Rapport annuel 2007-2008

Table des matières

Message de la sous-ministre adjointe du Secteur des sciences

Cette année, la transition vers une approche scientifique axée sur l'écosystème au ministère des Pêches et des Océans (MPO) a bien avancé. Cette approche synthétique nous permettra de mieux comprendre les principaux liens et rapports entre l'écosystème et les activités humaines et de créer une assise plus solide pour la prise de décisions judicieuses en matière de gestion de l'écosystème. Le Programme de recherche quinquennal (2007-2012) du MPO est fortement influencé par cette approche, qui est exposée en détail dans le document intitulé Pour un nouveau cadre scientifique écosystémique en faveur d'une gestion intégrée.

À l'appui de cette approche écosystémique, le Secteur des sciences du MPO a établi récemment le Centre de recherche sur l'habitat aquatique et lancé plusieurs initiatives régionales de recherche sur les écosystèmes ainsi que l'Initiative dans le domaine de la science du changement climatique (ISCC). L'initiative régionale menée dans le détroit de Georgia est représentative des autres initiatives en cours, dans la mesure où il s'agit d'un microcosme des défis avec lesquels nous sommes aux prises dans les eaux côtières et ce projet nous donnera une meilleure idée des conditions océaniques - des changements écosystémiques aux changements océanographiques en général. À terme, nous parviendrons à mieux comprendre une série d'autres problèmes du milieu marin, depuis la protection de l'habitat jusqu'à la gestion des écloseries, en passant par la planification des pêches et la diversité des espèces dans le détroit. Au nombre des priorités de la recherche sous l'égide de l'ISCC, mentionnons l'amélioration des prévisions des changements climatiques dans les eaux canadiennes (mers et eaux douces), l'amélioration de notre connaissance des répercussions possibles sur les écosystèmes aquatiques et la mise en évidence des nouveaux enjeux.

La contribution du MPO à la 4e Année polaire internationale (API) fait partie intégrante de la recherche menée dans le cadre de l'ISCC. La participation du MPO à l'API approfondit notre connaissance de l'état des environnements polaires, du rôle majeur des océans dans l'évolution du climat et de la façon dont les changements affecteront les écosystèmes et les animaux aquatiques sur lesquels repose le mode de vie des habitants du Nord. Les résultats de cette recherche, menée en collaboration avec les collectivités et peuples du Nord, aideront à élaborer des stratégies de gestion et de conservation des espèces et d'adaptation aux changements dans l'Arctique.

Le Secteur des sciences du MPO a une autre priorité, qui est de recruter et d'encadrer de nouveaux employés de talent. Les projets de recherche menés dans l'Arctique, comme Les trois océans du Canada, font appel à des étudiants de niveau postsecondaire recrutés dans le cadre du Programme d'encadrement des jeunes dans le Nord. Nous travaillons également avec le Secrétariat de la collectivité scientifique et technologique afin de simplifier les programmes d'embauche et de leadership pour les futurs gestionnaires des programmes de S-T. Ces initiatives devraient donner au Canada le savoir-faire dont il a besoin pour mener des recherches hydrographiques et halieutiques hors pair dans les années à venir.

Wendy Watson-Wright, Ph.D.
Sous-ministre adjointe
Secteur des sciences, Pêches et Océans Canada

Principales réalisations

  • Le Secteur des sciences a dirigé six projets d'envergure et collaboré à d'autres dans le cadre de la 4e Année polaire internationale à l'appui de deux thèmes : les aspects scientifiques des répercussions des changements climatiques et de l'adaptation à ces changements, la santé et le bien-être des collectivités du Nord.
  • Le Secteur a terminé la cartographie de la voie côtière au large de la côte du Labrador afin d'aider à élaborer une nouvelle série de cartes et de fournir de précieux renseignements aux gens de mer.
  • Il a mené à bien des recherches afin d'améliorer les connaissances concernant l'habitat essentiel des espèces de poissons vulnérables dans la vallée du Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest. Les conclusions aideront à gérer les populations de poissons vulnérables et à faciliter un examen réglementaire judicieux et opportun des propositions de développement.
  • Le Secteur des sciences a mis à l'essai avec succès un planeur océanique téléguidé de faible puissance et à faible coût pour l'échantillonnage et la surveillance des eaux côtières.
  • Il a mis au point des modèles informatiques afin de prédire comment la circulation océanique et les conditions environnementales influent sur la propagation du pou du poisson dans l'archipel Broughton. Les chercheurs du MPO évaluent la précision de ces prévisions et ont également l'intention d'utiliser les modèles pour examiner différentes approches de gestion piscicole et la propagation possible du pou du poisson provenant d'espèces sauvages.
  • Il a étudié l'influence des facteurs environnementaux sur la survie de la morue juvénile.
  • Les résultats de la recherche du MPO ont incité les pêcheurs de pétoncles à adopter un plan de pêche par rotation plus viable.
  • Le Secteur des sciences a établi un laboratoire de toxicologie marine et de radiomarquage à l'Institut Maurice-Lamontagne.
  • Il a surveillé les changements climatiques et leurs répercussions dans la mer du Labrador, qui joue un rôle de premier plan dans la variabilité à grande échelle du climat océanique. Ces travaux et d'autres programmes de surveillance aideront à améliorer la capacité de prévoir les changements afin de gérer les écosystèmes marins et les ressources du Canada face aux changements climatiques.
  • Il a mené des relevés des eaux de la côte Est canadienne dans le cadre du Relevé de grands cétacés dans l'Atlantique Nord. Cette information est essentielle à la gestion des océans et aidera à quantifier la répercussion possible des activités humaines sur les populations marines (y compris plusieurs espèces en péril) et leur habitat.
  • Le Secteur a donné des avis pour l'élaboration du nouveau Cadre de développement durable de la gestion des ressources, qui orientera l'avenir de la gestion des pêches au Canada.
  • Il a donné des avis scientifiques à l'appui des zones de protection marines (ZPM), entre autres l'établissement de l'aire marine protégée du mont sous-marin Bowie. Il devait notamment recenser les sites candidats, étayer sur le plan scientifique les nouvelles désignations et élaborer des plans de surveillance des ZPM.

Section 1: Année polaire internationale

La contribution du Canada à la quatrième Année polaire internationale (API, mars 2007 - mars 2009) comprend 44 programmes qui s'articulent autour de deux thèmes : les aspects scientifiques des répercussions des changements climatiques et de l'adaptation à ces changements, et la santé et le bien-être des collectivités du Nord. Le gouvernement du Canada a alloué 150 millions de dollars sur six ans pour l'API, dont 100 millions sont destinés à la recherche scientifique. Sont inclus six grands projets de recherche de l'API dirigés par le Secteur des sciences du MPO, qui visent à mieux comprendre les changements climatiques dans l'Arctique et leurs répercussions sur l'écosystème. Le MPO collabore également avec des partenaires nationaux et internationaux à d'autres projets menés dans le cadre de l'API.

Les programmes de recherche menés par le MPO à bord des brise-glaces de la Garde côtière canadienne (GCC) ont permis de comprendre l'état actuel des environnements polaires et le rôle de premier plan que jouent les océans dans les changements climatiques. D'autres projets ont été menés en étroite collaboration avec les collectivités et les peuples du Nord afin de mieux comprendre la façon dont les changements climatiques influeront sur les animaux aquatiques dont dépendent les habitants du Nord. Les chercheurs du MPO ont également participé à six autres projets de recherche de l'API dirigés par d'autres ministères ou universités.

La première saison de recherche sur le terrain menée dans le cadre de l'API a été couronnée de succès grâce au travail d'équipe sérieux et au dévouement et au professionnalisme des équipages et des officiers de la GCC, des guides du Nord et des personnes qui ont pris en charge la logistique. On s'attend à ce que les activités scientifiques se poursuivent bien après la fin officielle de la deuxième campagne sur le terrain, le 1er mars 2009. En plus de former une nouvelle génération de chercheurs polaires, cette quatrième Année polaire internationale aura donné lieu à des recherches novatrices, à la mise en place de réseaux de surveillance à long terme dans la région et d'un système d'observation de l'Arctique qui continueront d'enrichir notre connaissance de l'environnement polaire du Canada dans les années à venir.

Les trois océans du Canada (C3O) : Surveillance de l'évolution du climat

Les membres de l'équipe de recherche Les trois océans du Canada préparent la rosette à bord du NGCC Louis S. St-Laurent dans le détroit de Davis. L'appareil prélève des échantillons d'eau à diverses profondeurs et consigne les données, entre autres la température de l'océan, l'oxygène, les nutriments et l'alcalinité.

Plus de 40 chercheurs et 90 scientifiques participant à des missions en mer du MPO, des universités et d'autres organismes canadiens et étrangers ont recueilli des données sur les changements climatiques en 2007 pour le projet Les trois océans du Canada - volet de la contribution du Canada à l'API. Le chercheur principal, Eddy Carmack, de l'Institut des sciences de la mer du MPO, et une équipe de scientifiques du C3O issue des gouvernements canadiens et étrangers ainsi que du milieu universitaire ont étudié les eaux canadiennes sur une distance de 15 000 km, du fond marin à la surface, des plus petits organismes (virus) aux plus gros (baleines) et du Pacifique à l'Atlantique en passant par l'Arctique. Les résultats du projet révéleront l'interdépendance des eaux arctiques et subarctiques et l'influence de l'évolution du climat sur leurs frontières.

Pour mesurer le changement dans les océans du Canada, l'équipe du C3O recueille des séries de données de référence, de Victoria à Halifax. Les scientifiques et les décideurs disposeront ainsi des connaissances de base pour assurer une bonne gouvernance et s'attaquer aux nouveaux enjeux comme le réchauffement, le recul de la banquise, l'invasion d'espèces, l'hypoxie et l'acidification. Le projet C3O aidera également à établir une stratégie de surveillance à long terme de l'océan Arctique afin d'étudier les changements climatiques dans les années à venir. L'équipe de recherche espère transmettre une part importante des méthodes de surveillance du C3O aux collectivités côtières locales dans la décennie à venir, de sorte qu'elles puissent assurer la surveillance marine.

Le C3O mesure la température des océans du nord au sud, de l'est à l'ouest

f D'après les mesures prises par l'équipe de recherche Les trois océans du Canada à l'été 2007, un plan vertical allant de Victoria dans le Pacifique à Halifax dans l'Atlantique révèle des températures océaniques allant de -2 ºC (bleu foncé) à 10 ºC (rouge foncé) depuis le Pacifique Nord jusqu'à la mer du Labrador. Ces mesures, prises à des profondeurs pouvant aller jusqu'à 900 dbars (1 dbar équivaut à environ un mètre) nous permettront de mieux comprendre l'évolution du climat océanique.

Programme d'encadrement des jeunes dans le Nord

Louisa Thomassie (à gauche), étudiante de niveau postsecondaire qui a pris part avec d'autres étudiants au Programme d'encadrement des jeunes dans le Nord de 2007-2008, prend une pause musicale en compagnie d'Eddy Carmack pendant le voyage de l'équipe des Trois océans du Canada à bord du NGCC Louis S. St-Laurent. L'encadrement des jeunes renforce les liens entre les collectivités nordiques de l'Arctique et le milieu de la recherche. Les étudiants ont aidé les scientifiques à prélever des copépodes et à recueillir des données océanographiques et des échantillons du plancher océanique. En échange, ils ont fait part de leurs connaissances, de leur culture et de leur opinion sur les activités scientifiques qui influent sur leur vie dans le Nord.

Étude des eaux traversant l'archipel canadien

Travaillant à l'Étude des eaux traversant l'archipel canadien, le technicien marin Jo Poole a préparé un sonar à effet Doppler à quatre faisceaux, de pointe, à bord du NGCC Henry Larsen, avant de le déposer sur le plancher océanique pour mesurer les courants et la dérive de glace dans le détroit de Nares.

En août 2007, les chercheurs de l'Institut des sciences de la mer et de l'Institut océanographique de Bedford du MPO ont installé sur des floes lourds des instruments d'enregistrement spécialement conçus pour l'Étude des eaux traversant l'archipel canadien (EEAC). Ce projet de l'API examine la quantité d'eau douce, d'eau de mer et de glace marine qui se déverse de l'océan Arctique dans la mer du Labrador en traversant l'archipel canadien.

Dirigée par Humfrey Melling, l'EEAC mesure les courants océaniques, la salinité, la température, la dérive et l'épaisseur des glaces dans quatre des points de passage entre l'Arctique et l'Atlantique - le détroit de Nares, le détroit de Cardigan, le détroit de Lancaster et le détroit de Bellot. Une fois que les instruments seront récupérés en août 2009, ils donneront des données utiles sur l'échange d'eau douce entre les océans du monde, lequel constitue un élément crucial de la circulation océanique mondiale, du cycle hydrologique et du climat.

Si le climat mondial se réchauffe, une plus grande quantité d'eau douce pénétrera dans l'océan Arctique en raison de l'augmentation des précipitations ou indirectement par l'apport des rivières nordiques. L'écoulement d'eau douce augmentera et compensera l'apport plus volumineux, établissant un nouvel équilibre des eaux douces pour l'Arctique. À terme, l'eau douce retournera dans les océans tempérés et tropicaux d'où elle vient. Ces changements dans le stockage et le passage d'eau douce dans l'océan Arctique auront probablement une incidence sur les écosystèmes de l'Arctique et des eaux arctiques de l'Est du Canada. Comme l'eau douce est moins dense et ne se mélange pas bien à l'eau océanique plus profonde et plus saline, elle forme une « chape » à la surface de l'océan et entrave le mouvement ascendant des nutriments dont se nourrit le plancton, qui est la base de la chaîne alimentaire de l'Arctique. Cette chape pourrait également ralentir la circulation en profondeur dans les océans de la planète, qui joue un rôle de premier plan dans le climat de la Terre.

