Lampsile fasciolée

Lampsilis fasciola

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

La lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) est l'une des cinq espèces du genre Lampsilis que l'on trouve au Canada, et elle présente les caractéristiques suivantes :

  • une coquille jaune ou vert-jaunâtre, marquée de nombreux rayons fins et sinueux;
  • ces rayons peuvent être étroits et séparés ou se rejoindre pour former de larges bandes, mais ils sont toujours sinueux et discontinus;
  • l'intérieur de la coquille (nacre) est blanc ou blanc-bleuâtre;
  • la coquille est arrondie aux deux extrémités tandis que les bords supérieur et inférieur sont presque parallèles;
  • la coquille mesure habituellement moins de 75 mm de longueur, mais elle peut atteindre de 90 à 100 mm;
  • la coquille a une surface lisse, à part les plis concentriques et les bourrelets de croissance;
  • le bec (partie en relief sur le dessus de la coquille) est élevé et les cavités ombonales sont modérément profondes;
  • les dents triangulaires au bord avant de la charnière sont courtes et divergentes, et il y en a deux dans chaque moitié de la coquille.

Habitat

La lampsile fasciolée était autrefois présente dans 13 États américains et dans le bassin inférieur des Grands Lacs en Ontario. À l'heure actuelle, on ne trouve l'espèce que dans le delta du lac Sainte-Claire et la rivière Sainte-Claire, et dans quatre autres bassins hydrographiques : les rivières Ausable, Grand, Maitland et Thames, et leurs affluents. Selon les estimations récentes de la population, les populations de lampsile fasciolée croissent progressivement dans le sud de l'Ontario, à l'exception de celle du lac Sainte-Claire.

La lampsile fasciolée habite surtout les zones de rapides des cours d'eau limpides de taille moyenne dont le fond est constitué de sable ou de gravier. Comme d'ordinaire elle s'enfouit dans le substrat, elle peut être particulièrement sensible à l'envasement. La lampsile fasciolée est une espèce sexuellement dimorphe dont la durée de vie est modérément longue, c'est-à-dire au moins 10 ans, mais rarement plus de 20 ans. Tout porte à croire que le frai se produit à la fin de l'été et que les glochidies (larves) sont libérées l'été suivant, de mai à août. Chez les femelles du genre Lampsilis, le bord du manteau a évolué de façon à constituer un leurre à ménés qui sert à attirer les poissons-hôtes potentiels lorsque les glochidies sont prêtes à être libérées. On a identifié deux hôtes pour cette espèce en Ontario: l'achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu) et l'achigan à grande bouche (Micropterus salmoides).

Comme toutes les espèces de moule d'eau douce, la lampsile fasciolée filtre la nourriture présente dans l'eau et se nourrit surtout de bactéries et d'algues.

Menaces

Les principales menaces qui pèsent sur la majorité des populations de lampsile fasciolée sont la diminution de la qualité de l'habitat et la perte d'habitats en général découlant de la mauvaise qualité de l'eau. À l'instar de la plupart des moules d'eau douces, la lampsile fasciolée est extrêmement sensible à plusieurs contaminants chimiques, comme le cuivre, l'ammoniac et le chlorure, qui nuisent surtout aux glochidies et aux juvéniles. On estime qu'une proportion de 15 pour cent de l'habitat historique de la lampsile fasciolée chevauche celui de l'envahissante moule zébrée (Dreissena polymorpha), surtout dans le delta du lac Sainte-Claire et la rivière Sainte-Claire. En raison de sa capacité à se fixer directement sur les surfaces dures (par exemple sur les autres moules d'eau douce), la moule zébrée empêche la lampsile fasciolée de se nourrir, de respirer, de se reproduire et de se déplacer.

Renseignements supplémentaires

La lampsile fasciolée, jadis considérée comme une espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril, a été aperçue en nombres si prometteurs qu'on a réévalué sa situation en 2010 en vue d'un changement à une catégorie de moindre risque.

La lampsile fasciolée est un organisme des grandes profondeurs que l'on retrouve dans les lacs et les rivières de l'Ontario. Elle survit à l'origine en se fixant aux branchies de l'achigan et en se nourrissant de ses substances nutritives pendant les premières semaines – sans aucune conséquence désastreuse pour le poisson. La lampsile se sert d'un appât visuel pour attirer l'achigan; l'eau claire est donc essentielle à sa survie, qui profite à l'ensemble de l'écosystème aquatique.

Les lampsiles ont une incidence importante sur l'écosystème, à bien des égards. Pour commencer, ce sont des filtres biologiques qui aident à épurer l'eau. Une seule moule peut filtrer jusqu'à 40 litres d'eau par jour. Ensuite, elles assurent la stabilité physique du fond des rivières, elles empêchent l'érosion et elles fournissent un important habitat à d'autres espèces. Enfin, les lampsiles sont un excellent indicateur de la santé aquatique; en effet, comme ce sont des créatures particulièrement vulnérables, elles sont habituellement parmi les premières à disparaître d'un écosystème insalubre. Leur nombre accru est donc certainement une bonne raison de se réjouir.

Soutenus par un plus grand financement grâce à la désignation initiale d'espèce en péril, les chercheurs ont été en mesure d'étudier plus à fond et de mieux comprendre les populations de lampsiles fasciolées, et ont été ravis de les trouver en nombres plus importants. Des chercheurs du MPO à la rivière Grand de l'Ontario se sont associés à un tournoi de pêche à l'achigan en 2006 et ont été étonnés de constater que 45 % des achigans à petite bouche rapportés par les pêcheurs transportaient des moules immatures.

Pour un complément d'information, consultez le site Web du Registre de la LEP.

Lampsile fasciolée

lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola)

Lampsilis fasciola (Rafinesque, 1820)
Mâle (gauche) | Femelle (droite)

Photos de l'Institut national de recherche sur les eaux, Environnement Canada

Nom scientifique : Lampsilis fasciola
Statut selon la LEP : Préoccupante (mars 2013)
Statut selon COSEPAC : Préoccupante (avril 2010)
Région : Ontario

Répartition de la lampsile fasciolée telle que décrite dans les paragraphes suivants

Carte montrant la répartition de la lampsile fasciolée au Canada.

Le saviez-vous?

Les moules d'eau douce sont des mollusques au corps mou sans squelette, donc des invertébrés, qui vivent au fond des ruisseaux, des rivières, des lacs et des étangs. Elles utilisent leur pied musculeux pour creuser et nager et elles sont dotées d'une paire de coquilles articulées. Ce sont des organismes filtreurs, c'est-à-dire des purificateurs d'eau naturelle, qui servent de nourriture à d'autres espèces de la faune comme les poissons, les loutres, les visons, les rats musqués et certains oiseaux. Les moules d'eau douce sont aussi l'une des espèces les plus menacées de disparition sur terre.

Lampsile fasciolée

Photo : Shawn Staton, MPO

Renseignements connexes