Rapport annuel 2005-2006

Table des matières

Ministre des Pêches et Océans

Ottawa, Canada
K1A 0E6

En ma qualité de Ministre, je suis très heureux de présenter le rapport inaugural sur le Secteur des sciences du ministère des Pêches et des Océans (MPO).

Les décisions du MPO concernant la gestion des pêches et des océans reposent principalement sur des données scientifiques solides. Grâce à ses principales fonctions - ses activités de recherche, de surveillance et de consultation, ses produits et ses services et sa gestion des données - le Secteur des sciences aide quotidiennement le MPO à s'acquitter de ses obligations stratégiques et à atteindre les résultats suivants :

  • des pêches et une aquaculture durables;
  • des écosystèmes aquatiques sains et productifs;
  • des voies navigables sûres et accessibles.

Le MPO est un ministère à vocation scientifique, et je crois fermement en son rôle, qui consiste àéclairer les décisions liées à la gestion des pêches et des océans au Canada. Je m'engage à renouveler nos capacités scientifiques afin que nous puissions exécuter des activités de recherche et de technologie de qualité supérieure qui sont pertinentes, efficaces, abordables et appréciées par les Canadiens.

En outre, la science fait de plus en plus appel à la collaboration. Ce rapport a pour but de fournir un aperçu détaillé du Secteur des sciences du MPO à la population canadienne, à nos partenaires et aux intervenants de ce secteur, afin de les renseigner sur ces travaux scientifiques importants et d'obtenir leur participation.

Je vous invite à lire cette publication afin d'en savoir plus sur les travaux du Secteur des sciences du Ministère. J'aimerais également entendre vos commentaires à ce sujet.

Veuillez agréer mes salutations distinguées.
L'honorable Loyola Hearn, C. P., député
Ministre des Pêches et des Océans

Message de la Sous-ministre adjointe

La grande majorité des quelque 1 600 membres du personnel du Secteur des sciences du ministère des Pêches et des Océans (MPO) travaillent dans quatorze instituts et laboratoires où des scientifiques, des techniciens, des hydrographes et d'autres membres du personnel scientifique entreprennent des projets de pointe. Leur travail, combiné à celui de leurs partenaires au pays et à l'étranger, offre aux Canadiens, sur nos écosystèmes aquatiques, des informations importantes et pertinentes d'une importance vitale pour le Canada et le monde.

Dans le monde et parmi nos pairs scientifiques, les chercheurs du MPO sont depuis quelque temps déjà considérés comme des chefs de file mondiaux des sciences aquatiques. Nos instituts, répartis dans tout le pays, sont parmi les meilleurs. Nous faisons des percées dans notre compréhension des environnements et des espèces nordiques. Dans le secteur de l'eau douce, nous sommes les chefs de file mondiaux des recherches sur l'aquaculture en cage pratiquée en eau douce avec notre programme de la région des lacs expérimentaux. En océanographie, le respect qu'inspirent notre modélisation et notre interprétation des données sur les océans du monde se reflète dans l'abondance et l'étroitesse des liens que nous entretenons à l'échelle internationale. Le Service hydrographique du Canada est un chef de file de la cartographie électronique. Notre travail a eu pour résultat un grand nombre de changements positifs en matière de politiques et de législation. Et cependant, en dépit de tout cela, lors de l'une des premières réunions de notre Conseil consultatif des sciences externe en 2005, un membre a fait remarquer que le Secteur des sciences du MPO était le creuset de « certaines des meilleures histoires de science dont personne n'a jamais entendu parler ».

J'ai l'intention d'améliorer notre aptitude à raconter nos histoires de science, et le présent rapport annuel n'est qu'une des manifestations de cette intention. Certains lecteurs du présent rapport seront étonnés et peut-être stupéfaits par notre travail. Je souhaite que tous ceux qui le lisent reconnaissent son excellence et sa pertinence.

L'examen de nos activités que nous avons effectué en 2005 a mené à la mise sur pied d'une initiative de renouvellement des sciences en 2006. Afin de soutenir cette initiative et les travaux de recherche prioritaires, le gouvernement du Canada a investi 13,5 millions de dollars dans le Secteur des sciences du MPO, en 2006, dans le cadre du Plan de transformation du Ministère. Cette initiative vise à maintenir l'excellence du programme des Sciences du MPO; à s'assurer qu'il répond aux besoins du Ministère, du gouvernement fédéral et de la population canadienne; qu'il est efficace et permet d'exécuter le programme au moyen de mécanismes d'exécution modernisés; qu'il est abordable, compte tenu de sa durabilité à long terme, et qu'il est apprécié et compris des décideurs.

Le Secteur des sciences du MPO est une importante organisation qui réalise des travaux scientifiques d'intérêt national, sur le terrain et en laboratoire. Je suis donc fier de donner un aperçu des travaux qu'il a réalisés en 2005-2006.

Wendy Watson-Wright, Ph.D.
Sous-ministre adjointe
Secteur des sciences
Ministère des Pêches et des Océans

Section 1 - Aperçu

Réalisations importantes et les priorités

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Chacune des fonctions scientifiques remplies par le ministère des Pêches et des Océans (MPO), que ce soit la gestion des sciences, la recherche, la surveillance, les conseils, les produits et les services, ou la gestion des données, contribue à l'atteinte des objectifs stratégiques du Ministère. Et comme le montre le présent rapport, la science n'a pas seulement un effet sur les activités du Ministère : c'est aussi le fondement de l'atteinte des objectifs du Ministère. Les objectifs stratégiques du MPO, dont chacun est vital pour l'économie et l'environnement du Canada, sont les suivants : pêches et aquaculture durables, écosystèmes aquatiques sains et productifs, et voies navigables sûres et accessibles. Le Secteur des sciences du MPO adopte trois thèmes scientifiques dans ses activités : l'état des écosystèmes aquatiques, les effets des activités humaines, et la sûreté, la sécurité et la souveraineté.

Trois réalisations importantes de 2005 détermineront l'orientation du Secteur des sciences au sein du Ministère pendant le reste de la décennie. Premièrement, et chose essentielle pour le renouvellement des sciences au Ministère, il y a eu la création du Conseil de gestion des sciences présidé par le sous-ministre. Le Conseil relève les questions qui présentent de l'importance pour la réalisation des objectifs autorisés du MPO, sélectionne et évalue les priorités ministérielles et pangouvernementales qui ont besoin du soutien du Secteur des sciences, et fournit des orientations stratégiques pour la planification opérationnelle du Secteur des sciences. Deuxièmement, on a commencé à utiliser une approche axée sur l'écosystème pour les activités de recherche et de surveillance. Troisièmement, les activités du Service hydrographique du Canada (SHC) ont été axées sur la collecte de données hydrographiques plus complètes et sur la fourniture de données en format électronique. En plus de ces réalisations clés, le Secteur des sciences du MPO a contribué à la recherche et à la consultation sur des questions d'importance nationale comme les collectivités nordiques, les changements climatiques, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), les biotechnologies et les priorités fédérales interministérielles comme l'eau douce.

