
Le rorqual bleu vit dans tous les océans du monde. Il en existe trois sous-espèces. Le rorqual bleu des eaux canadiennes constitue la sous-espèce de l'hémisphère Nord. Deux populations, géographiquement séparées, fréquentent les eaux canadiennes: l'une dans l'Atlantique Nord et l'autre dans le Pacifique Nord. La population du rorqual bleu de l'Atlantique vit dans les eaux de la côte Est du Canada : Le long de la côte nord du golfe du Saint-Laurent et le long de la côte est de la Nouvelle-Écosse, le long de la côte sud de Terre-Neuve et dans le détroit de Davis, entre l'île de Baffin et le Groenland. Le rorqual bleu migre généralement vers le sud pour l'hiver, mais, quand la glace qui couvre l'océan est mince, certains peuvent rester dans le Saint-Laurent une bonne partie de l‘hiver.
Le rorqual bleu est le plus imposant animal à vivre sur notre planète de nos jours et le plus gros animal à avoir existé. Le rorqual bleu fait partie de la famille des rorquals, un groupe de baleines caractérisées par des plis dans la peau du cou, qui permettent à l'animal de filtrer une énorme quantité d'eau pour s'alimenter. La tête représente environ le quart de sa longueur totale. La nageoire dorsale est plutôt petite et les nageoires pectorales sont pointues. La peau du rorqual bleu, contrairement à son nom, présente un mélange de taches aux tons gris pâles et foncés; chaque baleine a un motif de taches uniques qui permet de l'identifier.
Le rorqual bleu n'est pas seulement gigantesque; il est également bruyant. Les sons qu'il émet peuvent atteindre 186 décibels, ce qui est plus fort que le bruit d'un avion à réaction qui atteint seulement 140 décibels. Ces cris ont une fréquence si base que l'être humain arrive à peine à les entendre. À ce jour, les chercheurs ne connaissent pas encore la signification de ces cris qui servent sans aucun doute à communiquer.
Le rorqual bleu se nourrit de krills, un crustacé qui ressemble à une crevette d'environ deux centimètres de long. Un seul rorqual peut en manger jusqu'à quatre tonnes par jour. Le rorqual bleu engouffre une énorme quantité d'eau qu'il rejette à travers ses fanons. Les fanons agissent comme un filtre qui retient le krill et les autres organismes microscopiques en suspension qui sont ensuite avalés.
On estime que le rorqual bleu vit de 70 à 80 ans. Les femelles donnent habituellement naissance à un seul baleineau, tous les deux ou trois ans, qui pèse environ deux tonnes. Le plus gros rorqual bleu jamais observé mesurait 29,5 mètres. Comme les autres rorquals, les femelles sont plus grosses que les mâles.
On ne sait pas à combien se chiffre la population du rorqual bleu dans l'océan Atlantique, mais chaque année, on en aperçoit une centaine dans le golfe du Saint-Laurent. Depuis 1979, on a répertorié 382 baleines dans le golfe; moins de la moitié y reviennent régulièrement.
Le rorqual bleu migre seul ou en petits troupeaux et passe l'été dans les eaux froides au Nord et l'hiver dans les eaux chaudes au Sud. Il peut atteindre une vitesse de pointe de 36 km à l'heure, mais se déplace généralement à une vitesse de deux à huit kilomètres à l'heure.
Avant 1960, on a capturé au moins 11 000 rorquals bleus dans l'Atlantique Nord, dont environ 1 500 ont été pris dans les eaux canadiennes de l'Est. Depuis la fin de la chasse commerciale, l'activité humaine continue de mettre en péril la sauvegarde de cette baleine. En effet, les rorquals rentrent en collisions avec des navires, sont perturbées par l'augmentation des activités d'observation, sont prises accidentellement dans les filets de pêche et souffrent des effets de la pollution.
Le rorqual bleu est inscrit comme étant considéré une espèce en voie de disparition et est protégé en vertu de la Loi sur les Espèces en péril (LEP). Il est également protégé en vertu du Règlement sur les mammifères marins, qui relève de la Loi sur les pêches.
À l'échelle internationale, le rorqual bleu est protégé par la International Whaling Commission (IWC); le rorqual bleu est aussi inscrit sur la liste de l'Union mondiale pour la nature (UICN) et sur celle de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).
Un plan de rétablissement est en élaboration pour le rorqual bleu.
L'espèce obtiendra la protection dont elle a besoin seulement si tous les Canadiens et Canadiennes travaillent ensemble à éliminer les menaces. Renseignez-vous sur le rorqual bleu et faites votre possible pour éliminer ces dangers pour mieux protéger l'habitat du rorqual. Participez en vous joignant au Programme d'intendance de l'habitat pour les espèces en péril (HSP) ou un autre organisme de conservation.