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Un foyer pour les données sur la biodiversité marine : Pêches et Océans Canada coordonne le nœud canadien du Système d'information biogéographique des océans
S'inscrivant au nombre des autres questions d'intendance, la protection et la conservation de la biodiversité et des ressources des écosystèmes océaniques nécessitent l'accès à un vaste bassin de connaissances sur le milieu marin de la planète, et requièrent des services, des outils et des systèmes d'analyse de données afin de mieux comprendre les défis à relever. Partout au Canada et dans le monde, des spécialistes des sciences de la mer et d'autres scientifiques alimentent jour après jour notre bassin de connaissances sur la vie océanique en menant diverses recherches, ce qui permet d'éclairer les décisions relatives à la gestion marine.
Sur la carte ci-dessus, les points roses indiquent d'où proviennent les données sur la vie marine et les collections d'échantillons exposées dans les musées compilées et soumises au Système d'information biogéographique des océans par l'entremise du nœud canadien de ce dernier, OBIS Canada, lequel est appuyé par Pêches et Océans Canada. La base de données internationale contient des données à référence spatiale sur la diversité, la distribution et l'abondance des formes de vie marine partout dans le monde.
Mary Kennedy, MPO (données extraites du SIBO – juillet 2011)
Réseau mondial
Le Système d'information biogéographique des océans (SIBO) — la composante maritime du Système mondial d'information sur la biodiversité (SMIB) — est un réseau et une base de données centrale permettant d'enrichir cette mine croissante d'information. Il offre aux chercheurs, aux experts maritimes et aux autres collecteurs de données la commodité d'un dépôt permanent pour les données à référence spatiale sur la diversité, la distribution et l'abondance de toutes les formes de vie marine dans le monde. Il permet également à quiconque, y compris le grand public, de bénéficier d'un site Internet central où l'on peut chercher des données sur les espèces et la biodiversité marines.
Les points beiges indiquent les lieux de prélèvement des échantillons répertoriés dans la base de données du Système d'information biogéographique des océans (y compris les collections des musées) qui rentrent dans le « secteur d'intérêt canadien », lequel s'étend du 35° au 90° degré nord en latitude et du 40° au 180° degré ouest en longitude. La participation à cette organisation mondiale permet à tous et chacun d'avoir accès à un ensemble de données beaucoup plus vaste que celui qu'offrent les fournisseurs de données locaux.
Mary Kennedy, MPO (données extraites du SIBO – juillet 2011)
Miser sur le Recensement de la vie marine
Initialement créé en 2001 pour servir de composante de gestion des données dans le cadre du Recensement de la vie marine international s'échelonnant sur 10 ans, le réseau s'est agrandi pour englober les nœuds régionaux, nationaux, continentaux et thématiques. En octobre 2010, le OBIS est devenu un projet de la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO dans le cadre de son Programme d'échange international de données et d'information océanographiques. Pêches et Océans Canada est un membre participant du programme.
OBIS permet aux pays de respecter leurs obligations en vertu de la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies consistant à présenter des rapports sur la diversité biologique de leurs zones économiques exclusives. En août 2011, la base de données internationale contenait plus de 31 millions de fiches d'espèces rigoureusement identifiées et géoréférencées, ce qui représente 116 603 « espèces marines valides » provenant de plus de 939 jeux de données différents. Ces jeux de données permettent d'effectuer divers genres de recherches – par zone, par espèce et par zone économique notamment. Chaque fiche indique le nom scientifique d'une espèce trouvée à un emplacement donné.
L'information recueillie sur la diversité et l'emplacement des formes de vie marine de toutes les tailles dans l'ensemble du pays peut être consultée dans la base de données d'OBIS Canada. Parmi les espèces qui s'y trouvent : 1) la baleine à bec commune du plateau néo-écossais (en voie de disparition) – l'image la montre alors qu'elle fait surface dans la zone de protection marine du Gully au large de la côte de la Nouvelle-Écosse –, 2) l'oursin vert de l'estuaire du Saint-Laurent, 3) des copépodes, tels que le Neocalanus flemingeri (en haut) et le Neocalanus plumchrus (en bas) et 4) des plantes marines, telles que le Fucus vésiculeux, une espèce d'algue.
1) Galerie de photos du Registre canadien des espèces marines (CaRMS) / Hilary Moors, 2011; 2) Galerie de photos du CaRMS / Claude Nozères, 2011; 3) Galerie de photos du CaRMS / Pêches et Océans Canada, Moira Galbraith, 2011; 4) Galerie de photos du CaRMS / Pêches et Océans Canada, 2011
OBIS Canada
Le nœud canadien, OBIS Canada, est coordonné et hébergé par Pêches et Océans Canada (MPO) à l'Institut océanographique de Bedford, à Dartmouth (Nouvelle-Écosse). Le site Web est hébergé par le Centre pour la biodiversité marine et l'Université Dalhousie, à Halifax (Nouvelle-Écosse). Le nœud a pour mission d'enregistrer où et quand des espèces marines ont été observées ou recueillies, et de rassembler les jeux de données isolés pour obtenir une image plus vaste et plus complète de la vie océanique à l'échelle régionale et nationale. De plus, le nœud fournit des données à jour et des outils permettant d'étudier les changements que la biodiversité océanique connaît en raison de l'instabilité environnementale et des incidences anthropiques.
