Rapport annuel 2006-2007

Table des matières

Message de la sous-ministre adjointe du Secteur des sciences

Je suis ravie de féliciter un groupe de mes vaillants collègues pour le prix Nobel qu'ils ont remporté. Je suis extrêmement fière des travaux réalisés par les scientifiques du ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) au sein du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) - colauréat du prix avec l'ancien viceprésident des États-Unis Al Gore. Nos connaissances sur l'écosystème arctique, son climat et les océans n'ont jamais été aussi essentielles et ces scientifiques - trop nombreux pour que je les nomme ici - ont apporté à la science planétaire une contribution inestimable. Ils ont révolutionné les connaissances mondiales sur les processus climatiques et l'intervention de notre société sur ce front. Le prix Nobel a été annoncé en octobre 2007, longtemps après la fin de l'exercice visé par le présent rapport, mais je ne peux laisser passer l'occasion de féliciter mes collèges et le GIEC dans son ensemble et de souligner leurs travaux exceptionnels. Nous ferons état de leur contribution dans la section « Reconnaissance de l'excellence » du présent rapport. Pour en apprendre davantage, je vous invite instamment à lire le sommaire du rapport du GIEC.*

Partout dans le monde, les chefs de file de la recherche aquatique, parmi lesquels figurent de nombreux Canadiens, préconisent une approche dynamique et multidisciplinaire axée sur l'écosystème pour gérer les répercussions des activités humaines sur les ressources aquatiques. Nous estimons que cette approche convient pour interpréter les phénomènes observés dans les océans du Canada, notamment les modifications touchant l'écosystème, les changements océanographiques, l'effondrement des stocks de poissons de fond sur la côte Est et les fluctuations de la remontée des stocks de saumon sur la côte Ouest de même que la gestion des écosystèmes d'eau douce.

Cette année, le Secteur des sciences de Pêches et Océans Canada a pris des mesures pour poursuivre sa progression grâce à une approche scientifique axée sur l'écosystème, qui est expliquée à l'intention de nos clients et des intervenants dans le rapport intitulé Pour un nouveau cadre scientifique écosystémique en faveur d'une gestion intégrée. Cette approche met l'accent sur les principales relations existant dans la nature, le mode d'interaction entre les différentes activités humaines et l'incidence de l'humain sur les écosystèmes aquatiques. Elle aidera nos scientifiques à donner des conseils essentiels sur les écosystèmes aquatiques et les répercussions des activités humaines sur ces écosystèmes pour permettre une gestion intégrée des différentes activités liées aux pêches, aux transports, à l'aquaculture, à l'habitat et aux ressources océaniques ainsi qu'au rétablissement des espèces en péril et à la prospection pétrolière et gazière.

Les principales activités du Secteur des sciences du MPO - la recherche, la surveillance et la consultation - sont orientées vers l'utilisation d'une approche multidisciplinaire préventive reposant sur des règles et des indicateurs et faisant appel à des outils d'évaluation du risque et à des pratiques exemplaires pour l'évaluation cumulative des écosystèmes. Les intervenants, au sein du Ministère et à l'extérieur, remarqueront que nous nous attachons davantage à fournir des données sur les écosystèmes qu'à communiquer de l'information sur un seul stock ciblé ou une seule activité humaine. D'autres activités de base du Secteur des sciences - la gestion des données et de l'information, ainsi que les produits de données et les services - nous aident dans cette voie et nous continuons de les mener à l'intention des Canadiens.

Au cours de l'année, nous avons continué à mettre sur pied des centres d'expertise pour concentrer les efforts de recherche sur les grands enjeux prioritaires où il est particulièrement efficace de s'associer, à la fois avec d'autres entités du Ministère ainsi qu'avec des universités, d'autres ministères et d'autres administrations publiques, pour obtenir des résultats.

Par ailleurs, j'étais enchantée de représenter le MPO lors de la signature d'une lettre d'entente sur la collaboration scientifique avec l'Espagne en vue de la réalisation de projets de recherche sur les écosystèmes et les pêches, l'aquaculture et la génomique, la santé des animaux aquatiques et les espèces envahissantes aquatiques.

Je suis convaincue que les Canadiens doivent absolument prendre conscience de l'importance et de la pertinence du Secteur des sciences du MPO. Le présent rapport s'inscrit dans les efforts déployés à cette fin, tout comme notre brochure intitulée Des activités scientifiques qui comptent pour les Canadiens, laquelle renseigne les nouvelles recrues, nos collaborateurs et tous les Canadiens sur nos activités.

La sous-ministre adjointe,
Secteur des sciences, Pêches et Océans Canada,

Wendy Watson-Wright

* Pour en apprendre d'avantage, consultez le : http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.htm

Rôle stratégique du Secteur des sciences à Pêches et Océans Canada

Dépenses affectées aux activités scientifiques selon le résultat stratégique

Résultats stratégiques de Pêches et Océans Canada
Voies navigables sûres et accessibles (VNSA) Pêches et aquaculture durables (PAD) Écosystèmes aquatiques sains et productifs (EASP)
Thèmes scientifiques nationaux : État des écosystèmes aquatiques - Effets des activités humaines - Sûreté, sécurité et souveraineté
Activités scientifiques portant sur l'état des écosystèmes aquatiques Activités scientifiques sur les pêches et l'aquaculture durables et productifs Activités scientifiques portant sur les écosystèmes aquatiques sains et productifs Dépenses réelles en 2006-2007 (millions de $)
Prestation de produits et services pour la navigation 34,8 Surveillance et évaluation de l'état des ressources halieutiques 88,1 Évaluation des effets du développement sur les écosystèmes aquatiques 17,2
Soutien de la sûreté et de la sécurité maritimes ainsi que de la souveraineté canadienne 3,5 Soutien de l'évaluation et du rétablissement des espèces en péril 7,0 Évaluation des ecosystems aquatiques et soutien de la gestion intégrée des océans 44,4
Recherche sur les espèces aquatiques envahissantes et surveillance des maladies chez les animaux aquatiques 20,4 Surveillance, compréhension et prédiction des variations et du changement du climat 6,8
Soutien de l'aquaculture durable et compréhension des interactions entre l'environnement 13,4
Application des principes de génomique et de biotechnologie aux écosystèmes aquatiques 3,8
Contribution à la gestion des sciences au MPO et au sein du gouvernement du Canada 19,1 TOTAL
Total partiel : 38,3 151,8 68,4 258,5
Fonctions scientifiques nécessaires pour appuyer les activités scientifiques : recherche, surveillance, processus consultatif, produits et services ainsi que gestion des données

Le Secteur des sciences à l'échelle du Canada

Carte du Canada indiquant l'emplacement des instituts scientifiques

  1. Institut des sciences de la mer (Sidney)
  2. Station biologique du Pacifique (Nanaimo)
  3. Centre de recherche sur l'aquaculture et l'environnement (Vancouver)
  4. Laboratoire de recherche sur le saumon de Cultus Lake (Cultus Lake)
  5. Institut des eaux douces (Winnipeg)
  6. Région des lacs expérimentaux (nord de l'Ontario)
  7. Centre de contrôle de la lamproie de mer (Sault Ste. Marie)
  8. Institut Bayfield (Burlington)
  9. Service hydrographique du Canada (Ottawa)
  10. Institut Maurice-Lamontagne (Mont-Joli)
  11. Centre des pêches du Golfe (Moncton)
  12. Laboratoire de bioconfinement des agents pathogènes propres aux animaux aquatiques de Charlottetown (Charlottetown)
  13. Station biologique de St. Andrews (St. Andrews)
  14. Institut océanographique de Bedford (Dartmouth)
  15. Centre des pêches de l'Atlantique nord-ouest (St. John's)

Le Secteur des sciences sur l'eau

Sur l'eau, le Secteur des sciences compte aussi sur la Garde côtière canadienne (GCC) pour mener à bien son programme scientifique, y compris la recherche sur les pêches, la biodiversité et l'habitat, l'évaluation des stocks, la recherche océanographique et les relevés hydrographiques effectués par les chercheurs du MPO, d'autres ministères et des universités. Les projets de recherche marine réalisés dans l'Arctique par le Canada pour son propre compte ou celui de la communauté internationale sont appuyés par des chalutiers de recherche, des navires de levés océanographiques et hydrographiques et des navires de recherche de plus petite taille, auxquels s'ajoutent les briseglaces de la Garde côtière, dont le navire amiral de la flotte, le NGCC Louis S. St-Laurent

SECTION 1 : Enjeux prioritaires et nouveaux

En vertu de son mandat, le Secteur des sciences du MPO mène des travaux de recherche, joue un rôle consultatif et assure des services en mettant l'accent sur les enjeux scientifiques prioritaires qui peuvent se présenter soudainement ou s'imposer en tête de liste de son programme d'action à long terme. La présente section donne un aperçu des enjeux qui ont occupé une place importante dans ce programme dans toutes les régions du pays en 2006-2007.

Année polaire internationale et activités scientifiques portant sur l'Arctique

Des chanteuses de gorge inuites au lancement canadien de l'Année polaire internationale à Ottawa

Le Secteur des sciences du MPO est un participant majeur de l'Année polaire internationale (API), qui s'échelonne sur une période de 24 mois ayant débuté en mars 2007. À l'époque, le gouvernement du Canada a annoncé pour l'API l'octroi de 150 millions de dollars répartis sur six ans, dont 100 millions pour 44 projets de recherche scientifique. L'API offre une occasion tout à fait exceptionnelle d'acquérir de nouvelles connaissances scientifiques sur le Nord canadien et de renforcer la position de chef de file du Canada en matière de recherche sur l'Arctique. Les scientifiques du MPO jouent un rôle de premier plan parmi les partenaires nationaux et internationaux pour aider à mieux comprendre l'incidence des océans sur le climat mondial ainsi que les répercussions de la variabilité du climat et du changement climatique sur les écosystèmes marins de l'Arctique.

L'API, qui met à contribution des milliers de scientifiques et de chercheurs issus de plus de 60 pays, représente le programme international de recherche scientifique le plus vaste jamais mené sur les régions polaires. On peut en apprendre davantage sur le programme du gouvernement du Canada pour l'API en consultant le site Web de l'API http://www.api-ipy.gc.ca

Le MPO est à l'avant-garde et il participe à plusieurs projets de recherche marine, entre autres les six projets suivants financés par le gouvernement du Canada pour l'API :

Projet Chercheur principal Financement
Les trois océans du Canada Eddy Carmack 6,4 M$
Étude de la circulation dans l'archipel canadien Humfrey Melling 3,4 M$
Variabilité du climat et répercussions du changement climatique sur l'omble chevalier dans l'Arctique James Reist 2 M$
Le réchauffement planétaire et les mammifères marins de l'Arctique Steven Ferguson 350 000 $
Incidences des tempêtes violentes et du changement climatique sur les processus océanographiques dans l'Arctique William Perrie 500 000 $
Étiquetage des bélugas à l'échelle de l'Arctique Michael Hammill 500 000 $

Nombre de Canadiens, en particulier des élèves, des enseignants et des universitaires oeuvrant dans des domaines connexes, souhaitent vivement obtenir de l'information détaillée sur les initiatives scientifiques réalisées dans l'Arctique. Pour en apprendre davantage, on peut consulter le portail sur les sciences nordiques http://www.sciences.gc.ca/

Le Secteur des Sciences prépare un sommaire des initiatives scientifiques canadiennes à l'intention de l'Arctic Ocean Sciences Board (AOSB), organisme non gouvernemental composé de membres et de participants issus d'organismes de recherche et d'organisations gouvernementales de nombreux pays. Ce sommaire est affiché en ligne www.aosb.org (en anglais seulement)

ArcticNet et le NGCC Amundsen Des chercheurs du MPO participent à ArcticNet, réseau de centres d'excellence du Canada qui contribuent à l'acquisition et à la diffusion des connaissances nécessaires pour élaborer les stratégies d'adaptation et les politiques nationales qui aideront les Canadiens à faire face aux répercussions du changement climatique et de la mondialisation de l'Arctique et à tirer parti des possibilités qui en découlent. Le navire de recherche du MPO NGCC Amundsen est un élément essentiel de cet effort multidisciplinaire. Le portail d'ArcticNet www.arcticnet.ulaval.ca constitue une autre excellente source d'information sur les sciences de l'Arctique. Photo: © ArcticNet
Essais d'une technologie de relevé du plancher océanique Dans le cadre de la mission scientifique de 2006 à bord du NGCC Louis S. St-Laurent, des chercheurs ont lancé un canon sismique pour en tester la conception. Il s'agit de l'une des technologies mises au point pour effectuer des relevés du plancher océanique dans l'Extrême-Arctique. Voir ici pour de plus amples renseignements.
The National de la télévision de CBC - périple par le Passage du Nord-Ouest En juillet 2006, une équipe de journalistes du bulletin de nouvelles The National du réseau de télévision CBC, a traversé le passage du Nord-Ouest en compagnie de l'équipe du Secteur des sciences du MPO à bord du NGCC Louis S. St-Laurent. Les observations de Claire Martin, météorologue à CBC, étaient dans le ton, car la température maximum a atteint des niveaux record au cours du voyage.

Les centres d'expertise face aux enjeux particuliers

Certains enjeux aquatiques qui surgissent rapidement exigent l'attention de spécialistes. Ils peuvent découler d'une modification extrême des régimes océaniques, de la présence d'espèces envahissantes ou d'autres phénomènes attribuables à la nature ou aux activités humaines. Le Secteur des sciences du MPO a récemment créé des centres d'expertise, qui peuvent mettre à profit des compétences scientifiques spécialisées face à différents enjeux, notamment les répercussions environnementales éventuelles des pesticides, l'incidence de l'hydroélectricité sur le poisson et son habitat, la recherche sur la santé des animaux aquatiques, les diagnostics connexes ainsi que l'analyse des produits chimiques. On a recours à ces spécialistes principalement pour étudier les enjeux prioritaires ou nouveaux comme ceux décrits dans la présente section. On peut en apprendre davantage dans le site Web du MPO http://www.dfo-mpo.gc.ca/science/coe-cde/index-fra.htm

Besoins en eau pour la consommation humaine et l'exploitation des sables bitumineux de l'Athabasca

Un chercheur prélève une carotte de sédiments. Les études de sédiments font partie intégrante des études d'impact sur l'environnement comme celle que l'on réalise actuellement sur le cours inférieur de la rivière Athabasca.

La consommation d'eau domestique, industrielle et agricole va en augmentant au Canada, ce qui sollicite de plus en plus nombre de fleuves, de rivières et de lacs. L'extraction du pétrole des sables bitumineux de l'Athabasca, en Alberta, est un exemple digne de mention des besoins en eau croissants.

Comme le MPO a pour mandat de protéger le poisson et son habitat, il doit prendre des décisions en ce qui concerne la quantité d'eau que l'on peut extraire tout en préservant les écosystèmes aquatiques naturels. Le domaine des normes de débit minimal fait appel à l'expertise des hydrologistes, des ingénieurs et des biologistes pour comprendre le lien entre l'habitat du poisson et le débit. Il faut pouvoir compter sur un éventail complexe d'outils et de données pour élaborer les modèles hydrauliques utilisés afin de prédire les modifications à l'habitat du poisson par suite de la modification des régimes d'écoulement.

En 2007, le Secteur des sciences du MPO a tenu plusieurs ateliers sur le débit affluent dans les cours d'eau ou y a participé, notamment il a fourni des conseils sur l'outil d'aide à la décision concernant les séquences des effets du Programme de gestion de l'habitat ainsi que sur le guide à l'intention des praticiens et les outils d'aide à la décision de ce programme, en plus de tenir deux réunions au Centre d'expertise sur l'hydroélectricité et ses impacts sur le poisson et l'habitat du poisson - celle du groupe de travail de l'Agence canadienne d'évaluation environnementale sur les effets de l'hydroélectricité sur l'habitat du poisson et un atelier conjoint de MPO et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) sur la modification des régimes d'écoulement - ainsi qu'un atelier pour l'examen par des pairs d'un cadre de gestion des eaux du MPO et du ministère de l'Environnement d'Alberta pour le cours inférieur de la rivière Athabasca dans la région des sables bitumineux du nord de cette province.

Dans ce dernier cas, la province d'Alberta et le MPO ont effectué beaucoup de recherche et d'analyse de données et élaboré l'ébauche d'un plan de gestion des eaux. Les scientifiques du gouvernement et du milieu universitaire ont examiné l'ébauche et les conclusions à la lumière de toutes les données disponibles et des connaissances scientifiques actuelles. La haute direction a reçu des conseils concernant les conclusions de l'examen pour aider les organismes de réglementation à prendre des décisions éclairées concernant les besoins en eau liés à l'exploitation des sables bitumineux. On peut trouver le compte rendu des réunions d'examen par les pairs dans le site Web du Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS) http://www.dfo-mpo. gc.ca/csas

Examen scientifique des effets environnementaux potentiels de l'aquaculture sur les écosystèmes aquatiques

Un chercheur en génomique du MPO travaille dans le laboratoire de l'Institut des eaux douces à Winnipeg.

Les études de la série État des connaissances, qui portent sur la pisciculture et la conchyliculture marines ainsi que sur l'aquaculture en eau douce, présentent l'examen scientifique des effets potentiels de l'aquaculture sur les écosystèmes aquatiques. Les deux derniers volumes, soit le quatrième et le cinquième, ont été produits en 2006. Ils abordent les sujets suivants :

  • le rôle du génotype et de l'environnement dans la différenciation phénotypique chez les salmonidés sauvages et d'élevage;
  • les interactions pathologiques entre les poissons sauvages et d'élevage dans le milieu marin au Canada;
  • les interactions trophiques entre les poissons marins sauvages et d'élevage;
  • les interactions comportementales entre le saumon d'élevage et le saumon sauvage - effets possibles sur les populations sauvages;
  • un aperçu général des impacts écologiques d'aquaculture d'eau douce au Canada;
  • un examen scientifique de l'élevage de bivalves : interaction entre les espèces d'élevage et les espèces sauvages.

Les articles rédigés sous l'égide de scientifiques du MPO dans le cadre de cette série font le point sur l'information scientifique et recensent les lacunes au chapitre des connaissances ainsi que les besoins en recherche. Le ministère s'appuiera sur cette précieuse information pour orienter son programme de recherche sur les interactions entre l'aquaculture et l'environnement. Le résumé des cinq volumes est affiché dans le site Web du MPO http://www.dfo-mpo.gc.ca/science/environmental-environnement/aquaculture/index-fra.htm

Les tuniciers : catastrophe causée par des espèces aquatiques envahissantes dans l'Atlantique

Ciona intestinalis recouvre de jeunes huîtres.

Les tuniciers envahissants, communément appelés « seringues de mer », menacent gravement l'environnement aquatique et l'économie du Canada. Ces espèces aquatiques destructrices qui provoquent un déplacement d'espèces indigènes et encrassent le matériel d'aquaculture, la coque des navires et l'infrastructure portuaire entraînent des coûts élevés. Certains tuniciers ressemblent à des boules de gélatine et d'autres, à des outres en caoutchouc. L'arrivée récente de quatre espèces de tuniciers et leurs graves répercussions sur l'industrie de la moule de culture à l'Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse font craindre que des espèces envahissantes causent des problèmes similaires dans d'autres domaines importants de l'aquaculture et que l'industrie canadienne de la pêche en souffre aussi.

En plein coeur de cette catastrophe, on élabore des programmes de recherche et de surveillance pour donner des conseils à l'industrie et aux organismes gouvernementaux sur les stratégies de gestion des espèces aquatiques envahissantes. Les activités de surveillance mettent l'accent sur la détection précoce et le mode de propagation de ces espèces. Toutes les régions de la côte atlantique coordonnent leurs efforts pour recueillir et mettre en commun l'information de façon efficace. Elles bénéficient d'un projet pilote sur la coordination et l'appui en matière de taxonomie dans la région du golfe. Les activités de recherche vont de la biologie fondamentale à l'interaction avec l'écosystème en passant par les mesures d'atténuation. L'information ainsi recueillie aide aussi à élaborer les procédures d'analyse de risque et d'intervention rapide. D'ailleurs, on utilise déjà ces procédures dans le cadre des stratégies de gestion, plus précisément pour répondre aux demandes d'introduction et de transfert de mollusques ou de crustacés.

