Crabe des neiges (Pacifique)

Nom latin

Chionoecetes bairdi/tanneri/angulatus

Nom du groupe

invertébrés

Information taxonomique (en anglais seulement)

Habitat

Les eaux de la Colombie-Britannique abritent trois espèces de crabe des neiges. Chionoecetes bairdi, qui vit en eaux littorales relativement peu profondes, est indigène de la côte du Pacifique Est; son aire de répartition s'étend depuis l'Alaska jusqu'à l'Oregon. Il ne se trouve généralement pas dans le Pacifique Ouest, bien qu'il ait été signalé au large du Japon. En Colombie-Britannique, il semble être le plus abondant dans les inlets continentaux du nord de la province, où il a été l'objet d'une pêche commerciale jusqu'en 1993. Il n'est plus exploité commercialement, et les pêcheurs récréatifs le capturent rarement en raison de la profondeur où il vit.

Les deux autres espèces, Chionoecetes tanneri et Chionoecetes angulatus, se trouvent à de grandes profondeurs (de 500 à 3 000 m) le long du talus continental, depuis la Californie jusqu'aux îles Aléoutiennes et le Japon. Les tentatives de développement d'une pêche commerciale de ces deux espèces en Colombie-Britannique ont échoué.

Description de l'espèce

Ces crabes des neiges sont de grande taille. Ils possèdent huit pattes ambulatoires, effilées et pointues, et deux pinces, longues et courbées, de la même taille environ que les autres pattes. Leur carapace, arrondie et aplatie, porte deux « cornes » sur le front.

La carapace de Chionoecetes bairdi - celle des trois espèces de crabes des neiges du Pacifique qui se trouve en eau moins profonde - est brune et couverte de bosses. La face ventrale est orange rosé à crème. En Colombie-Britannique, ce crabe atteint une largeur maximum de carapace de 140 mm environ; les mâles sont beaucoup plus gros que les femelles. On croit qu'il peut vivre jusqu'à 14 ans

La carapace des espèces des profondeurs, Chionoecetes tanneri et Chionoecetes angulatus, est orange vif et forme de grands lobes au dessus de la région des ouïes.

Le crabe des neiges du Pacifique (C. tanneri)

Le crabe des neiges du Pacifique Chionoecetes tanneri qui vit en eau profonde est une espèce parmi plusieurs considérées pour de nouvelles pêches au large de la côte de la Colombie-Britannique. Cette proposition suit l'approche par étape pour pêches nouvelles et émergentes. Le programme est inactif depuis 2003, année durant laquelle la dernière pêche expérimentale a eu lieu. Parce que la pêche n'était pas économiquement viable, le Tanner Crab Joint Venture Fishermen’s Association n’as pas continué.

Le crabe Chionoecetes tanneri est une grosse araignée de mer qui vit en eau profonde. Ces crabes sont des brachyoures de la famille Majidae, et du genre Chionoecetes dont il existe trois espèces en C.-B.: Chionoecetes bairdi (crabe des neiges), C. tanneri et C. angulatus (crabe des neiges du Pacifique).

Cette espèce ressemble aux autres araignées de mer du genre Chionoecetes et on la reconnaît à sa couleur écarlate, à la couleur brune foncée de ses yeux et à ses lobes branchiaux élargis de la carapace séparés par une fente profonde (de laquelle son nom commun est dérivé). Ses pattes sont plus longues et plus fines que celles du crabe des neiges (Chionoecetes opilio) ou du crabe des neiges d’Alaska (C. bairdi). Il ressemble le plus à l’autre crabe d’eau profonde du même genre, C. angulatus.

On retrouve le C. tanneri exclusivement dans le Pacifique ouest, du Mexique au Golfe de l'Alaska, à des profondeurs allant de 53 à 1944 m. En C.-B., on les trouve à des profondeurs entre 458 et 1784 m. Leur répartition bathymétrique théorique est une bande étroite limitée par ces profondeurs le long de la pente continentale.

La répartition des males adultes au large de l'île de Vancouver est entre 580 et 670 m, alors que les femelles se trouvent à de plus grandes profondeurs, entre 670 et 720 m pendant la majeure partie de l'année. Par contre, entre la fin mars et avril, il semble que les femelles migrent dans des eaux moins profondes afin de déposer leurs oeufs et de s’accoupler. Apparemment, les femelles primipares ne se reproduisent pas comme les crabes à carapace molle comme le font les autres Chionoecetes, mais comme un crabe à carapace dure, après une mue durant le printemps/été précédent. Il est probable que les femelles adultes puissent produire au moins 2 pontes d'oeufs au cours de leur vie reproductrice, bien qu'il soit incertain qu’elles utilisent également le sperme entreposé pour féconder les pontes multiples d'oeufs (comme la plupart des autres crabes appartenant à la famille Majidés) ou que la reproduction annuelle est requise.

