Morue-lingue

Morue-lingue
Nom latin

Ophiodon elongatus

Nom du groupe

poisson de fond

Information taxonomique (en anglais seulement)

Habitat

Espèce indigène du Pacifique Nord-Est, la morue-lingue se retrouve depuis les îles Kodiak, en Alaska, jusqu'en Basse-Californie. Elle est surtout abondante est la côte de la Colombie-Britannique, au large de l'île de Vancouver et des îles de la Reine-Charlotte, ainsi que dans les détroits de Georgia, d'Hécate et de la Reine-Charlotte. La morue-lingue préfère les fonds rocheux, de la zone intertidale jusqu'à des profondeurs d'environ 100 mètres.

Description de l'espèce

La morue-lingue n'est pas une vraie morue. Son corps allongé, généralement brun moucheté, mais parfois gris, vert ou brun rougeâtre, et même bleuâtre, est surmonté d'une longue nageoire dorsale. Le ventre est clair. Des écailles couvrent le corps, sauf la tête. Prédateur vorace, la morue-lingue est dotée d'une très grande bouche armée de dents acérées. Elle peut atteindre plus d'un mètre de longueur et peser plus de 30 kilogrammes, les femelles atteignant une taille plus grande que les mâles (qui dépassent rarement 90 centimètres). Les mâles ont une espérance de vie d'environ 14 ans et les femelles, d'environ 20 ans.

Cycle Biologique de Morue-Lingue

La morue-lingue (Ophiodon elongatus) est unique à la côte ouest d'Amérique du Nord. La centre d'abondance est à la côte du Colombie-Britannique. On la trouve au fond, avec la plupart des individus occupant des zones rocheuses aux profondeurs de 10 à 100 m. Les études d'étiquetage ont révélé que la morue-lingue est une espèce surtout sédentaire, et la colonisation et le recrutement se produisent seulement dans les secteurs localisés.

Les morues-lingues émigrent à des frayères côtières, commençant en octobre. Les mâles émigrent avant que les femelles, et établirent les nids dans des crevasses ou sur des vires rocheuses en zones avec les courants forts. Ils frayent en décembre à mars, et les femelles départent immédiatement après pondre. Les mâles défendent activement le nid des prédateurs jusqu'aux œufs feraient éclore au début de mars au fin d'avril. Le photo à droite présente un morue-lingue mâle qui protège un amas d'œufs.

Les larves sont pélagiques jusqu'au fin de mai ou au début de juin, et à ce temps, elles peuplent le fond comme les juvéniles. On trouve les juvéniles dans les zones plates qui ne sont pas les habitats typiques des adultes. Éventuellement, les juvéniles peuplent les habitats des topographies et des substrats semblables aux adultes, mais elles demeurent à des profondeurs plus faibles pendant plusieurs années.

Les femelles et les mâles se font mûrir à l'âge 3-5 ans (61-75 cm) et à l'âge 2 ans (45 cm), respectivement. Les mâles adultes peuvent être distingués des femelles par la présence d'une papille petite et conique derrière du passage anal. Jusqu'à l'âge 2, les mâles et les femelles se développent à des vitesses semblables, et les deux atteignent une longueur moyenne de 45 cm. Après l'âge 2, les femelles se développent plus rapidement que les mâles. La croissance des mâles diminue environ à l'âge 8, mais la croissance des femelles continue jusqu'à l'âge 12-14. L'âge maximum des morues-lingues est 14 ans pour les mâles et 20 ans pour les femelles, et la longueur maximum est environ 90 cm pour les mâles et 120 cm pour les femelles.

Les morues-lingues sont les prédateurs voraces, fourrageant sur les invertébrés et plusieurs espèces de poisson, incluant le hareng (Clupea pallasi) et le merlu du Pacifique (Merluccius productus). Le photo présente un morue-lingue disséqué avec un sébaste (Sebastes sp.) dans l'estomac. Les morues-lingues qui survivent l'état larvaire ont eux-mêmes peu des prédateurs, et sont vulnérables surtout aux mammifères marins comme les lions de mer et les phoques communs.

photo: morue-lingue

Morue-lingue (photo par J. King)

photo: les larves

Les larves

photo: papille sur le mâle

Papille sur le mâle

photo: morue lingue disséquéavec un sébaste dans l'estomac

Morue lingue disséquéavec un sébaste dans l'estomac (photo par S. Sviatko)