Afin d'aider l'industrie de la moule en cette période difficile, plusieurs organismes coordonnent des projets de recherchedéveloppement novateurs pour maximiser leurs contributions respectives. On a déjà mis à profit l'information sur les caractéristiques biologiques des tuniciers, afin d'établir des lignes directrices efficaces en ce qui touche le transfert de moules et d'autres espèces des eaux infestées vers des eaux exemptes des espèces aquatiques envahissantes, tout en réduisant le risque de nouvelles introductions ou de propagation accrue de ces espèces.

À Moncton, au Nouveau-Brunswick, Daniel Bourque pilote en collaboration avec Jeff Davidson, du Collège vétérinaire de l'Atlantique, un projet de recherche visant à déterminer le risque de propagation par les usines de transformation. Grâce à ce projet, le secteur de la transformation a accès à des renseignements essentiels pour réduire le risque d'introduction d'espèces aquatiques envahissantes dans les eaux réceptrices. M. Bourque collabore également avec Neil MacNair, du ministère des Pêches et de l'Aquaculture de l'Île-du-Prince-Édouard, et Benedikte Vercaemer à un projet de recherche comparant les cycles reproducteurs de Ciona intestinalis à l'Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse.

Andrea Locke dirige un projet de recherche sur la dispersion naturelle des tuniciers à l'aide de modèles océanographiques mis au point par Joel Chassé. Ce projet permettra de recueillir des renseignements indispensables pour les analyses de risque. Thomas Landry et Chris McKindsey dirigent un projet visant à examiner l'effet des activités humaines sur la capacité des tuniciers envahissants à s'établir et à se développer à l'Île-du-Prince-Édouard. Les projets de recherche sur les tuniciers envahissants, notamment ceux susmentionnés, aideront à mettre sur pied un programme rigoureux et efficace de lutte contre les espèces aquatiques envahissantes au profit de tous les Canadiens.

Évaluation du risque biologique lié aux tuniciers envahissants

Stephanie Howes de l'Institut océanographique de Bedford tient un spécimen d'ascidie jaune (Ciona intestinalis)

Compte tenu des graves répercussions sur l'aquaculture et la biodiversité, le Centre d'expertise pour l'analyse des risques aquatiques a procédé, sous la gouverne de Tom Therriault et de Matthias Herborg, du bureau du MPO dans la Région du Pacifique, à une évaluation des risques pour aider les gestionnaires et les responsables de l'élaboration des politiques. Ils ont étudié cinq espèces de tuniciers, soit trois espèces coloniales - botrylle étoilé (Botryllus schlosseri); botrylloïde violet (Botrylloides violaceus; Didemnum sp.) - et deux espèces solitaires - ascidie plissée (Styela clava) et ascidie jaune (Ciona intestinalis).

Les chercheurs ont évalué les risques biologiques pour chaque espèce sur les côtes de l'Atlantique et du Pacifique en s'appuyant sur l'information tirée des résumés biologiques, de la modélisation des créneaux environnementaux et d'un sondage d'opinion auprès de spécialistes. Exception faite de C. intestinalis sur la côte Ouest, qui pose un risque écologique modéré, on estime que toutes les espèces présentent un risque écologique élevé sur les deux côtes, tandis que les conséquences génétiques sont considérées comme modérées dans tous les cas. Les chercheurs ont aussi étudié les risques posés par les organismes pathogènes, parasites ou associés. Des spécialistes internationaux des tuniciers, des espèces aquatiques envahissantes et de l'aquaculture ont examiné les résultats lors d'un atelier tenu en mars 2007 à Charlottetown, à l'Îledu- Prince-Édouard. À l'heure actuelle, on intègre les commentaires et les décisions découlant de cette réunion à une évaluation finale qui sera publiée sous forme de document de recherche du Secrétariat canadien de consultation scientifique.

Invasion d'eaux québécoises par la caprelle

Spécimens de Caprella mutica mâles

Dans le golfe du Saint-Laurent, la baie des Chaleurs et les îles de la Madeleine, on peut trouver 200 000 caprelles (Caprella mutica) sur une superficie d'à peine un mètre carré. Cet amphipode envahissant originaire de la mer du Japon mesure 35 mm de long. Des travaux réalisés à l'Institut Maurice-Lamontagne par Marcel Fréchette, Bernard Sainte-Marie et Christian Turcotte, en collaboration avec des éleveurs de moules de la baie des Chaleurs, devraient aider à comprendre la nature des interactions entre C. mutica et les moules et à trouver des moyens de contrôler cette « épidémie ». Après le stade de larves flottantes, les moules se transforment en naissains, stade juvénile au cours duquel elles se fixent à des surfaces comme les algues ou les cordes pour se développer. C. mutica peut nuire au prélèvement et à la croissance des naissains de moules par différents mécanismes, notamment en exerçant une prédation directe sur les larves de moules ou les naissains récemment formés, en leur faisant concurrence pour l'espace et la nourriture sur les collecteurs ou autour et en interférant avec l'alimentation des jeunes moules. Les travaux réalisés jusqu'à présent ont permis de mieux comprendre les caractéristiques biologiques de la caprelle, mais les résultats ne sont pas concluants en ce qui a trait aux effets de C. mutica sur les naissains de moules.

Le lac Devil : préoccupation concernant le déplacement transfrontalier d'espèces envahissantes d'eau douce

À l'heure actuelle, des chercheurs du MPO étudient les agents pathogènes et les parasites du poisson sous l'égide de la Commission mixte internationale. Conformément au mandat conféré au ministère en vertu de la Loi sur les pêches, le but est d'aider à prendre des décisions éclairées dans le cadre d'une intervention à l'égard d'un différend entre les États-Unis et le Canada. Le litige porte sur la dérivation en juin 2007 des eaux du lac Devil, auparavant enclavé, dans la rivière Sheyenne via un canal de fuite dépourvu de filtre construit par l'État du Dakota du Nord. Les eaux de dérivation non filtrées entrent dans le bassin de la rivière Rouge par la rivière Sheyenne et par le fait même dans le bassin hydrographique de la baie d'Hudson, ce qui contrevient manifestement au Traité des eaux limitrophes internationales. Le Canada craint les effets nocifs sur l'environnement d'eau douce, notamment l'afflux de contaminants chimiques et de métaux lourds ainsi que d'espèces aquatiques envahissantes, d'agents pathogènes et de parasites des eaux de dérivation du lac Devil.

Pendant au moins dix siècles, le lac Devil était séparé du bassin de la rivière Rouge en raison de son élévation et du niveau d'eau. Ces dernières années, le niveau d'eau de ce lac du Dakota du Nord a monté de sept mètres et, depuis les années 1990, il déborde chaque année. En vertu d'un énoncé conjoint publié par les deux administrations fédérales en 2005, les autorités américaines se sont engagées à construire un système de filtration. Pourtant, l'État du Dakota du Nord a mis en service le système de dérivation des eaux de crue sans dispositif de filtration.

Intervention des Laboratoires du Programme national sur la santé des animaux aquatiques contre un virus touchant les poissons des Grands Lacs

Un virus mortel qui s'attaque aux poissons des Grands Lacs provoque une mortalité massive chez de nombreuses espèces et se propage rapidement dans d'autres voies d'eau. La septicémie hémorragique virale (SHV), détectée pour la première fois dans le lac Ontario en 2005, a été observée par la suite dans tous les Grands Lacs sauf le lac Supérieur, de même que dans des eaux intérieures des États de New York, du Wisconsin et du Michigan.

On ne sait pas avec certitude quand et comment cet agent pathogène a été introduit dans les lacs, mais des caractérisations génétiques effectuées par les scientifiques du MPO à la Station biologique du Pacifique (SBP) ont permis de recueillir des données montrant que le virus est étroitement associé à une souche trouvée dans l'eau de mer au large de la côte du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, ce qui donne à penser qu'il est entré par la côte Est de l'Amérique du Nord. En plus de mener des études génétiques, les scientifiques de la SBP explorent des méthodes de détection des virus améliorées et s'efforcent de déterminer la période pendant laquelle le virus est stable dans différentes conditions environnementales pour mieux comprendre les voies de transmission éventuelles.

La SHV ne présente aucun danger pour l'homme, mais elle pourrait avoir de graves répercussions sur les pêches commerciales et récréatives dans les Grands Lacs et les autres bassins hydrologiques à l'échelle de l'Amérique du Nord. Afin de limiter sa propagation, le MPO, en collaboration avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) sous l'égide du Programme national sur la santé des animaux aquatiques, a mis en place un programme de surveillance pour documenter la répartition géographique du nouvel agent pathogène et mieux comprendre les mécanismes de transfert du virus. La surveillance est effectuée en collaboration avec les représentants des États-Unis, où une initiative similaire est en cours. Cet effort bilatéral permet de déterminer l'état des populations de poissons d'eau douce d'élevage et sauvages au Canada et aux États-Unis en ce qui a trait à l'infection par le virus de la SHV. Il rétablira ainsi la confiance des partenaires commerciaux à l'égard du poisson frais et des produits du poisson provenant des régions exemptes du virus. On peut en apprendre davantage dans le site Web du MPO : Programme national sur la santé des animaux aquatiques et dans celui de l'ACIA Septicémie hémorragique virale (SHV).

Réponse à une question cruciale concernant les répercussions sur les poissons grâce à une expérience sur les perturbateurs du système endocrinien

Tête-de-boule mâle possédant un ovipositeur de femelle

Les eaux d'égout municipales renferment différents produits chimiques, y compris des traces de médicaments d'ordonnance et d'hormones. L'éthynylestradiol, principal ingrédient des contraceptifs oraux, est l'un de ces composés. Les installations de traitement des eaux usées éliminent efficacement l'éthynylestradiol et d'autres médicaments, mais des traces de ces substances peuvent être rejetées dans les milieux récepteurs d'eau douce. Les poissons mâles qui vivent dans les eaux en aval présentent parfois des caractéristiques féminines. Cette féminisation a été liée à la présente de faibles niveaux d'éthynylestradiol.

Dans le cadre d'un projet dirigé à l'origine par Karen Kidd, des chercheurs de la Région des lacs expérimentaux du MPO, dont Paul Blanchfield, Ken Mills, Vince Palace et Mike Paterson, se sont efforcés de déterminer si les mâles présentant des caractéristiques féminines influent sur la capacité de reproduction et la viabilité globales des populations, car il s'agit là d'une question cruciale.

Entre 2001 et 2003, ils ont ajouté de l'éthynylestradiol dans le lac 260, dans la Région des lacs expérimentaux, à des concentrations suffisantes pour modifier l'environnement. Les chercheurs ont étudié les effets de l'éthynylestradiol chez plusieurs espèces de poissons qui vivent dans ce lac. Les changements biochimiques ont été le plus importants chez les espèces de ménés, particulièrement le tête-de-boule. En effet, les têtes-de-boule mâles ont rapidement acquis des caractéristiques féminines : après deux ans on trouvait très peu de mâles normaux au sein de cette population, ce qui a eu pour effet de diminuer considérablement la reproduction, si bien que l'espèce a presque disparu du lac où l'on avait ajouté l'éthynylestradiol. De plus, on a observé une diminution de l'adiposité et du taux de survie du touladi, probablement parce qu'ils avaient moins de ménés pour se nourrir.

Cette expérience canadienne, la première du genre dans le monde, a montré que les contaminants à faible concentration déversés par les installations de traitement des eaux usées peuvent entraîner une régression des populations de poissons. Le rétablissement rapide de la population de têtes-de-boule dans le lac 260 lorsqu'on a cessé d'ajouter de l'éthynylestradiol a renforcé ces constatations.

Effets potentiels des pesticides sur le poisson

L'application de pesticides pour accroître le rendement des récoltes est reconnue comme un rouage important des pratiques agricoles. Au Canada, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), direction générale de Santé Canada, réglemente l'utilisation de ces produits chimiques. À l'appui de cette réglementation, le ministère des Pêches et des Océans a mis sur pied le Centre de recherche environnementale sur les pesticides (CREP) à l'Institut des eaux douces de Winnipeg. Les scientifiques du CREP mènent des expériences en laboratoire et étudient les populations de poissons sauvages dans les régions où l'on applique des pesticides, afin d'avoir l'assurance que la réglementation protège les poissons et leur habitat.

Le ruisseau Twenty Mile est l'un des systèmes modèles étudiés par le CREP. Ce tributaire des Grands Lacs qui a sa source près de Hamilton coule le long de l'escarpement du Niagara pour se déverser dans le lac Ontario près de St. Catharines. Il traverse plusieurs types de terres agricoles où l'on utilise différents types de pesticides. Le maïs, le soya et le blé sont les principales cultures pratiquées sur les rives au début du ruisseau, mais les fruits et les vignes dominent sous l'escarpement. Les scientifiques du CREP étudient la reproduction et la croissance de poissons sauvages et d'invertébrés aquatiques à différents endroits le long du ruisseau et collaborent avec des scientifiques d'Environnement Canada qui y déterminent les concentrations réelles de pesticides dans l'eau.

Le programme met l'accent sur l'utilisation et l'élaboration d'indicateurs non létaux pour déterminer les effets des pesticides. Ainsi, dans la plupart des cas, les poissons sont évalués puis rejetés dans le ruisseau. Toutefois, en raison des variations annuelles de la température et des précipitations - qui peuvent influer sur le taux d'utilisation de pesticides ainsi que sur la croissance et la reproduction des poissons et des invertébrés - il est difficile de travailler sur le terrain. C'est pourquoi le CREP mène aussi des expériences en laboratoire qui s'inspirent de scénarios sur le terrain pour mieux comprendre les liens entre l'exposition aux pesticides et leurs effets potentiels. On communique les résultats de toutes ces études à l'ARLA pour lui permettre de bien protéger les poissons et leur habitat.

Conditions météorologiques extrêmes : amélioration des prévisions grâce à des modèles informatisés

Aperçu des domaines modèles utilisés au CDAMO superposés sur l'élévation de la surface de la mer prévue

Les conditions météorologiques extrêmes et inhabituelles ont une incidence considérable sur les collectivités côtières. On en a eu la preuve en avril 2007 lorsque plus de 100 navires phoquiers ont été immobilisés par des banquises tardives au large de l'île de Terre-Neuve, ce qui a nécessité une vaste opération de sauvetage de la Garde côtière canadienne. Des centaines de crabiers ont aussi été emprisonnés dans les ports, car la glace empêchait l'industrie de lancer la saison de pêche.

Comme les conditions météorologiques extrêmes et le changement climatique suscitent des préoccupations au Canada, le Centre de développement et d'application de modèles océaniques (CDAMO) du Secteur des sciences du MPO collabore activement avec Environnement Canada et d'autres organismes, afin de développer des modèles informatiques améliorés aux fins des prévisions opérationnelles atmosphère-glace-océans pour le Canada. Ainsi, dans le cadre du Réseau opérationnel canadien de systèmes couplés de prévision environnementale (CONCEPTS), le système de prévision utilisé au centre d'océanographie français Mercator Océans est importé et adapté aux besoins du Canada. Des scientifiques du CDAMO évaluent le modèle à diverses échelles : océans du monde, bassins océaniques et mers régionales entourant le Canada.

En collaboration avec CONCEPTS, les scientifiques du CDAMO développent aussi des modèles informatisés pour les propriétés biogéochimiques des écosystèmes marins. Par exemple, on a lancé en 2006 un projet coordonné par zones pour associer un modèle pour le plancton et les substances nutritives et des modèles de glaces de mer pour les eaux canadiennes de l'Atlantique, afin de détecter, de comprendre et de prévoir la variabilité de l'écosystème.

Pou du poisson

Épinoche à trois épines infestée par le pou du poisson

On trouve le pou du poisson partout dans le monde, dans chaque océan et chez de nombreuses espèces de poissons. Ce parasite présent dans la nature est très courant chez toutes les espèces de saumon du Pacifique adulte en Colombie-Britannique. Ces dernières années, les chercheurs se sont penchés sur les répercussions éventuelles de sa présence chez les saumons élevés en cage ouverte sur la survie des espèces de jeunes saumons sauvages dont la migration et l'alevinage se font dans les mêmes régions. Le saumon sauvage peut introduire le pou du poisson dans les fermes salmonicoles et, en l'absence de traitement, le saumon d'élevage peut transférer de nouveau ce parasite dans l'environnement marin. De vastes recherches ont été amorcées sous l'égide du Plan d'action pour le saumon rose du MPO, afin d'étudier ce problème et d'autres préoccupations connexes. En 2006 et en 2007, le Ministère a renforcé ce programme de recherche en s'associant avec le BC Pacific Salmon Forum, des chercheurs universitaires ou indépendants et des entreprises qui exploitent des fermes salmonicoles.

Les résultats ont montré que le taux d'infestation globale des jeunes saumons sauvages par le pou du poisson varie considérablement d'une année à l'autre ainsi que d'un emplacement à l'autre au cours d'une année donnée. Par exemple, ce parasite était beaucoup plus abondant chez les jeunes saumons roses et kéta en 2004, par rapport à 2003, 2005, 2006 ou 2007. Les résultats indiquent par ailleurs que le niveau d'infestation a diminué ces dernières années pour atteindre en 2007 le niveau le plus bas depuis 2003, à la fois pour les saumons d'élevage et les jeunes saumons sauvages.

Cette recherche est aussi la première à documenter l'infestation de l'épinoche à trois épines (Gasterosteus aculeatus) par le pou du poisson (Lepeophtheirus salmonis). Chaque année, la densité parasitaire est beaucoup plus forte chez cette épinoche que chez les jeunes saumons roses ou kéta. On a constaté que l'espèce du saumon, sa taille, l'emplacement ainsi que la salinité de l'eau de mer sont tous des prédicteurs importants de la densité de pou de mer chez les jeunes saumons sauvages. Des recherches en cours au sein du MPO évaluent l'incidence des infestations de pou de mer sur le taux de croissance et de mortalité des jeunes saumons sauvages et le nombre de saumons adultes qui reviennent frayer au cours des années ultérieures. On peut en apprendre davantage dans le site Web du MPO http://www-sci.pac.dfo-mpo.gc.ca/ aquaculture/sealice/default_f.htm

La génomique et le saumon rouge de montaison tardive dans les eaux du fleuve Fraser

Saumon arborant les couleurs caractéristiques de la période de fraie
Contrairement à ce que leur nom indique, les microréseaux sont des jeux de données immenses pouvant actuellement contenir 16 000 transcrits de gènes de saumons sauvages. Ils ont été d'abord mis au point avec des gènes humains pour classer des types de sarcomes chez l'humain.

Des chercheurs du laboratoire de génétique moléculaire de la Station biologique du Pacifique établie à Nanaimo, en Colombie- Britannique, effectuent des recherches de pointe en génomique pour déterminer les facteurs physiologiques et environnementaux à l'origine des mystérieux changements observés dans le moment de la migration des saumons rouges adultes qui reviennent frayer. Auparavant, le saumon rouge de montaison tardive remontait le Fraser en septembre et en octobre, période où la température de l'eau est peu élevée. Depuis 1995, il s'engage dans le fleuve en août et fait sa remontée pendant que la température de l'eau atteint son maximum, soit cinq ou six degrés de plus que celles auxquelles il est adapté. De façon générale, ces migrations précoces font grimper le taux de mortalité à la migration. Le taux de 95 p. 100 atteint en 2001 a eu un effet dévastateur sur les prises autorisées et créé d'importants problèmes de conservation.