Les résultats de l'EEAC permettront aux scientifiques de mieux comprendre les changements qui surviennent et de peaufiner les prévisions concernant les changements climatiques dans l'Arctique et leurs répercussions sur les écosystèmes marins arctiques, les activités humaines et la circulation océanique. Pour en apprendre davantage, consultez le site www.ipy-api.gc.ca/pg_IPYAPI_028-fra.html

Examen des répercussions des fortes tempêtes arctiques et des changements climatiques sur les processus océaniques dans l'Arctique

À mesure que le climat mondial se réchauffe, l'intensité des tempêtes arctiques semble s'accroître. Dans le cadre de la contribution du Canada à l'API, des travaux de recherche dirigés par le MPO portent sur les répercussions des tempêtes de très forte intensité et des phénomènes climatiques extrêmes sur les processus océanographiques. Les résultats fourniront de l'information précieuse concernant les répercussions des tempêtes sur les terres et eaux côtières, qui jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne et la culture des habitants du Nord. Les tempêtes arctiques influent sur les vagues, les crues glaciaires, l'érosion et les sédiments, provoquant des changements susceptibles de nuire aux espèces aquatiques, à l'exploitation des ressources et au style de vie dans l'Arctique.

Sous la direction du chercheur en chef William Perrie de l'Institut océanographique de Bedford, une équipe de chercheurs recueille de l'information sur les vents marins, les vagues, les courants, la glace, les ondes de tempête, l'érosion et le transport des sédiments à l'oeuvre dans les eaux côtières de la région sud de la mer de Beaufort et la région ouest de l'Arctique.

En 2007-2008, l'équipe a entre autres :

  • recueilli des données (tempête, climat et observation) pour la mer de Beaufort et terminé des études de modélisation préliminaires;
  • commencé à tester des simulations sur maquette de tempêtes épisodiques, du transport de sédiments et de l'érosion côtière, de la couche de glace et de son déplacement et de la circulation océanique dans la mer de Beaufort et les eaux connexes.

Selon les premiers résultats, des tendances atmosphériques variables à grande échelle peuvent fortement influer sur les tempêtes épisodiques dans les zones côtières de la région sud de la mer de Beaufort, entre autres la région autour de Tuktoyaktuk. Il faut comprendre ces tendances en menant des études des données météorologiques archivées au cours des dernières décennies ainsi que des études sur maquette informatisées détaillées des changements climatiques. Pour en apprendre davantage, consultez le site www.ipy-api.gc.ca/_docs/sor_f.pdf

Espèce clé : Étude des effets du changement climatique sur l'omble de l'Arctique

Les travaux du MPO sur les effets de la variabilité du climat et des changements climatiques sur l'omble de l'Arctique contribueront à l'élaboration de stratégies de conservation et de gestion visant à assurer la pérennité de cette espèce dont dépendent les habitants du Nord.

L'omble de l'Arctique joue un rôle important dans la culture et l'économie du Nord et il est considéré comme une espèce clé dans l'environnement dulçaquicole et l'environnement marin près des côtes. La vulnérabilité de l'omble aux effets environnementaux à de nombreux niveaux dans les écosystèmes arctiques en fait un indicateur clé de la santé des écosystèmes aquatiques dans leur ensemble.

Le saviez-vous?

Dans les îles Belcher, Johnassie Ippak (à gauche) et Lucassie Ippak (deuxième à partir de la gauche) de Sanikiluaq, au Nunavut, et l'étudiante de niveau universitaire supérieur Carie Hoover (à droite) de l'Université de la Colombie-Britannique, aident Steve Ferguson, chercheur du MPO (deuxième à partir de la droite) dans le cadre d'un projet de recherche portant sur les effets des changements climatiques sur les mammifères marins de l'Arctique. La recherche notamment prévoit de fixer un émetteur sur les phoques annelés afin de suivre et d'étudier leurs mouvements.

L'omble de l'Arctique que l'on retrouve à environ 75º de latitude Nord évolue bien plus au nord que tout autre poisson d'eau douce dans le monde. Sa répartition circumpolaire comprend les fleuves et lacs nordiques de l'Amérique du Nord, de l'Asie, et du nord de l'Europe (Islande et Groenland). L'omble est l'espèce dominante le long de la côte arctique et constitue une importante ressource alimentaire pour les Inuits. Même si l'espèce s'aventure rarement loin dans les eaux intérieures, on rencontre quelques bancs d'omble d'eau douce au sud aussi loin que Terre- Neuve, le Nouveau-Brunswick et le sud-est du Québec. Le plus gros spécimen jamais pêché se trouvait dans la rivière Tree, dans les Territoires du Nord-Ouest, en 1970, et il pesait 12,2 kilos.

James Reist de l'Institut des eaux douces du MPO est à la tête d'une équipe qui étudie les effets des changements climatiques et de la variabilité du climat sur la biodiversité de l'omble de l'Arctique. Le projet, mené dans le cadre de l'API, s'intéressera également au lien entre les changements climatiques et la bioaccumulation de contaminants. Les résultats aideront à élaborer des stratégies de conservation et de gestion afin d'assurer la pérennité de l'espèce, le maintien de son abondance en tant que ressource alimentaire et la vitalité de tout l'écosystème aquatique du Nord. Ainsi, les habitants du Nord seront mieux outillés pour s'adapter au changement dans l'Arctique.

À l'été 2007, on a prélevé des ombles de l'Arctique dans le lac Hazen et les lacs environnants dans le parc national Quttinirpaaq, au Nunavut. L'analyse des données recueillies à partir de ces poissons est en cours et les résultats seront bientôt disponibles. La recherche vise à déterminer les réactions de l'omble à la variabilité de la température de l'eau ainsi qu'à la dynamique du réseau trophique et aux niveaux de contaminants de l'écosystème. La recherche évalue également la variation génétique et morphologique au sein des populations et entre elles. À ce jour, les chercheurs ont confirmé la présence de trois formes d'omble de l'Arctique (grand, petit et benthique) dans le lac Hazen, au lieu des deux formes (grande et petite) que l'on croyait qu'il abritait. Comme l'omble de l'Arctique est le seul poisson présent dans les eaux douces de cette région, les trois sous-espèces ont valeur d'espèces écologiques distinctes pour l'étude des effets différentiels des changements climatiques. Pour en apprendre davantage, consultez le site www.api-ipy.gc.ca/pg_IPYAPI_030-fra.html

Le réchauffement de la planète et les mammifères marins de l'Arctique

Il importe de comprendre les répercussions éventuelles des changements climatiques mondiaux sur les écosystèmes polaires pour élaborer des stratégies de conservation et de gestion des espèces arctiques. Mené dans le cadre de l'Année polaire internationale, le projet intitulé Le réchauffement de la planète et les mammifères marins de l'Arctique (RPMMA), dirigé par Steven Ferguson, de l'Institut des eaux douces du MPO, examine :

  • comment les mammifères marins s'adapteront au réchauffement de la planète et quelles sont leurs perspectives de survie;
  • quels sont les effets de la hausse de la température sur les habitats des ours polaires, des phoques et des baleines;
  • les effets possibles du réchauffement planétaire sur le cycle de reproduction et le nombre d'animaux qui survivront.

Au cours de la première année de l'API, l'équipe du RPMMA a établi un réseau de surveillance communautaire dans la région de la baie d'Hudson de l'Arctique canadien. Par l'entremise de ce réseau, l'équipe travaille avec les Inuits de la région pendant leurs chasses de subsistance pour prélever des échantillons biologiques de mammifères marins. L'analyse des échantillons livrera de nouvelles connaissances sur la génétique, la reproduction, l'écologie alimentaire, les maladies et le stress des mammifères marins.

Les résultats préliminaires de la télémétrie satellitaire révèlent que les phoques cherchent refuge sur la banquise en hiver afin d'éviter la prédation des ours polaires, tandis que les ours choisissent les endroits où ils ont toutes les chances de chasser le phoque avec succès au printemps. Par conséquent, le réchauffement et la réduction de la banquise devraient leur porter préjudice. D'après les Inuits, les orques se nourrissent principalement de mammifères marins et non de poisson. Si l'on en croit leurs connaissances du milieu, le nombre de phoques pourrait diminuer à mesure que la glace recule et que les orques deviennent le principal prédateur marin, ce qui, au bout du compte, sonnera le glas de la chasse au phoque par les Inuits, qui fait partie intégrante de leur culture de subsistance. Les résultats du RPMMA orienteront l'élaboration de stratégies de conservation et de gestion des espèces et aideront les habitants des régions du Nord à s'adapter au changement dans l'Arctique. Pour en apprendre davantage, consultez le site http://www.api-ipy.gc.ca/_docs/gwam_f.pdf

Localisation des bélugas dans la région arctique

Les chercheurs fixent un émetteur satellite sur un béluga afin de surveiller ses déplacements et d'en apprendre plus sur ses habitudes de migration et son habitat. Le dispositif recueille également des données environnementales de l'écosystème de la baie d'Hudson et de la baie James en vue de leur utilisation dans la modélisation du climat et du temps.

Utilisant à la fois des approches traditionnelles et des approches scientifiques occidentales, Mike Hammill, de l'Institut Maurice-Lamontagne du MPO, dirige une étude sur la répartition, les déplacements et l'habitat essentiel des bélugas. Les résultats de ce projet de l'API aideront à améliorer la gestion du béluga, qui fait partie intégrante de la culture inuite, en plus de permettre de comprendre l'état de l'écosystème de la baie d'Hudson et de la baie James et comment le béluga s'adaptera aux changements climatiques. En raison de leur rôle de premier plan dans l'écosystème de l'Arctique, la santé du béluga est importante pour toute la vie arctique.

En localisant les bélugas par satellite, l'équipe recueille de l'information sur leur habitat, les corridors de migration et les zones d'hivernage à petite échelle. La télémétrie fournit également la température des colonnes d'eau et les profils de salinité qui peuvent contribuer à la modélisation du temps et des changements climatiques. On combine ces données au savoir traditionnel et aux expériences d'observation des gens de l'endroit. Les chercheurs collaborent également avec d'autres programmes internationaux de localisation des bélugas.

Selon les premiers résultats, il existe une certaine concordance, mais aussi des divergences entre les données de télémétrie et le savoir ancestral. Par exemple, dans l'est de la baie d'Hudson, le savoir traditionnel inuit indique que les bélugas passent l'été près de la côte et que certains bélugas passent l'hiver dans cette région. Toutefois, selon la télémétrie, les animaux passent beaucoup de temps au large et ils quittent tous la baie d'Hudson pour passer l'hiver dans la mer du Labrador. Dans cette région, on associe les bélugas à un profond chenal près de Hopedale au large de la côte du Labrador. Selon le savoir traditionnel cri, les bélugas de la baie James passent l'hiver dans la baie James ou dans le sud de la baie d'Hudson. À ce jour, si l'on en croit les données de télémétrie satellitaire, les animaux passent probablement l'hiver dans la baie James. Ces comparaisons soulignent l'importance de tenir compte des approches d'échantillonnage quand on évalue les résultats de la recherche. Par exemple, les chasseurs demeurent généralement dans les régions côtières pour des raisons de sécurité, si bien qu'ils n'observent pas de bélugas en haute mer. Par ailleurs, comme les émetteurs n'ont été fixés que sur quelques individus, il n'est peut-être pas correct non plus d'extrapoler leurs comportements à l'ensemble de la population. Les deux approches indiquent également qu'il peut y avoir des différences entre les populations et que le fait que deux méthodes d'échantillonnage différentes concordent est rassurant. Pour en apprendre davantage, consultez le site www.ipy-api.gc.ca/_docs/pat_f.pdf

L'Étude sur le chenal de séparation circumpolaire est l'aboutissement de 20 années d'océanographie polaire

Avec le NGCC Amundsen en arrière-plan, le plongeur polaire norvégien Haakon Hop tient un radiomètre couleur multispectral pour mesurer la lumière sous la glace, dans le cadre de l'Étude sur le chenal de séparation circumpolaire.

Le brise-glace canadien de recherche NGCC Amundsen et une équipe de scientifiques ont passé l'hiver 2007-2008 dans le sud de la mer de Beaufort, dans une région de glace navigable appelée chenal de séparation. Ils devaient y effectuer des recherches pour l'Étude sur le chenal de séparation circumpolaire (ECSC), un projet pluridisciplinaire de l'API qui examine l'importance des processus climatiques dans le changement de la nature d'un système de chenal de séparation et les effets de ces changements sur l'écosystème marin, le transport de contaminants, les flux de carbone et les gaz à effet de serre. Le chercheur principal du MPO Gary Stern assure la codirection de l'Étude, qui met à contribution 200 scientifiques de 15 pays. Le professeur Dave Barber, du Centre d'observation de la Terre, de l'Université du Manitoba, est le chercheur principal du projet.

Le chenal de séparation circumpolaire se forme chaque année lorsque le pack central se détache des glaces côtières, créant ainsi une « faille » dans la surface de la glace. Ce phénomène se produit en raison du fait que le pack central est mobile tandis que les glaces côtières sont fixées au rivage. Ces régions sont particulièrement sensibles aux changements atmosphériques et océaniques, ce qui en fait des laboratoires exceptionnels pour arriver à mieux comprendre les changements touchant les écosystèmes marins polaires. Elles permettent aussi au brise-glace de passer l'hiver dans l'Arctique, de sorte que les scientifiques puissent surveiller les changements qui surviennent sur plusieurs mois.

L'équipe de M. Stern s'intéresse de près à la façon dont les changements climatiques pourraient modifier les cycles et les processus de transport de contaminants, les trajectoires des contaminants (bioamplification) et, leurs niveaux, et la santé des écosystèmes aquatiques arctiques. Les contaminants représentent un danger pour la santé des mammifères marins et des poissons arctiques et, en bout de ligne, des habitants du Nord qui les pêchent puisqu'ils font partie de leur alimentation traditionnelle.

Les résultats de l'Étude aideront à évaluer la vulnérabilité des collectivités inuites côtières aux changements climatiques; à prévoir les répercussions des changements climatiques sur la salubrité des aliments traditionnels et la santé de la collectivité; et à fournir l'information dont les collectivités, les scientifiques et les décideurs ont besoin pour élaborer des stratégies d'adaptation. Pour en apprendre davantage, consultez le site www.ipy-cfl.ca/

Plonger pour les sciences - Le saviez-vous?

