développé que le gauche, qui peut être plus petit ou tout simplement absent.

Les testicules sont internes; ils sont situés à l'extrémité antérieure de la cavité abdominale à l'intérieur de l'organe épigonal. Les tractus urinaire et reproductif se rejoignent pour former le sinus urogénital, d'où le sperme est libéré dans le sillon des ptérygopodes, qui est introduit dans la femelle lors de la copulation.

Les femelles ne possèdent pas de ptérygopodes; elles ont à la place un cloaque qui ouvre (comme les mâles) entre les nageoires pelviennes. Les ovaires, internes, sont pairs et se trouvent dans la partie antérieure de la cavité abdominale, mais, tout comme les testicules des mâles, le gauche est généralement plus petit; en réalité, l'ovaire gauche produit très peu d'œufs, voire aucun.

Faites glisser votre curseur sur les vignettes ci-dessous pour comparer les organes reproducteurs de femelles adultes (requin bleu et requin-taupe commun). (Remarque : Ces images à haute résolution mettent plus de temps à s'afficher). Cliquez ici pour afficher des images internes d'un aiguillat commun.

Figure 4 : Anatomie interne d'une femelle adulte (requin bleu)

Anatomie interne d'une femelle adulte (requin bleu)

Figure 5 : Anatomie interne d'une femelle adulte (requin-taupe commun)

Anatomie interne d'une femelle adulte (requin-taupe commun)

Une fois les œufs relâchés et fécondés, une membrane ou coquille cornée se forme autour de chaque œuf lorsqu'ils passent par la glande coquillière. Chez certains requins, la membrane est dure et protège les jeunes, tandis que chez d'autres requins, la membrane est mince ou vestigiale. Dans le dernier cas, les jeunes se développent et éclosent dans l'utérus de la femelle. Les œufs et les oothèques (sacs ovigères) diffèrent grandement selon les espèces; le diamètre des œufs peut être de 60 à 70 mm et les oothèques peuvent mesurer jusqu'à 300 mm de longueur. Ces sacs peuvent avoir la forme d'une fusée ou d'un sac à main, et porter des vrilles et des crochets.

Figure 6 : Gros plan de l'ovaire droit d'un requin-taupe commun

Gros plan de l'ovaire droit d'un requin-taupe commun

Figure 7 : Gros plan de l'utérus d'un requin-taupe commun.

Gros plan de l'utérus d'un requin-taupe commun.

Figure 8 : Accouplement de requins

Photo modifiée tirée de Sharks, Editor John D. Stevens. 1987. Facts on File Inc. New York, NY.

Durant la copulation, les requins sont face à face. Sur la photographie, on peut voir le mâle introduire un de ses ptérygopodes dans le cloaque de la femelle. Le sperme, contenu dans des capsules appelées spermatophores, est introduit dans la femelle par un sillon du ptérygopode. Des organes appelés sacs siphonaux se contractent et utilisent des courants d'eau pour transporter les spermatophores et les éjecter avec force.

Une autre différence marquée entre les requins mâles et femelles est l'épaisseur de la peau. La peau d'un requin bleu femelle est deux fois plus épaisse que celle du mâle; on pense que c'est une mesure de protection contre la violence de l'accouplement : les mâles mordent souvent avec force les femelles durant la copulation face à face et, sans cette épaisseur cutanée supplémentaire, les femelles seraient gravement blessées.

Cliquez sur les vignettes ci-dessous pour voir des morsures laissées sur la nageoire pectorale gauche d'un requin-taupe commun femelle (à gauche) et sur des requins bleus femelles (au centre et à droite). (Remarque : Ces images en haute résolution mettront plus de temps à s'afficher.)

Figure 9 : Cicatrices d'accouplement sur une nageoire pectorale

Cicatrices d'accouplement sur une nageoire pectorale

Figure 10 : Morsures sur une femelle

Morsures sur une femelle

Figure 11 : Morsures sur une femelle

Morsures sur une femelle

Figure 12 : Requins

Photo : Chris Harvey-Clark (Copeia 1999:780-782)

Le comportement de copulation des requins peut être très complexe, et on pense qu'il existerait une certaine sélection des partenaires chez certaines espèces. Les sexes vivent souvent séparés et ne se mêlent que pour s'accoupler. Lors de l'accouplement, des rassemblements peuvent se former. Par exemple, on voit des requins-pèlerins nageant en formation circulaire, comme sur l'image. Le but exact de ce comportement est inconnu; cependant, on est certain qu'il est relié à l'accouplement.