En combinant deux technologies d'avantgarde - la télémétrie et la génomique - Kristi Miller et ses collaborateurs universitaires (UBC et Carleton) et industriels (LGL Ltd et Kintama Research) viennent tout juste de mettre à jour les facteurs physiologiques et environnementaux qui déclenchent l'entrée du saumon dans le fleuve. Ils ont aussi amorcé des travaux pour déterminer si l'état physiologique du saumon qui s'engage dans le fleuve contribue au taux de mortalité élevé. À cette fin, ils installent des radioémetteurs et effectuent des prélèvements par biopsie non destructeurs sur le saumon qui descend vers la côte, ce qui permet de suivre la voie de migration de chaque saumon jusqu'au fleuve. Les prélèvements par biopsie servent à évaluer les caractéristiques physiologiques pour le génome dans son ensemble grâce aux microréseaux de saumons - chaque lame de microscope renferme 16 000 transcrits de gènes - qui permettent de déterminer quels gènes ont été activés ou désactivés en fonction du moment de l'entrée du saumon dans le fleuve ou de son devenir.

La combinaison de ces technologies novatrices a permis de comprendre en détail les changements et les contraintes physiologiques associées à la migration axée sur le frai. Fondamentalement, le saumon doit se reconfigurer au niveau moléculaire pour quitter l'océan et revenir à des conditions d'eau douce. La recherche en génomique a révélé des modifications importantes et constantes dans l'expression des gènes associés au passage à l'eau douce dans les branchies (important pour la préparation osmotique) et les tissus musculaires blancs (important afin de préserver l'énergie pour la nage et la reproduction), mais elle a montré que ni l'osmorégulation ni la transition de l'énergie ne permettent d'expliquer le moment de l'entrée dans le fleuve. Cependant, les chercheurs ont constaté une étroite corrélation entre le succès de la remontée d'individus par les secteurs du fleuve où la température est plus élevée jusqu'à la zone de frai et les tendances observés au chapitre de l'expression des gènes dans leurs branchies. En outre, le lien physiologique avec la survie dans le fleuve était présent dans l'océan, à plus de 200 km de son embouchure.

SECTION 2 : Des activités scientifiques qui comptent pour les Canadiens

Le Secteur des sciences du MPO est en voie d'adopter une approche axée sur l'écosystème. On sait que la pêche et d'autres activités humaines ont des effets marqués sur la structure des écosystèmes aquatiques, en particulier ceux qui sont le plus productifs. Il s'agit d'ailleurs de l'une des principales raisons qui motivent ce type d'approche. La structure de ces écosystèmes s'est développée sur une longue période au moyen d'interactions complexes. Les organismes intergouvernementaux qui s'intéressent à la science et à la gestion aquatique reconnaissent que les scientifiques doivent s'efforcer de quantifier les effets des changements attribuables aux activités humaines observés en ce qui a trait aux interactions complexes dans le fonctionnement des écosystèmes et de déterminer si ces effets sont réversibles et, le cas échéant, dans quel horizon de temps.

Dans la publication Pour un nouveau cadre scientifique écosystémique en faveur d'une gestion intégrée, le Secteur des sciences du MPO présente brièvement les concepts clés de la science des écosystèmes et décrit l'élaboration et l'adoption de meilleurs outils pour surveiller et étudier les écosystèmes dans leur ensemble.

Afin de respecter les priorités fédérales et ministérielles ainsi que l'intérêt public pour les cinq prochaines années, le Secteur a élaboré le Programme de recherche quinquennal (2007-2012), qui met l'accent sur 10 priorités essentielles en matière de recherche et les domaines prioritaires à cet égard. Ces priorités, qui mettent en évidence la recherche fondamentale et appliquée nécessaire pour mieux utiliser les connaissances actuelles et en acquérir de nouvelles, s'inspirent fortement du document du Secteur des sciences du MPO intitulé Pour un nouveau cadre scientifique écosystémique. On peut consulter le Programme de recherche quinquennal, 2007-2012 dans le site Web du MPO http://www.dfo-mpo.gc.ca/science/ research/research_agenda_f.htm

A : RECHERCHE CIBLÉE

Effet en cascade de la perte de prédateurs importants

La plupart des Canadiens sont au courant de l'effondrement des stocks de morue de l'Atlantique et des répercussions de la surpêche, mais une grande question subsiste : « Pourquoi n'observe-t-on pas de rétablissement des stocks malgré la fermeture de la pêche à la morue? »

Pour mieux répondre à cette question et comprendre ce qui s'est produit dans l'écosystème de l'est du plateau néo-écossais, Ken Frank et ses collègues de l'Institut océanographique de Bedford ont analysé les données sur l'écosystème. Ils ont constaté que la perte de prédateurs importants, comme la morue, en raison de la surpêche, et les répercussions du changement climatique ont entraîné un effet en cascade à tous les niveaux trophiques de la chaîne alimentaire, influençant ainsi les niveaux inférieurs et causant des changements profonds et peut-être permanents aux écosystèmes des océans. Même si on ne peut l'affirmer catégoriquement, les résultats de l'étude donnent à penser que l'écosystème fonctionne d'une nouvelle façon et que la fermeture de la pêche ne permettra peut-être pas d'assurer le rétablissement des stocks de morue. Le rapport du MPO intitulé État de l'écosystème de l'est du plateau néo-écossais a suscité un vif intérêt sur la scène internationale et amené M. Frank à publier un article sur ces travaux dans la revue Science. On peut en apprendre davantage dans le site Web du MPO http://www.mar.dfo-mpo.gc.ca/science/ rap/internet/ESR_2003_004_F.pdf

Jusqu'à tout récemment, la plupart des biologistes croyaient que la chaîne alimentaire marine reposait sur un mécanisme ascendant et que la « production primaire » des plus petits organismes - phytoplancton - déterminait le fonctionnement du système. Si la production primaire était le principal moteur des écosystèmes, ce ne serait qu'une question de temps avant que la pêche à la morue se rétablisse. Or, plus de dix ans se sont écoulés depuis les fermetures de pêche, et on n'a observé aucun rétablissement important.

Des chercheurs ont analysé 64 indicateurs de l'écosystème de l'océan - notamment la température à la surface de la mer, la salinité, les polluants, la présence de métaux lourds, les régimes de vent, l'abondance du plancton, la taille et l'état des poissons ainsi que les prises commerciales - et des changements connexes dans l'ensemble de l'écosystème et à différents niveaux trophiques en remontant jusqu'aux années 1970. Ils ont mis en évidence, pour la première fois en milieu marin, une cascade descendante de changements découlant de la pêche et compliqués par la fluctuation de la température de l'eau.

Le stock de morues décimé mange moins de crevettes, de petits crabes, de harengs et de lançons. Ces espèces sont ainsi devenues les prédateurs dominants, car elles mangent davantage de gros zooplancton, dont l'abondance a diminué par le fait même. La prédation accrue exercée sur le zooplancton, qui comprend les oeufs et les larves de morue, nuit au rétablissement de cette espèce. La diminution du zooplancton se traduit par un relâchement de la consommation de phytoplancton (algues), dont l'abondance a donc augmenté. Le phytoplancton absorbe maintenant plus de nitrate, si bien que la concentration de cette substance nutritive dans l'eau de mer a diminué. Bref, les changements causés par les pêches commerciales intensives se sont répercutés, par des effets en cascade, jusqu'au bas de la chaîne alimentaire, soit au niveau de la production primaire et des substances nutritives.

Les pêcheurs de la région, qui vivent de la pêche à la morue depuis des siècles, capturent maintenant plus de crabes et de crevettes que jamais, mais rien ne garantit l'abondance future de ces précieuses ressources. Ken Frank fait remarquer qu'il pourrait être tout aussi dangereux de pêcher intensivement des espèces aux niveaux inférieurs de la chaîne alimentaire que de décimer le niveau supérieur.

L'étude de l'est du plateau néo-écossais indique par ailleurs pourquoi on a proposé des systèmes de gestion axés sur l'écosystème pour résoudre certains problèmes inhérents à la gestion classique. Elle montre clairement que les écosystèmes sont très dynamiques et que l'exploitation constitue aussi un facteur de changement. L'analyse met en évidence la nécessité de comprendre le fonctionnement de l'écosystème marin pour remplacer l'exploitation marine par une utilisation durable des ressources marines.

Collaboration entre le Secteur des sciences et des chercheurs universitaires pour l'étude des changements à l'écosystème, du capelan et des oiseaux marins

Banc de capelan près de Cape Freels à Terre-Neuve Cette image a été créée par ordinateur à partir de données sonar recueillies dans le système de gestion d'information géographique CARIS.
Guillemots marmettes et capelans Photo: © Joel Heath

L'écosystème du nord-ouest de l'Atlantique subit de vastes changements associés aux conditions océanographiques et à la surpêche. Il ressort des recherches récentes que les oiseaux marins peuvent être des indicateurs quantitatifs de l'état de poissons comme le capelan (Mallotus villosus) - importante espèce de poisson fourrage dans cet écosystème et proie primaire pour de gros prédateurs comme la morue, le phoque, la baleine et les oiseaux marins.

Les chercheurs du MPO John T. Anderson et Mariano Koen-Alonso ainsi que les professeurs d'université Bill Montevecchi, Gail Davoren et Brad deYoung ont piloté un programme de recherche mené en collaboration avec les pêcheurs commerciaux pour étudier les mécanismes à la base des changements observés dans les caractéristiques biologiques et le comportement du capelan. Ce programme faisait appel à une technologie à faisceaux multiples de pointe utilisée par le Service hydrographique du Canada, qui a permis d'établir une carte bathymétrique détaillée de l'habitat marin.

Bien que le capelan fraie généralement sur les plages près de l'île de Terre-Neuve, les travaux étaient centrés dans l'île Funk, qui abrite de nombreuses colonies d'oiseaux marins. La recherche a mis en évidence et caractérisé 11 frayères de capelan en dehors des plages dans les eaux intérieures avoisinantes. Une comparaison des frayères sur les plages et ailleurs a montré une variation des stratégies de développement des oeufs. Les résultats intégrés de techniques hydroacoustiques et de prélèvement d'échantillons biologiques donnent à penser qu'il existe une corrélation entre les déplacements verticaux quotidiens du capelan et de ses proies zooplanctoniques et qu'ils varient selon la taille des capelans. Ces tendances ont influé sur l'horaire d'alimentation des oiseaux marins pendant la journée.

Par ailleurs, les observations de la distribution des oiseaux marins, les relevés des capelans disponibles et les mesures du régime alimentaire des oiseaux marins axées sur la colonie ont montré que les oiseaux marins sont des fourrageurs sélectifs qui ont élargi leur aire de fourrage au cours des années où la disponibilité de capelan diminuait. On peut établir un lien entre les changements au régime alimentaire des oiseaux marins, comme le guillemot marmette, et la disponibilité de capelans d'une taille supérieure à 100 mm, ce qui porte à croire que le régime alimentaire des oiseaux marins peut devenir un indicateur quantitatif de l'état du capelan. Dans l'ensemble, ce type de cadre de recherche se révèle important dans le contexte de l'adoption d'approches axées sur l'écosystème dans le domaine des pêches.

Recherche axée sur l'évaluation des stocks de crabe des neiges

Crabe des neiges mâle muni d'un radioémetteur Depuis le début des années 1990, des chercheurs utilisent des techniques de marquage-recapture pour étudier des crabes de taille commerciale après le dernier stade larvaire de mue. Le crabe des neiges est généralement une espèce sédentaire, mais on observe des déplacements saisonniers dynamiques dans certaines zones. Dans l'une de ces zones, les chercheurs ont installé des radioémetteurs cylindriques sur les crabes mâles adultes et des récepteurs directement sur le plancher océanique pour surveiller leurs déplacements. Une meilleure compréhension des déplacements saisonniers aidera à améliorer le processus de gestion des stocks.

La pêche au crabe des neiges est une activité économique importante qui se limite aux mâles - mais la protection des femelles ne garantit pas le renouvellement des stocks. La surexploitation des crabes mâles pourrait faire en sorte que les femelles manquent de partenaires pour s'accoupler. L'équipe de la biologie des populations établie à Moncton, composée de Renée Allain et de Candy Savoie, surveille l'accouplement et la performance de reproduction en observant la quantité de réserve de sperme dans la spermathèque des femelles ainsi que le nombre total d'oeufs fertilisés. Ce projet long et laborieux exige beaucoup de patience, mais il aidera à comprendre la dynamique de la population de crabe des neiges et l'état des stocks. Pour améliorer les connaissances sur le crabe des neiges, ce projet est tout aussi important que l'estimation de la biomasse par relevés de chalut.

Les larves de crabe des neiges éclosent en mai dans le sud du golfe du Saint-Laurent. La phase planctonique dure environ de 12 à 16 semaines. Après le dernier stade larvaire de mue (mégalope), le larve devient un minuscule crabe des neiges et s'établit au fond de l'océan. La mégalope s'installe généralement dans la zone sous la couche de transition entre la couche mixte d'eau de surface et la couche d'eau profonde appelée « thermocline ». D'après les études récentes, l'équipe de recherche sur la pêche au crabe des neiges, composée de Michel Biron et de Christine Ferron, a posé comme hypothèse que les meilleurs endroits pour l'établissement des larves pourraient être les zones à fond dur où la thermocline se trouve près du plancher océanique. Leur hypothèse découle des résultats obtenus sur le type de sédiment, l'abondance de larves selon le stade ainsi que l'abondance et la distribution des crabes postlarvaires. En protégeant les sites propices à l'établissement de larves, on pourrait mieux protéger et gérer les stocks.

Survie et conservation des prises accessoires

De nombreux types de pêche commerciale ne sont pas en mesure de cibler parfaitement les espèces recherchées ou réglementées et les poissons de la taille requise. D'ailleurs, les pêcheurs capturent des poissons n'atteignant pas la taille minimale et d'autres espèces de poissons. La remise à l'eau de ces prises accessoires vivantes est une mesure de conservation simple fréquemment utilisée. Dans les eaux canadiennes de l'Atlantique, par exemple, on remet à l'eau le flétan n'atteignant pas la taille minimale et les espèces en péril, comme le loup tacheté. Toutefois, cette pratique s'avère une mesure de conservation efficace uniquement si le poisson survit.

Les biologistes Hugues Benoit et Tom Hurlbut de la Région du Golfe du MPO étudient le taux de survie éventuel après remise à l'eau dans le cadre d'activités de pêche commerciale pour déterminer des mesures de conservation efficaces. Ils utilisent différentes données recueillies par des observateurs en mer au cours d'un grand nombre d'expéditions de pêche commerciale réelles et de conditions de pêche simulées en utilisant un navire doté d'installations de conservation du poisson vivant. Il n'est pas facile de déterminer le taux de survie dans les conditions de pêche commerciale. C'est pourquoi on l'a fait jusqu'à présent pour un nombre limité d'espèces et avec un degré d'exactitude variable.

Parmi les facteurs qui influent sur la probabilité de survie des prises accessoires, mentionnons ceux de nature environnementale, par exemple, la température de l'eau et de l'air; ceux qui se rapportent à la pêche proprement dite, par exemple, les engins utilisés et la durée pendant laquelle le poisson demeure hors de l'eau; de même que les différences entre les espèces pour ce qui est de la résilience. Grâce aux résultats de l'étude, les chercheurs pourront mieux déterminer les conditions dans lesquelles la remise à l'eau des prises est une option viable et celles où les mesures adoptées pour éviter les prises accessoires constituent la seule option en matière de conservation pour réduire la mortalité attribuable à la pêche.

Mission de recherche dans la mer des Sargasses

Des chercheurs à bord d'un chalutier canadien sont à la recherche d'anguilles adultes difficiles à trouver dans la mer des Sargasses.

Martin Castonguay, de l'Institut Maurice- Lamontagne, a participé en mars et avril 2007 à une mission internationale dans la mer des Sargasses sur la biologie reproductrice de l'anguille. Cette mission menée à l'instigation du Danemark, qui réunissait des scientifiques de cinq pays, mettait à contribution deux navires, un navire océanographique danois et un chalutier commercial canadien à bord duquel Martin Castonguay était chef de mission. Le MPO a contribué financièrement à la mission en accordant une subvention du Programme de gouvernance internationale.

L'objectif principal de la mission, qui consistait à recueillir des échantillons de larves d'anguille pour élucider des questions fondamentales sur la génétique des populations de l'anguille d'Amérique et de celles d'Europe, a été atteint. Par contre, différentes difficultés techniques ont empêché d'atteindre l'objectif de capture d'adultes dans les frayères. Un atelier de travail sur l'orientation des articles scientifiques qui découleront de ce programme de recherche a eu lieu à Copenhague en août 2007.

Poursuite des progrès en matière d'aquaculture multitrophique intégrée dans la baie de Fundy

Thierry Chopin récolte du varech dans l'une des filières à une exploitation d'aquaculture multitrophique intégrée avec le partenaire industriel du programme Acadian Seaplants Limited.

Le programme d'aquaculture multitrophique intégrée dans la baie de Fundy, mis en oeuvre à la Station biologique de St. Andrews et à l'Université du Nouveau-Brunswick (UNB) à Saint-Jean, a pour objet de développer de nouvelles techniques pour l'évolution des poissons et fruits de mer issus de l'aquaculture.

Sous la gouverne de Shawn Robinson du MPO et de Thierry Chopin de l'UNB, ce programme favorise le recyclage de sous-produits résiduels d'une espèce pour les transformer en intrants, par exemple, des engrais et des aliments, pour une autre espèce. L'exploitation dans son ensemble devient ainsi plus acceptable sur le plan social, rentable sur le plan financier et inoffensive pour l'environnement. Le concept d'un système équilibré combine dans une même exploitation aquacole l'élevage de poissons, par exemple, le saumon et la culture de biofiltreurs, par exemple, les moules et les algues, de manière à réduire le gaspillage des substances nutritives provenant des aliments pour poisson à haute valeur énergétique. Les algues captent des sous-produits inorganiques dissous dans l'eau, comme l'azote et le phosphore, les moules prospèrent dans ce milieu enrichi de particules d'aliments et de déchets. L'équipe de chercheurs mène ces travaux depuis six ans dans la baie de Fundy en collaboration avec l'industrie du saumon.

Les algues, notamment le varech, ainsi que les mollusques et crustacés, notamment les moules, sont des éléments clés du projet, tout comme le développement d'équipement et les techniques de récolte. Les aspects économiques et la commercialisation - essentiels au succès industriel du projet - sont pilotés par Neil Ridler, de l'UNB à Saint-Jean, en étroite collaboration avec Cooke Aquaculture. Fred Page, du MPO, étudie la dynamique d'écoulement des eaux aux exploitations d'aquaculture multitrophique intégrée, tandis que Les Burridge, également du MPO, surveille l'état général des emplacements. Gregor Reid, chercheur au niveau postdoctoral participant au projet, a élaboré des modèles informatisés pour évaluer la quantité de substances nutritives récupérée grâce au système d'aquaculture multitrophique intégrée.

Il semblerait que l'ajout de varech permet de récupérer jusqu'à 40 p. 100 des substances nutritives disponibles dans ces sites pendant la saison de croissance, tandis que les moules peuvent capter jusqu'à 50 p. 100 des particules fines dégagées des cages d'élevage de saumons. Ces aliments supplémentaires et l'énergie reçue par ces espèces permettent d'accélérer le taux de croissance d'environ 50 p. 100. On étudie aussi des espèces supplémentaires.

Au cours des cinq prochaines années, le programme sera appuyé par le Fonds d'innovation de l'Atlantique de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique, les partenaires industriels Cooke Aquaculture Inc. et Acadian Seaplants Limited et les partenaires gouvernementaux Environnement Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) ainsi que le ministère de l'Agriculture et de l'Aquaculture du Nouveau- Brunswick. L'équipe s'efforce de promouvoir et de faire progresser le concept d'aquaculture multitrophique intégrée à l'échelle du Canada et même à l'étranger avec des partenaires de recherche comme la Pacific SEA-Lab Research Society.