Le ministère des Pêches et des Océans administre le plus vaste programme de plongée scientifique au Canada, dont le Programme national de sécurité en plongée et six programmes régionaux qui appuient ses priorités et objectifs de recherche. Un grand nombre de chercheurs, de biologistes et de techniciens du MPO ayant des intérêts de recherche variés et des formations différentes utilisent la plongée comme outil pour étudier et examiner l'environnement sous-marin. La plongée donne aux scientifiques une possibilité d'observation directe et d'expérimentation dans l'eau et livre des données essentielles qui ne pourraient pas être obtenues par d'autres moyens.

Section 2: Des activités scientifiques qui comptent pour les Canadiens

Dans le prolongement des priorités recensées ci-dessus, le Secteur des sciences du MPO a poursuivi en 2007-2008 sa transition vers une approche axée sur l'écosystème, qui améliore notre compréhension des principaux liens et relations entre l'écosystème et les activités humaines. La science des écosystèmes donne une vue globale essentielle à la prise de décisions judicieuses en matière de gestion des écosystèmes se rapportant à la fois aux pêches, à l'aquaculture, à l'habitat, aux ressources océaniques et au rétablissement des espèces en péril. Les organismes intergouvernementaux qui s'intéressent à la gestion et aux sciences aquatiques reconnaissent que les scientifiques doivent s'efforcer de quantifier les effets de la pêche et d'autres activités humaines sur les interactions complexes des écosystèmes et de déterminer si ces effets sont réversibles et, le cas échéant, dans quel horizon de temps.

Dans la publication Pour un nouveau cadre scientifique écosystémique en faveur d'une gestion intégrée (www.dfo-mpo.gc.ca/science/Publications/Ecosystem/index-fra.htm), le Secteur des sciences du MPO présente brièvement les concepts clés de la science des écosystèmes et décrit l'élaboration et l'adoption de meilleurs outils pour surveiller et étudier les écosystèmes dans leur ensemble. Ce cadre a grandement influencé les dix priorités de recherche essentielles et les domaines connexes énoncés dans le Programme de recherche quinquennal (2007-2012) (www.dfo-mpo.gc.ca/science/publications/fiveyear-quinquennal/index-fra.htm), qui porte sur les priorités fédérales, ministérielles et d'intérêt public pour les cinq prochaines années.

À mesure que nous allons de l'avant, cette approche est intégrée aux programmes en cours et nouveaux du Secteur des sciences du MPO. Par exemple, en 2007-2008, les chercheurs de la Station biologique de St. Andrews ont mené à bonne fin deux années de travail à l'appui d'une nouvelle approche de gestion des pêches axée sur l'écosystème. Par ailleurs, un relevé plurispécifique, qui a débuté dans les années 1950, a été adapté en 2007-2008 de façon à recueillir des données pour l'Initiative de recherche sur l'écosystème. Il faut notamment recueillir de l'information détaillée sur le poisson non commercial et ses habitudes alimentaires afin d'obtenir un tableau plus détaillé de l'écosystème.

RECHERCHE CIBLÉE

Localisation des morses dans l'Arctique canadien

Autrefois observé en grand nombre sur la côte Est du Canada, le morse de l'Atlantique se retrouve à présent uniquement dans l'Arctique, où il vit dans des groupes dispersés dans un dédale d'îles. Désignée espèce préoccupante par le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC), la population de morses décline si l'on en croit les rapports des dernières décennies.

En collaboration avec les collectivités inuites, les chercheurs de la région du Centre et de l'Arctique du MPO, dirigés par Rob Stewart, utilisent la localisation par satellite, l'analyse de l'ADN et les relevés aériens et par bateau pour recenser les groupes de morses dans l'Extrême-Arctique et au large du sud-est de l'île de Baffin et déterminer si les stocks sont suffisamment vigoureux pour survivre à la pêche des Inuits.

De concert avec les chasseurs locaux, les chercheurs ont injecté un tranquillisant à un morse, puis fixé une étiquette d'identification par radiofréquence sur l'une de ses défenses afin de le localiser par satellite. Les résultats préliminaires de la localisation de 2007 ont révélé qu'il existe deux stocks de morses dans le détroit de Jones, plutôt qu'un seul comme on le croyait auparavant, et que les morses se déplacent entre le Groenland et l'île de Baffin. Les relevés aériens et par bateau ont également permis de découvrir plusieurs « échoueries » autrefois inconnues où les morses se réunissent. Pour examiner la structure du stock, les chercheurs ont également recueilli de petits échantillons de peau (130 en 2007) à des fins d'analyse de l'ADN, ce qui aidera à résoudre les problèmes relatifs aux stocks qui sont communs aux Canadiens et aux Groenlandais et à défendre les intérêts des Inuits canadiens.

Ces travaux de recherche sont financés par l'Étude du plateau continental polaire de Ressources naturelles Canada et sont menés en collaboration avec des scientifiques de la Commission géologique du Canada, du Zoo de Calgary, des universités canadiennes, de l'Institut des ressources naturelles du Groenland et du ministère danois de l'Environnement.

Un morse de l'Atlantique arbore sur sa défense une étiquette émettrice grâce à laquelle on pourra suivre ses déplacements dans l'Extrême-Arctique. La recherche aidera à gérer la population et permettra de déterminer la vigueur du stock et de régler les problèmes concernant les stocks qui sont communs au Canada et au Groenland.
Le MPO évalue le planeur électrique télécommandé Webb Research Slocum pour l'échantillonnage et la surveillance des eaux côtières.

Mise à l'essai de planeurs océaniques aux fins de recherche et de surveillance

Le personnel océanographique du MPO, dirigé par Terry Curran, du Service hydrographique du Canada, a établi un partenariat avec le Canadian Centre for Ocean Gliders (CCOG) en vue d'évaluer un planeur télécommandé, de faible puissance et à faible coût aux fins d'échantillonnage et de surveillance non filoguidés des eaux côtières. Adaptable à divers capteurs et non influencé par le temps en surface, le planeur électrique de la taille d'une personne (1,5 m de long et pesant 52 kilogrammes) Webb Research Slocum peut recueillir des données détaillées depuis la surface jusqu'au plancher océanique sur des superficies relativement grandes. Les missions peuvent durer de 15 à 30 jours si le planeur utilise des piles alcalines, ce qui en fait un dispositif idéal pour la surveillance dans des eaux comme la zone de protection marine du mont sous-marin Bowie.

Le modèle qui a été mis à l'essai en 2007-2008 plonge et remonte à la surface continuellement en changeant sa poussée hydrostatique, tout en se déplaçant à une vitesse horizontale d'environ 0,5 mètre par seconde. La profondeur maximale qu'il peut atteindre est de 300 mètres. Comme le planeur n'a pas une propulsion sans cesse active, il est très silencieux et peut prélever des échantillons près de la surface de l'eau en provoquant bien moins de perturbations qu'un navire de recherche.

Déployé à partir de petits bateaux et autres navires, le récepteur GPS du planeur détermine régulièrement son emplacement à la surface, quand les données peuvent être télémesurées et transmises à terre via satellite. En 2007- 2008, le planeur était équipé de détecteurs, entre autres un instrument de mesure de la conductivité-températureprofondeur Seabird et le capteur d'oxygène dissous Aanderaa. L'équipe a également fait la démonstration du téléchargement de données en temps presque réel pendant l'essai dans le bras de Saanich et au large de la côte Ouest de l'île de Vancouver. En 2008-2009, l'équipe entend mettre à l'essai le planeur dans le détroit de Georgia près de l'Initiative de recherche sur l'écosystème, où il y a des courants océaniques modérés et du trafic maritime.

Programme coopératif de recherche et de développement en aquaculture (2001-2007)

Depuis sa création, le Programme coopératif de recherche et de développement en aquaculture (PCRDA) a consacré plus de 56 millions de dollars à la recherche en partenariat avec l'industrie. Entre 2001 et 2007, 230 projets de recherche visaient trois objectifs clés : le meilleur rendement de la recherche sur de nouvelles espèces pour l'aquaculture canadienne (127 projets); des études de rendement environnemental portant sur les interactions entre les sites d'aquaculture et l'environnement avoisinant (55 projets); et des projets visant la santé optimale des poissons, qui portent sur la résistance aux maladies, la surveillance et la détection de maladies, ainsi que les agents pathogènes, les parasites et la gestion de la santé générale des espèces d'élevage (48 projets). Pour en apprendre davantage, consultez le site www.dfo-mpo.gc.ca/science/aquaculture/acrdp-pcrda/main_f.htm

Surveillance du devenir des poissons qui s'échappent des piscicultures

La technicienne en recherche halieutique du MPO, Lori Tate, implante un émetteur sur une truite arc-en-ciel d'élevage pour surveiller son comportement une fois qu'elle sera relâchée en eaux libres.

Dans la région des lacs expérimentaux (RLE) dans le nordouest de l'Ontario, Paul Blanchfield du MPO dirige la recherche sur le devenir de la truite arc-en-ciel relâchée d'une pisciculture expérimentale afin de déterminer sa répercussion éventuelle sur les poissons sauvages. L'une des préoccupations écologiques les plus importantes associées à l'aquaculture est la possibilité que des poissons d'élevage des parcs en filets ne s'échappent en eaux libres. Leurs répercussions sur les populations sauvages dépendent de leur survie et de leur comportement.

Les chercheurs de la RLE, dirigés par Cheryl Podemski, ont élevé 10 tonnes de truites arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) annuellement dans un petit lac d'étude boréal en utilisant des protocoles d'élevage commercial standard. Chaque automne (2003-2007), des truites étaient relâchées dans le lac et leur comportement, leur répartition et leur survie étaient surveillés au moyen de la télémesure automatisée du positionnement. Selon les résultats :

  • une fois relâchée, la truite arc-en-ciel d'élevage a un taux annuel de survie d'environ 50 p. 100 en eaux libres;
  • la plupart des poissons relâchés demeurent concentrés près de la pisciculture, en particulier pendant l'exploitation normale quand des aliments industriels sont disponibles;
  • on a surtout observé des poissons d'élevage dans les quelques premiers mètres de la colonne d'eau - même à l'endroit de la cage où les aliments s'accumulent à une profondeur de 15 mètres -, ce qui les rend vulnérables aux oiseaux prédateurs;
  • les poissons qui s'échappent et survivent pendant plus d'un an ont continué à demeurer près de la cage la deuxième année.

Si l'on en croit les résultats, la faible survie des poissons qui s'échappent en eaux libres et l'attraction prolongée qu'exerce sur eux l'exploitation réduisent leur interaction éventuelle avec les espèces sauvages. Toutefois, la grande dispersion de certains poissons qui se sont échappés, leur taux de croissance élevé et leur faible dépendance à l'égard de la cage justifient une étude plus approfondie. Ces travaux de recherche font partie de l'étude sur l'écosystème global financée par le Programme coopératif de recherche et de développement en aquaculture (PCRDA) du MPO.

Modélisation du pou du poisson dans l'archipel Broughton

Les scientifiques de l'Institut des sciences de la mer (ISM) du MPO utilisent des modèles informatiques pour voir comment la circulation océanique et les conditions environnementales influent sur la propagation du pou du poisson dans l'archipel Broughton. Les courants océaniques jouent un rôle de premier plan dans le cycle de vie de ce parasite, le transportant et le propageant aux stades planctoniques, y compris au stade de développement parasitaire du copépode.

Les travaux de recherche, dirigés par les océanographes Dario Stucchi et Mike Foreman, pourraient donner des informations nouvelles sur la façon dont les piscifactures de saumon contribuent à l'infestation du pou du poisson chez le saumon sauvage juvénile. Le pou du poisson est souvent présent sur le saumon du Pacifique adulte lors de sa migration et peut se transmettre au saumon d'élevage. En l'absence de traitement, les salmonicultures peuvent devenir des sites d'hivernage pour le pou du poisson, qui peut ensuite infecter le saumon juvénile en migration et d'autres piscicultures.

L'équipe de l'ISM a mis au point un modèle informatique du pou du poisson, incluant le comportement et le développement de la larve, et l'a combiné à un modèle de circulation océanique afin de déterminer dans quelle mesure les mouvements de l'eau en surface provoqués par les marées locales, les vents et l'eau douce influeront sur le transport et la propagation de la larve du pou du poisson provenant des salmonicultures connues. En plus d'évaluer la précision de ces prévisions, les chercheurs entendent également utiliser les modèles combinés pour examiner différentes approches de gestion piscicole et la propagation possible du pou du poisson par des espèces sauvages.

Le MPO appuie la recherche pluriannuelle sur le pou du poisson et travaille en étroite collaboration avec la province de la Colombie-Britannique pour veiller à ce que l'industrie salmonicole soit gérée de manière à protéger l'environnement et les stocks de saumon sauvage.

Les travaux de recherche du MPO facilitent la gestion internationale des stocks de saumon

Les modèles informatisés mis au point par des chercheurs de la région du Pacifique du MPO prévoient la température et le débit du Fraser (ci-dessus) et aident à gérer le saumon rouge.

Chaque année, une proportion variable de saumons rouges adultes de la rivière Fraser meurent pendant leur migration de reproduction en amont (un trajet de 100 à 1 200 kilomètres). Actuellement, la meilleure estimation de la mortalité en cours de migration est la différence entre l'estimation hydroacoustique de l'abondance du poisson à l'embouchure de la rivière et l'énumération estimative des reproducteurs en amont (appelée estimation de l'écart). On a associé des pertes élevées (plus de 500 000 individus) à des températures extrêmes de l'eau et à des débits très élevés pendant la migration, ce qui corrobore la recherche actuelle concernant les répercussions des températures élevées sur l'échec migratoire du saumon du Pacifique.

Forts de ces connaissances, les chercheurs de trois divisions des sciences de la région du Pacifique ont collaboré à l'élaboration de modèles en vue de prévoir la température et les conditions d'écoulement dans la rivière Fraser. Ces prévisions environnementales sont utilisées pour prédire les estimations d'écart en cours de migration.