On connaît peu de chose des taux de croissance ou de la structure par âge de cette espèce. La répartition par taille d’échantillons obtenus au large de l'île de Vancouver est de 100 à 174 mm pour les mâles et de 94 à 138 mm pour les femelles. Les estimations de la taille à maturité provenant de données se situent à 112 mm pour la largeur de carapace (LC) des mâles et à 88 mm LC pour les femelles.

Photo : Chionoecetes tanneri avec tâches noires (Photo: Jim Boutillier)

Photo : Chionoecetes tanneri avec tâches noires (Photo: Jim Boutillier)

Photo : Vue détaillée d’une pince (Chionoecetes tanneri)

Photo : Vue détaillée d’une pince (Chionoecetes tanneri)

Photo : Chionoecetes tanneri à coté d’une règle

Photo : Chionoecetes tanneri à coté d’une règle

Programme d’évaluation du C. tanneri

Le crabe des neiges du Pacifique qui vit en eau profonde (Chionoecetes tanneri) est une espèce parmi plusieurs considérées pour de nouvelles pêches au large de la côte de la Colombie-Britannique. L'examen du potentiel de pêche de ce crabe se fait selon l'approche par étape de la prestation de renseignement scientifique sur les pêches nouvelles et émergentes (Perry et al. 1999). L'évaluation de la possibilité d'une pêche de C. tanneri est présentement dans la deuxième phase.

À la suite de la revue phase 0, certaines lacunes de l'information disponible ont été identifiées. Celles-ci incluent :

Recommandations basées sur les travaux sur le C. tanneri réalisés au cours de la Phase 1 incluent :

Relevés au chalut effectués par le MPO

Des relevés au chalut ont été effectués par le MPO à partir du navire de recherche CCGS W.E. RICKER, entre 1999 et 2003, avec des relevés supplémentaires au casier durant les trois premières années. Les relevés au chalut ont été réalisés sur la côte ouest du nord de l’île de Vancouver, dans le détroit de la Reine-Charlotte et sur la côte ouest des îles de la Reine-Charlotte.

Relevés au casier effectués par l’industrie

L’industrie a complété des relevés au casier sur la côte ouest de l’île de Vancouver en 1999/2000 ainsi que des relevés au large de la côte ouest des îles de la Reine-Charlotte en 2003.

Pêche expérimentale

L'industrie a effectué des pêches expérimentales dans les secteurs d'exploitation des pêcheries du Pacifique (PFMA) 125 et 126 entre 1999 et 2003. De l’information détaillée sur les lieux de pêche, les prises ainsi que des données biologiques ont été rassemblées pour chaque ensemble, pendant la pêche expérimentale. Les objectifs de la pêche expérimentale étaient :

Ces questions ont besoin d’être abordées parce que les crabes Chionoecetes tanneri femelles constituent la plus grande partie de la capture accessoire.

Photo: Récolte de plusieurs C. tanneri (photo : Ken Wong)

Photo: Récolte de plusieurs C. tanneri (photo : Ken Wong)

Photo: Pêche expérimentale - Côte ouest de l’île de Vancouver

Photo: Pêche expérimentale - Côte ouest de l’île de Vancouver

 Photo: Chargement de C. tanneri  (Photo: Ken Fong)

Photo: Chargement de C. tanneri (Photo: Ken Fong)

Photo: Pêche expérimentale - Côte ouest de l’île de Vancouver

Photo: Pêche expérimentale - Côte ouest de l’île de Vancouver

Crabe des neiges du Pacifique (C. bairdi)

Chionoecetes bairdi, ou crabe des neiges du Pacifique côtier, est une espèce avec potentiel pour une nouvelle pêche commerciale. Cette considération suit une approche par étape des pêches nouvelles et émergentes faite pour s'assurer que l’activité commerciale en question soit biologiquement durable. La Première Nation de Wuikinuxv (Oweekeno), en collaboration avec le MPO, a exploré la possibilité de développer une pêche pour le crabe des neiges du Pacifique côtier dans le bassin du bras de mer Rivers.

Les crabes des neiges du Pacifique font partie du phylum Arthropoda; sous-phylum Crustacea; classe Malacostraca; sous-classe Eucarida; ordre Decapoda; famille Majidae; et genre Chionoecetes. Les crabes appartenant à la famille Majidae, ou vrai crabe, se distinguent par leurs 4 paires de pattes locomotrices et 2 pinces à la différence de ceux de la famille Lithodidae, ou crabes royaux, qui n’ont seulement que 3 paires de pattes locomotrices. Seulement trois espèces de crabe Chionoecetes (C. bairdi, C. tanneri, and C. angulatus) se trouvent dans les eaux de la Colombie-Britannique.

Les crabes qui font partie du genre Chionoecetes ont en commun plusieurs caractéristiques morphologiques, physiologiques et reproductives. C. bairdi est connu pour la couleur orange-brun de sa partie dorsale, la couleur rose-crème de sa partie ventrale et une région branchiale plus ou moins plate (à la différence des crabes des neiges C. tanneri, et de C. angulatus qui ont une couleur orange vif et des lobes branchiaux élargis.