Durée de vie du béluga, deux fois plus longue qu'on le croyait, déterminée grâce à une technique utilisant du carbone radioactif

La recherche dirigée par Rob Stewart a révélé que le béluga vit deux fois plus longtemps qu'on le croyait auparavant.

En réfutant l'hypothèse en cours selon laquelle la dent du béluga comporte des couches de croissance semi-annuelles, une équipe de chercheurs du MPO dirigée par Rob Stewart de l'Institut des eaux douces a prouvé que cette espèce vit deux fois plus longtemps qu'on le croyait auparavant - révolutionnant ainsi les connaissances sur la dynamique de ces populations. Les chercheurs ont validé l'âge des bélugas au moyen d'une technique d'estimation reposant sur le radiocarbone qui provient de bombes nucléaires incorporé dans les groupes de couches de croissance des dents. La recherche a confirmé que les groupes de couches se forment une fois l'an et qu'il s'agit d'un indicateur fiable de l'âge des bélugas jusqu'à au moins 60 ans. Les dosages du radiocarbone dans les couches de dentine déposées chez des bélugas capturés entre 1895 et 2001 indiquent que le radiocarbone provenant des essais atmosphériques d'armes nucléaires s'incorpore dans les dents en croissance et y demeure pour le reste de la vie de l'animal.

L'équipe était composée de Steve Campana, Cynthia Jones et Barbara Stewart. On peut en apprendre davantage en consultant le numéro de décembre 2006 de la Revue canadienne de zoologie
http://article.pubs.nrc-cnrc.gc.ca/RPAS/rpv?hm=HInit&journal=cjz&volume=84&afpf=z06-182.pdf.

Programme de recherchedéveloppement en biotechnologie aquatique

Gel d'ADN numérique
Taille de saumons génétiquement modifiés élevés en écloserie par comparaison avec ceux élevés dans des cours d'eau semi-naturalisés et les saumons sauvages.

Pêches et Océans Canada fait le lien entre, d'une part, la biotechnologie et la génomique novatrices et, d'autre part, l'établissement de politiques de haut niveau ainsi que la prise de décisions sur le terrain au sujet de la gestion des écosystèmes aquatiques et des pêches grâce à son programme de R-D en biotechnologie aquatique. Quatre thèmes de recherche ont été retenus pour la stratégie de R-D du MPO en biotechnologie aquatique et en génomique : biotechnologie et profil des ressources aquatiques; biotechnologie et santé des animaux aquatiques; biotechnologie et santé des écosystèmes aquatiques; travaux scientifiques à l'appui de la réglementation des animaux aquatiques dotés de caractères nouveaux. On peut en apprendre davantage sur cette stratégie dans le site Web du MPO http://www.dfo-mpo.gc.ca/biotech-genom/docs/abgrds_f.htm

L'étude récemment publiée examinant l'interaction entre la constitution génétique des poissons et l'environnement où ils ont été élevés représente un bel exemple de la recherche menée sur le thème des travaux scientifiques à l'appui de la réglementation visant les animaux aquatiques dotés de caractères nouveaux. Le MPO a étudié dans une perspective réglementaire des questions concernant les poissons génétiquement modifiés et ces travaux se poursuivent dans des installations fermées de bioconfinement.

Le chercheur du MPO Robert Devlin et son équipe, Fred Sundström, Mare Lõhmus et Wendy Tymchuk, ont comparé l'effet de l'élevage de saumons génétiquement modifiés et non génétiquement modifiés dans des cours d'eau en milieu fermé semi-naturalisés et en écloserie. La croissance du saumon génétiquement modifié a été moins rapide dans les cours d'eau semi-naturalisés par rapport à ceux élevés en écloserie, mais le milieu d'élevage avait une incidence beaucoup moins grande sur les poissons sauvages.

D'après la recherche, le fait de placer dans des cours d'eau semi-naturalisés des saumons génétiquement modifiés provenant d'une écloserie aura une plus grande incidence sur le comportement prédateur que dans le cas des saumons non génétiquement modifiés. Toutefois, on a constaté que l'écloserie peut influer fortement sur le comportement prédateur : non seulement les saumons génétiquement modifiés élevés dans des cours d'eau semi-naturalisés étaient de plus petite taille, mais aussi ils n'étaient pas aussi prédateurs que leurs homologues de même taille et du même âge élevés en écloserie.

M. Devlin et son équipe se sont aussi penchés sur le comportement prédateur des poissons génétiquement modifiés élevés en écloserie qui ne recevaient pas de quantités illimitées de nourriture. Ces poissons recevaient une ration limitée (c'est-à-dire la quantité désirée par les saumons sauvages élevés en écloserie), mais leur taille n'atteignait pas celle des saumons génétiquement modifiés ayant un accès illimité à de la nourriture. Fait étonnant, lorsque les chercheurs ont examiné le comportement prédateur de ces poissons dans les cours d'eau semi-naturalisés, les poissons génétiquement modifiés dont la nourriture était limitée consommaient davantage de proies que les saumons sauvages ou les saumons génétiquement modifiés ayant un accès illimité à la nourriture. Lorsque l'on compare ce résultat avec l'atténuation du comportement prédateur observé chez les saumons génétiquement modifiés élevés dans les cours d'eau semi-naturalisés, il est évident que le comportement prédateur n'est pas déterminé seulement par la taille du poisson ou par le fait qu'il s'agit d'un poisson transgénique - c'est probablement une combinaison du mode d'élevage et de la constitution génétique des poissons.

Il ressort des résultats de l'étude que le milieu d'élevage peut avoir une incidence considérable sur le comportement des poissons dans cet environnement ainsi que sur leur croissance et leur développement. Cette « incertitude » peut se traduire par une sousestimation ou une surestimation du risque. Les organismes de réglementation ont particulièrement besoin de cette recherche, car elle donne à penser que les résultats des expériences utilisant des poissons génétiquement modifiés élevés ou étudiés en écloserie ne s'appliquent pas nécessairement au comportement ou à la croissance d'un poisson en liberté. On trouvera dans les Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS) un article (en anglais) plus détaillé sur le sujet www.pnas.org/cgi/content/abstract/ 104/10/3889

Étude du saumon du Pacifique en mer

Le Canada s'est doté de deux programmes de recherche consacrés aux facteurs qui régissent la survie en mer du saumon du Pacifique peu de temps après son arrivée. Ces études sont essentielles pour distinguer les effets de la pêche et du changement de l'habitat dulcicole sur la production de saumons par rapport aux variantes naturelles de la capacité de charge des océans. De surcroît, le Programme de mise en valeur des salmonidés du Canada libère chaque année plus de 300 millions de saumons du Pacifique dans les eaux côtières. Pour assurer une conservation efficace et des pêches durables, il est important de comprendre comment les saumons produits par le Programme entrent en interaction avec les saumons du Pacifique sauvages et influent sur la capacité de charge pour les saumons du Pacifique.

Étude du détroit de Georgie

Des relevés de jeunes saumons ont été réalisés dans le détroit de Georgie en juillet et en août au cours des dix dernières années. L'information ainsi recueillie comprend la taille, la distribution et le régime alimentaire des jeunes saumons du Pacifique et des espèces autres que les salmonidés ainsi que des données sur la survie des jeunes saumons peu après leur arrivée en mer. On utilise cette information pour évaluer l'incidence des changements dans le climat océanique sur le saumon du Pacifique. Des travaux récents visaient principalement à comprendre la baisse du taux de survie du saumon coho en mer dans le détroit de Georgie.

Le pourcentage de saumons coho dans les écloseries canadiennes de ce détroit est passé de presque zéro au début des années 1970 à une moyenne de 70 p. 100 à la fin des années 1990, mais il a chuté à seulement 30 p. 100 entre 2000 et 2006. Le déclin récent pourrait être attribuable à plusieurs facteurs : une réduction globale du nombre de saumons coho d'élevage libérés dans le détroit au cours de l'année et la libération soutenue de saumons coho d'élevage en mai, qui a malheureusement coïncidé avec une « prolifération printanière » de production de proies dans le détroit de Georgie plus tôt que d'habitude. Ajoutons à cela une récente augmentation de l'abondance de saumons coho sauvages dans le détroit, qui n'a pas encore été expliquée. La recherche montre que les saumons coho d'élevage et sauvages réagissent différemment aux conditions marines au début de leur développement, mais des explications plus adéquates s'imposent. Il s'agit d'ailleurs de l'un des objectifs d'une nouvelle initiative étudiant l'écosystème global du détroit de Georgie.

Programme d'étude du saumon en haute mer

Les chercheurs Tyler Zubkowski et John Morris traitent un échantillon de jeune saumon dans un laboratoire en mer. Une fois l'espèce déterminée, le poisson est pesé et mesuré, puis congelé jusqu'à ce qu'on puisse procéder à une analyse plus détaillée à la Station biologique du Pacifique.

En vertu de ce programme, le MPO recueille depuis 1988 des données océanographiques et prélève des échantillons de saumons et d'autres espèces de poissons associées le long de la côte Ouest de la Colombie-Britannique et de l'Alaska pour évaluer les effets des conditions océaniques et du changement climatique sur la distribution, la migration et le taux de croissance et de survie du saumon du Pacifique. Ces relevés se déroulent généralement sur des périodes de deux à quatre semaines le printemps ou l'été ainsi que l'automne et l'hiver. Le lien entre la croissance du saumon et la qualité de ses proies est l'une des découvertes les plus étonnantes de l'équipe. Les changements, si modestes soientils, dans la qualité des proies ont un effet marqué sur la trajectoire de croissance des jeunes saumons coho et leur survie.

Le Programme d'étude du saumon en haute mer comporte également des liens étroits au niveau international. Le saumon et les systèmes océaniques ne respectent pas les frontières politiques. L'équipe collabore avec les groupes de recherche menant des programmes semblables aux États Unis dans le but d'établir une vue d'ensemble du comportement du saumon et des conditions qui agissent sur sa survie. Leurs recherches sont également utiles à la Commission des poissons anadromes du Pacifique Nord, qui réunit des scientifiques du Japon, de la Russie, des États-Unis, de la Corée et du Canada dans le but de partager les ressources et les résultats relatifs à la recherche sur les pêches.

B : SURVEILLANCE

Surveillance aquatique au Canada : rapport de l'Équipe de surveillance de la mise en oeuvre

Des échantillons d'eau de l'Arctique sont prélevés à bord du NGCC Louis S. St-Laurent. Photo: © Paul Galipeau

En 2006, l'Équipe de surveillance de la mise en oeuvre du renouveau du Secteur des sciences du MPO a publié Surveillance aquatique au Canada. Ce rapport est le fruit d'un vaste examen des programmes de surveillance aquatique visant à recenser les améliorations qui s'imposaient, les nouvelles exigences et les possibilités d'économies. On peut le consulter dans le site Web du Secrétariat canadien de consultation scientifique http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/Csas/Proceedings/2006/PRO2006_003_F.pdf

La surveillance est à la base de tous les conseils scientifiques donnés par le MPO. Environ les deux tiers des 56 millions de dollars que le ministère consacre à la surveillance aquatique sont investis dans des activités qui favorisent la pêche et l'aquaculture durables. L'autre tiers est affecté à la préservation de la santé et de la productivité des écosystèmes aquatiques. Par ailleurs, les partenaires du MPO consacrent 30 millions de dollars à la surveillance, principalement des stocks de poissons sur la côte du Pacifique.

L'amélioration la plus importante à apporter aux activités de surveillance vise l'Arctique et la grande région boréale du Canada. Il y a peu de programmes de surveillance systématique de la santé des écosystèmes, particulièrement dans les zones littorales. La surveillance de l'habitat du poisson, des espèces envahissantes, des réseaux alimentaires, des espèces en péril, des initiatives de gestion intégrée, des zones de protection marine et des incidences anthropiques cumulatives laisse à désirer. La presque totalité de nos observations marines sont effectuées à partir de navires. Pourtant, le nombre de jours en mer a diminué de moitié et les coûts ont doublé ces vingt dernières années.

Par ailleurs, des améliorations s'imposent en ce qui touche l'accès à l'information et l'intégration. En fait, on ne renseigne pas suffisamment le public sur l'importance de la surveillance aquatique, qui permet de recueillir des données sur le réchauffement du climat, la perte de biodiversité et les espèces envahissantes. À l'heure actuelle, la surveillance aquatique fait appel à un ensemble d'initiatives régionales. Ensemble, ces initiatives jettent les bases de la mise en oeuvre d'un programme national de surveillance.

L'équipe a recensé de nouvelles exigences et de nouveaux domaines où il y a matière à amélioration :

  • On pourrait utiliser les nouvelles technologies, comme les drogues à courant automatisées, pour la collecte de données océanographiques (propriétés physiques et chimiques), afin de réduire la demande et le coût des navires. La flotte du gouvernement du Canada pourrait aussi accroître ses activités de surveillance si elle était dotée d'instruments de collecte de données convenables.
  • On pourrait élargir les partenariats. La surveillance, par contre, est un investissement à long terme, et le rôle des organismes de bienfaisance, des universitaires et des gouvernements doit être clair. L'échantillonnage des pêches est un domaine dans lequel on pourrait établir davantage de partenariats.
  • Les protocoles en matière d'acquisition, d'archivage et de récupération des données sont actuellement améliorés
  • On envisage d'instaurer un processus uniforme d'établissement de rapports sur les écosystèmes aquatiques à l'échelle du pays, ainsi que des fiches de rendement qui permettraient de déterminer comment améliorer la surveillance et les connaissances.
  • On établit actuellement un engagement clair à l'égard d'un programme national de surveillance, afin de protéger l'investissement futur dans le domaine.
  • Il faut sensibiliser davantage les ministères à vocation scientifique aux activités de surveillance. Dernièrement, l'accent a été mis sur l'innovation, l'excellence, la créativité et les nouvelles technologies, mais on pourrait prétendre que ces thèmes relèvent plutôt des universités, tandis que l'état de l'environnement du Canada relève des ministères fédéraux à vocation scientifique et technologique. Un programme de surveillance aquatique à grande visibilité permettrait de réaliser cet objectif.

L'Équipe a recommandé d'établir un programme national de surveillance aquatique bien défini et intégré. Le Programme de monitorage de la zone atlantique et les liens entre celui-ci et le Service des données sur le milieu marin constituent un bon modèle.

Un programme de surveillance modèle

En 1998, le MPO a mis en place dans les cinq provinces de l'Atlantique le Programme de monitorage de la zone atlantique (PMZA) pour déterminer et comprendre les causes de la variabilité océanique dans cette zone. Le PMZA comprend un échantillonnage saisonnier le long de 13 transects pour surveiller des variables physiques (température, salinité), chimiques (nitrate, nitrite, phosphate, silicate, oxygène) et biologiques (fluorescence, chlorophylle a); un échantillonnage plus fréquent à six stations fixes pour surveiller ces mêmes variables; le prélèvement d'échantillons uniques pour surveiller ces mêmes variables à plus de 1 000 endroits dans le cadre de relevés plurispécifiques au chalut; la télédétection de la température à la surface de la mer, de la couleur de l'océan et de la productivité primaire; ainsi que l'utilisation de données provenant des transects EPC établis sur le plateau néo-écossais et dans l'Atlantique Ouest; la surveillance du niveau de la mer à neuf endroits; le réseau de surveillance à long terme de la température des eaux côtières; la surveillance des algues nuisibles; et les données météorologiques d'Environnement Canada. Toutes les données sont validées et archivées, puis mises à la disposition du public dans le site Web du MPO http://www.meds-sdmm.dfo-mpo.gc.ca/isdm-gdsi/azmp-pmza/index-fra.html

Surveillance dans le nord du Canada

Depuis des dizaines d'années, les scientifiques recueillent de précieuses données sur des emplacements précis dans l'Arctique grâce aux programmes de recherche du MPO sur la région. En 2006-2007, le Secteur des sciences a réalisé des progrès importants dans l'établissement d'un programme de surveillance aquatique vaste et soutenu s'inspirant du Programme de monitorage de la zone atlantique du MPO. En haute mer, le Ministère participe à différents programmes de surveillance de facteurs tels que l'épaisseur de la glace, les conditions océanographiques et d'autres indicateurs climatiques.

Une entente de cogestion unique en son genre dans l'Arctique canadien conclue en vertu d'accords sur des revendications territoriales a permis de créer des programmes d'échantillonnage des ressources dans la collectivité. Des résidents locaux, notamment des jeunes et des aînés, participent aux collectes de base pour atteindre les objectifs communs des populations locales, des gestionnaires de ressources et du milieu scientifique dans son ensemble. Il s'agit d'un programme rentable exécuté de façon uniforme pour recueillir des variables de base au fil du temps, notamment prélever des échantillons de tissus de mammifères marins sur les prises locales, déterminer les paramètres biologiques de base grâce aux activités de subsistance, à la pêche et aux observations fondamentales des changements aux écosystèmes aquatiques dulcicoles et marins où ils vivent.

La recherche sur la gestion des ressources aquatiques repose sur les relevés de mammifères marins ainsi que sur la collecte d'observations dans la collectivité et le prélèvement d'échantillons de tissus aux endroits stratégiques des régions est et ouest de l'Arctique. Ces programmes constituent un rouage important de la détection des changements dans l'écosystème et de l'orientation de projets de recherche visant expressément à répondre aux besoins des utilisateurs des ressources locales. On a aussi mis en place dans la collectivité des programmes d'échantillonnage dans les lacs intérieurs, rivières et fleuves importants pour les pêches locales et dans les zones de mise en valeur intense des ressources. Tous les programmes profitent du resserrement des liens et de la compréhension d'objectifs communs en fonction de différents scénarios de changement climatique et des environnements qui se modifient rapidement dans l'Arctique.

Nombreux avantages de la modélisation des océans et des applications axées sur l'écosystème

Guoqi Han dirige une équipe de spécialistes qui modélisent les courants océaniques. Pour compléter le Programme de monitorage de la zone atlantique du MPO, explorer l'incidence de la circulation et de l'hydrographie océaniques sur la biologie et les pêches et bénéficier des activités d'exploration des hydrocarbures extracôtiers, M. Han et son équipe de chercheurs ont mis au point une série de modèles de pointe pour la circulation et la dispersion océaniques au large de Terre- Neuve-et-Labrador. Pour la première fois, les solutions types ont permis d'établir des champs de courants, de température, de salinité et de turbulence haute résolution sous forme de moyennes mensuelles fondées sur des observations et dynamiquement compatibles pour le plateau et le talus de Terre-Neuve et du Labrador. Ils ont été validés rigoureusement en fonction des données historiques de mesure des courants, de données recueillies au moyen d'un profileur de courant à effet Doppler embarqué et de données de trajectoire obtenues par satellite.

Les travaux de M. Han, qui illustrent l'approche axée sur l'écosystème, présentent de nombreux avantages sur le plan de la gestion. L'étude fait grandement progresser les connaissances sur la variabilité saisonnière et interannuelle du courant du Labrador, sur les changements observés perpendiculairement au plateau continental et le long de ce plateau ainsi que sur son mécanisme de forçage. On a utilisé des champs de courant modèles pour concevoir des installations de forage en mer, évaluer des ressources marines renouvelables et mettre en oeuvre un système d'information géographique pour les pêches. La circulation et l'hydrographie peuvent influer sur la productivité biologique et halieutique et même parfois la déterminer. Ces champs ont aussi aidé à quantifier les échelles de temps caractéristiques importantes sur le plan biologique pour l'écosystème du cap Flemish.

Les chercheurs ont évalué de nouvelles zones d'échange d'eau de ballast au large de l'île de Terre-Neuve et recommandé de les utiliser sur la base des solutions modèles en matière de circulation et de turbulence. Ils ont procédé à des simulations au moyen de modèles pour clarifier les échanges de zooplancton perpendiculairement au plateau continental après l'hivernage sur le talus du Labrador. Les champs de circulation modèles ont été utiles pour expliquer le recrutement et l'abondance de la merluche blanche sur le Grand Banc et la propagation de la maladie du crabe des neiges sur le nord-est du plateau continental de Terre-Neuve.