Le Canada-U.S. Fraser River Panel, qui est responsable de la gestion en pleine saison du saumon rouge de la rivière Fraser, utilise maintenant ces estimations d'écart pour améliorer ses chances d'atteindre ses objectifs de gestion - par exemple, réduire la pêche pendant les années de migration difficiles afin de compenser la mortalité prévue pendant la migration. Différents scénarios de climat sont également appliqués aux modèles d'écart afin de prévoir la vulnérabilité future de différentes populations de saumons aux conditions changeantes de la rivière. Pour en apprendre davantage, consultez le site du Programme des observations environnementales de la rivière Fraser, à www-sci.pac.dfo-mpo.gc.ca/fwh/index_f.htm

Étude du corail de profondeur essentiel à la conservation marine

De gauche à droite : Le véhicule sous-marin de grands fonds ROPOS est mis à l'eau à partir du NGCC Hudson dans le cadre d'une mission visant à examiner les coraux de profondeur le long de la pente continentale de l'Est du Canada. Parmi les images prises par ROPOS : quatre espèces de coraux d'eaux froides - Paragorigia arborea (rose), Desmophyllum sp.(coraux solitaires), Acanthagorgia armata (jaune), et Anthothela grandiflora - dans la zone de conservation des coraux de Stone Fence à l'entrée du chenal Laurentien; une nouvelle espèce de mollusque découverte récemment (Acesta sp.) dans la zone de protection marine du Gully; et un madréporaire solitaire (Javania cailleti) au large de la côte de la Nouvelle-Écosse (à droite).

Pendant l'été 2007, la scientifique principale du MPO Ellen Kenchington a dirigé une équipe de recherche à bord du NGCC Hudson afin d'étudier le corail de profondeur et les espèces apparentées le long des pentes continentales du Canada atlantique. Il est impératif de comprendre les coraux et leur interdépendance avec d'autres espèces dans les écosystèmes en eau profonde si l'on veut que le MPO puisse atteindre ses objectifs de conservation en vertu de la Loi sur les pêches et de la Loi sur les océans.

L'enthousiasme des scientifiques devant leurs découvertes et les images fantastiques des grands fonds marins obtenues pendant la mission ont été communiqués grâce à une large couverture médiatique au Canada et à travers le monde. Le projet faisait appel à des scientifiques de l'Institut océanographique de Bedford, du Centre des pêches de l'Atlantique nord-ouest (CPANO), de l'Université Dalhousie et de l'Université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador. La recherche sur le corail au large des côtes de Terre-Neuve et du Labrador a été dirigée par Kent Gilkinson du CPANO et coordonnée par Vonda Wareham.

Le véhicule sous-marin de grands fonds ROPOS (Remotely Operated Platform for Ocean Science) a été déployé dans quatre zones, soit la zone de protection marine du Gully, la zone de conservation du corail Lophelia de Stone Fence et ses environs, et le sud-ouest des Grands Bancs, soit le chenal Haddock et le canyon Desbarres. Il a recueilli plus de 3 000 images numériques haute définition, plus de 10 000 saisies d'images de haute qualité et de nombreuses heures de prises de vue en couleur haute définition. Le véhicule a atteint des profondeurs autrefois inexplorées de 2 500 mètres, voire plus dans certains cas.

Les données sur les coraux ont joué un rôle clé dans l'établissement de Sable Gully comme première zone de protection marine du Canada atlantique (2003) en vertu de la Loi sur les océans. Deux fermetures additionnelles de la pêche dans la région des Maritimes ont été établies en fonction des centres de diversité du corail : dans le chenal Nord-Est (2002) et à l'endroit du récif de Lophelia pertusa découvert récemment et en mauvais état, à Stone Fence (2004). Plus récemment, les données sur le corail de la région ont joué un rôle important dans l'établissement d'une zone de protection volontaire du corail de 12 500 km2 dans le nord de la mer du Labrador en mai 2007. Cette initiative a été prise et mise en oeuvre par l'industrie, plus précisément le Conseil des allocations aux entreprises d'exploitation du poisson de fond, la Canadian Association of Prawn Producers et la Coalition nordique. Le but de la fermeture est d'essayer de protéger des grands coraux dont l'existence dans cette zone est connue. D'autres mesures sont prises, notamment :

  • l'intégration de la surveillance des coraux dans les relevés de recherche effectués par l'industrie;
  • les patrons des bateaux de pêche travaillent en collaboration avec des observateurs indépendants en mer pour recueillir des données quand ils rencontrent du corail;
  • les patrons des bateaux de pêche arrêtent de pêcher et récupèrent leur engin s'ils estiment qu'ils se trouvent dans une zone où il existe peut-être de grands coraux arborescents, même à l'extérieur des zones de protection des coraux; et
  • les patrons des bateaux de pêche ne pêchent pas dans les zones de protection des coraux déjà établies par le MPO.

L'Organisation des pêches de l'Atlantique nord-ouest (OPANO) et le Canada ont créé une zone de protection des coraux dans laquelle sont interdites toutes les activités de pêche utilisant des engins qui touchent le fond pour 2008-2012, années où elle fera l'objet d'une révision. La zone le long de la pente continentale du sud-ouest des Grands Bancs se trouve en grande partie dans la zone économique exclusive du Canada.

Évaluation dumerlu transfrontalier et recherche sur l'écosystème

Les équipes de recherche halieutique américaine et canadienne posent à la proue du navire américain U.S. NOAA Miller Freeman par une journée exceptionnellement calme du programme sur le terrain de 2007. Le navire a parcouru environ 12 000 milles marins et passé plus de 75 jours en mer pour effectuer le relevé de l'écosystème et du merlu.

La pêche du merlu du Pacifique (Merluccius productus) est l'une des plus grandes pêches sur la côte Ouest de l'Amérique du Nord, avec des prises de près de 280 000 tonnes en 2007. Le Canada et les États-Unis partagent cette pêche en vertu de l'Accord relatif au merlu du Pacifique avec 26,12 et 73,88 p. 100 respectivement. Depuis 1992, un partenariat international créé pour évaluer et gérer le merlu a effectué de vastes relevés le long de la côte Ouest de l'Amérique du Nord, mesurant les conditions océaniques et estimant de manière acoustique l'abondance du merlu.

L'équipe de recherche internationale, sous la direction canadienne de Ken Cooke, de la Station biologique du Pacifique, permet de mieux comprendre l'écosystème. Ses travaux aideront à élaborer de nouvelles stratégies de gestion pour des espèces hautement migratoires comme le merlu. Par exemple, d'après les relevés, il est clair que la répartition du merlu a été modifiée par suite de changements liés au climat dans la température de la surface de la mer et la remontée d'eau côtière. En 2007, l'équipe chargée du relevé a trouvé du merlu plus loin au nord et plus près des côtes, ce qui fait que les pêcheurs canadiens concentrent leurs efforts dans le détroit de la Reine-Charlotte, au nord de l'île de Vancouver. Le relevé a également été marqué par la capture de 82 calmars géants (Dosidicus gigas) à des profondeurs dépassant 300 mètres au large du plateau continental le long de l'île de Vancouver et des îles de la Reine-Charlotte. La présence de ces animaux a été observée plus souvent ces dernières années, ce qui indique que le changement environnemental engendre des conditions favorables à l'expansion de l'aire de répartition d'autres espèces dans les eaux canadiennes. On ne connaît pas encore l'importance de l'expansion de l'aire de répartition du calmar géant, mais celle-ci fera l'objet d'une surveillance au cours des relevés futurs effectués en partenariat avec les chercheurs américains.

La recherche révèle que les habitats littoraux sont essentiels à la survie de la morue juvénile

Les recherches du MPO révèlent que les prairies de zostères comme celle du détroit de Newman sur la côte Nord-Est de Terre-Neuve (vue aérienne et sous-marine) offrent à la morue du stade post-larvaire un habitat idéal et une protection contre la prédation.

Quand la pêche de la morue de l'Atlantique s'est effondrée au début des années 1990, on connaissait mal les effets des facteurs environnementaux sur la survie de la morue juvénile par rapport aux effets de la pêche. Depuis le milieu des années 1990, Bob Gregory, chercheur au Centre des pêches de l'Atlantique nordouest, à St. John's, à Terre-Neuve-et-Labrador, travaille à accroître nos connaissances sur la morue juvénile.

Une morue femelle adulte peut produire jusqu'à 30 millions d'oeufs au cours d'une seule saison de frai. Cependant, le taux de mortalité peut atteindre 99 p. 100 par jour. Les chances de survie augmentent après 60 à 70 jours. Dans le cadre de ses travaux, le chercheur Gregory analyse la répartition des oeufs et des larves de morue. Il étudie ensuite les survivants, une fois qu'ils se sont établis dans les sanctuaires des eaux peu profondes, et leur chaîne alimentaire, et il cartographie les prairies de zostères le long du littoral qui offrent le meilleur habitat pour leur survie.

L'un des résultats les plus importants de ces travaux est que nous avons aujourd'hui une idée très claire du type d'habitat côtier dont les morues juvéniles du stade postlarvaire ont besoin pour s'établir de façon à survivre et ils donnent aux gestionnaires de l'évaluation des stocks des chiffres liés aux populations de l'actuelle génération de morues juvéniles. Ces valeurs se sont avérées une estimation très exacte de ce qui se profile à l'horizon en ce qui concerne les morues adultes. Depuis le début des travaux de recherche, l'année 2007 a été la meilleure en ce qui concerne les morues juvéniles qui survivent.

Un projet de collecte de naissains stimule l'élaboration d'un plan de pêche par rotation

Selon les recherches du MPO, les pêcheurs de pétoncles dans la baie des Chaleurs (Nouveau-Brunswick) ont l'intention d'adopter un plan de pêche par rotation d'ici 2010.

La recherche sur les pétoncles (Placopecten magellanicus) dirigée par les biologistes Leslie-Anne Davidson etMonique Niles a contribué à la nouvelle vision de la gestion de cette ressource. La collecte de naissains (frai de pétoncles) a permis de mieux comprendre le cycle de production de pétoncles, et des centaines d'heures de vidéo sur l'habitat du pétoncle ont aidé à mieux repérer les sites d'ensemencement et à établir des stratégies de récolte plus durables. Par suite des séances d'information de l'industrie reposant sur les résultats de la recherche, les pêcheurs ont amorcé des projets d'ensemencement de pétoncles dans plusieurs secteurs de la région du golfe du Saint-Laurent.

En 2008, des parties d'un lit de pétoncles dans la baie des Chaleurs (Nouveau-Brunswick) qui avaient été fermées et ensemencées cinq ans auparavant ont été rouvertes. La première récolte a été très abondante, avec des débarquements de trois tonnes de chair de pétoncles provenant d'une section de 3 km2. Par contre, les débarquements commerciaux signalés en 2007 et provenant d'un lieu de pêche intensive d'environ 57 km2 dans la baie des Chaleurs s'élevaient à neuf tonnes seulement. Par conséquent, les pêcheurs de pétoncles de la baie des Chaleurs ont récemment voté en faveur de l'élaboration d'un plan de pêche par rotation pour toute la région, qui devrait entrer en vigueur en 2010. Dans une pêche par rotation, certaines parties seraient fermées au dragage des pétoncles afin d'offrir un refuge aux pétoncles en croissance ainsi que de protéger d'autres espèces susceptibles d'être touchées par le dragage.

Un nouveau laboratoire examine les contaminants dans la vie marine

Claude Rouleau du Laboratoire de radioécologie marine de Rimouski montre des lamelles d'un poisson où apparaissent les zones où des contaminants se sont accumulés.

En mai 2007, l'Institut Maurice-Lamontagne, en collaboration avec l'Institut des sciences de la mer de Rimouski, a officiellement ouvert un laboratoire de toxicologie marine et de radiomarquage, le seul en son genre en Amérique du Nord. Le Laboratoire de radioécologie marine de Rimouski permettra aux chercheurs d'approfondir leurs connaissances sur les effets biologiques et le devenir des contaminants dans les organismes marins, et de mieux étudier l'incidence des activités humaines sur la santé et la productivité des écosystèmes aquatiques. L'équipe possède un instrument qui lui permet de sectionner un animal entier en lamelles plus fines qu'un cheveu humain. Un deuxième instrument localise avec précision la répartition des contaminants grâce à des techniques à faible radioactivité. Le laboratoire étudie actuellement l'accumulation de cadmium dans les pétoncles du Saint-Laurent et le transfert des hydrocarbures aromatiques polycycliques présents dans les sédiments et l'eau à divers organismes marins dans l'estuaire du Saint-Laurent.

Création du Centre de recherche sur la réglementation en matière de biologie aquatique

La biotechnologie et la recherche-développement (R-D) en génomique explorent un important domaine de la R-D au Canada, et le MPO exerce de nouvelles responsabilités réglementaires à l'égard des organismes aquatiques à caractères nouveaux. On s'attend à une augmentation exponentielle du nombre et de la variété de produits aquatiques issus de la biotechnologie, d'autant plus que la validation de principe de poisson génétiquement modifié a été obtenue et que le dossier d'approbation de l'utilisation de poisson génétiquement modifié dans l'alimentation est en cours auprès de la Food and Drug Administration des États-Unis. Le MPO a créé le Centre de recherche sur la réglementation en matière de biologie aquatique à West Vancouver, en Colombie-Britannique, pour stimuler une recherche de calibre mondial axée sur la réglementation scientifique applicable aux organismes aquatiques génétiquement distincts ou à caractères nouveaux. Étroitement lié au Programme de R-D en biotechnologie aquatique et en génomique du MPO, le nouveau centre renforcera la coordination et le partage des résultats de la recherche concernant la réglementation scientifique. Plus de 30 espèces d'organismes marins ont été génétiquement modifiés à ce jour (p. ex., le poisson zèbre, le saumon, l'huître, la crevette) en vue de leur utilisation dans la recherche médicale, la production pharmaceutique et la production alimentaire, tandis que deux espèces de poisson (le saumon de l'Atlantique à croissance accélérée et le tilapia modifié pour la production d'insuline) sont expressément développées au Canada pour des applications commerciales.

L'Institut Maurice-Lamontagne célèbre 20 ans de réalisations

Environ 2 500 personnes ont participé aux journées portes ouvertes à l'Institut Maurice-Lamontagne en octobre 2007, pour célébrer ses 20 ans d'activité.