Pour faciliter le passage à une approche des sciences axée sur l'écosystème, le Secteur des sciences a défini un cadre pour les activités à court, moyen et long terme, fondé sur les huit priorités suivantes :

  1. Établir des objectifs clairs pour la surveillance et la protection des écosystèmes;
  2. Élaborer des indicateurs et des systèmes de production de rapports pour les écosystèmes;
  3. Élaborer des cadres fondés sur les risques;
  4. Produire des informations intégrées sur les écosystèmes pour la gestion des pêches;
  5. Répertorier les habitats particulièrement importants et vulnérables;
  6. Déterminer les effets sur la biodiversité aquatique (espèces en péril et espèces aquatiques envahissantes);
  7. Comprendre les voies d'entrée des causes des changements;
  8. Comprendre la variabilité du climat et ses effets sur les ressources.

Dans le domaine de l'hydrographie, le SHC a continué d'adopter de nouveautés technologiques comme la cartographie électronique, la collecte de données multifaisceaux, la production automatisée, le développement de bases de données et les portails Internet. Cette année, le SHC a aussi commencé à mettre en œuvre l'entente de coopération avec Ressources naturelles Canada (RNCan) et le ministère des Affaires étrangères et du Commerce internal sur la cartographie du plancher océanique visant à déterminer les limites extérieures des eaux territoriales canadiennes en vertu de l'UNCLOS. Il a aussi recueilli, en collaboration avec RNCan, des données de cartographie du plancher océanique en vertu du Plan d'action pour les océans du Canada. La cartographie du plancher océanique est axée sur l'imagerie des caractéristiques et des éléments du plancher océanique et améliore la connaissance scientifique de l'environnement physique et des habitats associés. Cette compréhension contribue à la planification de la gestion intégrée et aide à déterminer quelles zones marines ont besoin de protection. Au cours de la saison 2005, plus de 2 300 km2 de l'estuaire du Saint-Laurent ont été explorés à l'aide de la technologie multifaisceaux.

À une époque où les défis scientifiques sont de plus en plus complexes et coûteux, les partenariats sont essentiels pour élargir les capacités du Secteur des sciences. L'expertise de tierces parties permet d'améliorer et de renforcer les programmes; on acquiert des connaissances traditionnelles et locales; le contact avec des chefs de file canadiens et étrangers stimule l'innovation scientifique et technologique de classe mondiale; les nouveaux membres du personnel scientifique sont formés plus efficacement et le Secteur des sciences est plus à même de conserver sa réputation nationale et internationale d'excellence en sciences. Le projet de création de centres d'expertise met le Secteur des sciences en position de créer des partenariats utiles en réunissant les chercheurs ayant des spécialités, des centres d'intérêt et des missions complémentaires en sciences aquatiques dans des centres d'expertise géographiques ou virtuels.

Ces réalisations et la contribution permanente du Secteur des sciences à l'étude des questions d'importance nationale sont décrites plus en détail dans ce premier rapport annuel du Secteur. Pour en savoir plus, nous vous invitons à visiter le site Web du Secteur des sciences.

Budget du Secteur des sciences en 2005-2006*

Des voies navigables sécuritaires et accessibles 2005-2006 (en millions de dollars)
Prestation de produits et services pour la navigation 30,1 $
Revendication visant le plateau continental en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS)
Évaluation des incidences des variations du climat sur la navigation
4,5 $
Autres programmes et services 1,9 $
Des pêches et une aquaculture durables
Évaluation de l'état des ressources halieutiques 90,9 $
Soutien de l'évaluation et du rétablissement des espèces en péril 12,4 $
Prévention de l'introduction d'espèces aquatiques envahissantes et lutte contre ces espèces
Prévention des maladies chez les animaux aquatiques et lutte contre ces maladies
17,5 $
Soutien de la production aquacole durable
Évaluation des interactions de l'aquaculture et l'environnement
10,5 $
Application des principes de génomique et de biotechnologie aux écosystèmes aquatiques 2,1 $
Contribution à la gestion des sciences au MPO et au gouvernement du Canada (en appui aux voies navigables sécuritaires et accessibles, aux pêches et à l'aquaculture durables ainsi qu'aux écosystèmes aquatiques sains et productifs) 3,8 $
Des écosystèmes aquatiques sains et productifs
Évaluation des incidences du développement sur les écosystèmes aquatiques 21,5 $
Évaluation des écosystèmes aquatiques et soutien de la gestion intégrée des océans
Cartographie du plancher océanique
Gestion intégrée des données scientifiques
8,6 $
Détermination du rôle des océans dans la régulation du climat mondial
Évaluation des effets des variations du climat
12,5 $
Autres programmes et services 3,8 $
Total 220,1 $

Remarque : Les montants indiqués sont des affectations. Les dépenses réelles sont présentées dans le Rapport de rendement ministériel du MPO, 2005-2006.

Section 2 -Nouvelles scientifiques

Faits saillants des nouvelles scientifiques

Les océans, la météo et leurs effets ont fait la une des journaux au long de l'année. Au début de l'année, le monde s'employait à réagir au tsunami dans l'océan Indien, et à la fin de l'année, les conséquences des ouragans Katrina et Rita continuaient de faire les manchettes. Ces événements ont concentré l'attention mondiale sur l'océanographie, en particulier sur la prédiction des tempêtes et des tsunamis, les systèmes d'alerte et les capacités de surveillance des océans. Au Canada, le Secteur des sciences du MPO a fait parler de lui tout au long de l'année, dans des nouvelles relatives aux tendances mondiales, à la contribution des sciences aux fonctions centrales et aux services du Ministère, et à des questions d'importance quotidienne pour les Canadiens. On trouvera dans les pages qui suivent une énumération chronologique des nouvelles scientifiques provenant de toutes les régions du Canada.

Un calmar géant est examiné à l'aqualaboratoire du Centre des pêches de l'Atlantique nord-ouest

Le 11 janvier 2005, les médias ainsi que des scientifiques de nombreux instituts, des étudiants universitaires et des élèves d'écoles secondaires se sont réunis à l'aqualaboratoire pour assister à la nécropsie de deux calmars géants, les premiers trouvés en 23 ans dans la région. Le premier calmar était une femelle adulte qui mesurait 5,7 m de la queue à l'extrémité des tentacules et pesait 38,56 kg. Le second était un mâle adulte qui mesurait 4,05 m et pesait 32,96 kg. On a rarement une telle occasion d'étudier cette espèce qui est pratiquement inconnue, et des échantillons d'ADN ont été prélevés aux fins d'une étude internationale en cours. On trouve généralement les calmars géants à l'automne les années où l'eau est plus chaude que d'habitude, comme c'était le cas en 2004. Environ trente des soixante calmars géants qui ont été capturés dans les eaux de Terre-Neuve-et-Labrador l'ont été au cours des années 1870. Les derniers calmars géants découverts dans la province l'ont été en 1972, 1981 et 1982.