Surveillance des eaux canadiennes à partir de l'espace

Les proliférations massives d'algues dans les régions côtières peuvent se révéler nuisibles ou toxiques pour les humains et la vie marine. Il était autrefois difficile de détecter les proliférations d'algues nuisibles, aussi appelées « marée rouge », au moyen de la technologie de télédétection servant au décodage de données satellitaires sur la couleur de l'océan, parce que la concentration de matières organiques et inorganiques est particulièrement élevée dans les eaux côtières. Les substances organiques et inorganiques présentes dans l'océan créent une fluorescence - elles émettent de la lumière d'une longueur d'ondes lorsqu'elles sont exposées à la lumière d'une autre longueur d'onde. L'imagerie par fluorescence faisant appel au spectromètre imageur MERIS (Medium Resolution Imaging Spectrometer) est avantageuse, car les scientifiques peuvent utiliser des bandes passantes lumineuses bien précises pour mesurer la concentration maximale de chlorophylle par zone (MCI - image de gauche) et déterminer l'intensité de la fluorescence de la chlorophylle (FLH - image de droite).
Ces deux images montrent que le spectromètre MERIS a détecté une prolifération d'algues nuisibles formant à la surface une dense marée rouge au large de la côte ouest de l'Amérique du Nord en juin 2007. Cette prolifération massive d'algues, la plus vaste jamais observée jusque-là, s'est produite parmi des proliférations vert vif détectées par d'autres capteurs de la couleur de l'océan et attribuées à des coccolithophores - organismes unicellulaires qui ne sont généralement pas nuisibles. Le plus excitant, c'est que le spectromètre MERIS a permis aux scientifiques d'observer pour la première fois la marée rouge à partir de l'espace.

Grâce à l'Agence spatiale canadienne, les chercheurs du MPO ont accès aux données recueillies par le spectromètre MERIS à bord du satellite européen Envisat. Un projet piloté par Jim Gower de l'Institut des sciences de la mer utilise cet appareil pour détecter les proliférations planctoniques dans les eaux côtières de l'Ouest canadien et distinguer les différents groupes d'espèces (coccolithophores, diatomées, algues bleu-vert, etc.). Les données MERIS sont utilisées pour produire des images à la fois des eaux du large et des bras de mer étroits près des côtes où sont situées les piscicultures. On estime que les proliférations d'algues nuisibles, aussi appelées « marée rouge» font perdre plusieurs millions de dollars par an à l'industrie aquacole.

Fort heureusement, la recherche sur l'utilisation des données de radiance recueillies par des instruments optiques a aussi permis de détecter des filières de sargasses flottantes dans l'ouest du golfe du Mexique. C'était la première fois que l'on observait ce type d'algues par satellite, même si des observateurs ont signalé à maintes reprises, depuis l'époque de Christophe Colomb et même plus tôt, que ces algues couvraient de grandes zones de l'océan Atlantique dans la mer des Sargasses. La recherche a aussi permis de détecter dans l'Antarctique de la glace qui semble colorée par une forte concentration d'algues, formant ainsi un type de prolifération que les observateurs des années 1970 nommaient « superprolifération » en raison de sa forte densité de phytoplancton.

La détection des proliférations ainsi que les observations de sargasses et d'algues dans la glace ont d'autant plus d'importance que les travaux de Jim Gower et de ses collègues proposent de nouveaux outils pour la surveillance de la productivité primaire de l'océan - qui est un facteur de la prévision du changement climatique. La production marine primaire est le processus par lequel les végétaux flottants, comme le phytoplancton et les algues, absorbent le dioxyde de carbone atmosphérique par photosynthèse et le convertissent en carbone organique. En absorbant la moitié du dioxyde de carbone libéré dans l'atmosphère, les océans ont une grande incidence sur le climat et c'est pourquoi ceux qui établissent les modèles climatiques s'y intéressent de près. Sur le plan technique, les travaux confirment l'importance de la bande de 709 nm du spectromètre MERIS, qui n'est pas comprise dans les instruments de satellite similaires actuels ou prévus.

Le spectromètre MERIS et l'étude de la marée rouge

On utilise aussi les données MERIS dans le sudouest du Nouveau-Brunswick, où le personnel de la Division des sciences océaniques (DSO) et de la Division de la recherche écologique (DRE) de l'Institut océanographique de Bedford et de la Station biologique de St. Andrews collabore dans l'utilisation de la télédétection pour l'étude des proliférations d'algues toxiques.

Ce n'est pas d'hier que l'on observe de la marée rouge dans la baie de Fundy, mais il n'est pas possible de prédire son apparition ni sa durée. Grâce aux données MERIS, les chercheurs espèrent élaborer le premier algorithme pour détecter à distance une espèce en particulier, soit Alexandrium, phytoplancton responsable de la marée rouge. Les données MERIS permettent aux chercheurs d'associer des images satellites multispectrales avec des mesures du nombre de cellules, des propriétés optiques et la composition granulométrique de la colonne d'eau au cours de la prolifération d'Alexandrium de cette année. La marée rouge se produit dans les eaux côtières. Ainsi, la présence de sédiments complique l'élaboration d'algorithmes de télédétection, car la quantité et la composition granulométrique influent sur la réflectance.

Au cours de la prolifération, Gary Bugden de la DSO ainsi que Ed Horne et Brent Law de la DRE mesurent les propriétés de la colonne d'eau. Ils déploient un analyseur de granulométrie laser sur place ainsi qu'une caméra numérique de silhouettage du floc pour déterminer la granulométrie complète des particules en suspension. Par ailleurs, Jennifer Martin de la Station biologique de St. Andrews mesure les propriétés optiques et les pigments végétaux et dénombre les cellules. Cette expérience marque l'une des premières fois où l'on mesure la granulométrie et les autres détails des matières particulaires en suspension en même temps que les pigments végétaux et le nombre de cellules. Il est à espérer que ces données complémentaires aideront à élaborer enfin un algorithme ciblant une espèce en particulier.

Changements considérables dans la composition de l'écosystème du sud du golfe du Saint-Laurent observés grâce à la surveillance à long terme

Depuis 1971, les relevés au chalut de fond plurispécifiques normalisés effectués chaque année ont permis de vérifier l'abondance des principales ressources de poisson de fond dans le sud du golfe du Saint-Laurent. Cette série de données à long terme est devenue un outil inestimable pour surveiller les changements au fil du temps concernant l'abondance et la composition d'espèces et par le fait même la santé globale de l'écosystème du sud du golfe.

La composition des espèces suit un flux constant pour la série chronologique de 36 ans. La population de gros poissons démersaux a diminué et ils sont peu abondants depuis le début des années 1990. En revanche, de petits poissons fourrage et de nombreux macroinvertébrés non exploités dont la population a augmenté sont devenus très abondants dans les années 1990. La modification de la composition biogéographique des populations de poisson donne à penser que le changement climatique a une incidence sur la composition des espèces. Par exemple, l'abondance accrue des espèces de l'Arctique au milieu et à la fin des années 1990 reflète probablement l'eau froide du fond au cours de cette décennie. Toutefois, les effets directs et indirects de la pêche semblent aussi une cause importante à l'origine de ces changements dans la composition des espèces. Ces données demeurent une précieuse mine de renseignements pour les chercheurs et le Secteur des sciences du MPO continuera de les mettre à profit de façon ingénieuse.

Mise en place d'un réseau de bouées acoustiques satellitaires pour la localisation en temps réel des baleines dans le Saint-Laurent

Des bouées acoustiques sont prêtes à être déployées pour détecter des mammifères marins dans le Saint-Laurent.

Un réseau intégré de bouées acoustiques intelligentes a été mis en place pour détecter, identifier et localiser les baleines en temps réel dans leur environnement et communiquer l'information recueillie à des stations situées sur terre ou à des navires par satellite ou Internet ou encore au moyen d'un système de communication sur fréquences radio. On peut utiliser ce réseau de bouées portatives peu coûteuses comme observatoire des mammifères marins pour mesurer les vocalises d'un animal dans un continuum d'espacetemps dans de grands bassins ou comme système d'avertissement pour mieux protéger les baleines sur les routes navales ou autour de plateformes mobiles ou fixes au cours d'activités menaçantes de haut niveau acoustique. Le réseau de bouées, qui s'adapte facilement à différentes tâches, a été conçu en prévision des développements futurs. Il est possible de le déployer en dérive, mais aussi de l'ancrer sur le fond marin ou sur un couvert de glace. Les premiers essais en mer ont été effectués en août 2006 dans le Saint-Laurent. On peut en apprendre davantage dans le site Web de l'Université du Québec à Rimouski http://www.uqar.ca/uqar-info/010407/Bouees_YSimard.asp

Espèces aquatiques envahissantes dans les Grands Lacs

Des activités de surveillance ciblant les espèces aquatiques envahissantes dans les Grands Lacs ont été réalisées en 2006 dans la rivière St. Marys (lac Huron) et le port de Hamilton (lac Ontario). Des relevés étaient prévus dans les secteurs préoccupants des Grands Lacs pour compléter les études en cours sur le poisson (pêche à l'électricité) et les invertébrés à l'appui de l'engagement du MPO à l'égard de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs. Selon la définition figurant dans cet accord canado-américain, un secteur préoccupant est « un secteur géographique qui ne répond pas aux objectifs généraux ou spécifiques de l'Accord, ce qui fait que son utilisation ou que sa capacité de servir d'habitat aux organismes aquatiques est diminuée ou est susceptible de l'être ». Les deux administrations fédérales ont répertorié 43 secteurs préoccupants, soit 26 dans les eaux américaines et 17 dans les eaux canadiennes; sur ce nombre, 5 secteurs se trouvent de part et d'autre de la frontière dans des réseaux hydrographiques reliés. Deux des 43 secteurs préoccupants recensés à l'origine ont été retirés de la liste.

Dans le cadre du projet des espèces aquatiques envahissantes dirigé par Christine Brousseau, Tom Pratt et Lisa O'Connor, du Secteur des sciences du MPO, les chercheurs ont évalué plusieurs types d'engins de pêche en comparant leur efficacité avec celle de la pêche à l'électricité pour ce qui est de détecter de nouvelles espèces dans les eaux côtières des Grands Lacs. Les résultats montrent qu'un protocole de relevé s'impose pour les engins multiples en raison de la diversité des habitats observés (zones côtières, ports, fleuves, rivières et cours d'eau reliant des lacs). On a capturé cinq espèces envahissantes dans la rivière St. Marys et huit dans le port de Hamilton, notamment le rotengle (Scardinius erythrophthalmus); le buffalo à grande bouche (Ictiobus cyprinellus), espèce en péril; et deux espèces de poisson non consignées auparavant. En collaboration avec Mohi Munawar, le personnel du Secteur des sciences du MPO a aussi surveillé les niveaux trophiques inférieurs (plancton et benthos) dans le port de Hamilton et on traite actuellement les échantillons prélevés. Les résultats seront mis à profit dans la conception et la mise en oeuvre d'un programme de surveillance des espèces aquatiques envahissantes en 2007 et par la suite.

Surveillance et évaluation du poisson de fond en Colombie-Britannique

Les relevés plurispécifiques permettent de recueillir des données importantes pour la science des écosystèmes. Des employés du MPO font des prélèvements et entrent des données pour un relevé plurispécifique dans le golfe du Saint-Laurent en 2006.

On a souvent tenté d'effectuer des relevés halieutiques des espèces de poisson de fond sur la côte de la Colombie-Britannique au fil des ans : la MPO en a entrepris environ 680 dans la Région du Pacifique au cours des 60 dernières années. Les premiers relevés, réalisés pendant les années 1940 et 1950, étaient surtout de nature exploratoire et visaient principalement à découvrir de nouveaux lieux de pêche. Au cours des années 1980 et 1990, les relevés, financés exclusivement par le gouvernement fédéral, s'attachaient à évaluer les effets des pêches commerciales sur l'abondance des espèces de poissons de fond.

Le chalutage du poisson de fond sur la côte du Pacifique donne lieu à la capture de plus de 200 espèces, mais on n'en a évalué qu'une vingtaine jusqu'à présent. Une nouvelle approche s'imposait pour répondre aux exigences plus complexes en matière d'évaluation et accroître l'efficience compte tenu des ressources limitées. En 2003, les scientifiques de la Station biologique du Pacifique ont élaboré pour les relevés plurispécifiques un plan d'action couvrant toutes les zones de la côte du Pacifique et prévoyant un relevé de chacune d'elles tous les deux ans. La plus grande partie du financement nécessaire pour ces travaux a été assurée conjointement par l'industrie de la pêche commerciale, le MPO et les intervenants qui ont aidé à concevoir les relevés et qui y ont participé. Les relevés ont été conçus de manière à satisfaire aux exigences de la gestion des pêches, à donner suite aux recommandations formulées à l'issue du récent examen d'évaluation des stocks, à appuyer les dispositions de la Loi sur les espèces en péril et à favoriser une approche de l'évaluation des stocks axée sur les écosystèmes.

Les auteurs d'un rapport rédigé en 2006 (Stanley et coll. 2007) ont évalué les résultats, les coûts et les attentes se rapportant aux relevés. Ils ont utilisé un simulateur afin de vérifier l'exactitude des relevés effectués pour suivre les populations de poisson au fil du temps et explorer le ratio coût-efficacité de la conception actuelle des relevés. D'après les résultats de l'analyse des données pour une quarantaine d'espèces, les relevés ont permis dans la plupart des cas d'assurer un suivi adéquat ou excellent; par ailleurs, la configuration et la fréquence actuelle des relevés présentaient le meilleur ratio coûtefficacité. Avant les relevés de 2009, la conception des relevés sera réexaminée lorsque l'on aura accès à de nouvelles données. On peut en apprendre davantage en consultant « A Review of the Queen Charlotte Sound Groundfish Bottom Trawl Survey (2003-2005) » dans Canadian Technical Report of Fisheries and Aquatic Sciences, 2709, viii + 59 p.

Développement de nouvelles technologies pour les relevés visuels des sébastes

Sébaste capté par une caméra embarquée sur un véhicule télécommandé ROV

Pour observer et évaluer les nombreuses espèces de sébastes démersales sur la côte canadienne du Pacifique, les chercheurs du MPO se heurtent à des défis inédits, particulièrement pour les relevés sur fond dur dans des eaux moyennement ou très profondes (de 20 à 200 mètres). Les méthodes acoustiques et les techniques de relevé traditionnelles ne constituent pas des outils de prélèvement efficaces pour étudier les poissons qui vivent dans des zones accidentées ou à proximité. Les submersibles habités et les véhicules télécommandés équipés d'appareils photo sous-marins figurent parmi les outils de relevé de prédilection pour les biologistes. Les données visuelles peuvent fournir de l'information sur l'abondance, les interactions entre les espèces et le comportement des poissons, mais les observations se limitent à quelques mètres - autrement, elles pourraient induire en erreur, car les poissons évitent de s'approcher du véhicule.

À la Station biologique du Pacifique, la section de la technologie appliquée a proposé de jumeler la technologie éprouvée du sonar DIDSON (Dual-Frequency IDentification SONar) et des appareils photo sous-marins pour accroître la portée de la détectabilité de la cible et surveiller le comportement des poissons en réaction au véhicule télécommandé qui s'approche. De longues heures de travail de l'équipe technique spécialisée dans l'atelier d'électronique et à quai ainsi que les manoeuvres minutieuses du NGCC Vector au cours des relevés ont permis de tracer avec succès 33 transects. L'analyse préliminaire des images DIDSON montre que les sébastes n'ont guère de réaction à l'approche du véhicule télécommandé - et que les autres espèces l'évitent.

L'équipage scientifique, composé de dix membres de la Station biologique du Pacifique et d'un de l'Institut océanographique de Bedford, à Halifax, a profité de l'occasion pour tester les modes et techniques de relevé faisant appel au véhicule télécommandé et recevoir une formation sur le pilotage de ce type de véhicule. Des travaux supplémentaires sont prévus pour évaluer plus en détail le système DIDSON afin de déterminer s'il s'agit d'un bon outil pour vérifier et mesurer la taille des cibles observées.

C : FORMULATION D'AVIS

Moules d'eau douce en voie de disparition En 2006, le Laboratoire des Grands Lacs pour les pêches et les sciences aquatiques a mis la dernière main à la stratégie de rétablissement visant deux espèces de moules d'eau douce en voie de disparition, soit l'obovarie ronde et le ptychobranche réniforme. Il s'agit de la toute première stratégie de rétablissement élaborée sous l'égide de la Loi sur les espèces en péril. D'ici la fin de l'année, on en achèvera trois nouvelles visant six autres espèces de moules d'eau douce en voie de disparition et, en collaboration avec la province d'Ontario, le premier poisson d'eau douce, l'omble Aurora également en voie de disparition. Toutes les espèces montrées ici sont en voie de disparition ou menacées. On voit dans la première main des mulettes du necturus; les cinq moules regroupées sont des dysnomies ventrues jaunes; les deux suivantes sont des lampsiles fasciolées; et les deux autres mains tiennent des mulettes feuille d'érable.

Le Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS) coordonne le processus consultatif du Secteur des sciences du MPO en collaboration avec les Centres des avis scientifiques régionaux. Ce réseau de coordination est chargé de faire respecter des normes d'excellence élevées en ce qui concerne la présentation de renseignements scientifiques évalués par les pairs et la formulation d'avis permettant la prise de décisions judicieuses.

Avis à l'appui de la Loi sur les espèces en péril dans les Grands Lacs

Il incombe à Pêches et Océans Canada de protéger toutes les espèces aquatiques et d'appliquer certaines dispositions de la Loi sur les espèces en péril en vigueur au Canada. Le Secteur des sciences formule plusieurs types d'avis à l'appui de cette loi.

Le Secteur soumet à l'examen de spécialistes toutes les données disponibles. Par ailleurs, les données du MPO et d'autres organisations sur les espèces d'intérêt prioritaire sont examinées par des pairs avant d'être soumises à l'évaluation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), après quoi ce dernier examine les rapports d'évaluation. Par exemple, la lamproie argentée a fait l'objet cette année d'un examen par les pairs avant l'évaluation par le COSEPAC. En outre, le Secteur des sciences formule des avis sur les évaluations du rétablissement potentiel effectuées par le COSEPAC à l'égard des espèces que l'on envisage d'inscrire à la liste des espèces protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

La grande majorité des espèces aquatiques protégées par cette loi proviennent de l'écosystème des Grands Lacs. Dans le bassin des Grands Lacs, 16 espèces de poissons sont inscrites à l'annexe 1*, 5 à l'annexe 2 et 9 à l'annexe 3. Huit espèces de moules d'eau douce sont inscrites à l'annexe 1. Une évaluation du potentiel de rétablissement du saumon de l'Atlantique et de l'esturgeon jaune dans le lac Ontario a été entreprise cette année.

* On peut consulter une explication complète des annexes de la Loi sur les espèces en péril dans le site Web du MPO http://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/faq/faq-fra.htm

Parmi les autres évaluations du potentiel de rétablissement de poissons et de moules d'eau douce, mentionnons le chabot du versant est (rivières St. Mary et Milk), la truite fardée versant de l'ouest (population d'Alberta), le lépisosté tacheté, le cisco à museau court, le chevalier noir, l'omble aurora, le dard de sable, le fouille-roche gris, le tête carmin, le méné d'argent de l'Ouest, le sucet de lac, le chat-fou du Nord, le méné camus, le chabot de profondeur (population des Grands Lacs), le ptychobranche réniforme, l'obovarie ronde, la villeuse haricot, la dysnomie ventrue jaune, l'épioblasme tricorne, la mulette du necturus, la lampsile fasciolée, la physe du lac Winnipeg et le pleurobème écarlate.