Pour souligner son 20e anniversaire, l'Institut Maurice- Lamontagne a organisé plusieurs activités de mai à octobre 2007. Ariane Plourde, directrice de l'Institut et directrice régionale des sciences, et Louise Deschênes, directrice régionale, Direction des politiques et de l'économique, en ont profité pour rencontrer les clients et les partenaires de l'Institut et dresser le bilan de ses vingt années d'existence au Québec. Quelque 2 500 personnes ont profité des journées portes ouvertes pour se renseigner sur les travaux que mène l'Institut, notamment dans les domaines des pêches, de l'aquaculture, des mammifères marins, de la navigation, de la gestion et de la protection de l'environnement, de l'habitat et des ressources et écosystèmes aquatiques. L'Institut a bien changé en 20 ans, puisque son effectif est passé de 75 employés lors de son inauguration en 1987 à 400 en 2007. Pour en apprendre davantage au sujet de l'Institut Maurice-Lamontagne, consultez le site : www.qc.dfo-mpo.gc.ca/iml/fr/intro.htm

Journée portes ouvertes à l'Institut océanographique de Bedford qui célèbre ses 45 ans

Au cours de la troisième semaine d'octobre 2007, l'Institut océanographique de Bedford a accueilli 18 500 visiteurs pour souligner son 45e anniversaire. Les élèves des écoles primaires et secondaires de toutes les régions de la Nouvelle-Écosse se sont pressés pour voir et toucher des spécimens de créatures marines vivantes ou fossiles, ou la batée pour le lavage de l'or, prendre place dans l'hélicoptère de sauvetage de la Garde côtière ou encore visiter l'exposition géante sur un rorqual commun. Certains d'entre eux ont même eu la chance de monter à bord du NGCC Hudson et d'explorer le navire qui venait tout juste de rentrer d'une mission de recherche. Tout au long du week-end, l'Institut a ouvert ses portes au public. Les médias locaux ont su captiver l'intérêt par le récit de la légende de Rex, un homard aussi vieux que l'Institut, mais aussi en faisant valoir la possibilité de voir et de toucher de près des spécimens de vie marine ainsi que la vidéo permanente la plus récente - une modélisation en 3-D du port de Halifax. Les visiteurs et les médias se sont intéressés de très près à l'Année polaire internationale, qui était le thème de nombreuses causeries publiques.

SURVEILLANCE

Le crabe vert envahit les eaux de Terre-Neuve

Le MPO effectue des travaux de recherche de référence sur l'espèce envahissante de crabes verts dans les eaux terre-neuviennes dans le but de contrôler leur propagation. L'épicentre de l'infestation se trouve à North Harbour, dans la baie Placentia, où la présence d'individus de tout âge indique une population bien établie.

En août 2007, au moins 50 ans après que le crabe vert a envahi les eaux des provinces maritimes du Canada, un pêcheur à l'oeil aguerri a repéré pour la première fois l'espèce aquatique envahissante à Terre-Neuve. Earle Johnson a identifié le crabe à North Harbour, dans la baie Placentia, après avoir assisté à une présentation communautaire sur les espèces aquatiques envahissantes. Le crabe vert est une espèce agressive, rapide et prolifique qui pourrait facilement décimer les crabes indigènes et qui n'a pas de prédateurs naturels dans les eaux qu'il a adoptées. Cet envahisseur exotique a déjà eu des répercussions non négligeables sur les pêches dans les Maritimes, ce qui a incité les scientifiques du Centre des pêches de l'Atlantique nord-ouest du MPO à se préparer en vue de son arrivée à Terre-Neuve il y a deux ans.

Dans les jours qui ont suivi le repérage de l'espèce par Johnson, une équipe de onze personnes, sous la direction de Cynthia McKenzie, chercheuse du MPO, a mis le cap sur la baie Placentia afin d'évaluer l'étendue de l'infestation. Si les chercheurs n'ont trouvé qu'un petit nombre d'individus dans d'autres zones de la baie, ils n'en sont pas moins sur le pied de guerre, car ils s'attendent à ce que le crabe vert se répande à partir de l'épicentre de l'infestation à North Harbour, où l'équipe de recherche a découvert une population bien établie. Le relevé de l'espèce en 2007 dans la baie Placentia a livré des données de référence pour la surveillance de la propagation et de la croissance du prédateur, et permettra de structurer les travaux de recherche futurs dans le but de contrôler sa population et les dommages qu'il inflige.

Argo dépasse son objectif

Il y avait 3 283 flotteurs dérivants Argo sur les océans du monde au moment où cet article arrivait sous presse - établi en 1999, l'objectif de 3 000 flotteurs d'ici 2007 a été atteint en novembre 2007. Howard Freeland, de l'Institut des sciences de la mer, préside le programme canadien Argo et est coprésident du programme international. Les flotteurs Argo permettent aux scientifiques de surveiller l'évolution de la circulation des courants chauds et de la chaleur dans les océans, et de fournir des données qui nous éclairent sur le rôle des océans dans le régime climatique planétaire. Plus de 20 pays fournissent des flotteurs qui transmettent tous les dix jours des données sur la température, la salinité et les derniers éléments d'information concernant l'océan. En juin 2008, Argo a fourni 9 627 profils - soit plus de 117 000 par an. L'équipe d'Argo espère faire une démonstration de la valeur des données Argo pour l'océanographie régionale et à grande échelle, les prévisions météorologiques saisonnières de longue portée et la gestion des pêches. Pour en apprendre davantage, consultez le site www.meds-sdmm.dfo-mpo.gc.ca/isdm-gdsi/argo/index-fra.html

Le flotteur Argo nº 4900072 vogue à contre-courant

Flotteur Argo nº 4900072 : La section sur la température (image de fond plus grande) illustre la répartition de la température par rapport au temps (horizontal) et à la profondeur (vertical) le long de la trajectoire du flotteur, comme l'indique la carte intercalaire. La flèche verte indique l'endroit où il a été lancé en 2001 près de Dutch Harbor, dans les îles Aléoutiennes de l'Alaska, tandis que la flèche rouge montre son emplacement lorsqu'il a envoyé son dernier profil dans le détroit de Kamchatka. Les pics bleus pointant vers le bas sur le graphique des températures montrent les phénomènes de convection profonde jamais vus auparavant dans la mer de Béring.

La véritable valeur d'Argo réside dans les points de vue simultanés du climat océanique en temps réel fournis par les 3 283 flotteurs qui transmettent actuellement des données. Certains flotteurs, toutefois, ont un destin hors du commun. Prenons le flotteur numéro 4900072, par exemple, l'un des premiers à avoir été lancés (voir l'image ci-dessous) par le Canada en 2001. Au cours de ses cinq années d'existence, il a connu une large gamme de régimes océaniques et a atteint une des plus hautes vitesses jamais enregistrées par un profileur Argo. Lancé dans l'océan Pacifique Nord par le NGCC Laurier, le flotteur nº 4900072 s'est retrouvé piégé à vive allure dans l'archipel des Aléoutiennes et, à un moment donné, a même passé près de s'échouer. Mais il a alors étonné tout le monde en exécutant une manoeuvre jugée impossible en mettant le cap sur le nord par le détroit de Kamchatka et une fois dans la mer de Béring, de nouveau vers le sud, porté par le courant Oyashio. Au cours des années suivantes, il s'est rendu dans la partie occidentale de la mer de Béring où il a rencontré des phénomènes de convection profonde, comme on peut le voir dans la section ci-dessous sur les températures. Par la suite, le flotteur est revenu dans le détroit de Kamchatka et, au moment où il était sur le point de reprendre la bonne direction, il a transmis son 164e profil, le dernier, à la veille de son cinquième anniversaire.

Surveillance du changement climatique dans lamer du Labrador

La température moyenne des deux kilomètres de la couche supérieure de la partie occidentale et centrale de la mer du Labrador a atteint pratiquement ses plus hautes valeurs à la fin des années 1960. Les cercles bleus représentent les mesures historiques; les cercles rouges représentent les observations consignées par AR7W, une série de stations qui vont de Hamilton Bank, sur le plateau continental du Labrador, au cap de la Désolation sur le plateau continental du Groenland.

Située dans le nord-ouest de l'océan Atlantique, entre l'Arctique et les subtropiques chauds, la mer du Labrador joue un rôle essentiel dans la variabilité du climat océanique à grande échelle tout en étant vulnérable aux changements climatiques. En 2007, les scientifiques du MPO en poste à l'Institut océanographique de Bedford ont poursuivi leur surveillance de l'évolution du climat et de ses répercussions sur cette région océanique importante. Les données physiques, chimiques et biologiques recueillies par les stations installées en mer, depuis le plateau continental du Labrador jusqu'au plateau continental du Groenland, appuient le mandat de surveillance de l'écosystème du MPO et la recherche internationale pour comprendre les phénomènes océaniques qui contribuent à la variabilité et au changement du climat régional et planétaire.

Depuis 1962, l'Institut océanographique de Bedford étudie la circulation régionale et la convection profonde unique qui se produit en mer du Labrador au cours des hivers rigoureux. Cette circulation fait partie de ce qu'on appelle le grand tapis roulant océanique - circulation nord-sud de masses d'eau ayant un effet régulateur sur le climat de la Terre. Les modèles informatiques donnent à penser que le grand tapis roulant ralentira vraisemblablement au cours du XXIe siècle, ce qui réduira le transport de la chaleur vers le nord et compensera peut-être en partie l'accroissement des températures à la surface des mers dans certaines régions du nord de l'Atlantique Nord. Une série d'hivers rigoureux au début des années 1990 a conduit à une convection profonde dans la mer du Labrador, créant un réservoir uniforme d'eau à 2,8 °C, de plus de deux kilomètres de profondeur. Depuis lors, ces eaux se sont réchauffées en gagnant environ 0,5 °C et sont devenues plus salines en raison des hivers exceptionnellement doux.

Le réchauffement récent s'est accompagné de changements décelables dans les propriétés océanographiques qui influencent la croissance et la répartition du biote. Par exemple, des variations dans la profondeur des couches de surface entre le printemps et l'été au cours de la dernière décennie ont créé des conditions de lumière plus favorables à la croissance du phytoplancton. Les chercheurs ont également observé des changements dans les nutriments nécessaires à la croissance du phytoplancton avec une augmentation des nitrates (utilisés par toutes les espèces de phytoplancton et essentiels pour la synthèse des protéines) et une diminution des silicates (utilisés principalement par les diatomées pour la formation de leur coquille). Malgré cela, les études n'ont pas décelé de changement important dans la biomasse globale de phytoplancton, même si la composition de la communauté de phytoplancton évolue peut-être.

La réaction des océans au changement climatique sera complexe et difficile à prédire. Cette recherche et d'autres programmes de surveillance aideront le Canada à mettre en évidence et à comprendre les changements qui se produisent et à élaborer une capacité de prévision, de façon à faciliter la gestion de l'écosystème et les ressources marines du pays pour faire face au changement climatique.

Relevés des espèces en péril et atelier sur l'habitat essentiel

Les équipes vouées au rétablissement de l'écosystème codirigées par le MPO ont découvert des populations inconnues de sucet de lac, espèce menacée (à gauche) au cours d'un relevé dans le lac L (à droite) dans le bassin hydrographique de la rivière Ausable, en Ontario.

Pêches et Océans Canada est l'un des trois ministères fédéraux participant à la protection des espèces en péril. En collaboration avec des intervenants, le MPO surveille les espèces aquatiques en péril (tant d'eau douce que d'eau salée), repère l'habitat essentiel et élabore des stratégies de rétablissement et des plans d'action pour les espèces considérées comme en danger ou menacées. Les activités entreprises par les équipes scientifiques du MPO pour la protection des espèces en péril sont les suivantes :

  • À l'appui de la mise en oeuvre de la Loi sur les espèces en péril, le MPO a organisé un Atelier national des sciences sur l'habitat essentiel et le cadre d'évaluation du potentiel de rétablissement en août 2007. L'atelier a fourni des indications sur les pratiques exemplaires pour décrire et quantifier l'habitat essentiel des espèces aquatiques et a permis ultérieurement l'élaboration du cadre national d'évaluation du potentiel de rétablissement des espèces aquatiques considérées comme menacées ou en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Les évaluations du potentiel de rétablissement préparées par le Secteur des sciences du MPO ont fourni à d'autres secteurs du Ministère, aux équipes chargées du rétablissement et au public les meilleurs avis scientifiques possibles concernant les possibilités de rétablissement et les démarches applicables aux espèces en péril. Les actes de l'atelier peuvent être consultés à http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/Csas/Proceedings/2007/PRO2007_057_B.pdf
  • En 2007, un relevé effectué par le MPO en partenariat avec l'Ausable Bayfield Conservation Authority a révélé l'existence de populations de sucet de lac (« espèce menacée ») non décelées auparavant et de brochet vermiculé (« situation préoccupante ») dans le lac L du comté de Lambton, en Ontario. Les données du relevé sont actuellement utilisées pour découvrir l'habitat essentiel de l'espèce. Un projet similaire mené en collaboration avec l'Essex Region Conservation Authority a permis de recueillir de nouvelles données pour quatre espèces de poisson en péril à Turkey Point (lac Érié), notamment le sucet de lac, le méné camus, le crapet sac-à-lait et le brochet vermiculé.
  • Des relevés récents (2005-2007) du méné d'argent de l'ouest (Hybognathus argyritis), espèce menacée de la rivière Milk, en Alberta - son seul habitat au Canada - révèlent que l'espèce est plus courante qu'on ne le pensait auparavant. Les relevés ont élargi la distribution connue de cette espèce dans le cours d'eau et révélé qu'il s'agit en fait de la deuxième espèce de poisson la plus abondante capturée, constituant 29 p. 100 du total des prises.

