Panope du Pacifique

Panope du Pacifique
Nom latin

Panopea abrupta

Nom du groupe

mollusques

Information taxonomique (en anglais seulement)

Habitat

Le panope du Pacifique se retrouve dans le Pacifique Nord-Est, depuis l'Alaska jusqu'en Basse-Californie. Il vit à des profondeurs variables, de la partie inférieure de la zone intertidale jusqu'à plus de 100 mètres, où il s'enfouit dans le substrat du plancher océanique. Un panope en développement s'enfouit d'environ un tiers de mètre par an. Après avoir atteint une profondeur d'environ un mètre, l'adulte s'établit et reste toute sa vie à cette profondeur.

Description de l'espèce

Le panope est un bivalve, c'est-à-dire que sa coquille est composée de deux valves. Les valves, de taille égale, sont blanches et quelque peu rectangulaires. La coquille ne parvient pas à loger l'énorme siphon, de coloration allant du blanc au brun rougeâtre. Le panope est le plus gros coquillage fouisseur du monde : la longueur de sa coquille peut dépasser 20 centimètres. Il pèse généralement entre 0,5 et 1,5 kilogramme, mais peut peser jusqu'à 3 kilogrammes. Le panope est une espèce à croissance lente et d'une grande longévité; il peut atteindre un âge maximum d'au moins 168 ans.

L’aire de répartition du panope du Pacifique (Panopea abrupta) s’étend de l’Alaska jusqu’au Golfe de la Californie dans le Pacifique nord-est, de la zone intertidale jusqu'à des profondeurs d’au moins 110 mètres. Il s'enterre jusqu'à une profondeur d’un mètre dans le sable, la boue, le gravier, et autres substrats meubles. La pêche se pratique dans l'ensemble de la Colombie-Britannique côtière et est effectuée avec l’équipement de plongée au narguilé (l’air est fourni de la surface).

Cycle biologique du panope du Pacifique

Les panopes sont pêchées commercialement par des plongeurs qui utilisent un jet d'eau sous pression pour déloger le substrat qui entoure le coquillage et dégager celui-ci à l'état vivant. Les captures sont immédiatement transportées au point de transformation où elles sont emballées et expédiées vers les marchés asiatiques.

L’aire de répartition du panope du Pacifique s’étend de l’Alaska jusqu’au Golfe de la Californie (Quayle 1970), cependant, la pêche commerciale existe seulement dans la région nord de l'état de Washington, dans l'ensemble de la Colombie-Britannique et en Alaska. Les panopes du Pacifique sont des palourdes fouisseuses de grande taille que l’on retrouve entre les zones intertidales et des profondeurs d’environ 210 m (Jamieson et autres 1984), ayant un poids débarqué moyen d'environ un kilogramme. L’âge d’un panope du Pacifique peut être déterminé grâce aux anneaux de croissance, en utilisant un processus validé (Shaul et Goodwin 1982). Ils sont parmi les animaux qui vivent le plus longtemps dans le monde, atteignant souvent plus de 100 ans. Le plus vieux spécimen découvert avait 146 ans (Breen et Shields 1983, Harbo et autres 1983). La croissance du panope du Pacifique est rapide durant les 10 à 15 premières années, après quoi l’augmentation de la longueur de la coquille cesse tandis que le poids total augmente à un taux lent par le biais de l’épaississement de la coquille et de l’augmentation du poids de la chair (Harbo et autres 1983, Goodwin et Shaul 1984, Sloan et Robinson 1984). Les estimations du taux de mortalité naturelle des populations de la Colombie-Britannique varient de 0.01 à <0.05 (Breen et Shields 1983, Harbo et autres, 1983, Sloan et Robinson 1984, Noakes et Campbell 1992). Les panopes du Pacifique commencent à être recrutés pour la pêche à l'âge de 4 ans et sont entièrement recrutés à 12 ans (Harbo et autres, 1983).

Les panopes du Pacifique adultes ont des sexes séparés. On trouve des gonades mûres dans les panopes âgées de 7 à 107 ans, ce qui suggère qu’une panope peut être capable de se reproduire sur plus d'un siècle. La panope fraye annuellement, en majeure partie de juin à juillet, en association avec l’augmentation de température de l'eau de mer (Sloan et Robinson 1984). Les femelles libèrent de 7 à 10 millions d'oeufs qui sont fécondés et se développent dans la colonne d'eau jusqu'à ce qu’ils se fixent sur le fonds après une période de 40 à 50 jours (Goodwin et autres, 1979, Goodwin et Shaul, 1984). Les post-larves, une fois établies, sont mobiles et actives et peuvent voyager le long du fond grâce à leurs byssus en forme de parachute. Elles commencent à creuser dans le substrat lorsqu’elles atteignent une longueur de coquille d’environ 2 mm; la longueur de la coquille et la longueur du siphon détermine la profondeur où elles vont se fixer. Durant les premiers stades de fixation et pendant les deux premières années, les panopes du Pacifique juvéniles sont vulnérables à un certain nombre de prédateurs, y compris les escargots, les étoiles de mer, les crabes (Cancer spp), les crevettes et les poissons (Goodwin et Pease 1989). Les panopes du Pacifique à croissance rapide peuvent s’enterrer à une profondeur de 60 cm ou plus en deux ans. La fin du stade fouisseur coïncide avec le début de l'activité reproductrice annuelle à l’âge de 7 et 8 ans pour les mâles et les femelles, respectivement (Sloan et Robinson 1984).

