Tortue luth (Population canadienne du Pacifique)

Dermochelys coriacea

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

La tortue luth est le dernier membre vivant de la famille des Dermochelyidés, une lignée évolutive que l'on croit âgée entre 100 et 150 millions d'années. La tortue luth est la plus grande des espèces de tortues marines, avec un poids pouvant atteindre jusqu'à 900 kg et une carapace pouvant atteindre jusqu'à 2 m de longueur.

La tortue luth est la seule tortue marine qui ne possède pas de carapace dure. Sa carapace est plutôt couverte d'un tissu fibreux légèrement souple qui a l'apparence du cuir et qui recouvre des plaques osseuses qui s'emboîtent les unes dans les autres. La carapace bleu-noir compte sept crêtes qui vont de l'avant vers l'arrière et s'effile jusqu'à une pointe arrondie, créant ainsi une structure hydrodynamique en forme de goutte d'eau. Ses nageoires antérieures sont proportionnellement plus longues que celles des autres tortues marines, souvent aussi longues que la moitié de sa carapace. Contrairement aux autres tortues marines, les nageoires de la tortue luth n'ont pas de griffes. La carapace, le cou, la tête, les nageoires antérieures et la carapace sont souvent ornés de taches blanches ou blanches à reflets bleutés. Les tortues luth adultes ont une tache rose distincte sur le dessus de la tête, tout à fait unique en termes de taille, de forme, de couleur et de motif.

Les femelles pondent environ 100 œufs chaque fois, plusieurs fois au cours d'une saison de nidification, habituellement à des intervalles de 8 à 12 jours. Elles reviennent au site de nidification tous les deux à trois ans. Les nouveau-nés émergent du nid après environ deux mois et descendent la plage jusqu'à l'océan. La nidification et l'émergence des nouveau-nés se font habituellement la nuit, possiblement afin d'éviter la prédation et de réduire le risque de dessiccation, pour les nouveau-nés, pendant leur trajet jusqu'à l'océan.

La tortue luth se nourrit principalement de proies gélatineuses, comme les méduses et les salpes. Elle ne possède pas les plaques de mastication que l'on retrouve chez les autres espèces de tortues marines et a plutôt des mâchoires aux rebords pointus et des épines pointant vers l'arrière qui bordent sa bouche et son œsophage et qui l'aident à retenir et à avaler les proies à corps mou.

Habitat

Étant la plus grande migratrice de tous les reptiles, la population mondiale de tortues luth comprend sept sous-populations distinctes sur les plans biologique et géographique, éparpillées dans les océans Atlantique, Pacifique et Indien, du 71e parallèle Nord jusqu'au 47e parallèle Sud environ. Deux populations de tortues luth entrent dans les eaux canadiennes : la population de l'Atlantique, que l'on trouve au large des côtes de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et Labrador, du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard, et la population du Pacifique, au large de la côte de la Colombie-Britannique.

La tortue luth du Pacifique se divise en deux populations nicheuses principales : une dans le Pacifique Est, notamment sur les plages du Mexique et du Costa Rica, et une dans le Pacifique Ouest, sur les plages de Malaisie, des îles Salomon, de Papouasie-Nouvelle-Guinée et d'Indonésie. La tortue luth des eaux canadiennes du Pacifique fait partie de la population du Pacifique Ouest, qui migre sur de longues distances (jusqu'à 15 000 km) à partir des plages de nidification indo-pacifiques pour s'alimenter de méduses et d'autres espèces de proies gélatineuses.

La tortue luth est rarement observée dans les eaux canadiennes du Pacifique : seules 126 observations uniques ont été signalées dans les eaux de la Colombie-Britannique entre 1931 et 2009. Du fait de la nature pélagique de cette espèce, combinée à la difficulté de l'observer à distance, de nombreux éléments demeurent inconnus en ce qui a trait à son utilisation des habitats au large de la côte de la Colombie-Britannique. La tortue luth du Pacifique a affiché des déclins allant jusqu'à 95 % au cours des 50 dernières années et est en voie de disparition.

