Plie rouge

Plie rouge
Nom latin

Pseudopleuronectes americanus

Nom du groupe

poisson de fond

Information taxonomique (en anglais seulement)

Habitat

L'aire de répartition de la plie rouge s'étend de la côte de Terre Neuve et Labrador à la Géorgie et se limite à l'Atlantique Ouest. Ce poisson plat se trouve souvent dans les baies côtières plutôt que sur les bancs hauturiers. Il vit sur une gamme diverse de substrats (fonds vaseux, sablonneux ou granuleux) dans des eaux relativement peu profondes (habituellement à moins de 100 m). La plie rouge est parfois observée dans des eaux saumâtres près de rivières ou d'estuaires.

Description de l'espèce

La plie rouge est un poisson de forme ovale, très aplati avec une ligne latérale relativement droite menant à une queue arrondie. Elle possède une petite bouche avec peu de dents (parfois édentée). Sa coloration varie en fonction de la couleur du fond marin. La plie rouge est généralement brune, brun rouge ou vert olive - parfois presque noire - avec un ventre blanc pâle. Elle est parfois tachetée ou mouchetée. Du côté oculaire, les écailles sont rugueuses. La plie rouge peut atteindre une longueur de 50 cm ou plus. Les mâles et les femelles vivent en moyenne 11 et 12 ans respectivement.

Concentrée dans les anses et les baies côtières autour de la baie de Fundy, la plie rouge a une très grande tolérance à la salinité, et se trouve dans des eaux allant d'estuaires généralement océaniques à des estuaires aux eaux saumâtres. S'alimentant à vue, elles dorment habituellement la nuit et sont actives le jour, sauf au moment du frai, qui se produit surtout la nuit.

Figure 15 - Plie rouge

Plie rouge

L'histoire de la plie rouge au Canada est intéressante. Puisqu'elle est concentrée dans des zones côtières de la baie de Fundy, à l'intérieur de la limite de 12 milles en vigueur avant 1977, la plie rouge était en grande partie inaccessible par la pêche étrangère qui dominait l'industrie avant la Seconde Guerre mondiale. Une pêche commerciale canadienne de la plie rouge n'existait pas avant 1948, jusqu'à ce que des relevés exploratoires par l'Office des recherches sur les pêcheries aient révélé de grandes concentrations de plies rouges dans certaines parties de la baie de Fundy. Leur développement est décrit sur une base annuelle dans la série de rapports de la Station biologique de l'Atlantique (aujourd'hui appelée Station biologique de St. Andrews) par l'Office, et était accompagné d'importantes études par marquage.

La pêche de la plie rouge au Canada a débuté dans la baie St. Mary's en 1948, de même que les études par marquage. Les relevés exploratoires par l'Office, qui ont continué pendant la fin des années 1940 et le début des années 1950, ont également découvert des concentrations de plies rouges dans le bassin Minas et le bassin Annapolis, où on a commencé à pêcher en 1949. Il est devenu évident par le haut taux de recapture des plies rouges marquées et par la chute rapide du taux de prises commerciales de 1948 à 1950 que la baie St. Mary's ne pourrait pas soutenir la pression de la pêche. De plus, les résultats des études par marquage laissent clairement supposer une population distincte pour la baie St. Mary's. Des déplacements saisonniers de courtes distances étaient apparents, liés aux ajustements à la profondeur. En 1952, 32 bateaux ont pêché un million de livres de plies rouges, mais environ la moitié de ces prises provenait d'une nouvelle zone de pêche découverte par l'Office près du cap St. Mary's, qui contenait selon le marquage une autre population distincte de celle de la baie St. Mary's. À ce moment, l'Office avait établi que la répartition de la plie rouge diminuait avec le déclin de la population (habitat privilégié restreint), de telle façon que les densités (et donc le taux de prises) pourraient être maintenues si une pause assez longue avait lieu entre les périodes de pêche.

Les relevés de l'Office indiquaient que la plie rouge de la baie de Fundy fraie dans les eaux côtières au printemps (mai). Les études par marquage menées pendant ces relevés, concentrées dans le bassin Annapolis et la baie de Passamaquoddy, ont démontré très peu de rétablissements à l'est des lieux de marquage respectifs. Bien qu'aucune plie rouge du bassin Minas n'ait été marquée, il semble peu probable qu'il y ait eu des échanges avec les autres concentrations.

En 1963, il a été déterminé que la plie rouge se déplaçait en haute mer lorsque la température de l'eau dépassait 15 °C et revenait vers les eaux peu profondes lorsque l'eau avait refroidi. Habituellement, cela donnerait lieu à une tendance hiver/eaux profondes/haute mer et été/eaux peu profondes/eaux côtières. Toutefois, la température des eaux côtières pendant l'été ne dépasse pas toujours 15 °C, et la plie rouge demeure dans ce cas dans les eaux côtières. Il a été déterminé que chez plusieurs populations dans l'Atlantique Nord-Ouest, la préférence d'une amplitude thermique très étroite se situait entre 12 °C et 15 °C. Cela signifie une tranche d'eau étroite, expliquant la nature « tout ou rien » des prises de plies rouges, et embrouillant l'interprétation des tendances des taux de prises (prises par unité d'effort) une fois que l'étendue de la répartition était connue de l'industrie de la pêche. Donc, les prises par unité d'effort ont diminué radicalement les premières années de la pêche, mais au cours des années suivantes, l'emplacement des poissons pouvait être prédit avec assez de justesse pour compenser le déclin de la population. La préférence d'une amplitude thermique étroite a été par la suite remise en question (1988). On a fait valoir que les déplacements des poissons en haute mer pendant l'été avaient pour but de s'alimenter. En fin de compte, aussi bien la température que l'alimentation semblent pertinentes.

Figure 16 - Graphique des plies rouges dans 4X

Graphique des plies rouges dans 4X

Depuis 1970, nous dépendons des relevés d'été dans la baie de Fundy pour surveiller les tendances en matière d'abondance des plies rouges. Le moment de ces relevés est choisi pour l'échantillonnage optimal des espèces de poissons de fond en général. Malheureusement, la plie rouge préfère les zones côtières pendant l'été, et ces eaux ne sont pas assez profondes pour que les navires hydrographiques y pêchent. Nous échantillonnons donc la marge extérieure de la répartition de la population de cette espèce. Cela peut être adéquat pour un indice relatif de l'abondance, dans la mesure où la population demeure assez grande pour comporter une marge extérieure. Cependant, il n'est pas du tout certain que les échantillons biologiques connexes (c.-à-d. la taille, le poids, la maturité, le sexe, l'âge, l'alimentation) soient représentatifs de la population. La série chronologique des relevés d'abondance indique un déclin des plies rouges de grande taille depuis les années 1990, mais également une augmentation de l'abondance de plies rouges trop petites pour être pêchées au cours de la dernière décennie. Il sera intéressant de voir si la poussée d'abondance de petits poissons en 2009 signifie une augmentation de l'abondance de plies rouges exploitables au cours des prochaines années.

Contrairement à la plupart des espèces de poissons plats, les populations de plies rouges dans l'Atlantique Nord démontrent souvent une forte relation entre les frayeurs et les recrues lorsque les données appropriées sont traitées. Il n'y a pas assez de données sur la taille à la maturité des plies rouges pour bien séparer les frayeurs et les recrues.