Avant de mener à bien l'évaluation portant sur ces espèces d'eau douce, il faudra effectuer des travaux approfondis sur l'habitat critique. La recherche se poursuit sur plusieurs espèces pour favoriser leur rétablissement et, dans certains cas, pour mieux comprendre leur état.

Évaluation de la distribution et de la structure sociale de l'épaulard dans les eaux de Terre-Neuve-et-Labrador

Un épaulard de l'Atlantique fait surface près d'un navire de surveillance.
Photo: © Arlene Erven

La plupart des Canadiens savent qu'il y a des épaulards dans les eaux canadiennes du Pacifique. Toutefois, les épaulards indigènes des eaux canadiennes de l'Atlantique ne sont pas encore aussi connus. En 2006-2007, Jack Lawson, Tara Stevens et David Snow, chercheurs au MPO, ont entrepris la première étude exhaustive de cette espèce dans les eaux de Terre-Neuve-et-Labrador. Nos connaissances sur les épaulards des eaux canadiennes de l'Atlantique reposent en grande partie sur des observations fortuites le long de la crête atlantique, notamment dans le golfe du Saint- Laurent. Pour évaluer l'état de cette population dans la région et par le fait même sa sensibilité aux répercussions et aux menaces attribuables aux activités humaines, le MPO recueille de l'information sur son abondance, sa distribution et son cycle biologique (p. ex., quel est son domaine vital et quelles sont ses habitudes de déplacement dans cette zone?).

Par le passé, la surveillance systématique de l'épaulard dans l'Atlantique comportait des lacunes. Étant donné que le public est mieux renseigné sur cette espèce grâce aux efforts de sensibilisation et que le MPO a mené des enquêtes par entrevue pour recueillir des données à l'égard des espèces protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril, par exemple, la rorqual bleu (Balaenoptera musculus) et la tortue luth (Dermochelys coriacea), un plus grand nombre d'épaulards ont été signalés. Comme pour le nord-est du Pacifique, on peut utiliser différentes sources afin de recueillir cette information pour la région de l'Atlantique : identification photographique, série d'observations dirigées et fortuites et échantillonnage génétique et acoustique. Dans la région, les premières observations reposant sur la série de photos d'épaulards près des côtes prises par David Snow donnent à penser que certains d'entre eux présentent un profil géographique transitoire. En partant de cette information, M. Lawson et Mme Stevens ont recueilli des milliers d'images supplémentaires et construit un catalogue de photos à grande échelle pour étudier plus en détail la résidence et la structure sociale de l'épaulard. L'équipe a ainsi pu identifier 64 individus et il reste encore des images de centaines d'autres qui restent à identifier. Le nouveau catalogue a par ailleurs permis de constater que certains individus reviennent dans le même secteur après plusieurs mois voire des années.

Les données recueillies par les chercheurs témoignent de la présence d'environ 13 bandes d'épaulards - qui comptent pour la plupart entre trois et sept individus - mais on ne sait pas s'il s'agit d'une appartenance de longue durée. Les chercheurs ont également observé des déplacements sur de grandes distances (plus de 600 milles nautiques) d'individus connus au cours d'une année et d'une année à l'autre. Les observations d'épaulards sont prévisibles à la fin de l'été au large de la côte sud de la terre ferme et ailleurs dans les eaux canadiennes de l'Atlantique pendant l'été et l'automne. Au cours de l'hiver, on a aussi observé sur des banquises de la côte nord de l'île de Terre- Neuve des épaulards se nourrissant peut-être de phoques du Groenland.

Le rapport de recherche intitulé Killer Whales of Atlantic Canada, with particular reference to the Newfoundland and Labrador Region sera affiché dans le site Web du Secrétariat canadien de consultation scientifique du MPO prochainement.

Évaluation de la population de baleine boréale dans l'est de l'Arctique canadien

Une baleine boréale. Photo: © BBC

En mai 2005, le COSEPAC a statué que la baleine boréale (Balaena mysticetus) dans l'est de l'Arctique serait désormais considérée comme une « espèce menacée » et non plus comme une « espèce en voie de disparition ». Les réunions d'examen par les pairs tenues sous l'égide du Secteur des sciences du MPO ont contribué à l'élaboration de la stratégie de rétablissement d'espèces protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril pour la population de baleine boréale du détroit de Davis et de la baie de Baffin ainsi que pour celle de la Baie d'Hudson et du bassin Foxe. Le MPO a également formulé des avis à la Gestion des pêches et au Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut relativement à la gestion de la baleine boréale et à la taille des quotas.

En 2006, à la lumière des résultats d'un programme de surveillance de la baleine boréale, les chercheurs du MPO ont déterminé qu'il y a une seule population de cette espèce dans l'est de l'Arctique - et non deux comme on le croyait auparavant - et qu'elle regroupe environ 7 000 individus.

Au cours de l'étude d'une durée de 10 mois, les chercheurs du MPO ont eu recours à une technologie relativement récente pour poser des marqueurs sur neuf baleines boréales afin de surveiller leurs déplacements. Les résultats confirment qu'il s'agit d'une seule population capable de se déplacer sur de grandes distances, que ses voies de migration varient et que les baleines de différentes zones de l'Arctique de l'est canadien partagent des aires d'estivage et d'hivernage. Le succès du programme de marquage illustre bien l'importance d'utiliser une technologie avantgardiste pour surveiller à distance les déplacements des animaux marins et aborder des problèmes de gestion importants. D'autres travaux sont en cours pour étudier, définir et mettre en évidence les préférences importantes des baleines boréales en ce qui a trait à leur habitat.

Comme l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut consacre le droit des Inuits à chasser la baleine boréale, il est important de comprendre la capacité des stocks à faire face à ces prises. Les questions de l'identité et de la structure des stocks, notamment une aire de répartition qui chevauche plusieurs régions et transcende les frontières internationales, sont des considérations importantes pour formuler des avis sur les quotas de chasse accordés aux collectivités du Nunavut et du Nunavik.

En mai 2007, la Commission internationale baleinière a accepté une nouvelle définition de la population de baleines boréales de l'Arctique de l'Est canadien, fondée sur ces travaux et des travaux similaires menés au Groenland, la population étant partagée entre les deux pays. Trois documentaires consacrés aux recherches du MPO sur la baleine boréale ont été présentés dans le cadre de bulletins de nouvelles spéciaux The National du réseau de télévision CBC, diffusés en 2006 à partir du passage du Nord-Ouest. On peut voir les vidéos (en anglais seulement) dans le site Web de la CBC www.cbc.ca/news/background/northwest-passage

Étude des populations résidentes de phoque et travaux de forage dans la mer de Beaufort

Jeune phoque annelé près de son trou d'aération
Chiens détecteurs près du site de Paktoa

L'étude avait pour objet de recenser et d'évaluer les effets potentiels des activités industrielles en haute mer sur les populations résidentes de phoque dans le but de formuler des avis sur les mesures d'atténuation et les études de surveillance que l'on pourrait utiliser efficacement dans l'avenir.

L'aire d'étude se trouve autour du site Paktoa de la Devon Canada Corporation au puits EL420 dans le sud-est de la mer de Beaufort. Pendant les trois premières années de l'étude (2003, 2004 et 2005), l'activité industrielle n'avait pas encore débuté au site, mais la dernière partie d'une saison de forage exploratoire a coïncidé avec la quatrième année (2006) lorsque Devon Canada a testé puis abandonné son puits de reconnaissance, démobilisé l'installation de forage et assuré la construction et l'entretien d'une route de glace et d'une piste d'atterrissage. Le MPO a eu recours à différentes méthodes, notamment des études des glaces au moyen de chiens détecteurs formés à cette fin, le marquage et le repérage par satellite de 20 individus, des relevés aériens toute l'année au cours de la période d'exposition au soleil des phoques et le prélèvement de 62 échantillons pour examiner l'état physique et reproducteur des individus. Au cours des quatre années de l'étude, les travaux ont grandement bénéficié de la participation de 19 techniciens inuvialuit sur le terrain.

On n'a guère observé de variations dans la distribution des abris subniveaux et des trous d'aération ou dans le comportement et la distribution des phoques annelés entre les années selon que l'industrie exerçait ses activités ou non. L'abandon naturel de ces structures s'est chiffré entre 21 et 26 p. 100 en 2003, 2004 et 2005, mais il a été ramené à 10 p. 100 en 2006. On attribue cette baisse au fait que la glace a pris beaucoup plus tard cette année-là. Les échantillons prélevés montraient que les phoques annelés dans la région étaient en bonne condition et possédaient des réserves de gras adéquates, que leur état reproducteur était normal, qu'ils présentaient un taux d'hydrocarbures aromatiques polycycliques nul ou négligeable, et que 74 p. 100 avaient une proie dans leur estomac. On a observé une augmentation appréciable de la densité de phoques exposés au soleil au bord de la glace par rapport à ceux qui se trouvent plus loin, mais il a été impossible d'établir un lien entre la distribution des phoques exposés au soleil et le site de Paktoa pour une année quelconque.

Dans l'ensemble, l'étude a permis de recueillir des données de référence importantes sur l'utilisation des zones situées près des côtes de la mer de Beaufort par les phoques annelés au cours du printemps et elle servira de point de référence pour les études à venir touchant des opérations de forage multiples ou à long terme. D'après les résultats, une saison de forage au site de Paktoa n'a eu aucun effet détectable sur les phoques annelés dans l'aire à l'étude. Les effets d'une exposition plus longue à une activité industrielle ou à une exposition à plusieurs sources industrielles demeurent inconnus.

Avis scientifiques sur les populations de narval, de flétan du Groenland et de béluga dans l'Arctique

Techniciens sur le terrain inuvialuits en compagnie d'un phoque annelé

Le Secteur de sciences du MPO a formulé des avis scientifiques en réponse aux demandes de la Gestion des pêches et de l'aquaculture du ministère et du Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut concernant l'examen et l'augmentation éventuelle des quotas pour le narval dans le nord de la baie d'Hudson, la pêche exploratoire de flétan du Groenland dans les eaux intérieures et les prises de crabes dans la division 0 de l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest (OPANO). En 2006, il y a eu deux activités de piégeage de béluga, soit aux lacs Husky et dans la baie Cumberland. Le Secteur des sciences a formulé des avis à l'appui de la prise de décisions dans les deux cas ainsi que pour l'aménagement d'une zone fermée en vertu de la division 0A de l'OPANO pour protéger la zone d'hivernage du narval, ce qui permet aussi d'y protéger les coraux des grands fonds.

Plan d'action du Canada pour les océans : le Secteur des sciences à l'appui de la gestion intégrée

En vertu du Plan d'action du Canada pour les océans, cinq zones étendues de gestion des océans (ZEGO) ont été établies en 2004 : la zone de gestion intégrée de la côte nord du Pacifique (GICNP); la mer de Beaufort; la zone de gestion intégrée du golfe du Saint-Laurent (GIGSL); la zone de gestion intégrée de l'est du plateau néo-écossais (GIEPNE); ainsi que la baie de Plaisance et les Grands Bancs (BPGB). À l'appui de la gestion intégrée dans les ZEGO, le Secteur des sciences a adopté une approche nationale et élaboré des objectifs de conservation axés sur les sciences portant sur l'état des composants non humains de l'écosystème.

En janvier 2007, une approche uniforme à l'échelle nationale a été établie pour les objectifs de conservation, qui guideront les participants tout au long du processus de gestion intégrée en établissant les balises à l'intérieur desquelles seront établis les objectifs sociaux, culturels et économiques propres aux ZEGO. Nous pourrons ainsi nous assurer que la nature et l'ampleur des répercussions des activités humaines ne porteront pas atteinte à la pérennité des écosystèmes. Les objectifs de conservation reposent sur quatre types d'enjeux : les zones d'importance écologique ou biologique; les espèces d'importance écologique et attributs des communautés d'importance écologique; les espèces décimées ou rare; et les zones dégradées.

On peut en apprendre davantage en consultant le Document d'orientation pour l'identification des priorités en matière de conservation et la formulation d'objectifs de conservation pour les zones étendues de gestion des océans du Secrétariat canadien de consultation scientifique http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/csas/etat/2007/SAR-AS2007_010_F.pdf

Évaluation de l'écosystème de la mer de Beaufort - aperçu et rapport intégral

La mer de Beaufort est un écosystème marin complexe. La productivité de la région, en particulier près des côtes, constitue depuis des décennies une importante ressource pour l'occupation humaine. À l'appui de la ZEGO de la mer de Beaufort, le Secteur des sciences du MPO et ses partenaires pour la gestion conjointe ont mis à profit leur expertise et donné des conseils pour l'élaboration du Beaufort Sea Ecosystem Overview et du Beaufort Sea Ecosystem Assessment Report à l'intention du Secteur des océans du MPO.

Dans le volume 1, l'aperçu décrit la structure et la fonction de l'écosystème ainsi que les lacunes au chapitre des connaissances. Dans le volume 2, les auteurs présentent et évaluent les conséquences écologiques des activités humaines (présentes et futures) pour aider le gouvernement, l'industrie et les Inuvialuits à prendre des décisions éclairées. Le rapport détermine par ailleurs les zones, les espèces et les attributs des communautés qui revêtent une grande importance sur le plan écologique ou biologique. Certaines conclusions et recommandations ont été formulées dans le but d'atteindre un équilibre entre le développement économique et l'intégrité de l'écosystème.

La science et la recherche sont essentielles pour parvenir à cet équilibre en vue d'élaborer des systèmes de surveillance ainsi que des stratégies d'atténuation ou de gestion efficaces. Un rapport technique canadien sur le sujet est en préparation à l'heure actuelle. Pour en apprendre davantage, on peut consulter la Loi sur les océans de 1996 http://www.dfo-mpo.gc.ca/oceans-habitat/oceans/oap-pao/index_f.asp

La cartographie des espèces en péril : nouvel outil pour la conservation et la gestion de l'habitat

Le Laboratoire des Grands Lacs pour les pêches et les sciences aquatiques, division de recherche du Secteur des sciences du MPO, a recueilli des données sur la distribution des poissons et des moules en Ontario pour mettre à jour les dossiers historiques et tracer un portrait exact de la distribution actuelle des espèces en péril. En 2003, un précieux outil de description a été élaboré pour un projet réalisé par la Gestion de l'habitat et ses partenaires avec l'appui financier du programme national relatif à la Loi sur les espèces en péril. Ce projet visait plusieurs objectifs :

  • recueillir et valider les données sur la distribution des poissons et des moules en Ontario;
  • développer une application cartographique Web pour le personnel du Secteur de l'Ontario et des Grands Lacs qui s'occupe des espèces en péril;
  • élaborer un atlas accompagné de documents à l'appui pour les partenaires;
  • mettre à jour l'application de cartographie Web grâce à des données valides actuelles.

Nick Mandrak et Carolyn Bakelaar du Laboratoire des Grands Lacs ainsi que Debbie Ming et Peter Brunette des Océans et de l'Habitat du poisson (Secteur de l'Ontario et des Grands Lacs) ont collaboré au développement de l'outil, en l'occurrence une série de cartes, pour le Secteur et les organismes partenaires, notamment les offices de protection de la nature, le ministère des Richesses naturelles et le ministère des Transports de l'Ontario. Chaque carte utilise un code de trois couleurs correspondant à l'état selon la Loi sur les espèces en péril et indique la présence d'espèces en péril dans un segment d'un cours d'eau. Par exemple, la couleur rouge indique les segments où sont présentes des espèces menacées, en danger de disparition ou disparues qui figurent sur la liste des espèces en péril de la LEP. Les applications de cartographie aident à déterminer le degré de participation du Secteur dans le processus de renvoi (par exemple, les activités terrestres ou aquatiques qui pourraient avoir une incidence sur l'habitat du poisson).

En juin 2006, une ébauche de l'outil de cartographie a été distribuée aux partenaires du Secteur. Il s'agissait d'un « atlas » de 143 cartes - offert sous forme électronique sur CD et par l'intranet du MPO dans une application de cartographie Web. En juin 2007, la version 1 a été lancée officiellement. Le projet se poursuivra au cours des prochaines années : le niveau de risque associé aux différentes espèces évolue et on recueille de nouvelles données sur la distribution.

Évaluation des espèces aquatiques envahissantes : le poisson à tête de serpent au Canada

Le poisson à tête de serpent (Channa argus) Ce prédateur vorace très prisé comme poisson de consommation est la seule espèce de la famille des channidés qui vit dans des eaux froides tempérées.

Le poisson à tête de serpent, qui vit en eau douce, est extrêmement robuste et très vorace en tant que prédateur d'autres espèces de poissons. Sa taille atteint rapidement plus de 1,5 mètre. On compte en Eurasie et en Afrique jusqu'à 36 espèces de poissons à tête de serpent indigènes, dont la plupart sont connues pour leur capacité notoire à respirer de l'air et à se déplacer sur le sol. Certaines espèces sont utilisées pour le commerce de poissons d'aquarium et de poissons de consommation vivants. Elles peuvent sans problème rester hors de l'eau pendant plusieurs heures - ou même des jours - et sont expédiés dans une toile de jute humide. On a même vu des poissons à tête de serpent encore en vie après avoir été congelés!

Après avoir évalué les risques biologiques posés par le poisson à tête de serpent, les chercheurs Nick Mandrak et Becky Cudmore ont jugé que les risques d'introduction et de répercussions sont élevés dans les eaux canadiennes. On peut en apprendre davantage dans le site Web du MPO http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/Csas/Publications/ResDocs- DocRech/2005/2005_075_f.htm

Entente canado-américaine sur le merlu du Pacifique

Une prise de merlu

Une entente entre le Canada et les États-Unis entrée en vigueur en janvier 2007 prévoit la mise en commun de l'évaluation et de la gestion des stocks ainsi que de la recherche sur les prises de merlu du Pacifique (Merluccius productus). La population de cette espèce au large du Pacifique va de l'état de Baja California au sud-est de l'Alaska, la côte ouest de l'île de Vancouver marquant la limite nord de son abondance commerciale. Il s'agit de la plus abondante des trois populations présentes dans le nord-est de l'océan Pacifique qui assurent les pêches internationales conjointes et les pêches intérieures dans les eaux canadiennes et américaines. Entre 1966 et 2004, les prises se sont chiffrées en moyenne à 190 000 tonnes métriques par an.

Les travaux récents concernant le merlu du Pacifique ont donné les résultats ci-après :

  • Le relevé hydroacoustique conjoint a montré que l'expansion ou la contraction des stocks est probablement liée aux variations des facteurs environnementaux, en particulier la température.
  • Les travaux portant sur les larves indiquent une forte variabilité spatiale interannuelle dans le transport des larves, qui atteignent la partie extérieure du plateau continental seulement certaines années.
  • Les scientifiques examinent l'information sur l'abondance et la productivité relatives des proies du merlu pour envisager des limites plausibles quant à la biomasse de cette espèce dans le courant de Californie.
  • D'après l'analyse des données sur la composition par âge, certaines cohortes semblent croître à un rythme différent par rapport à d'autres échantillonnées au cours de la même année.
  • Les individus âgés (cinq ans ou plus) de grande taille et principalement du sexe féminin migrent dans les eaux canadiennes. Pendant les épisodes d'El Niño, une plus grande proportion des stocks y migre, semble-t-il en raison des déplacements vers le nord plus intenses au cours de la période de migration active (Dorn 1995).
  • L'aire de répartition prend aussi de l'expansion vers le nord au cours des épisodes d'El Niño, comme en témoignent les observations de merlu au sud-est de l'Alaska. Pendant les périodes où l'eau était chaude dans les années 1990, les modèles de distribution ont changé.
  • On a observé des activités de frai dans le nord de la Californie. Par ailleurs, l'observation fréquente de quantités inhabituelles de jeunes individus entre l'Oregon et la Colombie-Britannique semble indiquer que les profils de peuplement du jeune merlu du Pacifique se sont aussi déplacés vers le nord à la fin des années 1990. C'est pourquoi les jeunes peuvent être soumis à une prédation accrue de la part d'espèces cannibales et plus vulnérables à la mortalité par pêche.
  • Subséquemment, les conditions de La Niña semblent avoir entraîné un déplacement vers le sud au centre de la distribution des stocks et on a observé une plus faible portion dans les eaux canadiennes dans le cadre du relevé de 2001.