Science et fruits de mer

En février, le gouvernement du Canada a annoncé un investissement de 59 millions de dollars dans le Programme national sur la santé des animaux aquatiques (PNSAA). Cette initiative conjointe dirigée par l'Agence canadienne d'inspection des aliments a pour but de protéger les animaux aquatiques des effets néfastes des maladies et de maintenir la compétitivité de l'industrie des fruits de mer sur les marchés internationaux. En protégeant de façon proactive la santé des animaux aquatiques du Canada, le PNSAA protège également des industries comme la pêche commerciale et l'aquaculture, qui en dépendent, et contribue ainsi à la santé économique globale d'une région. Dans le cadre de cette initiative, le Canada élabore un solide programme de surveillance qui est le fruit d'un effort de coopération entre les gouvernements fédéral et provinciaux, l'industrie et des universités. Les objectifs principaux du PNSAA sont de permettre au Canada de satisfaire aux normes internationales en matière de santé des animaux aquatiques, de s'assurer des marchés d'exportation des fruits de mer et de mettre en place un système national d'inspection et de certification des animaux aquatiques semblable à celui qui s'applique à l'heure actuelle aux animaux terrestres. Voir : Agence canadienne d'inspection des aliments, Santé des animaux .

Laboratoire de recherche sur l'aquaculture et l'environnement

En mars, le MPO a annoncé une nouvelle collaboration en matière de recherche scientifique avec l'Université de la Colombie-Britannique (UBC). Le Centre de recherche sur l'aquaculture et l'environnement (CRAE) du MPO et de l'UBC partagera le laboratoire de pointe du MPO à Vancouver-Ouest. L'installation de 2 500 m2 se compose de laboratoires secs et d'aqualaboratoires, d'un vaste système de contenants à eau pour l'élevage des poissons et la recherche ainsi que de quais pour l'amarrage des gros navires. Le CRAE se consacrera à des programmes de recherche ciblés intégrant les concepts d'écosystème et de conservation aux pratiques d'aquaculture durable, et à l'élaboration de stratégies rentables d'élevage d'espèces aquatiques d'importance mondiale.

Recherche sur les phoques de l'Atlantique

L'article le plus souvent téléchargé du site Web du Secteur des sciences du MPO en 2005 portait sur le Projet de recherche sur les phoques de l'Atlantique (PRPA), qui consistait à étudier l'abondance, la distribution et le régime alimentaire des phoques. Le marquage et le suivi par satellite d'environ cent phoques ont permis de mieux cartographier les voies migratoires des phoques et de mieux connaître leur comportement de plongée et leur vitesse de nage. Ces nouvelles connaissances ont permis d'améliorer la modélisation des interactions des phoques avec les poissons de fond de l'Atlantique. En première mondiale, les chercheurs ont montré que les proportions de différents acides gras présents dans la graisse d'un phoque correspondent aux proportions des différentes espèces de poissons dont il se nourrit.

Les marqueurs électroniques temporaires tombent sans dommage lors de la mue annuelle des phoques. Source : Garry Stenson

Améliorer la gouvernance internationale par la science à Terre-Neuve-et-Labrador

En avril 2005, le gouvernement du Canada a fait une importante annonce concernant un financement de 20 millions de dollars réparti sur trois ans pour des initiatives scientifiques, politiques, juridiques et promotionnelles visant à appuyer la gouvernance internationale du Canada en haute mer. Plus de la moitié de ce montant (11 millions de dollars) a été allouée à la recherche scientifique. La Région de Terre-Neuve-et-Labrador a reçu la plus grande part de ce financement réservé aux sciences. Au cours des trois prochaines années, 7,6 millions de dollars financeront 14 projets de recherche qui permettront au MPO d'approfondir sa compréhension des écosystèmes des Grands Bancs et des stocks de poissons chevauchants.

Épinoche à trois épines (Gasterosteus aculeatus) recueillie dans la région de l'archipel Broughton (C.-B.) en 2004. Le poisson est fortement infecté par le pou du saumon Lepeophtheirus salmonis et par une autre espèce de pou marin, Caligus clemensi. On vient de découvrir que l'épinoche est un hôte du pou du saumon sur la côte de la C.-B. Elle pourrait jouer un rôle important dans la transmission du parasite à d'autres poissons. Source : Ted Sweeten

Un scientifique du MPO est le premier à un concours d'équipement intelligent

M. Edward Trippel, scientifique du MPO à la Station biologique de St. Andrews, a reçu en avril 2005 le premier prix du premier Concours international d'engins de pêche intelligents, commandité par le Fonds mondial pour la nature. Ce prix lui a été attribué en reconnaissance de ses recherches novatrices visant à accroître les propriétés réfléchissantes des filets maillants et à mettre au point une ralingue moins résistante que la normale destinée à réduire le nombre de prises accessoires de marsouins et de baleines dans les pêches commerciales.

À la Station biologique de St. Andrews, Edward Trippel prépare un filet maillant et une ralingue moins résistante qu'une ralingue normale, les deux contenant du sulfate e baryum, aux fins d'essais dans la baie de Fundy. Source : Suzanne Taylor

Le pou du poisson

Les liens possibles entre le pou du poisson, les fermes salmonicoles et les stocks de saumon sauvage en Colombie-Britannique ont continué de susciter un très vif intérêt dans les médias en 2005. Les scientifiques du MPO se consacrent activement à la surveillance du pou du poisson et à des recherches sur sa biologie et son abondance. Ces parasites se retrouvent dans tous les océans et chez de nombreuses espèces, et sont communs chez les saumons du Pacifique adultes lorsqu'ils reviennent dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique. Nous savons que les saumons sauvages transmettent les poux aux saumons d'élevage; cependant, l'importance des fermes salmonicoles comme source de poux pour les jeunes saumons sauvages est contestée. En l'absence de traitement, les fermes salmonicoles peuvent constituer une source de poux pour leur environnement. Cependant, les éleveurs de saumons peuvent traiter leurs poissons et limiter la densité des poux du poisson. Nos recherches ont montré que la densité des poux du poisson chez les jeunes saumons sauvages varie d'une année à l'autre. L'infection par le pou du poisson peut accroître la mortalité au cours des premières phases marines du saumon du Pacifique, mais la question la plus préoccupante est de savoir si elle accroît la mortalité au cours de la durée de vie du poisson et menace ainsi la conservation des populations locales. En 2004 et en 2005, les remontes de saumons roses et kétas adultes se sont accrues par rapport à l'année initiale et se sont rapprochées de la moyenne à long terme. Ces observations et de plus amples recherches menées de concert avec l'industrie ont contribué à faire naître l'idée que les fermes salmonicoles et les stocks sauvages peuvent coexister. Cependant, la présence persistante de poux du poisson chez les saumons juvéniles dans certaines régions de la Colombie-Britannique est une énigme de l'écosystème marin qui ne s'explique pas uniquement par la présence des fermes salmonicoles.

M. Robie Macdonald honoré par la Société royale du Canada

La Société royale du Canada a annoncé en mai que M. Robie Macdonald, MSRC, chercheur scientifique principal à l'Institut des sciences de la mer de Sidney en C.-B., s'était vu attribuer la médaille Miroslaw Romanowski de 2005. Ce prix prestigieux est attribué en reconnaissance de contributions importantes à la résolution des aspects scientifiques des problèmes environnementaux ou d'améliorations importantes de la qualité d'un écosystème. La Société a reconnu en M. Macdonald une sommité mondiale réputée dans le monde entier pour ses travaux sur les voies des contaminants dans les systèmes environnementaux.