Dresser le bilan des mammifères marins du Canada : Le MPO appuie le Projet transatlantique de relevés aériens de cétacés de portée internationale

Au cours de l'été 2007, le Secteur des sciences du MPO a contribué pour la première fois au Projet transatlantique de relevés aériens de cétacés coordonné par la North Atlantic Marine Mammal Commission (NAMMCO), qui effectue le relevé de la mégafaune marine dans l'Atlantique Nord. Il s'agit d'une première mondiale en raison de l'ampleur géographique du projet (qui s'étend de la côte nord-est des États-Unis jusqu'au nord du Labrador, et des îles Féroé au nord-ouest de l'Écosse jusqu'au nord de la Russie, soit une superficie totale de 6 millions de km2), de sa courte période de mise en oeuvre (une saison) et du nombre de scientifiques qui y participent - plus de 20 personnes de six pays différents (sans compter les nombreux observateurs) et des relevés dans les régions adjacentes aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Jack Lawson, du Centre des pêches de l'Atlantique nord-ouest de St. John's, coordonnateur canadien de la NAMMCO, est responsable des relevés dans la région de Terre-Neuve-et-Labrador. Jean-François Gosselin, de l'Institut Maurice-Lamontagne, près de Mont-Joli (au Québec), a coordonné pour sa part les relevés dans les régions du Québec et des Maritimes. Les volets canadiens de l'étude portent sur le plateau continental, depuis le nord du Labrador jusqu'au sud de la NouvelleÉcosse, y compris la région de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent. En tout, 28 types de mammifères marins différents (12 199 individus) ont été observés.

À partir de bateaux et d'aéronefs, des observateurs chevronnés ont effectué des observations et des dénombrements d'une gamme étendue d'espèces, comprenant des baleines et des dauphins (famille des cétacés), des phoques, des tortues de mer, des requins, des thons et des poissons-lunes. L'équipe a repéré 20 espèces de cétacés en tout, les plus courants étant les dauphins, de même que des rorquals à bosse, des petits rorquals, des rorquals communs et des bélugas (dans le golfe). Des tortues-luth ont également été observées dans la partie méridionale de l'aire du relevé. La coordination dans une aire marine aussi considérable est essentielle pour évaluer la distribution et l'abondance des espèces qui migrent sur d'importantes distances et dont l'aire chevauche les frontières internationales. Le relevé aidera à recenser les régions ayant enregistré de fortes concentrations de ces espèces au cours de l'été 2007. Cette information est capitale pour la gestion des océans et aidera à quantifier les répercussions potentielles de l'activité humaine sur les populations marines (notamment plusieurs espèces en péril) et leur habitat. Les données du relevé qui en sont actuellement aux étapes finales de l'analyse peuvent être consultées à http://www.nammco.no/Nammco/Mainpage/Tnass/.

Élargissement des applications de données des relevés plurispécifiques

Les données recueillies par les relevés plurispécifiques effectués par le MPO au large de la côte de Terre-Neuveet- Labrador sont des éléments de base pour déterminer les tendances en matière de population, évaluer les stocks, établir les niveaux de capture et surveiller les effets de la pression de pêche sur les différents stocks. Les relevés, qui ont commencé dans les années 1950 ont pris de l'ampleur et fournissent des données de référence continues sur l'abondance et la répartition de nombreuses espèces de poissons, mollusques et crustacés de valeur commerciale, qui remontent au début des années 1970.

Une équipe de recherche du Centre des pêches de l'Atlantique nord-ouest du MPO, sous la direction du biologiste Bill Brodie, effectue des relevés au printemps et à l'automne pour saisir les données au cours des périodes importantes de migration et de frai. Elle va littéralement à la pêche aux données dans des strates ou des aires d'échantillon de l'océan en déployant un filet derrière le navire qui se déplace à une vitesse déterminée pendant 15 minutes. L'équipe trie ensuite ses prises par espèce et recueille des données standard, c'est-à-dire le poids, la longueur, le sexe, l'âge, la maturité, le contenu de l'estomac, les parasites et d'autres indicateurs de santé. De nouvelles applications pour les données continuent de se concrétiser. Par exemple, en 2007-2008, l'équipe a commencé à recueillir des données pour le nouveau Projet de recherche sur l'écosystème. Il s'agit notamment de recueillir une information détaillée sur des espèces de poisson non commerciales, de même que d'analyser le contenu de l'estomac de certaines espèces pour avoir une vision plus approfondie de l'écosystème. L'équipe regroupe les différentes données afin de répondre aux besoins de chaque utilisateur, que ce soit pour appuyer un projet de recherche ou pour la gestion des pêches.

AVIS

Le Secrétariat canadien de consultation scientifique coordonne le processus consultatif du Secteur des sciences du MPO en collaboration avec les Centres des avis scientifiques régionaux. Ce réseau de coordination est chargé de faire respecter des normes d'excellence élevées concernant la présentation d'information scientifique évaluée par les pairs et la formulation d'avis permettant la prise de décisions judicieuses. Au cours de l'exercice écoulé, environ 70 réunions consultatives (examens par les pairs et ateliers) ont été tenues et il y a eu plus de 200 publications scientifiques (rapports consultatifs scientifiques, documents de recherche et actes de congrès ou de conférence). Ces textes portent sur les questions d'évaluation standard des stocks et s'attaquent à un nombre croissant de problèmes émergents, telles que les évaluations des écosystèmes, les espèces en péril, les espèces envahissantes, les répercussions de l'aquaculture et d'autres. En 2007-2008, plusieurs rapports consultatifs particulièrement remarquables ont été diffusés par l'intermédiaire du Secrétariat canadien de consultation scientifique, notamment concernant la morue, le crabe des neiges et d'autres espèces d'intérêt, de même que des rapports cadres portant sur les espèces en péril et des examens de l'écosystème. On peut trouver les publications et documents de recherche du Secrétariat canadien de consultation scientifique ainsi que le calendrier de ses activités sur le site www.dfo-mpo.gc.ca/csas/Csas/Home-Accueil_f.htm

Une nouvelle orientation pour la gestion des pêches canadiennes

Dans le cadre du programme global pour renouveler les pêches du Canada, le Secteur des sciences du MPO s'est doté d'une assise à l'appui de l'élaboration du nouveau Cadre de développement durable de la gestion des ressources, qui orientera à l'avenir la gestion des pêches canadiennes. L'apport du Secteur au nouveau cadre est le suivant :

  • Formulation d'avis concernant les répercussions de la pêche sur l'habitat sensible du plancher océanique, qui ont orienté la rédaction d'une nouvelle politique en vue de renforcer la prise en compte de l'écosystème dans les décisions de gestion de la ressource.
  • Formulation d'avis sur les exigences minimales de conservation inhérentes à l'approche de précaution.
  • Collaborations avec la Gestion des pêches et de l'aquaculture afin d'élaborer une liste de vérification de la pérennité des ressources halieutiques pour normaliser la collecte d'information clé sur les stocks canadiens et les pêches. Une fois élaborée, la liste de vérification servira de principal outil d'évaluation pour surveiller les progrès vers les objectifs de conservation et mettre en évidence les améliorations nécessaires à l'appui de la pérennité.

Levés géoscientifiques de la baie de Fundy à l'appui des décisions de gestion de l'écosystème et de l'amélioration des cartes marines

Étendue des données bathymétriques multifaisceaux recueillies dans la baie de Fundy de 1992 à novembre 2008. Les données bathymétriques multifaisceaux sont superposées sur une image produite à partir des données topographiques radar transmises par la National Aeronautics and Space Administration (NASA). La barre de couleur pour la bathymétrie est représentée sur la partie droite de l'image.

Au cours de l'été 2007, les scientifiques du Service hydrographique du Canada (SHC) ont poursuivi leur cartographie multifaisceaux du fond et de la colonne d'eau de la baie de Fundy en collaboration avec Ressources naturelles Canada (RNCan). Le programme triennal (2006-2008) - Les géosciences à l'appui de la gestion et du développement économique dans la baie de Fundy - fait partie du programme des géosciences à l'appui de la gestion des océans de RNCan. Les levés de 2007 ont duré 147 jours et ont été modifiés pour recueillir également des données dans la région du détroit de Minas, qui est le site envisagé pour les projets de recherche portant sur la production d'énergie marémotrice.

Le SHC utilisera les données pour la production de cartes marines plus exactes et d'outils d'aide à la décision dans la gestion de l'écosystème ainsi que pour l'élaboration d'entreprises scientifiques futures. Les cartes à l'échelle de l:50 000 qui en résulteront seront diffusées dans le cadre d'une nouvelle série de cartes marines nationales canadiennes. Pour en apprendre davantage, consultez le site http://pac.chs.gc.ca/files/session_6/6-2_Parrott_et_al.pdf

La science à l'appui des zones de protection marines

Guujaw (à gauche), président du conseil de la Nation haïda, bat le tambour avec des musiciens haïdas au cours de la cérémonie célébrant la désignation officielle du mont sous-marin Bowie en tant que zone de protection marine en avril 2008. Le peuple haïda entretient un lien privilégié avec le mont Bowie et les anciens se rappellent que leurs parents pêchaient au large du mont. Cet ancien volcan en mer profonde supporte un écosystème marin riche et diversifié, qui abrite des espèces pittoresques comme le chabot trilobé rouge. Les Haïdas continuent d'être les gardiens du mont sous-marin Bowie dans le cadre d'une équipe de gestion pluripartite.

Lorsque le mont sous-marin Bowie a été désigné zone de protection marine du Canada en avril 2008 (il s'agit de la septième aire marine protégée), l'événement a marqué le début d'une nouvelle étape dans la mission du Secteur des sciences du MPO à l'appui de la préservation de cette aire marine d'exception. Située à environ 180 kilomètres à l'ouest de Haida Gwaii (les îles de la Reine-Charlotte) au large de la Colombie-Britannique, cette chaîne de montagnes volcaniques sous-marines est l'une des plus riches du monde sur le plan biologique, caractérisée par une foison de plantes microscopiques et d'animaux, d'oiseaux, de poissons et d'autres espèces de la faune marine. Le MPO s'attache à assurer la survie de ce fragile écosystème en collaboration avec la Nation haïda, des groupes communautaires et une équipe consultative pluripartite, qui inclut notamment le gouvernement de la Colombie-Britannique.

En vertu de la Loi sur les océans, leMPO est chargé de la coordination, du développement et de la mise en oeuvre des zones de protection marines, qui ont été établies pour assurer la protection et la conservation d'habitats, d'espèces, de caractéristiques ou d'habitats marins clés qui ont une importance écologique et qui sont vulnérables. Alors que le gouvernement fédéral s'efforce d'élargir le réseau des aires marines protégées, le Secteur des sciences épaule le Secteur des océans en recensant les sites candidats pour étude, en recueillant les données scientifiques rationnelles qui soustendent les nouvelles désignations et en élaborant des plans de surveillance pour vérifier si chaque zone de protection marine atteint ses objectifs.

En 2007-2008, le Secteur des sciences du MPO a recensé les caractéristiques des six zones de protection marines déjà désignées - comme il le fera pour le mont sous-marin Bowie - qui nécessiteront une surveillance, et a adopté des mesures pour déterminer une série d'indicateurs applicables à chaque caractéristique, de même que les mesures de surveillance connexes. Les régions se sont également employées à recenser des espèces et des secteurs importants pour chaque « domaine d'intérêt » en utilisant l'information et les lignes directrices nationales dont elles disposent. Le Secteur des sciences a tenu un atelier pour examiner les nouvelles données scientifiques concernant les impacts potentiels de l'activité sismique sur les mammifères marins, les poissons et les invertébrés.

Exploration de l'habitat vulnérable du poisson dans la vallée du Mackenzie

Pour en apprendre davantage sur les poissons vulnérables et leur habitat, le biologiste Neil Mochnacz, chercheur du domaine des pêches, recueille des données sur l'environnement et les espèces dans l'eau de cours d'eau comme la rivière Gayna (ci-dessus), un tributaire de la rivière Mountain du réseau du fleuve Mackenzie.

Le Secteur des sciences appuie la recherche pour enrichir la connaissance de l'habitat essentiel pour les espèces de poisson vulnérables de la vallée du Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest. Le manque de connaissances sur la façon dont les changements dans l'habitat essentiel pourraient toucher certaines espèces accroît leur vulnérabilité aux répercussions des activités de mise en valeur associées au Projet gazier Mackenzie et à d'autres projets d'exploitation des hydrocarbures dans l'ouest de l'Arctique.

En 2007-2008, le Sensitive Fish Habitat Associations Program a mené des relevés dans des tronçons choisis de 14 cours d'eau pour quantifier l'habitat aux endroits où le poisson a été capturé ou observé. La recherche, à laquelle participent des partenaires du Nord, des universités canadiennes et le programme de plongée du MPO, fournira aux organismes de réglementation fédéraux et aux gestionnaires de l'habitat du poisson des connaissances indispensables pour effectuer l'examen réglementaire judicieux et opportun des propositions de mise en valeur et pour élaborer des mécanismes efficaces afin de gérer les populations de poisson vulnérables. Les chercheurs expérimentent également des méthodes pour déceler l'eau souterraine dans les cours d'eau et explorer l'importance de l'eau souterraine en tant que facteur de survie.

Un colloque explore la salmoniculture en circuit fermé et en eau salée

Afin d'évaluer la situation actuelle de l'élevage du saumon en circuit fermé et les techniques de traitement des déchets pour le saumon d'élevage, le Secteur des sciences du MPO a organisé un colloque national en janvier 2008. Le principe du circuit fermé a été proposé en tant qu'option pour l'industrie salmonicole qui - de même que les ministères qui la réglementent - subit des pressions en faveur de l'introduction de mesures pour réduire encore le risque de répercussions néfastes sur le milieu aquatique environnant. Le principe de l'élevage en circuit fermé renvoie à une gamme de techniques visant à réduire les répercussions en contrôlant la production aquicole et en limitant les interactions entre le poisson d'élevage et l'environnement aquatique extérieur.

Le colloque, qui s'est tenu en collaboration avec le Secrétariat canadien de consultation scientifique du MPO, a produit plusieurs documents dont un rapport consultatif scientifique, les actes du colloque lui-même et une série de documents scientifiques et techniques. Cette information contribuera à une intégration systémique, à la conception expérimentale ainsi qu'à des analyses économiques en vue de projets de recherche et de projets pilotes futurs éventuels. Pour en apprendre davantage, consultez le site www.dfo-mpo.gc.ca/csas/Csas/Publications/SAR-AS/2008/SAR-AS2008_001_f.pdf

Un outil du Système d'information géographique (SIG) contribuera au rétablissement de l'anguille d'Amérique

Les barrages et autres obstacles peuvent empêcher l'anguille d'Amérique d'avoir accès à ses aires de frai. Un outil du SIG en cours d'élaboration par le MPO renforcera les initiatives en vue de rétablir les routes migratoires de l'anguille et d'autres espèces.