Les requins ont trois modes de reproduction. En général, la plupart des requins mettent bas des petits tout formés, mais certaines espèces pondent des œufs. Le mode de reproduction le plus fréquent est la viviparité : les embryons sont nourris et grandissent dans l'utérus de la mère. La nutrition de l'embryon peut être assurée par une sécrétion appelée lait utérin ou par un placenta.

Figure 13 : Requin-marteau à l'étape du développement vivipare

Photo modifiée tirée de Eve Bunting, The Sea World Book of Sharks. 1979. Halcourt Brace Jovanovich Publishers. Orlando, Florida.

Le requin-marteau sur l'image est un exemple de développement vivipare. Le placenta de ce fœtus devait être relié à la paroi utérine de la mère.

Le mode de reproduction le plus courant est l'ovoviviparité, qui ressemble à la viviparité, car les œufs sont fécondés, éclosent et grandissent à l'intérieur de la femelle. Cependant les embryons ne sont pas nourris directement par la mère, à l'exception de l'apport initial au moment de la formation de l'œuf. Chez certaines espèces, les jeunes peuvent obtenir leurs substances nutritives en mangeant les œufs nouvellement formés, les embryons plus petits et moins développés ou leurs frères et sœurs. Ce phénomène est appelé oophagie.

Figure 14 : œufs du pailona

œufs du pailona

Exemples de développement ovovivipare (cliquez sur la vignette pour l'agrandir). Dans cet exemple d'un pailona, l'ovule en développement est clairement visible à l'intérieur des ovaires. Les œufs se déplaceront dans l'utérus, où ils écloront et se développeront en un embryon qui se nourrira de grandes quantités de vitellus. On peut voir d'autres exemples de différentes étapes embryonnaires d'un développement ovovivipare chez l'aiguillat commun et le requin-taupe commun.

Figure 15 : Embryon de requin-taupe commun. Notez la vésicule vitelline qui ressemble à un gros ventre distendu accroché sous l'embryon..

Embryon de requin-taupe commun. Notez la vésicule vitelline qui ressemble à un gros ventre distendu accroché sous l'embryon..

Figure 16 : Embryons d'aiguillat noir (photo fournie par Einar Àsgeirsson et Ingibjörg Jónsdóttir, Islande).

Embryons d'aiguillat noir (photo fournie par Einar Àsgeirsson et Ingibjörg Jónsdóttir, Islande).

Figure 17 : Oothèques de roussette sur un corail

Oothèques de roussette sur un corail

Le dernier mode de reproduction est l'oviparité.Les requins pondent leurs œufs dans des oothèques, qu'ils fixent à des algues ou à des coraux. Les oothèques d'au moins une espèce sont conçues pour être poussées dans les sédiments. Une fois que les œufs sont à l'abri, la femelle quitte et les œufs ne reçoivent aucune autre protection ou nourriture.

On peut voir dans cette image de petits œufs foncés dans les parties supérieures du corail. Grâce à leurs petites vrilles, les oothèques peuvent s'attacher aux coraux et aux algues. Sans la protection de la mère, l'embryon peut ensuite se développer et éclore avec un certain degré de protection des prédateurs.

Figure 18 : Oothèque d'une roussette de profondeur (voir ci-dessus).

Oothèque d'une roussette de profondeur (voir ci-dessus).

Figure 19 : Embryon d'une roussette de profondeur à l'intérieur de l'oothèque. À noter la grande vésicule vitelline qui nourrit l'embryon pendant qu'il se développe dans l'oothèque.

Embryon d'une roussette de profondeur à l'intérieur de l'oothèque. À noter la grande vésicule vitelline qui nourrit l'embryon pendant qu'il se développe dans l'oothèque.

Âge des requins

L'âge d'un requin est déterminé en comptant les anneaux de croissance sur les vertèbres. Les anneaux des vertèbres se forment chaque année, tout comme ceux d'un arbre. Cette méthode est semblable à celle utilisée pour déterminer l'âge des poissons osseux par l'examen des otolithes (pierres de l'oreille), bien qu'elle ne soit pas aussi perfectionnée. Toutefois, puisque les requins n'ont pas d'otolithes, il est nécessaire d'utiliser leurs vertèbres. Le site Web du Laboratoire de recherches sur les otolithes donne une description plus complète des méthodes de détermination de l'âge chez les poissons osseux. Le site Web sur les pocheteaux et les raies du Canada atlantique fourni des renseignements détaillés et des méthodes pour déterminer l'âge des pocheteaux et des raies.