Inauguration de la médaille Timothy R. Parsons

La médaille Timothy R. Parsons

Les premières médailles nommées en l'honneur de M. Timothy R. Parsons, pionnier canadien de l'océanographie, ont été attribuées par le Secteur des sciences du MPO en mai 2005. Les premiers récipiendaires de cet honneur ont été M. Parsons lui-même, pour sa contribution sans égale à une approche holistique des sciences de la mer, et M. Daniel Ware, pour son apport exceptionnel au domaine de l'océanographie des pêches. Ces prix ont été créés par le Secteur des sciences du MPO, et seront attribués annuellement suite à un processus de mise en nomination et de sélection. Malheureusement, M. Ware est décédé quelques mois seulement après avoir reçu cet honneur de ses pairs. En savoir plus sur M. Parsons et la médaille.

Des chercheurs de l'Institut des sciences de la mer honorés

Le chercheur Svein Vagle s'est vu attribuer le prix Medwin en océanographie acoustique en mai 2005, et son collègue Eddy Carmack a eu l'honneur d'être élu membre de l'American Geophysical Union. Ces deux chercheurs travaillent à l'Institut des sciences de la mer de Sidney en C.-B.

Un atelier marque le début de la conception d'un système d'alerte aux ondes de tempête et aux tsunamis de l'Atlantique

En juin, le MPO a été l'hôte, à l'Institut océanographique de Bedford (Dartmouth, NouvelleÉcosse), de l'atelier interorganismes sur le système d'alerte aux tsunamis de l'Atlantique auquel participaient des représentants fédéraux et provinciaux et des chercheurs des États-Unis. Le but du groupe est de concevoir et de tester un système durable d'alerte aux ondes de tempête et aux tsunamis au Canada atlantique.

L'hydrographe R. Michael Eaton, C.M., est fait membre de l'Ordre du Canada

Réputé au pays et dans le monde comme étant le « père » de la cartographie électronique, Michael Eaton a conçu une version informatisée de la carte marine traditionnelle. La carte marine informatisée est devenue un outil de navigation commun qui contribue à améliorer la sécurité maritime à travers le monde. En juin 2005, il a été fait membre de l'Ordre du Canada pour ses contributions exceptionnelles au progrès de l'hydrographie. Maintenant scientifique émérite du Service hydrographique du Canada, il a mis au point des techniques permettant de cartographier avec exactitude des plans d'eau gelés et a combiné divers systèmes de positionnement dans le but d'accroître la précision des relevés des eaux océaniques.

Le rétablissement des baleines

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Rorqual commun. Source : Provincial Airlines

En juillet, la publication d'une stratégie préliminaire conçue pour promouvoir le rétablissement de certaines populations de rorquals bleus, communs et boréaux dans les eaux canadiennes du Pacifique a fait les manchettes. Les scientifiques du MPO ont contribué à l'élaboration de cette stratégie de rétablissement qui décrit les buts, les objectifs, les lacunes clés dans les connaissances ainsi que les stratégies à adopter pour faire face aux menaces qui pèsent actuellement sur ces mammifères marins. Après une période de consultation publique, le document a été envoyé au registre public de la Loi sur les espèces en péril dans le but de recueillir d'autres commentaires. Le Secteur des sciences a lui aussi contribué à cet effort. En savoir plus sur le plan de rétablissement préliminaire pour les rorquals bleus, communs et boréaux.

Le rapport sur l'état de l'océan dans le Pacifique montre des températures records

Toujours en juillet, le Secteur des sciences a publié le rapport 2004 sur l'état de l'océan dans la Région du Pacifique. Ce rapport confirmait la présence d'eaux chaudes à la surface de l'océan tout au long du littoral de la Colombie-Britannique au printemps et à l'été. D'après les scientifiques, cette situation s'explique par des conditions météorologiques anormales en Colombie-Britannique et dans le golfe d'Alaska, de même que par le réchauffement général des terres et des océans du globe. D'autres résultats ont montré que les températures des terres et des océans du globe se sont approchées en 2004 de leurs valeurs records. Cette météo s'est traduite par des températures records dans le fleuve Fraser. C'est un des facteurs qui ont contribué à la baisse du nombre de saumons rouges reproducteurs observée en 2004.

Le Canada à Aqua Nor 2005

En août, le Canada était le pays en vedette à Aqua Nor 2005, le plus grand salon international de l'aquaculture. La science et la technologie « fabriquées au Canada » étaient en vedette au pavillon du Canada, tout comme les efforts du Canada en matière de production écologique de poissons et de fruits de mer d'élevage sûrs et nutritifs. Le Canada a été l'hôte de séminaires mettant en valeur notre expertise, et nos scientifiques ont échangé des idées avec des sommités de l'aquaculture du monde entier. Dans le but de faire connaître l'aquaculture au public et de gagner sa confiance, les ministres des Pêches du Canada et de la Norvège ont annoncé la création d'un groupe de travail international sur l'aquaculture en eau froide, dont l'objectif est d'améliorer la collaboration en matière de salubrité des aliments et de durabilité de l'environnement.

Le marquage de haute technologie des espadons

En septembre, le MPO a annoncé que des scientifiques de la Station biologique de St. Andrews travaillaient avec la Nova Scotia Swordfish Harpoon Association à la toute première étude canadienne sur le marquage de haute technologie des espadons, effectué afin de déterminer leurs parcours de migration dans l'océan Atlantique. Les étiquettes émettrices détachables sont de minuscules ordinateurs étanches, programmés pour enregistrer la profondeur de nage du poisson, la température de l'eau et la durée de la lumière du jour, tout en supportant des plongées à plus de 914 m. Cette information est relayée à un satellite ARGOS lorsque l'étiquette se détache et remonte à la surface, ce qui doit se produire à l'été 2006. Les données sont ensuite téléchargées à un ordinateur et analysées par les scientifiques, en vue d'établir les habitudes migratoires du poisson. Pour en savoir plus, consulter le site Web à l'adresse
http://www.mar.dfo-mpo.gc.ca/communications/maritimes/news05f/c-mar-05-25f.html.

Espèces envahissantes

Les espèces aquatiques envahissantes représentent une menace sérieuse pour les écosystèmes indigènes et nuisent aux pêches. En 2005, les tuniciers envahissants, ou « seringues de mer », ont fait les manchettes. Les tuniciers envahissants se reproduisent rapidement, gênent la production des moules, accroissent les coûts de l'industrie et menacent l'écosystème marin au voisinage de l'Île-du-PrinceÉdouard. En septembre, le MPO et le ministère de l'Agriculture, des Pêches et de l'Aquaculture de l'Î.-P.-É ont annoncé un financement conjoint d'un million de dollars pour la lutte contre les tuniciers envahissants, leur traitement et leur surveillance ainsi que pour l'évaluation des risques, des recherches biologiques et la surveillance de l'abondance des tuniciers dans les eaux de l'Î.-P.-É. Dans le cadre d'un second projet, le MPO, la province et son industrie mytilicole fournissent des fonds pour une étude sur l'efficacité des mesures d'élimination des tuniciers sur les moules. Le MPO finance aussi la surveillance par des chercheurs fédéraux des tuniciers et d'autres espèces envahissantes dans les régions maritimes de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et du Québec. Voir :

Le SHC repère une épave de la Seconde Guerre mondiale dans le golfe du Saint-Laurent

En septembre, dans le cadre d'un relevé de l'habitat du loup tacheté (une espèce menacée), le Service hydrographique du Canada a détecté ce qu'on croit être l'épave du SS Nicoya. Ce navire marchand a été torpillé par un sous-marin allemand en 1942 au large de la Gaspésie, près du village de Cloridorme. Il a été le premier navire coulé par un U-boot allemand dans les eaux canadiennes au cours de la Seconde Guerre mondiale.