En dépit du grand rendement reproducteur de P. abrupta au cours d’une longue vie, les juvéniles sont rares et le recrutement semble être faible. La distribution des fréquences d'âge, cependant, fait apparaître des crêtes d'abondance juvénile, ce qui suggère que les populations puissent être soutenues par des périodes sporadiques de recrutement. Des expériences en laboratoire indiquent que les embryons de panope du Pacifique ont des limites plus ou moins étroites de tolérance à la salinité et à la température (Goodwin 1973).

Évaluation des stocks

Illustration d'un panope

Illustration d'un panope

La stratégie de gestion de la pêche au panope du Pacifique utilise des quotas basés sur les taux de capture et une alternance des zones de pêche. La plupart de la recherche scientifique sur les panopes du Pacifique se concentre sur l’estimation de la biomasse des populations dans les secteurs de récolte commerciale. Les relevés effectués par scaphandre autonome fournissent des données pour estimer la densité moyenne; le poids moyen du panope du Pacifique est obtenu à partir de prélèvement biologique et de marché; et la superficie du banc de panope du Pacifique est estimé à partir de l'information provenant des registres de pêche et des relevés acoustiques et de scaphandre autonome. L’estimation de la biomasse est obtenue à partir de ces trois variables. Les quotas sont dérivées en utilisant un taux de capture de 1.8% de la biomasse. Jusqu'à maintenant, presque 50% de la superficie des bancs de panope du Pacifique a fait l’objet de relevés effectués soit par scaphandre autonome, soit par méthodes acoustiques de télédétection, soit par les deux. Ainsi, le taux de capture commerciale recommandé se fonde de plus en plus sur l'information dérivée des données et de moins en moins sur l'extrapolation prudente. Les quotas et les taux de capture sont stables et on ne prévoit aucun changement, sauf pour un déclin de la population possible dû à la prédation par la loutre de mer (Enhydra lutris).

En saison, la pêche est gérée sur une petite échelle spatiale, permettant la collecte d’information qualitative pour la plupart des bancs exploités, incluant des estimations de densité et des indices de productivité. Les objectifs actuels scientifiques consistent à caractériser les bancs de panope du Pacifique pour tenir compte de l'analyse spatiale et pour obtenir une meilleure compréhension de la dynamique de métapopulation.

La recherche sur le panope du Pacifique à la Station biologique du Pacifique est cofinancée par la Underwater Harvesters Association (UHA).

Recherche en cours sur le panope

Relevés de transect

Carte : Relevés de panope en C.-B.

Carte : Relevés de panope en C.-B.

Les relevés en plongée de panope ont été effectués en collaboration avec l'UHA et les Premières nations depuis 1992, dans tous les secteurs de la côte de la C.-B.. Jusqu'à maintenant, environ 70 relevés (de 10 à 15 jours chacun) ont été effectués, couvrant plus de 25% des bancs et plus de 50% de la superficie totale des bancs disponibles pour la récolte commerciale. Les relevés fournissent la densité de données requise pour estimer la biomasse, de laquelle les quotas sont calculés.

Pour effectuer les relevés, des lignes de transect de plomb sont posées perpendiculaires au rivage, dans des endroits choisis au hasard sur les bancs commerciaux connus. Les plongeurs en scaphandre autonome nagent de chaque côté de la ligne de transect avec une barre d’un mètre et comptent le nombre de panopes et enregistrent des données sur l'habitat entre la ligne de transect et le bord de la barre. Les plongeurs s'arrêtent à la limite des sections marquées de 5 mètres pour enregistrer leurs observations. Pour les bancs larges, chaque 2ème, 3ème ou 4ème quadrat est échantillonné, selon la largeur. De cette façon, plus de transects peuvent être effectués à l’intérieur d’un banc, ce qui réduit la variabilité des données.

Prélèvement biologique

À la suite des relevés de transect, un échantillon biologique d’environ 450 panopes est recueilli de trois emplacements sélectionnés au hasard à l’intérieur du secteur de relevé. Les panopes sont récoltées sans regard pour leur taille, étiquetées avec des nombres uniques et expédiées à une usine de transformation autorisée où elles sont mesurées et pesées et où la chair est retirée de la coquille pour la mise en vente.

Les coquilles sont envoyées à la Station biologique Pacifique où elles sont traitées afin de déterminer l’âge. L’âge de la panope est déterminé en comptant les anneaux sur une coupe transversale de la coquille dans la région de la charnière. L'échantillon biologique fournit de l’information sur la distribution de l'âge et de la taille des populations ainsi que sur les tendances de recrutement et les taux de croissance.

