Rorqual à bosse (population Pacifique Nord)

Megaptera novaeangliae

Statut LEP
Aucun statut
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Préoccupante
P
Menacée
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En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut LEP

  • Aucun statut AS
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP
Statut COSEPAC
Non en péril
NP
Préoccupante
P
Menacée
M
En voie de disparition
EVD
Disparue du pays
DP

Statut COSEPAC

  • Non en péril NP
  • Préoccupante P
  • Menacée M
  • En voie de disparition EVD
  • Disparue du pays DP

Coup d'œil

Ces géants des eaux profondes sont des nageurs lents – ce qui en faisait des cibles faciles pour les baleiniers de la première partie du 20e siècle, quand ils ont été tués par milliers pour leur graisse. Maintenant protégée, la population de rorqual à bosse compte aujourd'hui près de 54 000 membres à travers le monde – soit plus de 45 % de la population initiale. Bien que l'estimation de la population du Pacifique Nord ait déjà oscillé entre 6 000 et 8 000 individus, une estimation récente fondée sur des données de 2004-2006 fait état d'un peu plus de 18 000 individus. Malgré cette augmentation spectaculaire, les nombres actuels sont considérablement moins élevés que les estimations de la population d'avant la chasse à la baleine.

Au sujet du rorqual à bosse

Souvent, lorsqu'on observe un rorqual, on voit d'abord sa large queue – appelée nageoire caudale – faisant un arc élégant hors de l’eau. Puis, le rorqual perce la surface et laisse échapper un jet de vapeur brumeux qui souvent peut monter jusqu’à trois mètres au-dessus des deux évents sur le dessus de sa tête.

Les rorquals voyagent en groupes informels et forment parfois des populations distinctes. Les rorquals à bosse atteignent la maturité sexuelle à l’âge de neuf ans, et, normalement, une femelle adulte donne naissance à un baleineau à des intervalles variant d'un à cinq ans. Les femelles nouent des liens solides et durables avec leurs petits. Le petit se nourrit régulièrement du lait maternel jusqu’à environ 11 mois et demeure avec sa mère pendant un an ou plus. On a estimé à 48 ans l'âge du plus vieux rorqual à bosse à avoir été documenté; toutefois, on pense que les rorquals à bosse peuvent vivre beaucoup plus longtemps.

Comment reconnaître un rorqual à bosse

Avec son dos noir et son ventre blanc, une gorge aux profondes rainures, de longues nageoires pectorales et une nageoire caudale énorme, le rorqual à bosse est facile à repérer. De petites bosses se trouvent sur sa tête et son cou de même que du côté avant de ses nageoires. La femelle adulte mesure environ 13 mètres de long et le mâle, 14 mètres, et leur poids varie entre 34 000 et 45 000 kg. La queue d'un mâle adulte mesure environ 80 centimètres de largeur. Le dessous de la nageoire caudale affiche un dessin blanc et noir qui est aussi unique qu'une empreinte digitale.

Ce dont il se nourrit

Le rorqual à bosse a un régime alimentaire varié composé de krill (petits crustacés semblables à des crevettes) et de divers petits poissons rassemblés en bancs. Le rorqual n’a pas de dents; à la place, il a une série de plaques (appelés fanons) accrochées de chaque côté de la mâchoire supérieure. Pendant qu’il se nourrit, les sillons gulaires du rorqual se distendent lui permettant d’avaler de grandes gorgées d’eau et de proies. Quand le rorqual ferme sa mâchoire, l’eau est rejetée à l’extérieur. Les fanons jouent le rôle de filtres, conservant la nourriture à l’intérieur de la gueule, prête à être avalée.

Les rorquals à bosse ont mis au point une méthode ingénieuse de chasse au « filet de bulles ». En profondeur, ils encerclent un large banc de poissons, laissant échapper un mur de bulles qui montent lentement en spirale à la surface. Les bulles forcent les proies prises au piège à remonter à la surface dans un amas concentré, ce qui fait qu'il est plus facile pour les rorquals de prendre une grande quantité de nourriture en une seule bouchée.

Habitat

Voyageant des eaux glacées de l'Alaska aux mers tropicales près d'Hawaï, les rorquals à bosse traversent les eaux canadiennes deux fois par année. Ils se tiennent près des côtes et suivent les courants saisonniers pendant leurs migrations. À l'automne, ils migrent vers le sud pour se reproduire dans les eaux tropicales; au printemps, ils remontent vers le nord pour se nourrir pendant l'été. Les eaux très productives de la Colombie-Britannique (C.-B.) constituent un habitat d'alimentation important pour une partie de la population de rorquals à bosse pendant ces mois d'été. Comme les rorquals à bosse utilisent les eaux de la C.-B. principalement comme aire d'alimentation, leurs besoins en matière d'habitat sont étroitement liés aux variables écologiques qui affectent leurs proies. Des études montrent que les rorquals à bosse peuvent dépendre de proies spécifiques d'une densité donnée dans des régions d'alimentation précises.

Menaces

Pourquoi le rorqual à bosse est-il en péril?

Parmi les menaces qui pèsent sur l'espèce, les enchevêtrements dans divers types d'engins de pêche et les déversements toxiques potentiels peuvent avoir un impact négatif sur les rorquals à bosse et sur les espèces de proies. Les collisions avec des navires sont la menace la plus importante pour les rorquals à bosse. Dans les eaux de la C.-B., c'est l'espèce de baleine la plus souvent signalée comme ayant été impliquée dans des incidents avec des navires. Ces interactions peuvent causer des blessures allant de cicatrices à la mortalité d'individus. Plusieurs voies de navigation traversent les aires de migration et d'alimentation, ce qui augmente le risque de collision. Les réductions de la densité et de la disponibilité des espèces de proies constituent également une menace potentielle pour l'espèce. De plus, la pollution par le bruit causée par des activités comme la navigation commerciale peut déplacer ou perturber les rorquals.