Détermination de la diversité biologique du saumon sauvage du Pacifique sous le régime de la Politique concernant le saumon sauvage

Zones adaptatives conjointes La carte de la Colombie-Britannique et du Yukon montre l'emplacement de 49 zones écotypiques ou « zones adaptatives conjointes » qui sont à la base de la classification des unités de conservation. Chaque zone ne comprend pas nécessairement toutes les espèces. Par exemple, on trouve uniquement le saumon kéta dans le cours inférieur de la rivière Liard (en vert, dans l'angle nord-est de la Colombie-Britannique). Les zones du Yukon sont préliminaires.

Les six grands principes sous-jacents de la Politique concernant le saumon sauvage visent à déterminer et à protéger la diversité biologique du saumon sauvage du Pacifique et à recenser les éléments de diversité qu'il faut préserver. La détermination de ces unités de conservation en Colombie-Britannique tire à sa fin et on commencera à décrire celles du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest après la cartographie de leurs zones écologiques.

Pour caractériser la diversité du saumon du Pacifique autour de trois grands axes à savoir, l'écologie, le cycle biologique et la génétique moléculaire, le Secteur des sciences du MPO a remanié une approche élaborée à l'origine par le service des pêches de la marine nationale américaine. (Voir R. Waples et coll., 2001, « Characterizing diversity in salmon from the Pacific Northwest », J. Fish. Biol. 59, p. 1 à 41.) On utilise ces trois axes pour cartographier l'adaptation locale de différentes façons. La première étape de la délimitation des unités de conservation repose uniquement sur l'écologie. Ces « écotypes » caractérisent l'environnement marin près des côtes et dans les bassins hydrologiques associés.

La deuxième étape s'applique au cycle biologique et à la génétique moléculaire - ainsi qu'à toute autre information écologique sur le saumon du Pacifique - pour regrouper ou séparer les unités de la première étape en unités de conservation. On a observé une grande compatibilité entre les caractérisations écotypiques, biologiques (cycle biologique) et génétiques de la diversité intraspécifique, ce qui semble indiquer que les unités de conservation décrivent une diversité réelle et importante axée sur l'adaptation.

Outre les avantages pragmatiques d'une méthode qui tire parti de toute l'information disponible pour décrire la diversité intraspécifique, une approche écotypique présente des avantages grâce aux caractérisations de l'habitat du saumon dans son sens le plus large. Qui plus est, la méthode cadre avec l'intention de la Politique d'utiliser les unités de conservation pour la conservation à la fois des modèles et des processus pour les saumons du Pacifique et leurs écosystèmes. On entend par « processus » le processus évolutif qui crée et maintient la diversité. (Voir C. Moritz, 2002, « Strategies to protect biological diversity and the evolutionary processes that sustain it ». Systematic Biology, 51(2), p. 238 à 254.)

Cette démarche a notamment permis de conclure que le saumon du Pacifique dans les eaux canadiennes présente une grande diversité comme en témoigne le nombre estimatif d'unités de conservation par espèce : 21 ou 22 pour le saumon rose; 29 pour le saumon kéta; de 45 à 48 pour le saumon coho; environ 50 pour le saumon quinnat; environ 250 pour le saumon rouge (alevinage en lac); et de 30 à 35 pour le saumon rouge (alevinage en rivière, en fleuve ou en mer).

D : GESTION DES DONNÉES ET DE L'INFORMATION

Archivage de 1 million d'observations par mois et leur nombre va en augmentant

La Direction de la gestion des données scientifiques intégrées (GDSI) du Secteur des sciences du MPO gère les données pour le Programme de monitorage de la zone atlantique, le Programme sur les espèces aquatiques envahissantes, le Programme national sur la santé des animaux aquatiques, le Pacific Ocean Shelf Tracking Project et Argo ainsi que les nombreux types de données océanographiques recueillies par le Secteur. Le volume des données sur les océans continue d'augmenter : pour certains types de données, environ 1 million d'observations s'ajoutent chaque mois aux archives de la Direction générale, soit une augmentation de 300 p. 100 au cours des trois dernières années.

La couverture des mesures et le taux d'échantillonnage des océans du monde ont augmenté ces dernières années et on a de plus en plus accès en temps réel aux données d'observation de la température et de la salinité grâce à la technologie satellitaire. Depuis sa création, la GDSI (auparavant le Service des données sur le milieu marin) a pris en charge le contrôle de la qualité des données en temps réel ainsi que la diffusion et l'archivage des données recueillies par les programmes de recherche canadiens et internationaux. Cette année, en collaboration avec un nouveau centre d'expertise virtuel, en l'occurrence le Centre de développement et d'application de modèles océaniques, elle a franchi une nouvelle étape en permettant d'intégrer toutes les données de température et de salinité disponibles pour produire des champs océanographiques tridimensionnels en temps réel.

E : PRODUITS DE DONNÉES ET SERVICES

En 2006-2007, la division Science des océans - Service hydrographique du Canada (OS-CHS) du Secteur des sciences du MPO a continué d'assumer une responsabilité plus vaste et exhaustive à titre d'autorité nationale en matière de science des océans et de cartographie. De plus, au milieu de 2006, elle a révisé sa stratégie de gestion des données, y intégrant un plan de mise en oeuvre plus détaillé. En vertu d'une entente conclue avec Nautical Data International Inc., le Service hydrographique du Canada est depuis la fin de mars 2007 entièrement responsable de la production, du marketing, de la vente et de la distribution de ses cartes et données numériques, notamment de la délivrance de permis aux revendeurs et détaillants de produits à valeur ajoutée.

Pour continuer d'assurer la sûreté et l'accessibilité des voies navigables, le SHC a effectué des relevés sur le terrain, fourni des produits et des services pour la navigation et appuyé la sûreté et la sécurité maritimes ainsi que la souveraineté du Canada tout au long de 2006-2007.

Le SHC a par ailleurs fait la promotion de la sécurité nautique auprès du public et de nombreux plaisanciers en menant des activités de marketing et de liaison avec la clientèle, notamment dans le cadre de Découvrez le nautisme, des salons nautiques, des Canal Days et de la Journée mondiale de l'hydrographie avec le Spirit of Canada, et en participant au Conseil canadien de la sécurité nautique et aux Escadrilles canadiennes de plaisance.

GéoPortail

La Direction de la gestion des données scientifiques intégrées (GDSI) exploite le GéoPortail du MPO. Cette application Web assure le suivi des normes internationales pour présenter et regrouper l'information géographique émanant de différents sites du MPO. Sur le plan pratique, par exemple, on peut superposer sur demande les cartes des prises de homards, de la température des eaux de fond et de bathymétrie même si l'information provient de différentes régions du MPO. La Direction utilise des installations du GéoPortail, afin de tenir un inventaire en ligne fondé sur des normes pour présenter différentes données du Secteur des sciences gracieusement mises à la disposition de tous les utilisateurs. Une version d'essai de cet inventaire est actuellement en ligne, mais l'accès devrait être élargi au cours de l'année qui vient. On peut en apprendre davantage en visitant le GéoPortail http://geoportail-geoportal.gc.ca/index_fr.html

Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS)

Camp de relevés de l'UNCLOS
Le camp de relevés se trouve à la base des Forces canadiennes d'Alert, dans l'île d'Ellesmere. En unissant leurs efforts, le Canada et le Danemark pourront non seulement réduire les coûts, mais aussi interpréter ensemble les données recueillies, ce qui réduira la possibilité de revendications et de différends.

Le Service hydrographique du Canada et la Commission géologique du Canada de Ressources naturelles Canada collaborent avec la Commission géologique du Danemark pour recueillir des données bathymétriques sur la dorsale Lomonosov, chaîne de montagnes sousmarine située dans l'est de l'Arctique entre l'île d'Ellesmere et le Groenland, respectivement en territoires canadien et danois. Le Canada a jusqu'à la fin de 2013 pour présenter à la Commission des limites du plateau continental des Nations Unies des preuves à l'appui de sa revendication territoriale sur le plateau continental situé au-delà de sa zone économique exclusive de 200 milles marins sur la base des limites extérieures des plateaux continentaux.

Implantation d'un nouvel outil cartographique au SHC

Le progiciel CARIS HD présente une vue rapprochée de Belle Bay (Terre-Neuve-et-Labrador)

Le Service hydrographique du Canada est déterminé à s'imposer comme chef de file mondial de l'hydrographie et comme fournisseur proactif de produits. Conformément à cette vision, il s'est doté d'une nouvelle technologie pour produire des cartes marines papier et électroniques, révolutionnant ainsi les travaux des hydrographes.

Ce nouvel outil, le logiciel HPD de Caris, fait appel à une base de données commune partageant l'information source qui servira à élaborer les divers produits cartographiques. Il permet d'éviter les doubles emplois lors de la production des cartes d'un même secteur géographique à différentes échelles. Les versions papier et électroniques sont réalisées à partir des mêmes données, ce qui assure une plus grande uniformité entre les deux.

Après le chargement de la base de données - étape préliminaire qui nécessite un effort appréciable - on évite les doubles emplois. Les données source sont analysées une seule fois et leur représentation est utilisée dans les produits visés. La nouvelle technologie permet d'améliorer l'efficience au moment de la production des éditions ultérieures, car les données utilisées pour produire les cartes sont gérées dans une base de données parfaitement intégrée.

Grâce à l'intégration des données source et des données produit, il est possible de synchroniser la production des cartes papier et électronique et ce, dans un plus court délai. Pour la première fois, nous pouvons publier ces deux cartes presque simultanément.

Le Canada s'est joint au Chili et au Mexique lors de la Conférence hydrographique canadienne tenue à Halifax en juin 2006 pour annoncer la publication d'une carte marine utilisant cette technologie canadienne. La toute première carte canadienne produite au moyen de ce nouvel outil est celle du port de Québec. La production simultanée de cette carte en versions papier et électronique (CEN), une première mondiale, confirme le leadership du SHC parmi les pays producteurs de cartes marines.

Journée mondiale de l'hydrographie

La Journée mondiale de l'hydrographie a été créée en 2006 avec l'appui des Nations Unies et de l'Organisation hydrographique internationale dans le but de faire connaître l'hydrographie. Lors de cette journée spéciale, qui s'est tenue le 21 juin, le SHC s'est associé au Conseil canadien de la sécurité nautique et aux Escadrilles canadiennes de plaisance pour promouvoir la sécurité nautique auprès du public et de nombreux plaisanciers.

Science des océans - Service hydrographique du Canada sur la scène internationale

Image générée par ordinateur : SHC / MPO
Relevé de la mer de Beaufort en 2006

Cette image 3D d'entités semblables aux pingos dans le corridor de la mer de Beaufort a été prise par le Service hydrographique du Canada en 2006 au moyen d'un système sonar à faisceaux multiples embarqué à bord du NGCC Nahidik. Le terme « pingo », d'origine inuite, désigne généralement une petite colline ou une butte créée par la pression hydrostatique soulevant le sol dans les zones de pergélisol. L'émission Daily Planet du canal Discovery a présenté dans le cadre de sa série sur le Nord canadien le périple à bord du Nahidik.

Pour appuyer et promouvoir encore davantage la participation du Canada au milieu international des sciences des océans et des cartes nautiques, Sciences des océans - Service hydrographique du Canada (SO-SHC) participe activement aux organisations ci-après :

  • la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO, qui fournit aux États membres des Nations Unies un mécanisme de coopération internationale pour l'étude des océans;
  • le Système mondial d'observation de l'océan (SMOO), réseau permanent d'observation, de modélisation et d'analyse des variables marines et océaniques à l'appui des services océaniques opérationnels à l'échelle mondiale;
  • l'Organisation hydrographique internationale (OHI), organisme consultatif et technique créé en 1921 à l'appui de la sécurité nautique et de la protection de l'environnement marin, ainsi que ses comités;
  • l'Organisation maritime internationale (OMI), organisme des Nations Unies qui a été mis sur pied afin de maintenir un cadre réglementaire pour régir les opérations maritimes et dont le mandat englobe la sûreté, la pollution du milieu marin, les questions juridiques, la coopération technique, la sécurité maritime et l'efficience des opérations maritimes.

Promotion stratégique des sciences

La brochure Des activités scientifiques qui comptent pour les Canadiens

Au sein du Secteur des sciences du MPO, l'unité de promotion stratégique des sciences adopte une approche stratégique pour faire connaître le programme fédéral des sciences aquatiques. Cette unité de taille modeste poursuit un grand objectif : faire en sorte que les sciences aquatiques soient appréciées à leur juste valeur. Ses travaux concordent avec l'avantage du savoir préconisé par la stratégie fédérale sur les sciences et la technologie, selon laquelle les chercheurs canadiens doivent être à l'avantgarde des progrès importants qui engendrent des avantages dans les domaines sanitaire, environnemental, social et économique.

En produisant des articles, des conférences, des vidéos ainsi que des publications, imprimées et dans Internet, l'unité de promotion stratégique des sciences fait valoir auprès d'un large éventail de groupes l'importance des sciences aquatiques et des travaux des chercheurs du MPO. Elle prépare des pièces à exposer dans les centres des sciences nationaux et gère les activités de promotion en collaboration avec les organismes non gouvernementaux qui contribuent à l'apprentissage des sciences et à l'élaboration des programmes d'études dans le domaine. L'unité aide la sous-ministre adjointe du Secteur des sciences à donner suite aux avis formulés par le Comité consultatif des sciences, organisme externe composé de spécialistes des communications scientifiques nommés d'office ou issus de l'extérieur du MPO, qui donne des avis à l'équipe de gestion du Secteur au cours de l'année. Par ailleurs, l'unité assure le leadership stratégique auprès du personnel régional en ce qui a trait à la promotion pour mettre en valeur les portes ouvertes, les grandes manifestations et les célébrations commémoratives auxquelles le milieu participe.

On doit aussi à l'unité de promotion stratégique des sciences la série très prisée d'articles vedettes du MPO, qui sont affichés en ligne http://www.dfo-mpo.gc.ca/science/publications/article/index-fra.html. Pour s'abonner à la liste d'envoi de ces articles, il suffit d'envoyer un courriel à sciencebulletin@dfo-mpo.gc.ca en inscrivant comme objet la mention « abonnement ».

Le présent rapport et la brochure du Secteur des sciences du MPO intitulée Des activités scientifiques qui comptent pour les Canadiens.

SECTION 3 : Reconnaissance de l'excellence

Publications

Le Secrétariat canadien de consultation scientifique, qui relève du Secteur des sciences du MPO, coordonne l'examen par les pairs de publications scientifiques pour le compte du ministère. Il collabore avec les bureaux régionaux du MPO à l'élaboration de vues d'ensemble intégrées de questions reliées à la dynamique des stocks de poisson, à l'écologie marine et à l'utilisation de ressources aquatiques vivantes de même qu'à la mise en évidence rapide des nouveaux enjeux. En 2006, environ 200 publications ont été produites en vertu du mécanisme de formulation d'avis scientifiques du Secrétariat. On peut les consulter dans le site Web du MPO www.dfo-mpo.gc.ca/csas

En 2004, dernière année pour laquelle on a accès à des données bibliométriques complètes pour l'ensemble du Canada, les chercheurs du MPO ont produit 27 p. 100 des publications scientifiques canadiennes soumises à un examen par les pairs dans les domaines de la biologie marine et de l'hydrobiologie et 31 p. 100 dans ceux de l'océanographie et de la limnologie.

Les différents articles exercent souvent une grande influence, à la fois sur le plan scientifique et stratégique. Par exemple, l'article intitulé « Evolutionary response to size-selective mortality in an exploited fish population » produit en 2007 par Douglas Swain, Alan Sinclair et J.M. Hanson a été publié dans les Proceedings of the Royal Society of London (Series B. DOI, 10.1098/rspb.2006.0275). Les auteurs ont innové en utilisant une série chronologique de 30 ans de longueurs selon l'âge rétrocalculées pour vérifier une réaction génétique à la mortalité sélective en fonction de la taille au sein d'une population de morue (Gadus morhua) faisant l'objet d'une vaste exploitation. L'étude souligne la nécessité d'élaborer des régimes de gestion prenant en compte les conséquences évolutives de la pêche. L'article a été souligné dans le Conservation Magazine et dans le site Web Faculty of 1000 Biology, qui présente les articles les plus intéressants en biologie à la lumière des recommandations de 1 000 scientifiques éminents. D'après l'un des examinateurs, il s'agit jusqu'à maintenant de la démarche la plus sérieuse pour faire la preuve de façon empirique que la pêche sélective selon la taille peut se traduire par une évolution du taux de croissance1.

Mikko Heino, Faculty of 1000 Biology, 27 mars 2007, http://f1000.com/1071957.

Aperçu de la recherche sur les mammifères marins

La couverture haute en couleurs du rapport Recherche sur les mammifères marins - Un aperçu

Le Secteur des sciences du MPO publie à l'occasion des aperçus portant sur des domaines scientifiques particuliers. En février 2007, le Centre d'expertise sur les mammifères marins (CEMM) a publié Recherche sur les mammifères marins - Un aperçu, document entièrement illustré sur la recherche menée par les membres du Centre d'expertise au sein du MPO. Le CEMM travaille à des projets novateurs fort variés visant à recueillir de l'information sur la dynamique, l'écologie, l'habitat, la migration et la santé des mammifères marins d'un océan à l'autre. Cette publication donne de l'information sur le béluga, espèce en voie de disparition dans le Saint-Laurent, la baleine noire dans la baie de Fundy et l'épaulard dans le Pacifique ainsi que sur la recherche visant le narval, la baleine boréale et de nombreuses autres espèces de mammifères marins. On peut obtenir sur demande cette publication de 80 pages sur papier ou en version PDF dans le site de l'Observatoire du Saint-Laurent http://waves-vagues.dfo-mpo.gc.ca/Library/326785_fr.pdf

Évaluation des répercussions du changement climatique à l'échelle de l'Arctique

Arctic Climate Impact Assessment (ACIA)

En ce qui touche l'élaboration d'une politique axée sur les résultats de la recherche - et la compréhension par le public du changement climatique en général -, l'apport du MPO dans le domaine des répercussions du changement climatique dans l'Arctique illustre de façon fort éloquente la grande qualité de la contribution scientifique du MPO. En 2000, deux groupes de travail du Conseil de l'Arctique - Conservation de la flore et de la faune arctiques et Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique -, ainsi que le Comité international pour les sciences arctiques - ont été chargés de procéder à une évaluation des répercussions du changement climatique à l'échelle de l'Arctique. En plus de solliciter d'autres auteurs, Jim Reist, scientifique du MPO siégeant au comité directeur international, a joué un rôle clé en tant que coauteur de matériel, auteur de résumés et auteur principal du chapitre sur les écosystèmes d'eau douce et la pêche aux poissons dulcicoles. Sur les 3 auteurs principaux, les 12 auteurs collaborateurs et les 10 auteurs conseils mis à contribution pour ce chapitre, 6 sont des employés du MPO : Jim Reist, Richard Beamish, Jackie King, Robie Macdonald, Brian Dempson et Ross Tallman. Les résultats ont été publiés dans le très influent rapport de 2004 intitulé Arctic Climate Impact Assessment Overview, sommaire de 140 pages destiné aux responsables des politiques et aux gouvernements, auquel M. Reist a participé à titre de coauteur. La science de base et l'évaluation des répercussions ont été rendues publiques lors d'une conférence internationale en 2005 dans la version intégrale Arctic Climate Impact Assessment Scientific Report. Outre le chapitre sur les écosystèmes d'eau douce et la pêche de poissons dulcicoles, d'autres chapitres du rapport ont mis à contribution des employés du MPO en tant qu'auteurs collaborateurs ou conseillers, soit Eddy Carmack, Ken Drinkwater et Fiona McLaughlin pour les systèmes de marine ainsi que Jim Carscadden et George Lilly pour les pêches et l'aquaculture. Pour en apprendre davantage, on peut consulter en ligne les documents produits par l'ACIA (en anglais seulement) www.acia.uaf.edu/pages/scientific.html

En 2006, Jim Reist et les autres auteurs principaux Fred Wrona et Terry Prowse d'Environnement Canada ont remanié la présentation du chapitre du rapport scientifique de l'EICCA consacré aux écosystèmes d'eau douce et à la pêche des poissons dulcicoles pour le publier sous la forme d'une série de 10 articles dans la prestigieuse revue Ambio, afin de mieux communiquer les résultats de la recherche au milieu scientifique, aux chercheurs du secteur public et aux responsables de la politique. On peut consulter ces articles ou leur résumé dans le site Web d'Ambio http://ambio.allenpress. com/ambioonline/?request=get-toc&issn=0044 -7447&volume=035&issue=07

Les différents produits de l'EICCA continuent d'avoir une énorme incidence, car cette évaluation a amené tous les pays de l'Arctique à modifier leur politique concernant le changement climatique. En plus de contribuer à un changement d'attitude à l'échelle mondiale en ce qui a trait au changement climatique, désormais considéré comme un danger présent bien réel et non plus comme une menace qui émerge, elle a modifié et influencé la politique du gouvernement du Canada concernant l'Arctique et l'a directement incité à financer le plus important programme de recherche national parmi tous les pays de l'Arctique pour l'Année polaire internationale de 2007-2010.