La Pêche de la Morue-lingue

La morue-lingue (Ophiodon elongatus) a une histoire longue d'exploitation pour alimenter, commençant avec les Premières nations déjà en 5000 ans. Par le milieu du 19ème siècle, les premiers colons pêchaient la morue-lingue dans les eaux côtières près de Victoria.

photo: morue-lingue

Morue-lingue

La pêche commerciale pour la morue-lingue a commencé autour de 1860. Au début, la pêche était à la ligne à main ou à la turlutte, avec des navires petits ou moyens et utilisant l'appât vivant, et elle a fourni les marchés locaux à Victoria à l'île de Vancouver. Avant le développement de la pêche au chalut, la morue-lingue était la source principale de poisson fraîche disponible durant toute l'année, et entre le début du siècle et les 1940, la morue-lingue était la quatrième en importance économique derrière que le saumon, le hareng, et la sardine.

La pêche au chalut a commencé dans les eaux canadiennes autour de 1909, mais les opérations sont restées petites et près de la côte jusqu'aux 1930. Par le début des 1940, plusieurs des régions de la côte de Colombie-Britannique étaient exploitées par la pêche au chalut, et à ce moment la pêche au chalut domine la pêche commerciale de la morue-lingue dans toutes les régions hors du détroite de Géorgie. Historiquement, les États-Unis ont participé en pêche au chalut à la côte ouest du Canada, et ont contribué environ 40-60% de la prise totale au chalut en Colombie-Britannique. La pêche des États-Unis à la côte du Colombie-Britannique était interdite en 1978, avec l'établissement de l'extension de la compétence en matière de pêches à 200 milles en 1977.

graphique: les prise de morue-lingue commerciales canadiennes et américaines dans la Zone Canadienne, 1889-1998

Les prise de morue-lingue commerciales canadiennes et américaines dans la Zone Canadienne, 1889-1998

Les prises moyennes étaient environ 300 t jusqu'autour de 1909, mais elles ont augmenté à un prise record de 5300 t en 1944. À mesure que la pêche au chalut est devenue établie dans les 1940, la région d'exploitation s'est étendue pour inclure la côte entière du Colombie-Britannique. Les prises au chalut ont augmenté régulièrement, alors que les prise à la ligne à main ont diminué. Dans les 1950 et les 1960, la prise moyenne totale à l'échelle de la côte était 4000 t, et elle atteint un record de 6400 t en 1968, la prise la plus grande qu'on ait jamais vu. Les prises côtières ont diminué rapidement pendant les 1970, mais elles ont augmenté après l'extension de la compétence en 1977, atteignant un autre record environ 5600 t en 1985. Les prises à l'échelle de la côte étaient hautes au début des 1990, mais elles ont diminué dans les années récentes. L'introduction en 1996 des observateurs de la pêche, des limites des prises accessoires de flétan du Pacifique, et la provision que toutes les prise des espèces des quotas, incluant les rejetés, seraient comptées contre les quotas individuelles des navires, a changé en grande partie la pêche à poisson du fond au chalut, et a abouti à diminuer le ciblage de la morue-lingue.

Les prises de la morue-lingue dans le détroite de Géorgie étaient dominées par la pêche à la main, avec les contributions petites par la pêche au chalut et à la palengre, et par la pêche récréative. Commençant en les 1950, les prises dans tous ces secteurs ont diminué régulièrement, et par la fin des 1980, les prises commerciales et récréatives étaient très basses. Nous estimons que les stocks de morue-lingue dans le détroit de Géorgie sont à un niveau d'abondance bas, et la pêche à la morue-lingue commerciale dans le détroit de Géorgie est interdite depuis le début des 1990.

La morue-lingue hauturière est exploitée en grande partie par la pêche au chalut. La plupart des prises sont de la côte sud-ouest de l'île de Vancouver, mais les prises larges sont aussi du détroit de la Reine-Charlotte. La morue-lingue est prise aussi de la côte nord-ouest de l'île de Vancouver, du détroit d'Hecate, et de la côte ouest des îles de la Reine-Charlotte. Nous estimons que les stocks hauturiers sont à un niveau d'abondance modéré.