L'image montre l'épave du SS Nicoya au fond de l'estuaire du Saint-Laurent. L'épave a été détectée à l'aide d'un échosondeur multifaisceaux Kongsberg EM-1002 à bord du navire Frederick G. Creed du MPO. L'image a été obtenue par traitement des données à l'aide du logiciel CARIS HIPS. Source : Service hydrographique du Canada

Élucider les mystères de l'océanographie arctique : échantillonnages dans le bassin Canada inconnu

Des scientifiques de l'Institut océanographique de Bedford ont participé à l'expédition internationale transarctique Beringia sur le brise-glace suédois Oden en septembre et en octobre 2005. L'expédition a pris des mesures océanographiques dans une section qui va de la mer de Barents jusqu'à l'Alaska, en passant par le pôle Nord et le bassin Canada, qui a rarement fait l'objet de travaux d'échantillonnage. C'était la première fois qu'un navire de surface effectuait une traversée océanographique complète qui passait par le bassin Canada du centre de l'océan Arctique.

Dans la baie Franklin (T.N.-O.), un plongeur professionnel installe un posemètre ultrasensible sous deux mètres de glace arctique. Une initiative menée par le MPO consistait en l'échantillonnage et en l'analyse de la face inférieure des glaces dans le cadre de l'étude des échanges sur le plateau continental de l'Arctique canadien (Canadian Arctic Shelf Exchange Study [CASES]). Source : Jeremy Stewart

Étape clé du Système mondial d'observation de l'océan

En septembre, on a annoncé à Halifax l'atteinte d'une autre étape clé de l'observation internationale des océans. Les météorologues et les océanographes du monde entier ont acquis un nouvel outil d'observation avec l'achèvement de la première composante du Système mondial d'observation de l'océan (SMOO).

Reconstitution des stocks de morue

Le Secteur des sciences du MPO a travaillé pendant plusieurs années afin de contribuer à la publication, en novembre 2005, de la stratégie fédérale-provinciale de reconstitution des stocks de morue de l'Atlantique. Les diverses stratégies de reconstitution des stocks de morue ont plusieurs éléments en commun, dont un bon nombre auxquels le Secteur des sciences du MPO devra travailler pendant des années. On peut mentionner parmi ces derniers les données sur l'état des stocks de morue, l'examen de certains des principaux facteurs qui ont une incidence sur la reconstitution, y compris l'innovation en matière de gérance. Que des stocks figurent ou non sur la liste de la Loi sur les espèces en péril, les stratégies fédérales-provinciales de reconstitution des stocks de morue contribueront à l'élaboration des plans de gestion ou des stratégies de reconstitution selon les besoins. On peut trouver sur le site Web du Ministère le document de survol intitulé Stratégie fédéraleprovinciale de reconstitution des stocks de morue, avec des rapports détaillés des diverses équipes de reconstitution de la morue.

Étape clé pour les profileurs Argo

À la fin de l'année, le projet Argo, initiative internationale de collaboration sur l'observation des océans et du climat, avait donné lieu au déploiement de 2 400 profileurs Argo, soit 80 p. 100 du réseau projeté. M. Howard Freeland, un scientifique du MPO, préside le programme Argo du Canada et est coprésident du programme Argo international, dont les profileurs recueillent des données dans les océans Atlantique, Indien, Pacifique et Austral. Un des divers types de profileur Argo est fabriqué au Canada, qui en a lancé un certain nombre. Actuellement, les profileurs produisent chaque année 87 000 profils de l'océan, qui sont essentiels aux chercheurs qui étudient les océans et le climat ainsi qu'aux centres météorologiques et climatiques du monde entier. Pour en savoir plus, consulter le site Web Argo Canada

Les variations et la prévisibilité du climat, depuis la saison jsuqu'à la décennie, constituent un centre d'intérêt central du projet Argo. Des profileurs dérivent à une profondeur variant de un à deux km, et font surface tous les dix jours pour transmettre des données (des profils de température et de salinité de l'eau) à des satellites, puis commencent un autre cycle. Les trajectoires des profileurs révèlent la vitesse des courants de subsurface. Image Crédit : Schéma publié avec la permission du Southampton Oceanography Centre, Royaume-Uni.

Les carrières en sciences de la mer à la télévision : Les métiers de la mer

Les chercheurs, les biologistes et les hydrographes qui travaillent à l'Institut Maurice-Lamontagne du MPO ont participé à la production d'un documentaire sur les aspects les plus fascinants de leur travail. La vidéo Les métiers de la mer a été diffusée sur le réseau TVA pendant tout l'hiver 2005, et est présentée dans les écoles pour illustrer les carrières possibles dans le domaine des sciences de la mer.

Des chercheurs prévèlent des échantillons durant une mission du programme MERICA visant à surveiller le complexe de la baie d'Hudson. Source: François Saucier

Marées hautes de décembre

Les marées hautes de décembre dans le fleuve, l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent ont constitué une source de préoccupations pour les résidants des régions côtières du Québec. En raison de l'érosion inhabituellement grave et des marées particulièrement hautes, on a demandé au Service hydrographique du Canada (SHC) de donner des avis sur les marées et le niveau de l'eau. Le SHC a aussi contribué à expliquer ces phénomènes dans les nombreux médias régionaux ou spécialisés en météo qui demandaient une explication à l'intention des résidants de la région.

D'une longueur supérieure à 98 m et muni d'une héliplate-forme, le navire de recherche NGCC Amundsen est un gros brise-glace, mails il paraît tout petit dans l'immense paysage arctique du Canada. Source: Martin Fortier

L'Amundsen fait escale à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques

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Des chercheurs d'ArcticNet à bord du navire de recherche NGCC Amundsen déploient du matériel d'échantillonage. Source: Alexandre Forest

La question des changements climatiques a fait les manchettes toute l'année. En décembre 2005, l'Amundsen, un brise-glace de la Garde côtière canadienne qui est aussi un navire scientifique des plus modernes, a fait escale à Montréal pour la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, mieux connue sous le nom de Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Pendant que les délégués du Secteur des sciences du MPO participaient aux travaux de la conférence, des milliers de Canadiens ont visité l'Amundsen pour découvrir la façon dont le MPO l'utilise pour la recherche. En 2005, dans le cadre du programme pluridisciplinaire ArcticNet, l'Amundsen a été utilisé pour étudier les variations de la glace marine et les changements survenus au plateau de Mackenzie et au golfe Amundsen dans l'ouest de l'Arctique. Il est également utilisé pour établir la cartographie du plancher océanique et effectuer des forages peu profonds en peu profonds en mer, pour déployer et récupérer un navire hydrographique de sept mètres et pour prendre des échantillons de l'océan dans des conditions météorologiques extrêmes, par un trou d'accès dans le fond de la coque du navire.

