Raie à queue de velours (population du chenal Laurentien et du plateau néo-écossais)

Malacoraja senta

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

La raie à queue de velours (Malacoraja senta) fait partie de la classe des Chondrichthyens, qui englobe toutes les espèces de requins et de raies. Cette espèce est l'une des plus petites raies de l'Atlantique Nord-Ouest; sa longueur maximale est de 66 cm et son poids maximal, de 1,2 kg. Elle se distingue des autres raies que l'on trouve dans les eaux canadiennes principalement par sa longue queue (dont la longueur est égale à celle de son corps) et par les deux « triangles » de cartilage fin et opaque sur son museau. Les raies à queue de velours de moins d'un an (jeunes raies de l'année) peuvent être distinguées des autres jeunes raies de l'Atlantique Nord-Ouest grâce à la présence d'une à quatre lignes transversales pâles sur sa queue.

Habitat

La raie à queue de velours est une espèce indigène du plateau continental de l'Amérique du Nord – seul endroit au monde où vit cette espèce. Elle est présente du sud du banc Georges (au sud du cap Cod) jusqu'au nord du plateau du Labrador (chenal Hopedale). Les raies à queue de velours ne sont pas réparties uniformément dans leur aire de répartition et on considère qu'elles forment quatre populations géographiquement isolées selon la température de l'eau, sa profondeur et d'autres facteurs que l'on cherche encore à comprendre. L'aire de répartition de la population du chenal Laurentien et du plateau néo-écossais englobe le sud-ouest des Grands Bancs, le golfe du Saint-Laurent, le plateau néo-écossais, la baie de Fundy et le banc Georges.

La raie à queue de velours vit généralement à des profondeurs comprises entre 70 et 480 m et à des températures entre 2,7 et 10 °C. On trouve les agrégations les plus denses de raies à queue de velours dans les chenaux entourant les bancs peu profonds, où l'eau est plus chaude. La raie vit principalement sur les fonds de vase meuble (limon et argile), mais aussi sur les fonds sablonneux, de coquilles brisées, de gravier et de galets. Cette espèce est très sélective en ce qui concerne son régime alimentaire. Elle se nourrit principalement de petits crustacés vivant au fond de l'eau (crevettes, euphausiacés, mysidacés, amphipodes ou « poux du poisson ») durant la plus grande partie de sa vie. Toutefois, les grandes raies à queue de velours peuvent aussi se nourrir de petits poissons de fond.

Menaces

répartition de la raie à queue de velours

Limites approximatives de l'aire de répartition de la raie à queue de velours (population du chenal Laurentien et du plateau néo-écossais), adaptées de COSEPAC 2012.

Carte montrant les limites approximatives de l'aire de répartition de la population de raies de velours du chenal Laurentien et du plateau néo-écossais. Ces limites englobent le sud-ouest des Grands Bancs, le golfe du Saint-Laurent, le plateau néo-écossais, la baie de Fundy et le banc Georges. Cette carte a été adaptée à partir de l'Évaluation et du Rapport de situation 2012 du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) sur la raie à queue de velours (Malacoraja senta) au Canada.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a défini les principales menaces pour la population de raies à queue de velours du chenal Laurentien et du plateau néo-écossais au Canada :

  • Prédation – Il se peut que la mortalité naturelle (p. ex. prédation) des adultes limite le rétablissement de cette espèce, en particulier dans le sud du golfe du Saint-Laurent.
  • Prises accessoires – Les populations de raies à queue de velours ne font l'objet d'aucune pêche dirigée, mais des raies à queue de velours sont capturées en tant que prises accessoires de pêches ciblant d'autres espèces. On ignore si la mortalité attribuable aux prises accessoires menace leur rétablissement et leur répartition; la mortalité par pêche pourrait être faible.

Renseignements supplémentaires

La population du chenal Laurentien et du plateau néo-écossais constitue historiquement 90 % de l'abondance estimée de l'espèce au Canada et 70 % de l'aire de répartition canadienne. Les tendances sur le plan de l'abondance et de la zone d'occupation varient d'une région à l'autre chez cette grande population, mais le nombre total d'individus a probablement augmenté au cours des dernières années. Bien que le plateau néo-écossais ait constitué le centre d'abondance de l'espèce, l'abondance et la zone d'occupation montrent un déclin marqué depuis les années 1970, et les effectifs demeurent faibles. La cause de cette différence dans les tendances entre les secteurs n'est pas clairement définie.

Pour de plus amples renseignements, visitez le Profil du Registre public des espèces en péril (LEP).

Raie à queue de velours (population du chenal Laurentien et du plateau néo-écossais)

Raie à queue de velours

Illustration d'une raie à queue de velours vue de profil. Il s'agit d'un poisson aplati au corps en forme de disque. Cette espèce se distingue des autres raies que l'on trouve dans les eaux canadiennes par sa longue queue (dont la longueur est égale à celle du corps) et par les 2 « triangles » de cartilage fin et opaque sur son museau. La raie à queue de velours âgée de moins d'un an peut être distinguée des autres jeunes raies de l'Atlantique Nord-Ouest grâce à la présence d'une à quatre lignes transversales sur sa queue. On distingue entre 3 et 15 petites épines orbitales sur le devant et autour de chaque œil, entre 2 et 4 épines sur l'épaule (une épine par épaule pour les raies âgées de moins d'un an) et une ligne médiane de 22 à 32 petites épines dont la longueur diminue de la région du cou à la base de la queue (là où elles deviennent « invisibles » parmi les nombreuses épines caudales).

Nom scientifique : Malacoraja senta
Statut selon la LEP : Aucun statut
Statut selon le COSEPAC : Préoccupante (mai 2012)
Région : Terre-Neuve-et-Labrador, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard et Nouvelle-Écosse

Le saviez-vous?

La raie à queue de velours se reproduit en déposant sur le fond marin une capsule d'œuf à coquille dure (« oreiller de mer ») contenant un embryon. Chaque femelle produit de 40 à 100 grosses capsules d'œufs par année. L'embryon se développe pendant un à deux ans à l'intérieur de la capsule d'œuf. Au moment de l'éclosion, il est devenu un juvénile entièrement formé d'une longueur de 7 à 10 cm. Nous possédons peu de renseignements sur les prédateurs de la raie à queue de velours, mais on a parfois trouvé un embryon se développant à l'intérieur d'une capsule d'œuf mangée par un gastéropode perforateur de coquille, tandis que les juvéniles et les adultes peuvent être mangés par des mammifères marins, d'autres raies ou des poissons plus gros. La durée de vie de la raie à queue de velours est d'au moins 15 à 25 ans.

Renseignements connexes