De surcroît, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a récemment utilisé les résultats régionaux substantiels issus de l'EICCA pour appuyer sa réévaluation des répercussions du changement climatique mondial, atténuer les répercussions du changement, servir de modèle pour les évaluations régionales à venir et continuer d'influer sur l'adaptation et l'atténuation des effets du changement climatique au Canada et ailleurs dans le monde. Au pays, l'EICCA sert également de modèle pour la réévaluation en cours des répercussions et de l'adaptation climatiques sur une base régionale. Sous la gouverne de Ressources naturelles Canada, en collaboration avec des scientifiques du MPO, cette réévaluation devrait être publiée. Pour en apprendre davantage, on peut consulter le site Web du GIEC http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.htm

Prix Nobel de la paix au Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat

En octobre 2007, alors que la production du présent rapport tirait à sa fin, le Secteur des sciences du MPO a appris que le GIEC était colauréat du prix Nobel de la paix 2007 avec Al Gore, ancien vice-président des États-Unis. Nous félicitons les scientifiques du MPO suivants, qui ont participé au GIEC, ainsi que tous ceux qui ont contribué à cet effort :

Deuxième Rapport d'évaluation du GIEC, 1995 : Angelica Peña, Ian Perry, Trevor Platt et David Welch (anciennement du MPO)

Troisième Rapport d'évaluation du GIEC, 2001 : Richard Beamish

Quatrième Rapport d'évaluation du GIEC, 2007 - Groupe de travail I : Les bases scientifiques physiques
Ken Denman, Jim Christian, Igor Yashayaev, Humfrey Melling, Howard Freeland, Allyn Clarke et Robie Macdonald (http://IPCC-wg1.ucar.edu)

Groupe de travail II : Impacts, adaptation et vulnérabilités Jim Reist et Ken Minns (http://www.IPCC-wg2.org/)

Distinctions

Ken Denman et Trevor Platt - médaille Timothy R. Parsons 2006

Timothy R. Parsons et Ken Denman

Ken Denman, de la Région du Pacifique du MPO, a reçu cette médaille pour avoir contribué tout au long de sa carrière à l'étude de l'influence des processus physiques sur la productivité océanique et avoir été l'un des premiers à faire des recherches océanographiques physiques, biologiques et chimiques intégrées. Ce chercheur infatigable débordant d'idées inédites est l'auteur de nombreuses publications de prestige, notamment des articles qui ont pavé la voie à l'étude des interactions physiques et biologiques aux niveaux inférieurs du réseau alimentaire et le couplage des systèmes climatiques et des cycles biogéologiques. Spécialiste renommé de la modélisation des écosystèmes marins et du climat maritime, il a prodigieusement contribué à la science du changement climatique en déterminant les processus par lesquels les écosystèmes marins réagissent au climat et l'influencent à leur tour. Il est l'un des scientifiques du MPO qui fait partie du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat, colauréat du prix Nobel de la paix 2007. Ken Denman travaille au Centre canadien de la modélisation et de l'analyse climatiques à l'Université de Victoria, et à l'Institut des sciences de la mer du MPO, à Sidney, en Colombie-Britannique.

Trevor Platt

Cette médaille a également été décernée à Trevor Platt pour sa contribution exceptionnelle aux domaines de l'océanographie biologique et de l'écologie marine, de la thermodynamique de l'écosystème de la haute mer et de l'approche écosystémique de gestion des pêches. Ce chef de file de la recherche océanographique interdisciplinaire est un pionnier des nouvelles méthodes quantitatives et de l'utilisation de données satellitaires de télédétection pour mesurer les processus océaniques. Cet auteur prolifique compte plus de 285 publications scientifiques à son actif. Grâce à sa participation aux travaux du Programme international géosphèrebiosphère, du Comité scientifique sur la recherche océanique, de l'Étude conjointe sur les flux océaniques mondiaux et du Groupe de coordination international des données sur la couleur de l'océan, M. Platt exerce une grande influence à l'échelle internationale. Il travaille à l'Institut océanographique de Bedford du MPO, situé à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, et est professeur adjoint à l'Université Dalhousie, à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Eddy Carmack - Médaille Massey de la Société géographique royale du Canada

Eddy Carmack à bord du NGCC Louis S. St-Laurent
M. Carmack est bien connu des écoliers canadiens. En effet, 4 000 jeunes Canadiens ont participé au projet de bouteilles à la mer pour suivre les courants des océans. En août 2007, on avait retrouvé 150 bouteilles.
Photo: © Paul Galipeau

La Médaille Massey rend hommage à des réalisations exceptionnelles à l'appui de l'exploration, du développement ou de la description de la géographie du Canada. Eddy Carmack, océanographe à l'Institut des sciences de la mer à Sidney, en Colombie- Britannique, a reçu cette distinction en 2007 pour avoir joué un rôle de premier plan en océanographie. Il pilote l'important projet Les trois océans du Canada sous l'égide de l'Année polaire internationale. Deux brise-glace de la Garde côtière canadienne en mission dans l'Arctique canadien permettront de dresser un bilan des propriétés de l'océan et de l'écosystème à grande échelle et d'établir par la même occasion une base scientifique pour assurer une surveillance soutenue des mers subarctiques et arctiques du Canada dans la foulée du réchauffement planétaire. Ils parcourront environ 12 000 km. On peut en apprendre davantage dans le site Web de l'Année polaire internationale http://ipy-api.gc.ca/pg_IPYAPI_032-fra.html

R. Allyn Clarke - Société canadienne de météorologie et d'océanographie (SCMO) - nommé membre émérite

R. Allyn Clarke, membre émérite du SCMO, 2007

R. Allyn Clarke, scientifique émérite au MPO, travaille à l'Institut océanographique de Bedford à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse. Il a été nommé membre émérite de la Société canadienne de météorologie et d'océanographie (SCMO), qui a pour but de stimuler l'intérêt pour la météorologie et l'océanographie au Canada. M. Clarke a été reconnu pour ses contributions majeures à l'océanographie physique de l'Atlantique Nord et aux études du climat mondial grâce à la recherche, à la gestion et au leadership au niveau national ou international.

Howard Freeland - Société canadienne de météorologie et d'océanographie (SCMO) - Prix du président

Howard Freeland de l'Institut des sciences de la mer du MPO à Sidney, en Colombie- Britannique, a reçu le Prix du président de la Société canadienne de météorologie et d'océanographie (SCMO) pour avoir mis en place un réseau mondial de profileurs dérivants Argo, percée majeure dans le domaine de l'océanographie observationnelle. Les travaux de M. Freeland et du coauteur Patrick Cummins sont documentés dans l'article intitulé « Argo: A new tool for environmental monitoring and assessment of the world's oceans, an example from the N. E. Pacific ». La SCMO attribue le Prix du président pour une excellente communication ou un livre de grande valeur traitant de météorologie ou d'océanographie.

James Gower - Pan-Ocean Remote Sensing Conference (PORSEC) - 2006 Distinguished Science Award

James Gower est chercheur à l'Institut des sciences de la mer de Sidney, en Colombie- Britannique. À la Pan-Ocean Remote Sensing Conference (PORSEC) tenue en novembre 2006, on lui a rendu hommage pour ses travaux hors du commun qui ont fait progresser la science dans ce domaine.

David Higgs - Association aquicole du Canada - Prix d'excellence en recherche

David Higgs reçoit le Prix d'excellence en recherche de l'Association aquicole du Canada.

Dans la région du Pacifique, David Higgs est chef du Programme de nutrition du poisson au MPO et au Centre de recherche sur l'aquaculture et l'environnement de l'Université de Colombie-Britannique. Il travaille en collaboration avec des universités ou l'industrie dans trois grands domaines : l'amélioration des opérations d'alevinage, l'atténuation des effets environnementaux de l'élevage du saumon ainsi que la nutrition du poisson. En novembre 2006, M. Higgs a reçu le Prix d'excellence en recherche de l'Association aquicole du Canada pour ses réalisations exceptionnelles et son apport à la progression des connaissances sur la nutrition du poisson.

Zbigniew (Bob) Kabata - Ordre du Canada

Bob Kabata, éminent scientifique, poète et héros de guerre, a été nommé membre de l'Ordre du Canada en 2007.

Bob Kabata, scientifique émérite à la Station biologique du Pacifique du MPO à Nanaimo, en Colombie- Britannique, et parasitologue réputé dans le monde entier, a été nommé membre de l'Ordre du Canada en 2007. Il a été intronisé au sein de ce prestigieux groupe de Canadiens en reconnaissance de sa brillante carrière consacrée à la recherche scientifique sur les parasites du poisson. On peut en apprendre davantage en visionnant la vidéo en ligne Kabata : évolution d'un scientifique www.science.gc.ca

Jerome Keen et David Haight - Commission des pêches des Grands Lacs - Prix Vern-Applegate 2006

Jerome Keen, du Centre de contrôle de lamproie de mer de Sault Ste. Marie, et David Haight, ancien employé du MPO maintenant à la retraite, ont reçu le Prix Vern-Applegate 2006 décerné par la Commission des pêches des Grands Lacs pour s'être distingués en allant au-delà des fonctions de leurs postes respectifs afin d'accroître le rayonnement du Programme de lutte contre la lamproie marine du MPO à l'échelle de la région.

Simon J. Prinsenberg - Société canadienne de météorologie et d'océanographie - Médaille J.P. Tully en océanographie

Simon J. Prinsenberg, Médaille J.P. Tully en océanographie, 2007

Simon Prisenberg, de l'Institut océanographique de Bedford, à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, a été lauréat de la Médaille J.P. Tully en océanographie. Grâce à sa capacité exceptionnelle de concevoir les instruments requis pour prendre des mesures uniques en leur genre dans des milieux difficiles, il a permis de mieux comprendre les processus océaniques et glaciaires qui influencent l'environnement nordique.

Michael Sinclair - Vice-président du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM)

Michael Sinclair, directeur du Secteur des sciences du MPO dans la Région des Maritimes, en poste à l'Institut océanographique de Bedford, à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, a été élu vice-président du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) au moment de la création de cet organisme. En plus d'assurer la coordination et la promotion des recherches océanographiques dans l'Atlantique Nord, le CIEM constitue le point de convergence pour plus de 1 600 scientifiques spécialistes de l'océan des 20 pays qui bordent l'Atlantique Nord.

Denis Gilbert - Conseil consultatif sur l'hypoxie

Denis Gilbert vérifie des échantillons au cours d'une mission de recherche.

Le conseil consultatif scientifique du bureau des eaux de l'Environmental Protection Agency des États-Unis évalue les enjeux scientifiques et techniques complexes qui influent sur les causes, l'emplacement, l'ampleur et la durée de la zone hypoxique dans le nord du golfe du Mexique. Il établit par ailleurs l'ordre de priorité des différentes options concernant la gestion de l'hypoxie et la lutte contre ce problème et détermine s'il est possible de les mettre en application dans le bassin du Mississippi et le golfe du Mexique. Le spécialiste canadien de l'hypoxie, Denis Gilbert, de l'Institut Maurice-Lamontagne, siège au sein de ce conseil. Il est d'ailleurs la seule personne n'ayant pas la citoyenneté américaine à avoir été invitée à en faire partie.

Prix du sous-ministre pour le réseau de bouées océanographiques

Bernard Pettigrew, Roger Pigeon et Pierre Larouche de l'Institut Maurice-Lamontagne ont remporté un Prix du sous-ministre pour avoir mis sur pied un système de mesure qui fait appel à des bouées pour valider les images satellitaires couleurs de l'environnement marin du Saint-Laurent. Le réseau de bouées constitue un volet important du Programme de monitorage de la zone atlantique, qui prend en continu des mesures de l'environnement marin. Comme il n'existait aucun système commercial répondant aux besoins opérationnels, les trois employés ont développé un nouveau système océanographique haute performance. Ce système installé sur une bouée de navigation standard acquise auprès d'une entreprise locale et adaptée aux conditions maritimes du golfe et de l'estuaire du Saint-Laurent a permis de réaliser des économies appréciables au titre des coûts de fabrication. Avec les connaissances techniques ainsi acquises, l'entreprise locale participant à la mise au point des bouées a pu commercialiser ses propres bouées.

Prix de la Direction des océans décerné aux hydrographes du SHC

Lors d'une réunion des directeurs régionaux des océans tenue à Charlottetown, Céline Gaulin, directrice générale des océans, à Ottawa, a reconnu les efforts déployés par les hydrographes en présentant un certificat d'appréciation aux équipes du Service hydrographique du Canada qui travaillent dans l'ombre au niveau national ou régional. Ce certificat souligne la contribution des équipes au cours des dix dernières années, particulièrement leur conscience professionnelle à l'appui de diverses initiatives comme la Stratégie sur les océans du Canada et le Plan d'action du Canada pour les océans. Grâce aux nouvelles technologies à faisceaux multiples, les hydrographes peuvent balayer et visualiser de grandes portions du plancher océanique en trois dimensions et classifier l'environnement benthique. Chacune de ces techniques contribue grandement aux connaissances scientifiques sur les terres canadiennes submergées en vue d'une gestion intégrée des écosystèmes. Richard Sanfaçon, gestionnaire de l'acquisition des données, a reçu le prix au nom des membres de son équipe, Roger Côté et Louis Maltais de la Région du Québec.

Service hydrographique du Canada (SHC) - American Society for Quality (ASQ) Canada - Quality Recognition Award au Service hydrographique du Canada

En avril 2006, l'honorable Kevin O'Brien, ministre de l'Entreprise de Terre-Neuve-et- Labrador, a présenté un Quality Recognition Award au bureau de district de Terre-Neuve du SHC pour souligner la réussite de la mise en oeuvre d'un système de gestion de la qualité répondant aux exigences de la norme internationale de gestion de la qualité ISO 9001:2000. Depuis le milieu des années 1990, ASQ Canada déploie des efforts à Terre-Neuve-et-Labrador pour favoriser l'apprentissage, l'amélioration de la qualité et la mise en commun des connaissances. Il s'agit de la première édition des prix de reconnaissance de la qualité ISO 9000. Par ailleurs, la Région du Centre et de l'Arctique du SHC a reçu un prix pour son engagement en faveur de la qualité lors de la Foire de la qualité dans le secteur public 2007 pour ses efforts consacrés à la préparation et au maintien de normes de qualités dans le cadre de l'initiative des Normes de service du SHC.

Prix d'excellence - Lauréats du Secteur des sciences du MPO

Le Prix d'excellence est la distinction la plus prestigieuse décernée par le MPO à des individus et à des équipes qui apportent une contribution exemplaire au ministère. Le 31 mai 2007, plusieurs employés du Secteur des sciences du MPO en ont reçu un.

Lauréats Domaine d'excellence Région Réalisations
Theresa Carolyn Dugas Valeurs et éthique Maritimes Appui exceptionnel à la soixantaine d'employés du Service hydrographique du Canada
Sherry Niven
Judy B. Simms
Valoriser et soutenir les gens Maritimes Réalisations en tant que membres du comité consultatif régional de la diversité et création d'un milieu de travail plus sain pour tous les employés du MPO
David Victor
Branchieman
Prestation de services Centre et Arctique Leadership dans la conservation, la gestion et la protection des ressources halieutiques nationales grâce à la promotion des principes d'écosystème et aux approches en matière de gestion du bassin hydrologique
Richard D. Stanley Prestation de services Pacifique Efforts déployés dans le cadre de l'équipe intégrée pour assurer la viabilité biologique et économique de la pêche aux poissons de fond
Annette Anthony
Christine Lemay
Gordon Miller
Pamela Olson
Lynne Post
Elva Simundsson
Prestation de services Toutes les régions Création de la base de données en ligne Waves destinée au public sous l'égide du Conseil des bibliothécaires de Pêches et Océans
Michael Chadwick Politiques ou sciences Golfe Leadership exceptionnel dans la promotion d'un milieu de la recherche dynamique et collaboration avec les intervenants pour favoriser des solutions concertées entre les universités, l'industrie, le gouvernement et les Premières nations dans l'intérêt de la vie marine dans la région du golfe
Martin A. Bergmann
Donna Laroque
Oksana Schimnowski
Vera Williams
Politiques ou sciences Centre et Arctique, Pacifique, Région de la capitale nationale En collaboration avec leurs collègues des Communications, des Ressources humaines, de la Garde côtière canadienne et de Transports Canada, efforts déployés aux fins de la diffusion pendant une semaine de bulletins d'information et de reportages au bulletin de nouvelles The National au réseau de télévision CBC lors de l'expédition du brise-glace dans l'Arctique en 2006 à bord du NGCC Louis S. St-Laurent
Michael F. O'Connell Politiques ou sciences Terre-Neuve- et-Labrador Efforts déployés en tant qu'autorité prééminente en ce qui concerne la pêche au saumon de l'Atlantique et ses retombées durables, et contribution aux activités scientifiques portant sur l'environnement aquatique
Sarah Cosgrove Politiques ou sciences Toutes les régions En tant que membre de l'équipe de base du projet de loi C 45, efforts déployés pour déposer un nouveau projet de loi au parlement afin de mettre à jour la Loi sur les pêches

À venir dans le Rapport annuel du Secteur des sciences de 2007-2008, un rapport faisant état du projet de recherche sur les coraux d'eau profonde

Au cours de l'été 2007, Ellen Kenchington, scientifique principale du MPO, a dirigé une équipe de recherche à bord du NGCC Hudson pour une mission de 21 jours visant à accroître notre connaissance des coraux d'eau profonde et des espèces connexes sur les pentes continentales du Canada atlantique. L'enthousiasme éprouvé par les scientifiques devant leurs découvertes et les images fantastiques des grands fonds marins ont été communiqués grâce à une large couverture médiatique au Canada et à travers le monde. Des scientifiques de l'Institut océanographique de Bedford, du Centre des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, de l'Université Memorial et de l'Université Dalhousie y ont participé.

Le véhicule sous-marin de grands fonds ROPOS a été déployé dans quatre zones, soit la zone de protection marine du Gully, la zone de conservation du corail Lophelia de Stone Fence et ses environs, et dans le sud-ouest des Grands Bancs, le chenal Haddock, le chenal Halibut et le canyon Desbarres. Il a recueilli plus de 3 000 images numériques haute définition, plus de 10 000 saisies d'images de haute qualité et de nombreuses heures de prises de vue en couleur haute définition.

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