Section 3 - La science au travail

Récits scientifiques vedettes

Tous les mois, le Secteur des sciences du MPO met en vedette un nouveau récit à propos de son travail. Les sections suivantes résument quelques-uns des récits les plus populaires de 2005-2006. Les lecteurs peuvent s'abonner à une liste de distribution électronique ou visiter le site Web pour y lire, par exemple, des textes sur l'océanographie, la biodiversité marine et des eaux douces, l'hydrographie, l'aquaculture, les mammifères marins, la génomique ou la science et la technologie qui transforment notre compréhension du monde aquatique.

Prévoir l'état de l'océan

Si le sol suivait le mouvement du vent et changeait constamment, on hésiterait sans doute à aller travailler le matin. Pourtant, les pêcheurs, les marins, les prospecteurs pétroliers, les spécialistes de recherche et sauvetage et les autres gens de mer doivent tous les jours faire face à des conditions océaniques très changeantes.

Une meilleure prévisibilité aiderait l'industrie, les scientifiques et la population en général. M. Fraser Davidson, spécialiste en océanographie physique au MPO à St. John's (Terre-Neuve-et-Labrador), est l'initiateur d'un projet visant à améliorer la prévision de l'état de l'océan dans un secteur important de l'Atlantique Nord-Ouest, qui comprend les plateaux de Terre-Neuve et-Labrador.

Innovations constantes en aquaculture à la Station biologique de St. Andrews

La plus vieille station de recherche halieutique du Canada atlantique aide à créer une nouvelle industrie. Située au Nouveau-Brunswick, dans la baie Passamaquoddy, qui débouche dans la baie de Fundy, la Station biologique de St. Andrews a commencé à réaliser des travaux novateurs sur la salmoniculture dans les années 1970. Depuis, les chercheurs de la station ont notamment mis au point de nouvelles méthodes d'élevage de poissons de fond comme l'aiglefin et le flétan. Des chercheurs travaillent maintenant sur la polyculture, qui consiste à combiner différents types d'aquaculture qui se renforcent les uns les autres.

Cartographie du plus long littoral au monde

Les plaisanciers, pêcheurs commerciaux et gens de mer canadiens et étrangers dépendent tous d'un entrepôt situé près du centre-ville d'Ottawa. En effet, c'est à partir de ce centre de distribution de cartes que le Service hydrographique du Canada (SHC) fournit aux navigateurs près de 1 000 cartes marines différentes, qui couvrent le plus long littoral au monde (presque 250 000 km). Les cartes présentent toutes les sinuosités de ce littoral et tous les détails relatifs aux profondeurs, aux bouées, aux phares et aux dangers pour la navigation. Le SHC produit aussi des cartes de navigation pour les Grands Lacs et d'autres importants plans d'eau intérieurs.

La prospection sismique nuit-elle aux baleines et aux poissons?

Tous les nageurs connaissent l'étonnante efficacité de la propagation du son dans l'eau : lorsque quelqu'un à une certaine distance de vous frappe deux pierres l'une contre l'autre, vous avez l'impression que cela se produit tout près de vos oreilles. De nombreuses créatures marines émettent des sons et y réagissent, en particulier les baleines qui vocalisent pour chanter, communiquer et se déplacer.

Que se passe-t-il lorsque des bruits produits par les humains se mêlent aux sons de la mer? Des millions de moteurs de bateaux, les hélices géantes des navires, les équipements sonar militaires et commerciaux, les activités de construction en milieu côtier et les foreuses des plates-formes de forage pétrolier en mer émettent tous des bruits dans l'océan. Et depuis quelques décennies, on s'inquiète de plus en plus de la prospection pétrolière effectuée à l'aide de méthodes sismiques.

Les lacs expérimentaux résolvent l'énigme du mercure

Qu'arrive-t-il dans les lacs lorsque les activités des humains les contaminent, perturbent leurs milieux environnants ou changent même leur environnement? Les essais en laboratoire peuvent suggérer des réactions partielles, mais ils ne permettent jamais d'obtenir un portrait écologique complet. C'est pourquoi, en 1968, des chercheurs fédéraux en sciences halieutiques ont obtenu l'approbation du gouvernement pour créer, dans le bouclier canadien précambrien du Nord-Ouest de l'Ontario, un réseau de lacs où seraient menés des essais environnementaux. Il s'agissait là d'une première mondiale, et ces essais ont été bénéfiques pour le monde entier.

Ainsi, la région des lacs expérimentaux (RLE) a permis de prouver comment certains éléments nutritifs favorisent l'eutrophisation, c'est-à-dire le surenrichissement de l'eau en plancton et en organismes végétaux qui consomment l'oxygène des lacs et réduisent leur biodiversité. En raison de ce phénomène, on interdit désormais l'utilisation de phosphore dans les détergents, ce qui aide à nettoyer les lacs du Canada et de la planète. En outre, les données de la RLE à l'égard des effets alarmants des pluies acides sur la vie dans les lacs ont permis de mieux contrôler certaines sources de pollution.

Les troupeaux de phoques nuisent-ils aux stocks de poissons de l'Atlantique?

Les eaux canadiennes de l'Atlantique Nord-Ouest renferment les plus grandes populations de phoques du Groenland, de phoques à capuchon et de phoques gris au monde. Le phoque du Groenland et le phoque à capuchon font l'objet d'une chasse commerciale depuis des siècles, et cette chasse est maintenant gérée par quotas. Après avoir connu un déclin aux XVIIIe et XIXe siècles, les troupeaux se sont reconstitués et atteignent maintenant des niveaux records, tandis que les stocks de morue et d'autres poissons de fond chutaient à leurs niveaux historiques les plus bas. Ces stocks montrent encore peu de signes de rétablissement.

Selon le Conseil pour la conservation des ressources halieutiques, groupe consultatif de scientifiques universitaires et de représentants du gouvernement et de l'industrie de la pêche, la prédation par les phoques compromet le rétablissement de certains stocks de poissons de fond.

Comment les phoques ont-ils une incidence sur les poissons de fond? Le Projet de recherche sur les phoques de l'Atlantique (PRPA) du MPO a fourni d'importantes données, certaines sans précédent et surprenantes, sur les populations de phoques du Groenland, de phoques à capuchon et de phoques gris, sur leurs habitudes et sur l'ampleur de la prédation exercée par ces mammifères marins sur la morue, grâce à de vieilles méthodes conjuguées à de nouvelles techniques.

La lutte contre les envahisseurs dans le golfe du Saint-Laurent

Les biologistes de l'habitat Nathalie Simard et Michel Gilbert étudient habituellement l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent, mais ils ont cette fois-ci jeté leurs filets à plancton ailleurs - dans les réservoirs de ballast d'un énorme minéralier qui fait la navette entre le Québec et l'Europe.