Détermination de l'âge de la morue-lingue

En 1977, Dr. Dick Beamish et Doris Chilton de la Station Biologique du Pacifique a publié un article où ils montrent que les coupes transversales des rayons 4-8 de la deuxième nageoire dorsale fournissent une méthode pour estimer l'âge de la morue-lingue. Cette méthode était validée par une étude de marquage-recapture dans lequel des morues-lingues sont reçues une injection de oxytetracycline (OTC). On a trouvé que des autres méthodes d'estimer l'âge, comme lesquelles qui utilisent les écailles et les otolithes (os de l'oreille), aboutissent à des sous-estimations des âges pour les poissons plus anciens.

On coupe les rayons 4-8 de la deuxième nageoire dorsale et les mettre dans une enveloppe pour sécher à l'air, laissant le bout coupé des rayons à la côte ouverte de l'enveloppe. On détermine des âges des nageoires en la même façon que les méthodes qui utilisent des autres structures : on examine les coupes d'épaisseur variable sous un microscope, et compte les anneaux de croissance annuelle pour estimer l'âge. Il est nécessaire que les coupes soient en retour d'équerre à la longueur des rayons, donc il est nécessaire que les rayons sèchent plats, avec la surface coupée en retour d'équerre aux rayons. Aussi, la distance entre la coupe et la base du rayon est importante, donc il est nécessaire de collecter toutes les nageoires avec les bases complètes.

Quand on utilise les rayons nageoires pour estimer l'âge des poissons plus anciens, quelque fois on trouve que le centre du rayon s'est résorbé, et les premiers deux anneaux ont disparus. Donc, il faut qu'on examine les nageoires des juvéniles et détermine la largeur moyenne des premiers deux anneaux. Cette mesure peut être utiliser pour estimer la position de l'anneau troisième pour les poissons plus anciens.

photo: Une coupe d'une nageoire d'une morue-lingue à cinq ans (Photo: Laboratoire d'étude du vieillissement)

Une coupe d'une nageoire d'une morue-lingue à cinq ans (Photo: Laboratoire d'étude du vieillissement)

dessin: Les échantillonneurs collectent une partie de la deuxième nageoire dorsale (rayons 4 à 8) qui inclure la base de la nageoire. (Dessin par M. Surry)

Les échantillonneurs collectent une partie de la deuxième nageoire dorsale (rayons 4 à 8) qui inclure la base de la nageoire. (Dessin par M. Surry)

Nidification de la morue-lingue

Un trait intéressant du cycle biologique de la morue-lingue est leur comportement reproducteur. En automne, les mâles établissent leurs nids sur des substrats rocheux. Le frai se produit entre décembre et mars. Les femelles se rendent à un endroit de frai pendant la nuit pour déposer leurs oeufs (jusqu'à 490000 pour une femelle de 120 cm). Les œufs sont déposés dans des crevasses ou sous des roches et deviennent une masse ferme, solide et cohésive. Les mâles restent avec les masses d'œufs (aussi appelé nids) et les défendent agressivement contre les prédateurs. On a déjà observé une morue-lingue mâle utilisant sa bouche pour attraper une étoile de mer qui mangeait des oeufs. La morue-lingue transporta le prédateur à 2 m de l'emplacement du nid avant de le libérer. La morue-lingue mâle peut être agressive lorsqu’il défend son nid et il est commun de le voir mordre ou chasser les plongeurs, ainsi que de le voir protéger son nid avec son corps. Si le mâle est enlevé, le nid ne survivra pas la prédation. Pour cette raison, des fermetures d’hiver de la pêche à la morue-lingue ont été mises en place dans certains secteurs pour protéger les mâles qui défendent les nids. Les mâles restent avec le nid jusqu'à l’éclosion des œufs (de 5-11 semaines plus tard) et restent souvent associés au site de nidification après la disparition du nid.

Documents Recherches

Les documents recherches sont disponibles du Comité d'Examen des Évaluations Scientifiques du Pacifique ( CEESP), ou on peut les télécharger au-dessus de Secrétariat Canadien de Consultation Scientifique (SCCS). Les résumés sont en français. Les documents complet sont en anglais en format Adobe Acrobat (*.pdf). Pour voir des fichiers Adobe Acrobat, il se peut qu'on ait besoin de télécharger le logiciel gratuit Adobe Acrobat Reader.

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