Aux fins de détermination de l'âge, les vertèbres de l'épine dorsale du requin sont préparées en les immobilisant par inclusion et en les sectionnant. Plusieurs vertèbres de la région cervicale sont d'abord retirées de l'animal et tous les tissus environnants (muscles, etc.) sont coupés des centra. La partie supérieure de l'arc vertébral est retirée pour permettre d'enlever la moelle épinière. Un ou deux des centra calcifiés sont ensuite sectionnés dans leur centre avec une scie à lame diamantée à faible vitesse. La section est faite perpendiculaire à la face du centre et à l'arc vertébral. En général, on utilise une paire de lames séparées par un espace de 0,6 mm pour préparer une section mince en une coupe. La vertèbre est maintenant prête pour l'analyse d'images et l'identification des anneaux de croissance. Dans le cas de certaines espèces de requin, des variations de la séquence ci-dessus pourraient être préférables. Par exemple, la vertèbre peut être congelée, séchée, radiographiée ou prétraitée avec des colorants chimiques pour permettre de mieux voir les anneaux de croissance.

Vertèbres

Les images ci-dessous sont celles des vertèbres d'un requin-taupe commun, d'un requin bleu, d'un requin-taupe bleu et d'un requin blanc plus âgés. Cliquez sur les images pour voir les différences entre ces espèces (il est à noter que ces images en haute résolution prendront plus de temps à s'afficher).

Vertèbres de requins âgées

Graphique des estimations de l'âge des espèces de requin selon la longueur à la fourch

Graphique des estimations de l'âge des espèces de requin selon la longueur à la fourch

Les courbes de croissance indiquent la taille moyenne d'un requin à chaque âge, selon le nombre d'anneaux des vertèbres. Les courbes de croissance préliminaires du requin bleu, du requin-taupe bleu et du requin-taupe commun sont présentées ci-dessous. Bien que les courbes de croissance fournissent un bon indicateur général de la taille du poisson selon son âge, des facteurs tels que l'état de santé, l'état reproducteur et les conditions locales peuvent tous modifier le taux de croissance de l'individu. Des exemples de courbes de croissance et de détermination de l'âge d'un requin sont présentés dans les études de Campana et al. (2002), de Natanson et al. (2002) et de MacNeil et Campana (2003).

Les estimations de l'âge, le taux de croissance et la longévité des requins partent tous du principe que les anneaux des vertèbres sont un indicateur précis de l'âge. Bien que cela soit probablement vrai dans la plupart des cas, une confirmation de leur véracité (appelée la validation de l'âge) n'a pas été obtenue pour la plupart des espèces de requin. La validation de l'âge au moyen du radiocarbone est maintenant disponible pour plusieurs espèces de requin : le requin-taupe commun (dans l'Atlantique Nord-Ouest et le Pacifique Sud), le requin-taupe bleu et l'aiguillat commun.

Attaques de requins

Les eaux canadiennes de l'Atlantique sont considérées parmi les plus sécuritaires au monde en ce qui concerne les attaques de requins, malgré le nombre et la variété d'espèces de requins qui les fréquentent. Les requins que l'on retrouve le plus couramment dans les eaux canadiennes sont en général inoffensifs et fréquentent les zones extracôtières ou les eaux profondes. De plus, l'eau étant froide toute l'année, très peu de gens s'y aventurent par comparaison aux endroits où le climat est plus chaud. Par conséquent, la plupart des requins rarement rencontrés par des humains dans les eaux canadiennes ne sont pas dangereux en général.

Seulement quelques espèces dans le monde sont réellement considérées comme dangereuses pour les humains et aucune d'elles ne fréquente régulièrement les eaux canadiennes. Le grand requin blanc est considéré comme très dangereux pour les humains, mais sa présence est extrêmement rare au large du Canada atlantique (signalement d'une seule occurrence par cinq ans environ). Il est souvent capturé accidentellement, parce qu'il s'est pris dans des parcs à hareng ou des filets de morue. Il existe cependant des cas dans le passé où de grands requins blancs auraient attaqué sans provocation de petits bateaux au large de la Nouvelle-Écosse et dans la baie de Fundy. L'une de ces attaques est survenue le 2 juillet 1932 à environ 16 kilomètres au nord-ouest du goulet de Digby, dans la baie de Fundy. Aux petites heures du matin par un jour calme, un gros requin a attaqué un pêcheur et son fils à bord de leur bateau à moteur de 7,6 mètres pendant qu'ils levaient leurs engins de pêche. À plusieurs reprises, le requin a frappé le bateau en se déplaçant vers l'arrière jusqu'à ce qu'il s'éloigne de l'embarcation. Une fois à terre, le pêcheur et son fils ont constaté que les pales de l'hélice avaient été pliées, que la coque était bosselée et que quelques dents étaient restées logées dans la coque et la quille. L'examen de l'une des dents a révélé qu'elle appartenait à un grand requin blanc mesurant environ 4,6 mètres de long.