L'échantillonnage a été fait dans le cadre d'un projet de recherche visant à réduire le risque d'introduction d'espèces non indigènes en eaux canadiennes par les eaux de ballast. Rien que dans les Grands Lacs, plus de 160 organismes étrangers ont été introduits. La célèbre moule zébrée, qui aurait été transportée de la mer Noire dans un réservoir de ballast, couvre le fond des lacs, les quais et les coques de bateau tel un tapis vivant, et a causé des dommages de plusieurs milliards de dollars.

Il est souvent difficile de lutter contre les espèces aquatiques envahissantes, et il est presque impossible de les éradiquer. Mieux vaut miser sur la prévention pour éviter leur introduction, ou au moins retarder leur propagation, tout en améliorant nos connaissances et en recherchant des méthodes de contrôle.

Que réserve l'avenir au crabe des neiges?

La protection de la pêche du crabe des neiges est d'une importance vitale pour les milliers de personnes dont elle constitue le gagne-pain.

De nombreuses mesures réglementaires, notamment des quotas et des saisons, s'appliquent à cette nouvelle pêche qui a débuté il y a environ 40 ans. Mais un facteur en particulier a façonné la gestion de la pêche : la protection des femelles.

Les femelles adultes sont de plus petite taille que les mâles. Le MPO établit des limites de taille et exige que le maillage des casiers à crabes soit assez grand pour que la plupart des femelles adultes puissent s'évader. Les pêcheurs doivent en outre remettre à l'eau, à l'état vivant, les femelles qui n'ont pu s'évader.

Recherche sur le saumon du Pacifique : relever le défi climatique

Les changements climatiques de notre siècle pourraient entraîner une hausse de température d'environ deux degrés sur la côte Ouest du Canada, mais cela ne veut pas simplement dire que nous pourrons porter des vêtements plus légers. En effet, la Colombie-Britannique pourrait faire face à des inondations, à des sécheresses et à des feux de forêt pires qu'auparavant. De plus, des changements importants dans l'océan Pacifique auront une incidence tant sur les humains que sur les poissons.

La lutte contre les envahisseurs dans le Golfe : Chris McKindsey, un chercheur du MPO, tenant un spécimen d'algue verte, appelée communément « voleur d'huîtres » ou « doigt noirou » (Codium fragile). Source : Philippe Archambault

Le saumon du Pacifique constitue le fondement de l'économie, de l'art et de la culture des Premières nations de la côte Ouest. Les ressources en saumon soutiennent une importante industrie de pêche commerciale et une pêche sportive en expansion. Ces ressources pourraient être gravement perturbées par les changements climatiques.

Que réserve l'avenir au crabe des neiges? Cette pêche est la base de l'industrie profitable du crabe au Canada. Bernard Sainte-Marie, un chercheur du MPO, conduit la recherche pour en apprendre davantage sur la reproduction du crabe des neiges. Source : DFO

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Section 4 - Les activités scientifiques qui comptent pour les Canadiens

Gestion des activités scientifiques

Le Conseil de gestion des sciences (CGS) du MPO a été créé en 2005 afin d'établir l'orientation stratégique du Secteur des sciences du MPO en déterminant les priorités et en fournissant des directives en matière d'affectation des ressources. Le CGS est présidé par le sous-ministre et est constitué du sous-ministre adjoint de chaque secteur client important, de deux scientifiques chevronnés, du président du Conseil consultatif des sciences ainsi que d'un directeur général régional de la côte Est et d'un autre de la côte Ouest.

Lors de sa première réunion, le CGS a établi que ses premières priorités seraient l'adoption d'une approche écosystémique pour les sciences et le rétablissement de sa main-d'oeuvre. Les sciences des écosystèmes sont conformes à la tendance internationale, et constituent un changement nécessaire et important de la façon dont le MPO fournit des avis et un soutien scientifiques.

Parmi les autres priorités, notons les sciences à l'appui de l'aquaculture durable, la navigation et la souveraineté, les écosystèmes aquatiques du Nord, la santé des animaux aquatiques et la Loi sur les espèces en péril, de même que les enjeux très importants pour les Canadiens, comme le saumon du Pacifique, les phoques et le rétablissement des stocks de morue.

La santé des animaux aquatiques constitue une priorité scientifique. En 2005, dans le cadre d'un projet concerté des directions des Sciences et de la Gestion de l'habitat du MPO, on a pris des images fixes et vidéo d'ombles à tête plate frayant dans la rivière Sheep en Alberta. Ce membre élégant de la famille des truites est indigène dans l'OUest canadien et le nord ousest des États-Unis. En Alberta, la surpêche et des changements dans l'habitat de l'espèce ont entraîné l'appauvrissement des stocks d'omble à tête plate. En 1995, comme mesure de conservation, on a lancé un programme de pêche avec remise à l'eau. Une décennie de travaux scientifiques et de gestion des terres menés par les gouvernements fédéral et provincial, de même que la sensibilisation du public aux règlements liés à l'omble à tête plate de l'Alberta à se rétablir considérablement. Source : Jeremy Stewart

Comité consultatif des sciences

Le Comité consultatif des sciences (CCS) fournit des avis au Conseil de gestion des sciences (CGS) du MPO sur les questions stratégiques liées aux sciences et à la technologie. Le CCS est constitué d'environ 15 personnes de l'extérieur du MPO et de 4 membres d'office du Secteur des sciences du MPO. Les membres du CCS possèdent une expérience et une expertise variées dans le domaine des pêches, des sciences et de la technologie en eau douce et en eau salée et des communications, ainsi que dans des secteurs liés à l'industrie, comme les pêches, l'exploration pétrolière et gazière, l'aquaculture, la navigation et d'autres domaines d'intérêt pour le MPO. Le président du CCS est membre du CGS et du Conseil d'experts en sciences et en technologie, ce qui permet d'assurer un lien entre les différentes fonctions consultatives, à l'intérieur du Ministère et dans l'ensemble du gouvernement. Le CCS participe au projet de renouvellement du Secteur des sciences du MPO depuis le début de l'examen des sciences en mai 2004. Le CCS a contribué à fournir un point de vue et une perspective externes des intérêts des partenaires et des clients du Secteur des sciences.

Centres d'expertise

En 2005, le Secteur des sciences du MPO a élargi le projet de création de centres d'expertise. Ces centres favorisent la collaboration et les partenariats entre le MPO et les autres ministères, les autres ordres de gouvernement, les universités, l'industrie et les collègues internationaux.

Il existe deux types de centres d'expertise scientifique : virtuel et géographique. Les centres d'expertise virtuels permettent de rassembler pour des projets particuliers une infrastructure et une expertise géographiquement dispersées. Par ailleurs, les centres d'expertise géographiques combinent des ressources humaines et une infrastructure au sein d'un même institut de recherche en vue de soutenir les travaux effectués dans un domaine spécialisé.

