Obliquaire à trois cornes

Obliquaria reflexa

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

L’obliquaire à trois cornes (Obliquaria reflexa) fait partie des 54 espèces de moules d’eau douce du Canada. C’est une moule rare que l’on retrouve uniquement en Amérique du Nord et est le seul membre du genre Obliquaire au Canada. Il présente les caractéristiques suivantes :

  • moule de taille moyenne, de longueur moyenne de 4 cm;
  • la coquille est épaisse, de forme circulaire ou triangulaire;
  • l’extrémité antérieure est arrondie, l’extrémité postérieure forme une pointe émoussée;
  • une seul rangée de 2 à 5 bourrelets ou « cornes » sur le dessus de la coquille;
  • la partie en relief sur le dessus de la coquille (le sommet ou le bec) est finement sculptée et élevée au-dessus de la ligne de charnière;
  • la couleur de la coquille peut être le vert, le beige ou le brun;
  • de nombreuses rayures fines ou une seule rayure vert foncé large le long des cormes peuvent ou non être présentes;
  • l’intérieur de la coquille (la nacre) est blanc perle et brille près de l’extrémité postérieure.

Habitat

L’obliquaire à trois cornes est présent uniquement en Amérique du Nord; son aire de répartition est vaste, s’étendant du golfe du Mexique au bassin des Grands Lacs. Aux États-Unis, il semble que l’obliquaire à trois cornes soit largement répandu dans 21 États du centre, partout dans les Grands Lacs et dans les bassins versants de la rivière Mississippi et de la rivière Mobile. Il est en déclin général partout dans les bassins versants des Grands Lacs et a peut-être disparu de la Pennsylvanie, est en danger en Ohio et vulnérable en Indiana et au Wisconsin. Au Canada, par le passé, cette moule se trouvait uniquement en Ontario, dans le lac Sainte-Claire, dans la rivière Détroit, dans l’Ouest du Lac Érié et dans les rivières Sydenham, Thames et Grand. On croit qu’elle a disparu des Grands Lacs, mais il en reste quelques petites populations dans les rivières Sydenham, Thames et Grand.

L’obliquaire à trois cornes préfère les habitats des grandes rivières où s’écoulent des courants modérés et où les substrats de gravier, de sable et de boue sont fins. On le trouve en général à des profondeurs de 6 à 7 mètres. Cette moule a une espérance de vie modérément longue, certains individus pouvant vivre jusqu’à 18 ans.

On considère l’obliquaire à trois cornes comme un reproducteur à court terme, il fraie au printemps et les larves, les glochidies, sont libérées vers la fin juillet. Comme c’est le cas pour la plupart des autres moules d’eau douce, les glochidies mènent une vie parasitaire sur les poissons, elles s’accrochent aux branchies de l’hôte et y demeurent jusqu’à ce qu’elles deviennent des juvéniles autonomes, après quoi elles se détachent pour s’enfouir dans le substrat. Les obliquaires à trois cornes sont essentiellement sessiles et peuvent se déplacer uniquement de quelques mètres le long du substrat tout au long de leur vie.

Comme toutes les espèces de moules d’eau douce, l’obliquaire à trois cornes filtre la nourriture présente dans l’eau. Les bactéries et les algues constituent ses sources primaires de nourriture.

Menaces

Les obliquaires à trois cornes qui restent sont sérieusement menacés par la pollution des activités urbaines et agricoles. Plus précisément, c’est la charge de sédiments qui mène à l’engorgement de la structure des branchies de la moule, tandis que la charge de nutriments et les contaminants dégradent la qualité de l’eau et des habitats en général. Les infestations par les espèces aquatiques envahissantes demeurent aussi une menace. Plus particulièrement, la moule zébrée est largement responsable de la disparition des populations d’obliquaires à trois cornes dans les Grands Lacs et les chenaux de communication. En s’accrochant par centaines à l’obliquaire à trois cornes, la moule zébrée nuit à la capacité de la moule indigène de se nourrir, de se déplacer, de respirer et de se reproduire. La moule zébrée continue de menacer de la même façon les populations fluviales d’obliquaires à trois cornes qui restent. De plus, les gobies à taches noires ont actuellement de sérieuses répercussions sur les populations de poissons indigènes, y compris les poissons hôtes qui soutiennent les moules indigènes. Une autre menace bien connue est l’activité récréative humaine, comme la conduite de véhicules tout-terrain (VTT) sur les fragiles moulières de la rivière Sydenham.

Renseignements supplémentaires

Si l'espèce est inscrite en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), un programme de rétablissement ainsi que des plans d'action seront élaborés pour prévenir la disparition de l’obliquaire à trois cornes au Canada, au moyen notamment de la recherche, de l'intendance des ressources terrestres et hydriques, de la surveillance et des activités de sensibilisation. L'habitat essentiel de l’obliquaire à trois cornes sera également désigné en vertu de la LEP, permettant ainsi une meilleure protection et un meilleur rétablissement de l'habitat de cette espèce.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Obliquaire à trois cornes

obliquaire à trois cornes

obliquaire à trois cornes

Nom scientifique : Obliquaria reflexa
Statut selon la LEP : Aucun statut
Statut selon le COSEPAC : Menacée
Région : Ontario

Image de l’intérieur et l’extérieur de la coquille de l’obliquaire à trois cornes

Image de l’intérieur et l’extérieur de la coquille de l’obliquaire à trois cornes
Crédit photo : Environnement Canada

Le saviez-vous?

L’obliquaire à trois cornes ne ressemble à aucune autre espèce de moule en Amérique du Nord.

Comme c’est le cas pour la plupart des autres moules d’eau douce, les glochidies de l’obliquaire à trois cornes mènent une vie parasitaire sur les poissons, elles s’accrochent aux branchies de l’hôte et y demeurent jusqu’à ce qu’elles deviennent des juvéniles autonomes, après quoi elles se détachent pour s’enfouir dans le substrat.

Les poissons les plus susceptibles d’être des hôtes pour cette espèce sont le méné des ruisseaux (Luxilus cornutus) et le naseux des rapides (Rhinichthys cataractae).

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