Une autre attaque non provoquée est survenue en juillet 1953, au large de Fourchu au Cap-Breton, où le bateau endommagé a coulé et les deux pêcheurs se sont retrouvés dans l'eau. Le requin n'a pas attaqué les pêcheurs, mais l'un d'eux s'est noyé en tentant de nager jusqu'à la côte. Encore une fois, des fragments de dent logés dans la coque ont permis d'identifier le requin et d'évaluer sa longueur à 3,7 mètres.

À l'automne de 2000, un plongeur pêchant l'oursin a rencontré un requin en plongeant au large de Digby, en Nouvelle-Écosse. Le requin, apparemment attiré par l'appât pour le homard, a montré certaines caractéristiques agressives en frappant le plongeur, en tentant de saisir son sac de prise et même en le traînant sur plusieurs pieds. Le plongeur s'en est tiré sain et sauf, mais le requin est resté dans les parages et l'a encerclé pendant une courte période par la suite. Selon la description du plongeur, il s'agissait d'un requin-taupe commun.

Au cours d'un tournoi de pêche au requin à l'été 2004, un père et un fils pêchant en tandem admiraient un requin bleu qu'ils venaient tout juste de prendre et de tirer sur le côté du bateau. Dans une tentative pour le mettre en « transe » comme il l'avait vue à la télévision avec de grands requins blancs, le jeune garçon a tenté d'étendre sa main sur le museau du requin pendant que celui-ci était dans l'eau. Apparemment, le requin n'avait pas vu la même émission de télé, et il a mordu la main du garçon. Heureusement, celui-ci s'en est tiré avec quelques points de suture. (REMARQUE : Tenter de mettre la main sur la tête d'un requin en vie n'est PAS une bonne idée!)

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, des requins bleus et des requins à longues nageoires ont attaqué des naufragés blessés de navires torpillés au milieu de l'Atlantique. Le requin à longues nageoires est connu pour être assez agressif, mais normalement le requin bleu n'est pas considéré comme dangereux. Le requin du Groenland et le requin-taupe bleu peuvent devenir suffisamment gros pour attaquer une personne, mais aucune incidence n'a jamais été signalée dans les eaux canadiennes. Toutes les espèces indiquées ci-dessus ont tendance à fréquenter les eaux hauturières plutôt que les eaux côtières. Selon les rapports d'autres pays, la plupart des attaques de requin ont tendance à être associées à des pêcheurs au harpon qui transportent des poissons saignants et blessés, ou dans le cas du grand requin blanc, à la proximité d'une colonie de phoques.

La vérité et les mythes concernant les requins

La plupart des gens voient les requins comme de cruels prédateurs. Des films comme Les dents de la mer et, plus récemment, Terreur sous la mer, ont contribué à cet état de fait. Toutefois, cette perception est à la fois malheureuse et incorrecte, car on note à l'échelle du monde que les attaques non provoquées d'êtres humains par les requins sont relativement rares. Il y a plus de 350 espèces de requins dans les océans de la planète, mais seule une poignée d'entre elles sont considérées comme pouvant être dangereuses pour les humains. Dans les eaux canadiennes, les espèces dangereuses sont le grand requin blanc, le requin-taupe bleu et le requin à longues nageoires. Globalement, le risque d'être attaqué par un requin est nettement inférieur à celui d'être frappé par la foudre ou dévoré par un crocodile. La plupart des attaques notées ont lieu dans les eaux de l'Afrique du Sud et de l'Australie. Sur la côte atlantique du Canada, on a signalé quatre attaques de requin contre de petites embarcations, dont trois ont été attribuées au grand requin blanc par l'identification positive des dents ou des fragments de dent retrouvés logés dans la coque. Voir aussi Signalements de requins.

Comment les requins se nourrissent-ils?