Le Secteur des sciences et la Gestion de l'habitat du MPO élaborent un outil du SIG pour aider les gestionnaires et les organisations participant au rétablissement des populations d'anguille d'Amérique à déterminer les directions dans lesquelles faire porter leurs efforts d'atténuation. Considérée comme une « espèce préoccupante » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, l'anguille d'Amérique est vulnérable en raison de la fragmentation de son habitat en eau douce et de la portée considérable de sa migration. Les barrages peuvent avoir des répercussions néfastes sur les populations d'anguilles en limitant l'accès à leur habitat en amont. Les turbines des barrages hydroélectriques présentent également des risques au cours du passage en aval alors que l'espèce migre vers ses aires de frai.

La migration incroyable de l'Anguille d'Amérique

Saviez-vous que l'anguille d'Amérique se reproduit dans la mer des Sargasses au large des Antilles? Les courants océaniques transportent ses minuscules alevins vers les zones côtières où ils se métamorphosent en anguilles de la taille d'une mine de crayon, lesquelles nageront jusqu'aux cours d'eau, y compris la voie maritime du Saint-Laurent. Elles élisent domicile dans des lacs peu profonds, où elles grossissent pour atteindre leur taille adulte avant de retourner pour frayer dans la mer des Sargasses. Le MPO réalise à l'heure actuelle une étude sur les obstacles que franchit l'anguille d'Amérique, afin de recenser les bassins hydrographiques prioritaires et d'atténuer les obstacles à la migration en lui donnant accès à son habitat.

Grâce à une carte informatisée, en un simple clic, les utilisateurs auront accès à diverses « couches » d'information, à savoir l'emplacement, le type et le nombre de barrages dans un bassin hydrographique, un modèle de bassin hydrographique indiquant les taux de pertinence de l'habitat en amont pour les anguilles et un indice d'accessibilité permettant d'évaluer la facilité ou la difficulté avec lesquelles l'anguille peut franchir un barrage particulier. Le fait de savoir si un habitat en amont d'un barrage, par exemple, convient aux anguilles, aidera les gestionnaires à déterminer s'il y a lieu d'entreprendre des efforts d'atténuation ou non. L'outil aidera également à mettre en place les efforts de rétablissement nécessaires des routes migratoires pour d'autres espèces comme le saumon et l'esturgeon, alors qu'ils terminent leur cycle de vie. Les utilisateurs ont eu la possibilité de discuter des exigences décisionnelles dans le cadre d'un colloque tenu en mars 2008. L'outil est en cours d'élaboration en collaboration avec le Centre d'expertise sur l'hydroélectricité et ses impacts sur le poisson et l'habitat du poisson du MPO, la région des Maritimes du MPO, les régions du golfe et du Québec, ainsi que la région du Centre et de l'Arctique, les gouvernements du Québec, et de l'Ontario et Conservation Ontario. Pour en apprendre davantage concernant ces espèces, voir Le monde sous-marin - Anguille d'Amérique, sur le site http://www.dfo-mpo.gc.ca/zone/underwater_sous-marin/american_eel/eel-anguille-fra.htm

GESTION DES DONNÉES ET DE L'INFORMATION

Améliorer les normes internationales et l'accès aux données

Compte tenu de l'augmentation rapide du nombre de données sur l'océan ces dernières années, la direction de la Gestion des données scientifiques intégrées (GDSI) poursuit ses efforts en vue de gérer, d'archiver et de transmettre efficacement l'information recueillie par le Secteur des sciences.

La direction de la GDSI est le gestionnaire des données du Programme de monitorage de la zone atlantique, de BioChem (base de données sur les échantillons d'eau et de plancton), du Pacific Ocean Shelf Tracking Program et du programme national Argo, de même que du programme international des bouées dérivantes. La direction fait également équipe avec l'Ocean Tracking Network.

En 2007-2008, la direction de la GDSI a produit environ 6 000 profils de la température et de la salinité des océans provenant d'une centaine de profileurs Argo exploités par les Canadiens. La direction a également traité et échangé plus de 10 millions d'enregistrements de bouées dérivantes (doublant sa production en trois ans), indiquant la température à la surface de l'océan, la pression atmosphérique et d'autres paramètres en différents points du globe. D'autres instruments affichent également une croissance notable.

La direction de la GDSI a fait progresser plusieurs initiatives en vue de diffuser les données nouvelles et anciennes sur l'océan. En collaboration avec ses partenaires en gestion des données dans les régions, la direction a pris les mesures suivantes :

  • Elle a entrepris un projet pilote pour donner accès dans le Web aux données et à l'information sur l'océan.
  • Elle a poursuivi le développement de données bathymétriques cartographiées à haute résolution de 500 m pour les eaux canadiennes, sous la direction du Service hydrographique du Canada, et mis à l'essai un service Web pour ces données.
  • Elle a lancé un service de demandes d'information dans le Web pour la base de données nationale des échantillons d'eau et de phytoplancton (BioChem).
  • Elle a mis sur pied des équipes nationales pour gérer les données existantes, y compris celles recueillies sur les mammifères marins et la détection hydroacoustique.
  • Elle a appuyé le nouveau service de distribution de données numériques pour le Service hydrographique du Canada.
  • Elle a poursuivi la mise en oeuvre du Réseau d'information hydrographique et l'expansion des bases de données de production hydrographique dans les bureaux régionaux.

En raison de l'appui du Canada à la mutualisation à l'échelle internationale des centres de données océaniques, un membre du personnel de la direction de la GDSI a coprésidé une réunion en février 2008 pour l'élaboration de normes internationales de gestion des données. Ces normes aideront à rationaliser l'accès aux données océaniques de toutes les régions du monde.

La direction de la GDSI a également joué un rôle déterminant dans l'élaboration de la norme de la série S-100 de l'Organisation hydrographique internationale pour les données géospatiales, qui précise les spécifications de tous les nouveaux produits hydrographiques, notamment les cartes marines électroniques et les données cartographiées.

PRODUITS DE DONNÉES ET SERVICES

Étape : Le Service hydrographique du Canada termine le levé de la route côtière du Labrador

La carte indique l'étendue des levés effectués pendant trois ans par le Service hydrographique du Canada. Les zones en bleu ont une profondeur de plus de 200 mètres, les zones en rouge ont une profondeur de moins de 20 mètres, voire même souvent inférieure. L'importance des hauts fonds et l'accès limité aux eaux navigables au nord de CapeWhite Handkerchief ont contraint l'équipe des levés hydrographiques à modifier son programme original, qui était de cartographier un corridor de deux milles de large.

La région de l'Atlantique du Service hydrographique du Canada a célébré l'achèvement d'une mission importante en 2007 lorsqu'elle a complété le levé de la route côtière du Labrador, 75 ans après le début de l'initiative de cartographie de ces eaux. Le Service hydrographique du Canada de la région de l'Atlantique a travaillé avec diligence pendant de nombreuses années pour atteindre cet objectif. En 1932, le navire hydrographique tout frais sorti des chantiers navals, HMS Challenger, entreprenait les opérations de levé en direction du sud à partir de Nain. Soixante-quinze ans plus tard, le 16 août 2007, le CSS Matthew mettait le cap vers le nord à partir de Nain. C'était le premier jour d'une série de 22 jours consécutifs de conditions météorologiques favorables - du jamais vu -, qui ont permis au SHC d'atteindre le but convoité en 1930, lorsque le Bureau des colonies avait demandé à l'hydrographe de la Marine britannique d'entreprendre le levé de la route côtière au nord de Terre-Neuve.

Outre l'achèvement de la route côtière, la flottille du Service hydrographique du Canada a également cartographié le détroit deMcLelan et la baie Grenfell, dans un chenal d'environ 20 kilomètres entre l'océan Atlantique et la baie d'Ungava, qui a rarement été parcouru, encore moins fait l'objet de levés. L'équipe, dirigée parMike Lamplugh du MPO, a également cartographié trois voies d'accès à la route côtière depuis le large et établi environ 20 « havres de refuge ». Cette information sera éventuellement intégrée à une nouvelle série de cartes, qui donneront aux navigateurs plusieurs options d'abri sur la côte Nord du Labrador. Les navires n'avaient d'autre choix que de demeurer au large, en raison des écueils et récifs non cartographiés qui jalonnent la côte. La nouvelle série de cartes de la côte du Labrador, en cours d'élaboration par le SHC, comprendra 11 nouvelles cartes : trois à l'échelle de 1:100 000, une à l'échelle de 1:200 000 et sept à l'échelle de 1:40 000.

L'atelier pour les navigateurs explore la navigation électronique

En février 2008, le Service hydrographique du Canada et la Fédération maritime du Canada, en collaboration avec InnovationMaritime, ont organisé l'atelier pour les navigateurs àMontréal dans le but d'explorer les exigences concernant le transport de cartes électroniques ainsi que les technologies pour la navigation électronique. L'atelier, animé par le capitaine Ivan Lantz, directeur des Opérations maritimes de la Fédération maritime du Canada, a attiré plus de 120 participants. Les principaux utilisateurs et représentants de l'industrie nautique ont pu exploiter l'excellente possibilité qui leur était donnée de discuter de leurs besoins et de leurs préoccupations avec le SHC, ce qui conduira à l'élaboration de meilleurs produits et services de navigation. L'hydrographe fédéral,Mme Savithri Narayanan, a prononcé le discours-programme et réaffirmé l'engagement du SHC à faire partie de la solution de la navigation électronique.

La haute définition améliore la navigation électronique sur le Saint-Laurent et les Grands Lacs

Le Service hydrographique du Canada contribue au développement des technologies qui facilitent la navigation électronique sur le Saint-Laurent et les Grands Lacs. En tant que participant au projet de livraison de produits et de services de navigation modernes, le SHC s'emploie à introduire la norme internationale S-100 qui rendra possible l'accès des navigateurs à la bathymétrie (mesure de la profondeur de l'eau) haute définition à l'appui de la navigation en trois dimensions. Un prototype de cette bathymétrie de haute précision a été réalisé pour des zones du port de Montréal et de la Voie maritime du Saint-Laurent.

L'utilisation optimale de la bathymétrie haute définition repose sur une connaissance précise et la modélisation des niveaux d'eau. Cela a incité le SHC à mettre à jour le zéro des cartes marines (le niveau de référence vertical permettant la notation des profondeurs ainsi que la prédiction des marées et des niveaux d'eau) et à élaborer un Système de prévisions interpolées de niveaux d'eau (SPINE) pour le Saint-Laurent en aval de Montréal. Le système SPINE, mis à l'essai à l'automne 2008, fournira gratuitement des prévisions précises concernant les niveaux d'eau en temps réel en tout point du chenal maritime du fleuve.

Section 3: Hommage à l'excellence

PRIX

M. Carl J. Walters reçoit la Médaille Timothy R. Parsons 2007

M. Carl Walters

M. Carl J.Walters, de l'Université de la Colombie-Britannique, a reçu la Médaille Timothy R. Parsons 2007, qui souligne l'excellence dans les sciences océaniques multidisciplinaires. Cette distinction honorifique attribuée annuellement par le Secteur des sciences du MPO récompense le travail de toute une carrière consacrée à l'intégration des mathématiques aux sciences de l'écosystème et aux pêches pour élaborer des modèles mathématiques et des simulations à l'appui de « stratégies de gestion adaptative » et de la politique correspondante. Sa méthode a débouché sur Ecosim, un cadre de modélisation utilisé partout dans le monde pour prédire les changements écosystémiques en réponse aux changements touchant la pêche et l'environnement marin. Il a mis à l'essai son modèle dans des études de cas concernant entre autres la grande barrière de corail en Australie, les Everglades en Floride et la pêche au saumon sockeye dans le Fraser en Colombie-Britannique. M.Walters fait partie du corps professoral de l'Université de la Colombie- Britannique depuis 1969 et a récemment été élu membre de la Société royale du Canada.

M. William (Bill) Crawford - Lauréat du Prix d'océanographie appliquée décerné par la Société canadienne de météorologie et d'océanographie

M. William Crawford

M. William (Bill) Crawford, chercheur scientifique auprès de l'Institut des sciences de la mer, a reçu le Prix d'océanographie appliquée décerné par la Société canadienne de météorologie et d'océanographie pour son importante contribution au perfectionnement des tables de marée et pour son approfondissement de nos connaissances des courants marins de la côte du Pacifique et au large de l'océan ainsi que des phénomènes de dispersion. Parmi les nombreuses applications de ses travaux, mentionnons une contribution fort remarquée au débat sur le devenir des déversements de pétrole dans le bassin de la Reine-Charlotte et son leadership au cours de la préparation des rapports annuels sur l'État de l'océan Pacifique, qui s'est révélé particulièrement précieux. L'apport de M. Crawford aux études marines appliquées, ainsi que sa grande intégrité sont tout à l'honneur de sa profession.

Mme Savithri (Savi) Narayanan devient membre de la Société canadienne de météorologie et d'océanographie

Mme Savi Narayanan (à droite) reçoit sa nomination en qualité de membre de la Société canadienne de météorologie et d'océanographie des mains de l'ancien président de la SCMO, M. Paul Myers.

Mme Savi Narayanan, hydrographe fédéral et directrice générale du Service hydrographique du Canada, Secteur des sciences, a été nommée membre de la Société canadienne de météorologie et d'océanographie. Cette distinction honorifique récompense ses longs états de service et sa contribution exceptionnelle au domaine des sciences météorologiques et océanographiques du Canada ainsi qu'à la profession. Elle rend hommage à l'appui de longue date de Mme Narayanan au programme de la Société canadienne de météorologie et d'océanographie ainsi qu'au Canadian National Committee for the Scientific Committee on Oceanic Research.

M. Susumu (Sus) Tabata : Société canadienne de météorologie et d'océanographie - Médaille J.P. Tully en océanographie

M. Susumu Tabata (à droite) recevant la Médaille J.P. Tully en océanographie des mains de M. Paul Myers, ancien président de la SCMO.

