Thon rouge

Thon rouge
Thon rouge de l'Atlantique

Crédit photo : Pêches et Océans Canada

Nom latin

Thunnus thynnus

Nom du groupe

espèces pélagiques

Information taxonomique (en anglais seulement)

Gestion internationale

Le thon rouge de l'Atlantique (Thunnus thynnus) est un poisson marin de grande taille, grand migrateur, que l'on trouve dans l'océan Atlantique, la mer Méditerranée et la mer Noire. C'est pourquoi il fait l'objet d'une gestion internationale. Dans l'Atlantique, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique est l'organisation régionale de gestion des pêches responsable de l'ensemble des thonidés et des espèces apparentées. Dans le cadre de ce type de gestion, tous les pays qui participent à la pêche sont réunis pour assurer l'adoption de mesures de gestion cohérentes.

Le thon rouge de l'Atlantique compte 2 unités de stock, le stock de l'Atlantique Est et le stock de l'Atlantique Ouest, et l'état de chaque unité est évalué séparément. Le total admissible des captures pour chaque stock est convenu par consensus (de tous les pays participants), puis les quotas sont distribués aux pays en fonction d'une clé de répartition (p. ex., le Canada reçoit 22,34 % du total admissible des captures de l'Atlantique Ouest). Une fois les quotas alloués, chaque pays est responsable de la gestion de son quota. Cela comprend la distribution des quotas nationaux, la collecte de données scientifiques, la prise de mesures de gestion et l'application de la loi.

Habitat

Le thon rouge de l'Atlantique est un grand migrateur qui peut tolérer un vaste éventail de températures. La population de thon rouge de l'Atlantique Ouest s'alimente pendant l'été dans les eaux canadiennes de l'Atlantique et migre vers le sud pendant les mois d'hiver dans le golfe du Mexique où se situent leur frayère et leur habitat de grossissement des larves et des juvéniles. Leurs schémas de migration ne sont pas encore clairement définis, car de nouvelles données de marquage prouvent que ces animaux migrent non seulement vers le nord (Canada) et le sud (golfe du Mexique), mais aussi vers l'ouest (Canada) et l'est (mer Méditerranée).

Les thons rouges de l'Atlantique juvéniles et adultes sont des prédateurs opportunistes. Toutefois, les juvéniles s'alimentent généralement de crustacés, de poissons et de céphalopodes, tandis que les adultes se nourrissent principalement de poissons, comme le hareng, l'anchois, le lançon, la sardine, le sprat, le tassergal et le maquereau.

Caractéristiques biologiques

Menaces

La principale menace pour le thon rouge de l'Atlantique est la mortalité par pêche, tant ciblée qu'accidentelle. Au Canada, le thon rouge est récolté commercialement sur le plateau néo-écossais, dans la baie St. Margarets, dans le sud du golfe du Saint-Laurent, dans la baie de Fundy et sur les Grands Bancs.

En 2011, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada a déterminé que le thon rouge de l'Atlantique Ouest était une espèce en voie de disparition. Toutefois, le gouvernement du Canada a décidé de ne pas inscrire le thon rouge de l'Atlantique en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Cette détermination était fondée sur une série d'évaluations des stocks de thon rouge de l'Atlantique Ouest qui ont démontré une croissance continue des stocks depuis 2004 environ.  L'évaluation du stock de thon rouge de l'Atlantique pour 2017 illustre cette tendance.  

La biomasse du stock reproducteur de la population occidentale du thon rouge de l'Atlantique a diminué considérablement entre les années 1970 et 1992. Toutefois, à la suite de la mise en œuvre d'un plan de rétablissement de 20 ans en 1998, la biomasse du stock reproducteur s'est améliorée. Les 3 dernières évaluations de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (2012, 2014 et 2017) ont révélé des signes favorables d'augmentation de la biomasse. C'est pourquoi le total admissible des captures a été haussé 2 fois (à 2 000 tonnes en 2014 et à 2 350 tonnes en 2018).

La popularité du thon rouge de l'Atlantique dans les marchés très lucratifs a donné lieu à une surexploitation dans plusieurs régions. Le Canada est un grand défenseur de la conservation de ce stock et de l'adoption d'une approche de précaution visant sa gestion. Dans l'évaluation du stock de thon rouge de l'Atlantique Ouest 2018, le Comité permanent sur la recherche et les statistiques (division scientifique de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique) a convenu que le stock pourrait résister à des prises annuelles de 2 500 tonnes métriques. Cependant, le Canada a donné son appui à un total admissible des captures d'au plus 2 350 tonnes métriques. Cette stratégie concorde avec l'engagement du Canada à l'égard de l'approche de précaution.

Application de la loi

La pêche canadienne est grandement réglementée par des mesures de gestion strictes, en particulier celles qui ont trait à l'application de la loi, au respect des quotas, aux contributions scientifiques et à la communication des données. Les mesures de gestion comprennent, sans toutefois s'y limiter, une pêche à accès limité, des journaux de bord obligatoires, la présence d'observateurs, la surveillance vidéo à bord et la vérification à quai par une tierce partie indépendante. Chaque poisson capturé est étiqueté avec un numéro d'identification unique, et une entreprise indépendante de contrôle à quai doit être présente à tous les débarquements pour vérifier le poids et le numéro d'étiquette ainsi que chaque poisson débarqué. Avant toute vente ou commerce, chaque poisson doit être enregistré dans une base de données électronique internationale qui suit chaque poisson depuis le navire jusqu'au marché.