Au Québec, un projet de gardiennage pour rétablir le chevalier cuivré

Octobre 2010

Kiosque de sensibilisation devant le Fort Chambly, près de la rivière Richelieu. Les agents de sensibilisation ont rencontré de nombreux visiteurs pour leur faire connaître le chevalier cuivré.
Crédit photo : COVABAR

À l’été 2010, grâce aux agents du Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR), près de 1800 personnes ont été sensibilisées à la situation précaire du chevalier cuivré, un poisson d’eau douce en péril qui ne se trouve nulle part ailleurs au monde qu’au Québec.

Le chevalier cuivré est en voie de disparition et a été inscrit sur la liste de la Loi sur les espèces en péril. On estime qu’il reste entre quelques centaines et quelques milliers d’individus, distribués dans la rivière Richelieu et dans le fleuve Saint-Laurent. De nombreuses activités ont été mises en œuvre pour aider cette espèce à se rétablir.

Le refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin a été créé en 2002 par le gouvernement du Québec afin notamment de préserver l’intégrité de la plus importante des deux seules frayères connues du chevalier cuivré et d’assurer la tranquillité des géniteurs pendant la reproduction. Or l’été, le refuge est très fréquenté par les plaisanciers qui adorent s’y baigner, y pêcher et y faire de la motomarine et du kayak. Ces activités, qui peuvent entrainer un dérangement en période de reproduction, constituent une menace au rétablissement de l’espèce. Une interdiction de toute présence humaine dans le refuge a d’ailleurs été mise en place entre le 20 juin et le 20 juillet, période de reproduction du chevalier cuivré. Cette mesure permet de limiter le dérangement des géniteurs, le piétinement des œufs et toute atteinte au milieu naturel. Encore faut-il assurer le respect des règles du refuge…

C’est dans ce but que, depuis plusieurs années, une équipe de gardiennage sillonne le bassin de Chambly, dans la rivière Richelieu. Les agents de sensibilisation rappellent aux plaisanciers l’existence du refuge, les règlements en vigueur dans cette zone et la situation précaire de ce poisson. Ils rencontrent les pêcheurs directement sur les cours d’eau et utilisent une clef d’identification des espèces pour les aider à distinguer les chevaliers cuivrés des autres poissons et pour les conscientiser à l’importance de préserver l’espèce. En 2010, 1 779 visiteurs et plaisanciers ont été sensibilisés et 147 infractions ont été constatées.

Cette femelle chevalier cuivré a été utilisée pour la reproduction artificielle en 2009.
Crédit photo : COVABAR

Ce projet de gardiennage est rendu possible grâce à une contribution du Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril géré par Pêches et Océans Canada, Environnement Canada, l'Agence Parcs Canada et à l’aide de plusieurs autres partenaires, dont la Fondation de la faune du Québec.

D’autres activités de rétablissement sont prévues par le COVABAR au cours des prochaines années, notamment :

  • un projet d’animation et de sensibilisation aux îles Jeannotte et aux Cerfs, zones d’alevinage importantes (où vit le jeune chevalier cuivré) ; et
  • un projet de restauration des berges en milieu agricole et de sensibilisation des agriculteurs aux impacts de l’agriculture sur le milieu aquatique (pesticides, érosion).

 

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