« OBIS Canada et le portail international d'OBIS mèneront à une meilleure surveillance, à une compréhension plus approfondie et à des prédictions plus justes des changements que subit la biodiversité marine, notamment en ce qui a trait à la distribution des espèces et aux rôles des organismes au sein des systèmes marins à l'échelle mondiale », affirme Mary Kennedy, biologiste aquatique de Pêches et Océans Canada et gestionnaire intérimaire à OBIS Canada. La base de données d'OBIS Canada compte environ 1 123 271 fiches portant sur quelque 9 000 espèces.
Pêches et Océans Canada ayant longtemps partagé ses données océanographiques avec d'autres pays par l'entremise de la COI, il lui incombe maintenant de partager ses données sur la biodiversité marine par l'intermédiaire d'OBIS. En retour, le ministère obtient d'avoir accès à une gamme plus complète de données provenant de différentes sources, données qui pourront ensuite être utilisées pour informer, en partie, les gestionnaires des aires marines protégées et de celles qui sont importantes sur le plan biologique.
Les données du SIBO peuvent notamment servir à analyser la distribution d'une espèce au fil du temps et dans l'espace, à repérer les zones de haute biodiversité et les régimes écologiques à grande échelle, de même qu'à relever sur une carte l'emplacement d'une espèce en fonction de la salinité, de la température, de la profondeur et d'autres conditions océaniques.
Les jeux de données d'OBIS Canada proviennent de différentes sources, notamment des missions océanographiques multidisciplinaires à bord de navires tels que le NGCC Hudson et de suivis permanents tels que le Programme de monitorage de la zone Atlantique (PMZA).
Kelly Bentham, MPO
Tout le monde peut contribuer
Tous les organismes peuvent alimenter la base de données, y compris les ministères des gouvernements provinciaux et fédéral, les universités, les musées, les parcs et les aires de conservation, les firmes d'experts-conseils dans le domaine de l'environnement ainsi que le grand public. OBIS Canada aide à transférer et à examiner les jeux de données avant que le grand public n'y ait accès.
« Le réseau permet aux contributeurs de distribuer et de partager leurs données dans un format normalisé, ce qui rend possible l'intégration d'information sur différentes formes de vie marine, d'indiquer Mary Kennedy. De plus, en soumettant les données à OBIS, nous réduisons le temps qui serait nécessaire pour maintenir des sites Web et bases de données distincts. Cela nous permet également de répondre plus rapidement aux demandes d'information individuelles. »
Plusieurs musées et centres des sciences utilisent des programmes qui apportent une contribution au Recensement de la vie marine, dont les données sont intégrées à la base de données d'OBIS. Il y a, par exemple, le Pacific Ocean Shelf Tracking Program (POST), hébergé par l'Aquarium de Vancouver. Le programme fait appel à la technologique du marquage acoustique afin de permettre aux chercheurs de surveiller les routes migratoires et la façon dont le saumon du Pacifique et d'autres espèces marines sous la surface de l'océan utilisent l'écosystème. Les données extrapolées à partir des activités de surveillance portent, entre autres, sur la direction, la vitesse et la synchronisation des mouvements d'un certain animal et, dans certains cas, sur les régions de la côte et les périodes de l'année où la mort est survenue. Cette information peut être utilisée pour orienter l'élaboration des politiques de gestion des pêches en vue d'assurer une exploitation durable des ressources, et d'obtenir une meilleure compréhension des autres espèces marines et diadromes qui migrent entre l'océan et l'eau douce et de favoriser leur conservation.
Parmi les autres musées qui apportent leur contribution à OBIS, il y a le Musée canadien de la nature (collection de poissons), le Musée de l'histoire naturelle de la Nouvelle-Écosse (collection d'oiseaux marins, de mammifères et de poissons) et le Centre Référence Atlantique (collection des données sur les invertébrés et les poissons). Le bulletin d'information d'OBIS Canada donne plus de détails sur les jeux de données canadiens.
Lou Van Guelpen, conservateur de poissons et administrateur des collections au Centre de référence de l'Atlantique, à St. Andrews (Nouveau-Brunswick), examine un spécimen de la collection. L'un des objectifs du Système d'information biogéographique des océans est d'assurer le transfert des données stockées dans les classeurs et sur les étagères des musées, comme celles archivées au Centre de référence de l'Atlantique, vers la base de données d'OBIS afin qu'elles soient accessibles à tous.
archives du Centre de référence de l'Atlantique
La situation dans son ensemble
Les cartes générales produites le SIBO fournissent une vue globale et complète des océans, et révèlent qu'il reste encore beaucoup de lieux à explorer et à documenter. Jusqu'à maintenant, la base de données dispose de plus d'information provenant des zones côtières et de la surface que des eaux libres et de la haute mer. De plus, elle contient plus de fiches sur les vertébrés et d'autres grands animaux que sur les invertébrés plus petits. Finalement, ses données proviennent davantage de l'hémisphère nord que de l'hémisphère sud. On espère que des fournisseurs de données de partout dans le monde aideront à corriger ces lacunes au fil du temps, ce qui nous aidera à mieux comprendre la vie marine.
Les données d'OBIS Canada peuvent être consultées sur le site Web d'OBIS à http://www.iobis.org/. De plus amples renseignements se trouvent sur celui d'OBIS Canada, au http://www.marinebiodiversity.ca/OBISCanada.
- Date de modification :
- 2013-04-22