Menaces

Sur les plages de nidification indo-pacifiques, les œufs de la tortue luth sont sujets à la prédation par certains mammifères, comme les cochons et les chiens sauvages. La prédation des nids par l'être humain peut également constituer un problème puisque les œufs de la tortue luth sont un mets raffiné dans certains pays. L'augmentation des activités de développement sur les plages de nidification ou à proximité de celles-ci a un effet négatif sur les nouveau-nés qui émergent du nid, qui sont souvent désorientés par l'éclairage vif et peuvent succomber à l'épuisement, à la déshydratation ou à la prédation, ayant de la difficulté à trouver leur chemin vers l'océan. Bien que la femelle ponde une centaine d'œufs à la fois et qu'elle puisse pondre jusqu'à 10 fois dans une saison, seuls quelques nouveaux-nés survivent jusqu'à l'âge adulte et se reproduisent.

La tortue luth est vulnérable aux menaces provoquées par l'activité humaine dans le milieu marin tout au long de sa vie. Des preuves solides indiquent que l'espèce fait l'objet de prises accidentelles dans de nombreuses pêches et que l'enchevêtrement dans les engins de pêche n'est pas inhabituel. Bien que de nombreux pêcheurs prennent soin d'extirper les tortues luth prises dans des engins de pêche, quelques-unes se noient ou subissent des blessures létales avant qu'ils arrivent à leur venir en aide. Les tortues luth peuvent également s'empêtrer dans des débris rejetés, entrer en collision avec des navires ou ingérer, par erreur, des sacs de plastique et des débris qu'elles ont pris pour des des méduses, ce qui peut entraîner une obstruction du système digestif et, pour finir, la mort par inanition.

Schéma d’une tortue luth adulte illustrant ses caractéristiques distinctives. Illustration : Paul Vecsei, Pêches et Océans Canada.

Schéma d’une tortue luth adulte illustrant ses caractéristiques distinctives.
Illustration : Paul Vecsei, Pêches et Océans Canada.

Tortue luth femelle nichant sur une plage à Trinité-et-Tobago. Photo : Canadian Sea Turtle Network.

Tortue luth femelle nichant sur une plage à Trinité-et-Tobago
Photo : Canadian Sea Turtle Network.

Renseignements supplémentaires

Les mesures qui sont prises

La population de tortue luth du Pacifique Ouest est inscrite comme étant en danger critique d'extinction sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et est inscrite à l'annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), qui régit le commerce international et le transport des espèces qui sont, ou pourraient être, menacées en raison de l'exploitation commerciale. Le Canada est membre de la CITES et limite le déplacement ou l'échange commercial d'espèces inscrites (ou de parties d'espèces inscrites) à travers ses frontières.

Pour de plus amples renseignements, visiter le site Web du Registre de la LEP.

Tortue luth (Population canadienne du Pacifique)

La tortue luth en rampant sur la plage pour compléter le processus de nidification. Copyright Shutterstock

La tortue luth en rampant sur la plage pour compléter le processus de nidification.
© Shutterstock

Nom scientifique : Dermochelys coriacea
Statut LEP : En voie de disparition
Statut COSEPAC : En voie de disparition
Région : Colombie-Britannique

Aidez à protéger les tortues de mer!

Les tortues de mer peuvent prendre les déchets de plastique pour de la nourriture. Elles peuvent aussi rester coincées dans divers types de plastique, comme des porte-canettes ou des sangles d’emballage, qui peuvent leur causer des blessures ou les empêcher de nager ou de se nourrir.

Comment vous pouvez aider :

  • N’utilisez pas d’objets en plastique non réutilisables, comme les pailles et les sacs.
  • N’oubliez pas d’apporter vos sacs à provisions réutilisables.
  • Apportez votre dîner dans des contenants réutilisables.
  • Utilisez des bouteilles d’eau réutilisables.
  • Recyclez le plastique dans la mesure du possible.
  • Ne laissez pas traîner des ordures - elles peuvent être emportées par le vent.
Tortue luth nageant près de la surface de l’océan. Photo : Canadian Sea Turtle Network.

Tortue luth nageant près de la surface de l’océan
Photo : Canadian Sea Turtle Network.

Le saviez-vous?

Pas de marche arrière

La tortue luth ne peut pas rétracter sa tête ou ses nageoires dans sa carapace et ne peut pas non plus ramper ou nager à reculons, ce qui la place dans une situation de risque accru d’enchevêtrement lorsqu’elle se trouve en présence d’engins de pêche et d’autres débris dans l’océan.

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