Photo : Plusieurs  C. bairdi (Photo: Ken Fong)

Photo : Plusieurs C. bairdi (Photo: Ken Fong)

On retrouve Chionoecetes bairdi dans l’est de l’océan Pacifique, de l’Oregon jusqu’au Golfe de l'Alaska, à des profondeurs allant de 0 à 400m. En Colombie Britannique, on les retrouve le long de la côte, dans les bras de mer côtiers ainsi qu’au large. C. bairdi est abondant du nord de la Colombie-Britannique, en passant par l’archipel des Aléoutiennes jusqu’à la mer d’Okhotsk et la mer du Japon. Ils font l’objet d’une pêche commerciale importante en Alaska où on les appelle communément crabe des neiges.

On dit que, dans les eaux alaskiennes, le crabe des neiges femelle passe par 12 stades larvaires avant d’atteindre une mue terminale après environ 5 ans. D’autre part, on estime que le crabe des neiges mâle passe jusqu’à 18 stades larvaires en environ 6 ans avant d’atteindre la maturité, bien que l’existence d'une mue terminale pour les mâles soit sujette à discussion parmi les chercheurs. La fréquence et la synchronisation de la mue dépendent probablement de la température de l'eau, de la disponibilité de nourriture et du comportement de reproduction.

On retrouve les mâles et femelles juvéniles aux mêmes profondeurs tout au long de l'année jusqu'au moment de la mue de puberté, lorsque leur répartition change. On a observé des crabes des neiges femelles pubescents dans les eaux côtières peu profondes tandis que les femelles matures multipares étaient généralement trouvées dans les eaux plus profondes. Pendant la croissance des crabes, les mâles résident sur une gamme bathymétrique beaucoup plus étendue que celle des femelles mais il semble que la majorité des crabes des neiges adultes (mâle et femelle) migrent à des profondeurs de plus de 100 m après avoir atteint la maturité et le premier accouplement. Chez les Chionoecetes, les sexes ont tendance à vivre à des profondeurs distinctes, sauf pendant la période de reproduction. Les raisons pour cette ségrégation ne sont pas évidentes mais pourraient être le résultat de la concurrence intraspécifique car il y a un dimorphisme sexuel marqué.

On trouve souvent les adultes enterrés dans les substrats de boue et de sable, un comportement commun à plusieurs espèces de crabe qui habitent les substrats meubles. Les femelles sont actives la nuit et restent enterrées dans le substrat pendant le jour, probablement comme défense contre les prédateurs. On pense que les juvéniles des deux sexes et les mâles s’enterrent, mais sans savoir dans quelle mesure.

Il y a au moins trois agents pathogènes principaux identifiés dans les crabes Chionoecetes. La maladie du crabe amer (MCA) est causée par un dinoflagellé parasite (Hematodinium spp.) dans la hémolymphe qui engendre une maladie débilitante causant la mort de l’hôte. La maladie donne aussi un goût amer à la chair de crabe, la rendant ainsi inutilisable. Le syndrome de nattage noir est une infection fongueuse incrustante provoquée par l’ascomycète Trichomaris invadens. Le fongus forme une masse épaisse, ressemblant le goudron, sur les individus infectés de laquelle le nom est dérivé, mais pénètrent aussi la cuticule et divers tissus plus profonds et peut empêcher la mue et par la suite causer la mort de l’espèce hôte. On sait que les prédateurs némertiens des oeufs causent la perte d'oeuf chez les espèces du crabe royale et du crabe des neiges.

Programme d’évaluation du C. bairdi

Photo : C. bairdi, femelle et mâle (Photo : Ken Fong)

Photo : C. bairdi, femelle et mâle (Photo : Ken Fong)

En 2001, le Comité d'examen des évaluations scientifiques du Pacifique (CEESP) a accepté un examen de phase 0 de la biologie du C. bairdi. L’étude a identifié plusieurs besoins d’information de base requis pour soutenir le développement durable d'une pêche au C. bairdi en C.-B., d’une manière prudente. Ceux-ci incluent la distribution des stocks, la taille de la population et les caractéristiques du cycle biologique.

Le Ministère des Pêches et des Océans, en collaboration avec la Première Nation de Wuikinuxv, a effectué une évaluation de phase 1 des populations C. bairdi dans le bras de mer Rivers et dans certaines parties du détroit Fitz Hugh situé dans la région centrale de la côte de la Colombie-Britannique. Plusieurs relevés systématiques au casier et au chalut ont été réalisés entre 2004 et 2005.

Il ne semble pas y avoir suffisamment de crabes de taille commerciale pour rendre cette pêche économiquement viable bien que l'information disponible n’est pas suffisante pour supporter des déclarations généralisées concernant la composition du stock de crabe des neiges du Pacifique dans les secteurs autres que le bras de mer Rivers.

Publications sur le crabe

Une liste de publications sélectionnées du programme crabe se trouve ci-dessous.

Publications sur le C. tanneri

Publications sur le C. bairdi