M. Sus Tabata, scientifique émérite de l'Institut des sciences de la mer à Sidney, en Colombie- Britannique, s'est vu remettre la Médaille J.P. Tully en océanographie pour son travail voué à la collecte, au contrôle de la qualité et à l'évaluation des données sur la haute mer sur les échelles chronologiques du changement climatique, avant même que l'importance de ce type de recherche soit largement reconnue. Ses travaux ont eu des retombées notables sur l'océanographie canadienne. Cette distinction souligne plus particulièrement sa contribution exceptionnelle à la collecte d'observations uniques à la Station océanographique Papa et de données le long de la ligne océanique P. Ce pionnier a été l'un des premiers océanographes à étudier à la fois les changements dans les retours de courant et la variabilité décennale des conditions océaniques, et ses travaux ont inspiré des générations d'océanographes dans leurs hypothèses et leur exploration des explications des changements qu'il a révélés. M. J.P. Tully a été l'un des mentors de M. Tabata.

Les scientifiques du MPO - Lauréats du Prix Nobel de la Paix pour leur participation au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

Les scientifiques du MPO des régions du Pacifique, des Maritimes, et du Centre et de l'Arctique font partie de ceux dont la contribution au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a été reconnue par le Prix Nobel de la Paix en 2007. Le Comité Nobel a dévoilé le nom des lauréats le 12 octobre 2007 et décerné conjointement le prix au GIEC et à Al Gore, ancien vice-président des États-Unis, pour « leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme et pour avoir jeté les bases des mesures nécessaires à la lutte contre ces changements ».

M. Ken Denman : Organisation pour les sciences de la mer pour le Pacifique Nord - Prix Wooster 2007

M. Ken Denman recevant sa distinction honorifique.

M. Ken Denman, chercheur principal à l'Institut des sciences de la mer de la région du Pacifique, a reçu le PrixWooster 2007, de l'Organisation pour les sciences de la mer pour le Pacifique Nord, en raison de sa contribution importante aux sciences de la mer dans le Pacifique Nord. Scientifique respecté à l'échelle internationale, le chercheur a contribué à établir des liens entre les phénomènes physiques et biologiques de l'océan. Au fil des ans, M. Denman a mis sur pied un programme océanographique biologique à l'Institut des sciences de la mer, qui met en évidence les effets des facteurs océanographiques et environnementaux sur le plancton, dont vivent les populations de poisson. M. Denman est l'auteur de plus de 75 articles publiés dans des revues savantes, chapitres d'ouvrage ou communications sur l'interaction entre l'air et la mer, la production des niveaux trophiques inférieurs et le rôle de l'océan dans le régime climatique planétaire. Il a récemment été le rédacteur principal du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, avec lequel il partage le Prix Nobel de la Paix 2007.

Prix des Partenaires fédéraux en transfert de technologie

Deux équipes de chercheurs scientifiques du MPO, l'une de l'Institut Maurice-Lamontagne et l'autre du Service hydrographique du Canada, ont reçu le Prix des partenaires fédéraux en transfert de technologie en juin 2008 pour leur transfert de technologie fructueux d'un laboratoire fédéral au secteur privé.

Le lancement commercial d'AURAL (Autonomous Underwater Recorder for Acoustic Listening), système autonome pour l'enregistrement des sons sous-marins sur de longues périodes, est le fruit d'une collaboration entre les chercheurs Yvan Simard et Yves Samson de l'Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli, au Québec, de l'Université du Québec à Rimouski et de MultiÉlectronique Inc. de Rimouski. AURAL enregistre des données acoustiques haute-fidélité dans le cadre d'un programme de surveillance des sons océaniques ambiants, de la pollution sonore et des sons d'origine anthropique émanant notamment du transport maritime, de même que les sons naturels comme ceux des tremblements de terre ou du chant des baleines. En deux ans, le produit de la vente d'AURAL, mis sur le marché en 2005, correspond à dix fois l'investissement de départ.

Gérard Costello et Michael Lamplugh du Service hydrographique du Canada, qui fait partie du Secteur des sciences du MPO, et Bob Courtney, Vladimir Kostylev, Dick Pickrill et Brian Todd du Secteur des sciences de la Terre de Ressources naturelles Canada, ont également été récompensés pour le développement, le transfert et la commercialisation fructueuse d'applications d'imagerie multifaisceaux du plancher océanique. Les chercheurs, qui travaillent ensemble à l'Institut océanographique de Bedford, à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, ont élaboré le logiciel qui convertit les données de sonar multifaisceaux en cartes numériques reproduisant les contours et la composition précise du plancher océanique. Dans l'industrie de la pêche, le logiciel peut être utilisé pour cibler avec plus d'efficacité les principales espèces afin de réduire considérablement les coûts d'exploitation et la zone du fond océanique où on lancera les filets. Grâce au logiciel, une aire de pêche autrefois inaccessible a été ouverte au large de la Nouvelle-Écosse en 2001, ajoutant 29 millions de dollars à l'économie au cours des cinq premières années.

Prix d'Excellence - Lauréats du Secteur des sciences du MPO

Le Prix d'Excellence, qui rend hommage aux personnes et aux équipes ayant fait une contribution exemplaire au Ministère, est le prix le plus prestigieux décerné par le MPO. Il a été remis le 3 juin 2008 aux employés du Secteur des sciences présentés ci-après.

M. Gérald Chaput, de la région du golfe, a reçu cette distinction honorifique en raison de sa « contribution exceptionnelle à la recherche et à la rédaction scientifiques sur les populations de saumon de l'Atlantique Nord, de même que pour son précieux travail en vue de renforcer les relations entre les différents pouvoirs publics et les collectivités à l'appui de la durabilité des pêches ».

De gauche à droite : le commissaire de la Garde côtière canadienne, George DaPont, M. Franzin, la sous-ministre Michelle d'Auray et la sous-ministre déléguée Claire Dansereau.

M.William G. Franzin, de la région du Centre et de l'Arctique, a été récompensé pour « son travail exceptionnel à l'appui du Programme de gestion de l'habitat, notamment son expertise concernant le débit minimal requis, sa contribution précieuse aux diverses équipes techniques, sous-comités et ateliers ainsi que ses aptitudes exceptionnelles en administration et en gestion ».

Stratis Gavaris, de la région des Maritimes, a été récompensé pour « l'élaboration de méthodes novatrices largement reconnues afin de rendre viable une approche écosystémique de la gestion des pêches, et l'élaboration de méthodes et d'un logiciel novateurs d'évaluation des stocks, de même que pour son dévouement à l'excellence scientifique ainsi qu'au bien-être économique et social des milliers de gens qui dépendent de la pêche de fond dans l'Atlantique ».

Rangée avant : Igor Yashayaev; KenMinns; Richard Beamish; Humfrey Melling; Wendy Watson-Wright, sous-ministre adjointe, Sciences; Jim Reist; Howard Freeland; Trevor Platt.

Rangée arrière : Serge Labonté, directeur général, Renouvellement des sciences; Claire Dansereau, sous-ministre déléguée; Michelle d'Auray, sous-ministre; George DaPont, commissaire de la Garde côtière canadienne; Sylvain Paradis, directeur général, Sciences des écosystèmes.

Absents : James Christian, Allyn Clarke, Kenneth Denman, Angelica Peña, Robie Macdonald, R. Ian Perry et David Welch.

Richard Beamish, James Christian, Allyn Clarke, Kenneth Denman, Howard Freeland, Robie Macdonald, Humfrey Melling, Ken Minns, Angelica Peña, R. Ian Perry, Trevor Platt, Jim Reist, Igor Yashayaev et David Welch des régions du Centre et de l'Arctique, du Pacifique et des Maritimes ont été honorés pour « leur contribution au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en octobre 2007. Quatorze scientifiques du MPO ont participé aux groupes de travail du GIEC au cours des 20 dernières années où ils ont assumé diverses responsabilités. Leur contribution témoigne du calibre international de ces chercheurs et de leur engagement envers la mutualisation planétaire de la connaissance ».

Rangée avant : de gauche à droite : Rhéal Boucher; Matthew Hardy; Fernand Savoie; Sophie Daigle; Roland Cormier; Brad Firth.

Rangée arrière : de gauche à droite : Wade Landsburg; Stephen Lanteigne; Guy Robichaud; Michelle d'Auray, sous-ministre; Claire Dansereau, sous-ministre déléguée; George DaPont, commissaire de la Garde côtière canadienne; Ernest Ferguson; Marc Ouellette; Thomas Landry.

Matthew Hardy, Thomas Landry et Marc Ouellette de la région du golfe ont reçu une distinction honorifique pour leur travail exemplaire en qualité de membres de la nouvelle équipe du projet d'aquaculture du Nouveau- Brunswick, qui a contribué à établir un plan de développement durable pour l'ostréiculture en suspension dans l'est du Nouveau-Brunswick.

De gauche à driote : George DaPont, Commissonaire de la Garde côtière canadienne; Rod McDonald; Fraser Neave; Paul Sullivan; Dr. Rob Young; Michelle D'Auray, sous-ministre; Claire Dansereau, sous-ministre déléguée. Absents : Brian Stephens et Randy Stewart.

Rod McDonald, Fraser Neave, Brian Stephens, Randy Stewart, William Paul Sullivan et Rob Young de la région du Centre et de l'Arctique ont été récompensés pour « leur leadership exceptionnel en tant que membres de l'équipe du Centre de contrôle de la lamproie de mer du MPO et pour leur expertise qui leur a permis de réduire de façon importante les populations de lamproies prédatrices et de rétablir les stocks de poissons indigènes dans le lac Ontario ».

De gauche à droite : George DaPont, commissaire de la Garde côtière canadienne; M. Stewart; Michelle d'Auray, sous-ministre; Claire Dansereau, sous-ministre déléguée.
M. Robert E. A. Stewart, de la région du Centre et de l'Arctique a été honoré pour « sa contribution exceptionnelle à notre connaissance du beluga et du morse, ainsi que pour avoir élaboré une technique inédite pour tester une hypothèse sur la structure des dents du béluga. Grâce à cette technique, nous sommes maintenant en mesure de déterminer l'âge de maturation du béluga, sa longévité et la croissance de sa population, et ces données sont en train d'être intégrées aux modèles de gestion du béluga ».

PUBLICATIONS

Les océans et le changement climatique : les questions clés du Quatrième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

Au cours des 20 dernières années, 14 scientifiques de renommée mondiale du MPO, connus pour leurs travaux sur le climat, ont fait une contribution importante au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2007. Il s'agit des personnes suivantes :

Deuxième Rapport d'évaluation du GIEC, 1995 : Angelica Peña, Ian Perry, Trevor Platt et David Welch (anciennement du MPO)

Troisième Rapport d'évaluation du GIEC, 2001 : Richard Beamish

Quatrième rapport d'évaluation du GIEC, 2007 - Groupe de travail I : Les bases scientifiques physiques - Ken Denman, Jim Christian, Igor Yashayaev, Humfrey Melling, Howard Freeland, Allyn Clarke, Robie Macdonald (www.IPCCwg2.org/)

Nous présentons ci-après certaines questions clés sur le changement climatique en rapport avec les océans, qui sont analysées en détail dans le Quatrième rapport d'évaluation du GIEC :

  • Les océans ont stocké plus de 90 p. 100 de la chaleur associée au réchauffement planétaire, jusqu'à des profondeurs d'au moins 3 000 mètres. Même si les quantités de dioxyde de carbone atmosphérique pouvaient être instantanément ramenées aux niveaux préindustriels, les océans se refroidiraient très lentement. Cela signifie que le réchauffement océanique observé continuera d'influencer le système climatique global pendant plusieurs décennies encore.
  • D'après le scénario des émissions intermédiaires, les estimations les plus réalistes (de 1990 à 2090) prédisent à l'échelle planétaire un réchauffement de la surface de 2,8°C. Les estimations les plus réalistes pour l'élévation du niveau de la mer varient de 0,21 à 0,48 mètre selon le scénario, comparativement à une élévation moyenne mondiale de 0,17 mètre au cours du siècle dernier. Des changements rapides possibles dans les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique pourraient entraîner une élévation beaucoup plus importante. Les études publiées depuis le rapport du GIEC prédisent une élévation du niveau de la mer d'au moins un mètre. Les zones humides côtières du Canada, comme le delta du cours inférieur du Fraser en Colombie-Britannique, et la plus grande partie du littoral de l'Île-du-PrinceÉdouard connaîtront davantage d'inondations au cours des hautes marées. Les risques de graves inondations et d'importants dommages causés par les vagues au cours des tempêtes seront en outre considérables.
  • Les océans deviendront plus acides en raison des changements chimiques provoqués par l'apport de CO2. Cette acidité dissoudra les organismes dotés d'une structure de carbonate de calcium comme les coccolithophores (le plancton qui est responsable de la photosynthèse) et les petits mollusques ou escargots dont se nourrit le saumon. Le corail aura également de la difficulté à conserver sa structure. En 2007, Debby Ianson, de l'Institut des sciences de la mer du MPO, a participé à une mission de recherche mixte canado-américaine le long de la côte Ouest de l'Amérique du Nord, qui a révélé que les eaux étaient suffisamment acides pour avoir un effet « corrosif » sur les petits mollusques et que les coraux d'eaux froides remontent avec les courants ascendants sur la plateforme continentale au large de l'île de Vancouver.
  • En ce qui concerne le risque de changement climatique abrupt, il reste fort possible (le risque pouvant atteindre 10 p. 100) que la circulation méridienne de renversement de l'Atlantique - qui a un effet modérateur sur le climat terrestre et est responsable du déplacement des masses d'eaux chaudes de surface vers le nord et des masses d'eaux froides en profondeur vers le sud - ne diminue considérablement au cours du XXIe siècle. Une réduction considérable de la circulation méridienne de renversement amoindrirait l'écoulement vers le nord des eaux chaudes dans l'Atlantique Nord et entraînerait le refroidissement d'une grande partie de l'Europe occidentale, du Groenland, de Terre-Neuve et du Labrador.

Pour en apprendre davantage sur le travail du GIEC, voir : Quatrième rapport d'évaluation du GIEC, 2007 - Groupe de travail I : Les bases scientifiques physiques (www.IPCCwg2.org/).

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