Population d’épaulards migrateurs du nord-est du Pacifique (ou épaulards de Bigg)

Orcinus orca

Statut LEP
Aucun statut
AS
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Description

L'épaulard (Orcinus orca) est l'espèce la plus imposante de la famille des dauphins. Sa taille, ses tâches noires et blanches distinctives et sa grande nageoire dorsale caractérisent l'espèce. Les mâles adultes peuvent atteindre une longueur totale variant entre huit et neuf mètres et peser jusqu'à cinq tonnes. Plus petites, les femelles mesurent sept mètres et pèsent quatre tonnes. Certaines femelles ont vécu jusqu'à 80 et 90 ans, mais l'espérance de vie moyenne d'un épaulard à l'état sauvage varie plutôt entre 30 et 50 ans.

La première partie de l'anatomie de l'épaulard qu'on remarque est habituellement sa nageoire dorsale triangulaire emblématique, laquelle peut atteindre 1,8 mètre chez les mâles adultes. Chez les femelles et les jeunes, cette nageoire est courbée et mesure moins d'1 mètre de haut. Sa nageoire dorsale et sa coloration distinctive (noire sur le dos et blanche sur le ventre), avec une tache ovale blanche derrière chaque œil, permettent d'identifier l'espèce sans aucune ambiguïté.

Trois groupes distincts, ou écotypes, d'épaulards vivent dans les eaux canadiennes du Pacifique : les épaulards résidents, les épaulards hauturiers et les épaulards migrateurs ou, comme on les appelle plus communément aujourd'hui, les épaulards de Bigg. Les épaulards de Bigg se nourrissent principalement de mammifères marins, alors que les épaulards résidents se nourrissent exclusivement de poisson (principalement de saumon) et de céphalopodes. Les épaulards hauturiers, qui sont les moins connus des trois écotypes, consomment principalement du poisson, certaines espèces de requin constituant une part importante de leur alimentation. Même si les aires de répartition de ces trois écotypes se chevauchent, ils sont par ailleurs acoustiquement, génétiquement et culturellement distincts et ont des préférences alimentaires différentes. Selon certaines études, l'épaulard de Bigg se serait distancé génétiquement des autres épaulards depuis environ 750 000 ans.

Les épaulards ont une structure sociale matriarcale ou dominée par les femelles. En revanche, contrairement au comportement de l'épaulard résident, selon lequel les individus s'associent étroitement à leur lignage matrilinéaire (mère et descendants) tout au long de leur vie, il arrive que la progéniture de l'épaulard de Bigg se disperse et se regroupe avec des individus provenant d'autres lignages maternels. Les groupes d'épaulards de Bigg comprennent habituellement entre trois et six individus, bien que l'on observe parfois des associations temporaires s'élevant à plus de 30 épaulards. La tendance à former des groupes plus petits découle probablement de leur écologie alimentaire, puisque l'apport énergétique est optimisé lorsqu'ils cherchent de la nourriture en groupes de trois.

Les épaulards de Bigg sont des prédateurs furtifs qui se fient à l'écoute passive pour repérer et approcher leur proie sans se faire détecter, mais qui produisent des vocalisations pendant ou immédiatement après les épisodes de prédation. Les épaulards de Bigg ont en commun une série de cris stéréotypés distincts et ne présentent pas les variations dialectales que l'on observe dans les vocalisations de l'épaulard résident.

Habitat

L'épaulard est l'un des mammifères les plus largement répandus dans le monde. Il est présent dans tous les océans du monde et dans la plupart des mers, mais on le trouve en général dans les eaux côtières productives des régions de haute latitude. Dans les eaux canadiennes du Pacifique, il a été observé le long de la côte extérieure dans les chenaux et les bras de mer intérieurs, ainsi que dans les eaux pélagiques recouvrant le plateau continental et au-delà.

Les épaulards de Bigg ne migrent pas et passent la majorité de leur vie dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique. Comme ce sont des spécialistes de la chasse aux mammifères marins, leur habitat chevauche celui de leurs espèces-proie, en particulier le phoque commun, le marsouin commun, l'otarie de Steller et le marsouin de Dall. Une caractéristique importante de l'habitat de l'épaulard de Bigg est son environnement acoustique sous-marin. Celui-ci doit être de qualité suffisante (c'est-à-dire, que le niveau de bruit ambiant doit être faible) pour lui permettre d'utiliser l'écoute passive afin de détecter ses proies. Toutefois, une fois que la proie a détecté leur présence, il est probablement préférable pour le groupe d'épaulards de se déplacer dans une autre zone en quête d'une autre proie. Il leur faut donc un vaste habitat dans lequel leurs proies sont réparties sur de grandes distances afin d'augmenter leurs chances de trouver de la nourriture.

Menaces

Les épaulards de Bigg sont des prédateurs de niveaux trophiques supérieurs à longue espérance de vie qui sont considérés comme étant en péril en raison de la petite taille de leur population (521 individus ont été observés entre 1990 et 2011), de leur très faible taux de reproduction (un petit environ tous les cinq ans) et des taux élevés de contaminants chimiques persistants, bioaccumulatifs et toxiques.

Comme ils se fient à la furtivité et à l'écoute passive pour détecter leur proie, les épaulards de Bigg sont menacés par la dégradation de leur habitat en raison des perturbations acoustiques provenant du bruit sous-marin. Parmi les autres menaces pouvant nuire à leur rétablissement, citons notamment les polluants biologiques, les métaux à l'état de traces, les perturbations physiques, les déversements toxiques, les collisions avec des navires et la diminution de la disponibilité des proies.

Population d’épaulards migrateurs du nord-est du Pacifique

Épaulard

Épaulard - Orcinus orca
Crédit photo : B. Peters © Pêches et Océans Canada

Nom scientifique : Orcinus orca
Statut selon la LEP : Espèce menacée (2003)
Statut selon COSEPAC : Espèce menacée (2008)
Région : Océan Pacifique

© Shutterstock

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Le saviez-vous?

Michael Bigg (1939-1990) est un chercheur de Pêches et Océans Canada qui est reconnu pour avoir révolutionné la recherche sur les épaulards. M. Bigg a mené le premier recensement de population de ces animaux et a fait de l'utilisation de l'identification photographique l'outil clé permettant de révéler les relations sociales, les habitudes de déplacement et le comportement alimentaire de différents individus et de différentes populations.

Pendant qu'ils étudiaient l'épaulard résident, Bigg et ses collègues rencontraient à l'occasion de petits groupes d'épaulards qui ne se mêlaient pas aux épaulards résidents. Ils les désignèrent alors comme des « épaulards migrateurs ». Grâce à son dévouement et à sa vision, nous reconnaissons aujourd'hui qu'il s'agit d'une population d'épaulards distincte et spécialisée sur le plan écologique, et nous les appelons les « épaulards de Bigg » en l'honneur de l'importante contribution scientifique de ce chercheur.

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