Les mesures qui sont prises

Le rorqual à bosse est actuellement protégé par deux conventions internationales. La Commission baleinière internationale a interdit la chasse commerciale au rorqual à bosse dans l'Atlantique Nord depuis 1955 et dans le Pacifique Nord depuis 1966. Le rorqual à bosse est aussi protégé par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) – dont le Canada est partie – qui interdit le commerce du rorqual à bosse et de leurs parties et produits dérivés.

Au Canada, la population du rorqual à bosse du Pacifique Nord a été désignée en 2003 par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) comme espèce menacée, et après une autre évaluation en 2011, a été désignée comme espèce préoccupante, ce qui correspond à une catégorie de risque moins élevée, à la suite d’une augmentation de sa population. Le rorqual à bosse a été également reclassifié d’espèce menacée à espèce préoccupante en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2017 et jouit d’une protection en vertu du Règlement sur les mammifères marins, qui relève de la Loi sur les pêches. Une  stratégie de rétablissement (PDF 1,23 MB) a été mise sur pied pour le rorqual à bosse tel que l’exige la LEP pour les espèces menacées. Un plan de gestion sera maintenant élaboré comme cela est requis en ce qui concerne les espèces préoccupantes.

Diverses organisations de la C.-B. mènent des études sur le rorqual à bosse. Cette étude inclut la collecte de données acoustiques et visuelles dans le but de préciser les zones locales d'abondance et la répartition des rorquals à bosse le long de la côte nord de la Colombie-Britannique. Le réseau d’observation de cétacés de la Colombie-Britannique (BC Cetacean Sightings Network), une collaboration entre le Centre des sciences de la mer de l'Aquarium de Vancouver et Pêches et Océans Canada (MPO), recueille des données d'observation de cétacés. De plus, le Réseau d'intervention auprès des mammifères marins, coordonné par le truchement du Programme de recherche sur les cétacés du MPO, recueille des données sur les incidents, comme les collisions avec des navires, les enchevêtrements, les échouements et les mammifères marins morts ou blessés.

Que pouvez-vous faire?

Le rorqual à bosse obtiendra la protection dont il a besoin seulement si tous les Canadiens travaillent ensemble pour atténuer les menaces. Renseignez-vous sur le rorqual à bosse et soyez conscients des menaces anthropiques, comme les collisions avec des navires, les enchevêtrements dans des engins de pêche et les déversements de produits toxiques. Faites votre possible pour atténuer ces menaces. Participez en vous joignant au Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril ou à un autre organisme de conservation.

Quand vous êtes sur l'eau, suivez le document « Respectez les baleines - Directives concernant la faune marine à l'intention des plaisanciers, des pagayeurs et des observateurs » afin de réduire les interactions négatives entre les bateaux et les rorquals à bosse. Inscrivez-vous à un programme d'intendance comme le Réseau d’observation des Cétacés de la Colombie-Britannique. Les principaux objectifs du Réseau sont d'identifier les habitats essentiels et d'aider à atténuer les menaces. Le Réseau demande également aux marins de produire des rapports d'observation de cétacés le long de la côte de la Colombie-Britannique. Pour en savoir davantage.

Pour un complément d’information, consultez le Profil du Registre public des espèces en péril (LEP).

Rorqual à bosse (population Pacifique Nord)

Rorqual à bosse<br><em>Megaptera novaeangliae</em>

Rorqual à bosse
Megaptera novaeangliae

Nom scientifique : Megaptera novaeangliae
Statut LEP : Préoccupante
Statut COSEPAC : Préoccupante
Région : Océan Pacifique

Rorqual à bosse Megaptera novaeangliae. Crédit photo : John Ford

Rorqual à bosse Megaptera novaeangliae
Crédit photo : John Ford

Le saviez-vous?

Ménestrels de la mer

Les rorquals à bosse sont les plus bruyants et les plus ingénieux quand vient le temps d’émettre des mélodies. Les baleines chantent des ballades complexes, sinistres et très belles qui durent entre 10 et 20 minutes et qu’on peut entendre à plus de 20 milles à la ronde. De nos jours, nous en savons davantage sur les sons émis par les rorquals à bosse. Nous savons, par exemple, que même si les mâles et les femelles peuvent tous deux produire des sons, seuls les mâles diffusent des sons aux thèmes et mélodies distincts. Les mâles chantent presque toujours sur les lieux de reproduction, souvent suspendus profondément sous la surface, leurs longues nageoires saillantes rigides sur leurs côtés. Les mâles rorquals répètent la même chanson des douzaines de fois sur une période de plusieurs heures, et les baleines dans le même secteur géographique chantent dans un « dialecte » très similaire. La mélodie change graduellement avec le temps, et de nouvelles chansons sont créées à quelques années d’intervalle.

Rorqual à bosse Megaptera novaeangliae. Crédit photo : Pêches et Océans Canada

Rorqual à bosse Megaptera novaeangliae
Crédit photo : Pêches et Océans Canada

Renseignements connexes

Photo: Rorquals à Bosse

Catalogue des Rorquals à Bosse

Rorqual à bosse Megaptera novaeangliae. Crédit photo : John Ford

Rorqual à bosse Megaptera novaeangliae
Crédit photo : John Ford