
Le Loup à tête large vit dans l'océan Atlantique, du Nord de la Russie au plateau néo-écossais situé au large de la Nouvelle-Écosse. Ce poisson préfère les eaux froides des plateaux continentaux ; il se tient à des profondeurs de 400 à 1000 mètres. Il préfère aussi un fond marin composé de boue, souvent avec de gros morceaux de roche mais on le capture également dans tous les types de fond marin. Il passe le plus clair de son temps à nager dans les colonnes d'eau ainsi qu'au fond de l'océan.
Le loup à tête large est un gros poisson costaud avec une tête massive. Ses dents à l'avant de ses mâchoires sont plus petites et plus tranchantes que les deux autres espèces de poissons-loups du Canada atlantique. C'est grâce à la forme de sa grande mâchoire et à ses dents qu'il capture des proies en mouvement. Les pêcheurs le rejettent à la mer parce qu'il est peu comestible, sa peau aqueuse ayant la consistance de la gélatine. L'espèce peut atteindre 145 centimètres de longueur et peser presque 20 kilogrammes. Le loup à tête large est généralement de couleur plus uniforme que les autres espèces de poissons-loups; de gris à brun foncé, et parfois avec des teintes légères de violet.
Le loup à tête large se nourrit de poissons pélagiques qui vivent dans les profondeurs de l'océan et d'espèces invertébrées. Son alimentation comprend aussi des organismes benthiques, qui vivent sur les fonds des mers.
L'été, la femelle pond environ 30 000 très gros œufs dans un nid sur fond marin. On observe que le loup de mer adulte se déplace très peu et ne migre pas. Leur croissance est relativement lente, car ce poisson peut prendre jusqu'à 5 ans avant d'arriver à maturité.
La population de cette espèce des Grands Bancs au plateau continental du Labrador a chuté de plus de 90 % entre la fin des années 1970 et le début des années 1990. La baisse de sa population est encore plus marquée dans la partie nordique de son aire de répartition. Même si ce poisson est sans grand intérêt pour les pêcheurs commerciaux, il est quand même pris accidentellement dans les filets des chalutiers en haute mer. Il n'a aucune valeur commerciale; on le rejette donc à la mer mais certains ne survivent pas. Le chalutage du fond marin à la recherche de poissons peut également nuire à son habitat.
Le loup à tête large est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. Une équipe de rétablissement pour le loup à tête large et le loup tacheté a été constituée. Une Stratégie et un Plan de rétablissement seront complétés sous peu pour les deux espèces. La stratégie présentera des moyens d'améliorer l'état de ce poisson grâce à une meilleure compréhension de son cycle biologique, à l'identification des sources potentielles de danger et à la mise en œuvre des mesures de gestion comme la remise à l'eau des loups à tête large pêchés accidentellement. Le plan comprendra également un programme d'intendance et des activités éducatives pour engager les parties intéressées et pour informer le public.