Répondre :

La plupart des requins sont des prédateurs, mais les deux espèces les plus grandes (le pèlerin et le requin-baleine) n'ont pas de véritables dents et se nourrissent seulement de planctons (petits animaux flottants). La majorité des requins mangent des poissons et des invertébrés, et certains se nourrissent de mammifères marins comme les phoques et les otaries. On a également trouvé des restes d'autres animaux dans l'estomac de requins : des os et des vertèbres de vaches et de caribous, de poulets, de chiens, de pingouins et d'autres oiseaux, mais aussi divers autres objets plus étonnants : des boîtes de conserve, une montre-bracelet, un bloc-moteur, une pièce d'armure, des morceaux de chaise berçante, des bouteilles, des boutons, des chaussures, des ceintures et un sac à main. Dans les eaux de l'Atlantique canadien, la plupart des requins sont trop petits pour avaler de gros objets, mais on a retrouvé dans l'estomac du requin-taupe commun de la ligne à pêche, de la corde, des ballons, des attaches pour homard, des emballages de bonbons et un filtre à huile.

Quelle taille les requins peuvent-ils atteindre?

Répondre :

La taille des requins est très variée. La plus grosse espèce connue est le requin-baleine, qui atteint une longueur de 12 mètres (40 pieds environ) ou plus. Le plus petit, le squale nain, ne mesure que 25 centimètres (10 pouces). Le pèlerin est le plus grand requin de l'Atlantique canadien, et il atteint couramment des longueurs de 8 ou 9 mètres. Le plus gros spécimen de requin blanc dont la capture ait été confirmée au Canada mesurait plus de 5 mètres de long; il a été pris en 1983 près de l'île-du-Prince-Édouard. Auparavant, on avait capturé dans la baie de Fundy, en 1930, un grand requin blanc qui s'était pris dans un parc à hareng; les pêcheurs soutenaient qu'il mesurait 11 mètres de long. Pendant quelque temps, on a considéré qu'il s'agissait là du plus grand spécimen jamais capturé mais, lorsqu'on a comparé ses mâchoires à celles d'autres spécimens, on a établi qu'elles avaient dû appartenir à un requin mesurant environ 4,8 mètres. Le record mondial de taille est de 6,3 mètres.

Depuis quand les requins existent-ils?

Répondre :

Les requins existent depuis le Dévonien supérieur, soit il y a environ 409 millions d'années. La sous-classe Elasmobranchii, à laquelle ils appartiennent, a eu au fil du temps trois embranchements. L'embranchement original est le plus primitif et celui des cladodontoïdes, maintenant éteints. Le second est celui des hybodontes, qui sont aussi éteints, mais dont sont issus les requins et les raies de maintenant, qui constituent le groupe des Élasmobranches. On trouve encore aujourd'hui quelques espèces de requins qui représentent la transition entre les hybodontes et les requins modernes.

Les marsouins attaquent-ils les requins?

Répondre :

Il est presque devenu une légende urbaine, celle des dauphins et des marsouins qui attaquent régulièrement les requins qui s'approchent trop d'eux. La réalité est quelque peu différente. Dans certaines parties du monde, les dauphins sont souvent attaqués par de plus grandes espèces de requins comme le requin blanc, le requin bouledogue et le requin-tigre. En général, les dauphins évitent de s'approcher des requins prédateurs et ignorent ceux qu'ils ne considèrent pas comme dangereux. Bien qu'il existe au moins deux occasions documentées où des groupes de dauphins ont chassé des requins menaçants, celles-ci semblent constituer davantage une exception qu'une règle.

En quoi les requins sont-ils utiles aux humains?

Répondre :

Les requins sont utiles de diverses façons. On peut utiliser presque chaque partie de ce poisson : on mange sa chair, sa peau donne un bon cuir, ses dents deviennent des bijoux et des ornements, l'huile extraite de son foie sert à fabriquer de l'huile à machine, des suppléments de vitamine A et des cosmétiques, et ses nageoires se retrouvent dans la soupe aux ailerons de requin et dans des friandises pour animaux. Certaines parties des requins ont aussi un grand intérêt médical. La cornée est utilisée en chirurgie de l'œil (car elle est semblable à la cornée humaine). Étant donné que les requins sont très résistants au cancer, leur cartilage est devenu une source naturelle populaire d'agents anticancéreux. Toutefois, il n'existe aucune preuve à cet effet. L'aspect le plus important de leur utilité est toutefois leur place dans l'écosystème marin : en tant que prédateurs supérieurs, ils jouent un rôle dans la régulation de nombreuses populations de poissons et de mammifères marins, et nous aident donc à préserver la santé de l'écosystème.