Photo : Des plongeurs effectuant un relevé avec des barres d’un mètre et un bloc-notes avec fiches techniques. Photo : Dominique Bureau

Des plongeurs effectuant un relevé avec des barres d’un mètre et un bloc-notes avec fiches techniques. Photo : Dominique Bureau

Photo : Transformations des panopes. Photo : Claudia Hand

Transformations des panopes. Photo : Claudia Hand

Photo : Transformations des panopes. Photo : Claudia Hand

Transformations des panopes. Photo : Claudia Hand

Classification acoustique du fond marin

Photo : Section transversale d’une coquille de panope montrant les anneaux annuels de croissance

Section transversale d’une coquille de panope montrant les anneaux annuels de croissance

La classification acoustique du substrat se prêtent particulièrement bien à l’étude de la panope puisqu’elle est récoltée sur des sédiments sublittoraux à grain fin. Des relevés acoustiques sont utilisés pour déterminer la composition des sédiments de la couche supérieure du fond marin afin de tracer la distribution des substrats convenant aux populations exploitables de panope. Jusqu'à maintenant, environ 20% des bancs de panope et 40% de la superficie des bancs de panope ont été examinés acoustiquement.

La télédétection acoustique est également utile pour la conception des études biologiques sur le terrain. Également, l'analyse spatiale avec le Système d'information géographique (SIG) fournit un cadre d’étude pour la répartition et l’abondance de la population d’avant et d’après la pêche.

Publications sur le panope

Publications sur les fausses-mactres

Plans de gestion intégrée des pêches

Aperçu des pêches

Documents de recherche et rapports sur la situation des stocks : des documents scientifiques et résumés de l'état de la ressource sont disponibles sur le site web du Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS) du MPO

Les panopes sont pêchées commercialement par des plongeurs qui utilisent un jet d'eau sous pression pour déloger le substrat qui entoure le coquillage et dégager celui-ci à l'état vivant. Les captures sont immédiatement transportées au point de transformation où elles sont emballées et expédiées vers les marchés asiatiques.

Les pêcheurs récréatifs doivent utiliser des moyens non mécaniques. L'emploi des méthodes de pêche commerciales (comme le jet d'eau sous pression) leur est interdit.

L'activité de pêche commerciale est gérée selon un régime qui associe l'imposition d'un TAC (total admissible de capture), de quotas individuels et de contrôles des captures. Le TAC est calculé en déterminant la biomasse (c'est-à-dire le produit de la superficie du gisement, de la densité de panopes et du poids moyen de chaque panope), à laquelle on applique un taux d'exploitation annuel de 1,8% . On défalque du TAC les quantités de panopes prélevées à des fins scientifiques, pour l'aquaculture et les activités de mise en valeur, et pour les programme de surveillance des biotoxines. Le reste du TAC est divisé en 55 quotas d'égale valeur, soit quota un pour chaque permis disponible.

Un régime d'alternance triennal a été mis en place : chacune des trois divisions géographiques de la côte (côte nord, côte ouest de l'île de Vancouver et eaux dites « intérieures ») est divisée en trois sous-sections composées de pêcheries d'égale valeur. Une fois par trois ans, chaque sous-section est exploitée à trois fois le taux d'exploitation annuel permis (soit un taux de prélèvement total de 5,4 %), à l'exception des secteurs 16 et 23 à 27 , qui font l'objet d'une pêche annuelle. Ce régime d'alternance a pour effet de concentrer l'activité de pêche, ce qui facilite la surveillance des quotas et réduit le nombre de points de débarquement à contrôler. Il permet également de faire un examen plus rigoureux des zones de pêche puisque seulement un tiers de la côte est concerné pour une année donnée.

Certaines circonstances sont bien adaptées au régime des pêches annuelles, telles que celles sur la côte ouest de l'île de Vancouver, où les fermetures dues à la présence des toxines paralysantes (marée rouge) et à la prédation par les loutres de mer bénéficient de l'accès à tous les secteurs durant toute l'année.

Personnes-ressources

Erin Wylie
Gestionnaire de la ressource en chef
pêche à la panope
250-756-7271
erin.wylie@dfo-mpo.gc.ca
Claudia Hand
Sciences
Nanaimo
250-756-7139
claudia.hand@dfo-mpo.gc.ca

Pour d'autres contacts du Ministère de la pêche à la panope, veuillez consulter la page des personnes-ressources des mollusques et crustacés.

Pour plus d'information concernant la recherche sur le panope du Pacifique qui se fait à la Station Biologique du Pacifique, veuillez contacter :

Claudia Hand
 250-756-7139
 Claudia.Hand@dfo-mpo.gc.ca
Dominique Bureau
 250-756-7114
 Dominique.Bureau@dfo-mpo.gc.ca
Ian Murfitt
 250-756-7081
 Ian.Murfitt@dfo-mpo.gc.ca
Miriam O
 250-756-3365
 Miriam.O@dfo-mpo.gc.ca
Reziah Khan
 250-756-7156
 Reziah.Khan@dfo-mpo.gc.ca