Quatre centres d'expertise sont actuellement en fonction

Le Centre de recherche sur le pétrole, le gaz et autres sources d'énergie extracôtières (CRPGEE) est un centre d'expertise virtuel qui coordonne des travaux de recherche portant sur les répercussions environnementales et océanographiques de l'exploration, de la production et du transport du pétrole extracôtier. Le CRPGEE s'appuie sur l'expertise de l'Institut océanographique de Bedford pour répondre à des questions spécialisées sur les recherches portant sur le pétrole et le gaz. Le CRPGEE se concentre également sur le partage des ressources et de l'expertise à l'échelle internationale. Voir : Centre de recherche sur le pétrole, le gaz et autres sources d'énergie extracôtières (CRPGEE).

Afin de déterminer si une zone d'impact est associée aux déchrages d'eau de production de la plate-forme de forage Hibernia, le Centre de recherche sur le pétrole, le gaz et autres sources d'énergie extracôtières (CRPGEE) a effectué une mission de recherche à bord du NGCC Hudson afin de prélever des échantillons de la colonne d'eau, de la couche limite benthique et des sédiments près de la structure-poids. Le champ de pétrole Hibernia est situé à 315km à l'est-sud-est de St. John's (Terre-Neuve-et-Labrador), dand des eaux de 80m de profondeur. Sur les photos, on peut voir ce qui suit : M. Ken Lee, cherhceur principal et directeur exécutif du CRPGEE, rince des filets de type bongo utilisés pour capturer des larves de poisson; Mme Catherine Andrews, technicienne en recherche en toxicologie chimique du MPO à St. John's, trie les échantillons prélevés à l'aide des filets de type bongo afin d'obtenire des larves de lançon aux fins d'études toxicologiques; l'appareil SloCorer est déployé à partir du pont avant du NGCC Hudson. On voit en arrière-plan la plate-forme Hibernia et un navire de réserve. Source : Kelly Bentham

Le Centre national d'excellence pour la recherche aquatique dans l'Arctique (CNERAA) est un réseau virtuel d'experts dont les travaux sont axés sur le milieu marin arctique et les eaux douces. Le secrétariat du CNERAA se situe à l'Institut des eaux douces de Winnipeg.

Le Centre d'expertise sur les mammifères marins est un centre d'expertise virtuel qui réunit des experts en mammifères marins et dont le secrétariat est situé à l'Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli, au Québec. Les chercheurs travaillent sur une vaste gamme de projets en vue d'obtenir de l'information sur les dynamiques, l'écologie et la santé des mammifères marins. Voir : Recherche sur les mammifères marins au Canada.

Le Centre d'analyse des pesticides est un centre d'expertise géographique situé à l'Institut des eaux douces de Winnipeg. Ce centre coordonne les travaux de recherche de cinq ministères fédéraux aux fins d'appui des décisions en matière de réglementation prises par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire.

Six centres d'expertise additionnels seront pleinement fonctionnels en 2007 :

Le Centre de développement et d'application de modèles océaniques (CDAMO) sera un centre d'expertise virtuel, établi à l'Institut océanographique de Bedford, qui comprendra des experts d'Environnement Canada et du ministère de la Défense nationale. Son objectif sera de développer une capacité de prévision et d'assimilation globale et combinée atmosphère-glace-océans pour le Canada, au moyen de modèles d'analyses rétrospectives et prévisionnelles. Le CDAMO fera partie du système océanographique opérationnel canadien.

Le Centre de recherche sur les répercussions de l'énergie hydraulique sur le poisson et son habitat intégrera l'expertise du MPO et de l'Association canadienne de l'électricité. Ce centre d'expertise virtuel, basé à Mont-Joli, au Québec, permettra d'établir les priorités de recherche tant dans les milieux marins qu'en eaux douces, en plus de fournir une expertise dans le domaine des incidences cumulatives.

Le Centre d'expertise sur la santé des animaux aquatiques sera un réseau virtuel d'experts, basé à Moncton, et comprenant des laboratoires de référence satellites à Winnipeg, à Nanaimo (C.-B.) et à Charlottetown (Î-P.-É.). Le Centre effectuera les recherches nécessaires en matière de réglementation pour appuyer le programme fédéral de réglementation.

Le Centre d'expertise pour l'évaluation des risques en milieu aquatique (CEERMA) est établi à Burlington, en Ontario. Il est lié au Réseau national de recherche sur les espèces aquatiques envahissantes, qui est financé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, le MPO, Transports Canada et d'autres organismes. Le CEERMA concentre ses travaux sur les principales voies d'entrée des espèces aquatiques envahissantes dans les écosystèmes marins et d'eaux douces au Canada, dans le but de caractériser les facteurs qui ont une incidence sur l'établissement de ces espèces, et d'élaborer des modèles d'évaluation des risques qui régiront les politiques de gestion futures. Le CEERMA élabore des normes nationales en matière d'évaluation des risques biologiques présentés par les espèces aquatiques envahissantes, et il coordonne et suit ces évaluations au fil de leur réalisation.

On établira deux centres d'analyse des produits chimiques toxiques, qui fourniront des services d'analyse systématiques et appuyeront les travaux de recherche. Ces centres d'expertise géographique seront situés à l'Institut des sciences océanographiques de Sidney (C.-B.) et à l'Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli, au Québec.

Les centres d'expertise en aquaculture seront eux aussi tant géographiques que virtuels. Une infrastructure importante existe déjà à la Station biologique de St. Andrews (N.-B.) et au Centre de recherche sur l'aquaculture et l'environnement de l'Université de la Colombie-Britannique à Vancouver. Cette infrastructure sera liée aux besoins de recherche toujours changeants.

Recherche ciblée : faits marquants de 2005-2006

Épaulards de la population résidente de l'archipel des îles de la Reine-Charlotte en Colombie-Britannique, désignée comme étant menacée. Source : Graeme Ellis

Les épaulards du Pacifique une espèce en péril

Les épaulards du Pacifique sont protégés en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada en raison de la petite taille des populations de cette espèce et des récentes diminutions de leur abondance. Parmi les menaces susceptibles d'influer sur la survie et le rétablissement de ces populations, on compte la contamination du milieu, la perturbation physique et acoustique, ainsi que les réductions de la disponibilité ou de la qualité des salmonidés, leur principale proie. Les chercheurs du Centre d'expertise sur les mammifères marins ont évalué la possibilité que la réduction des ressources alimentaires ait pu constituer un facteur important du déclin des populations d'épaulards. Ils ont examiné les données recueillies depuis 25 ans afin de montrer que le saumon quinnat et, dans une moindre mesure, le saumon kéta, constituent des proies importantes des épaulards résidants, alors que ce n'est pas le cas d'autres espèces plus petites de salmonidés. Les variations des taux de mortalité observés par rapport à ceux attendus ont permis de dégager une forte corrélation avec les variations d'abondance du saumon quinnat, mais aucun lien avec l'abondance du saumon kéta. Une baisse très marquée de l'abondance du saumon quinnat sur l'ensemble de la côte, à la fin des années 90, a été étroitement associée à une importante diminution du taux de survie des épaulards résidants. La préférence des épaulards pour le saumon quinnat tient probablement à la taille relativement grande de cette espèce, à son taux élevé en lipides et à sa présence toute l'année dans les aires de distribution des épaulards. Au cours de l'hiver, les épaulards résidants peuvent dépendre particulièrement du saumon quinnat, principale espèce de salmonidés disponible dans les eaux côtières pendant cette période. Les épaulards pourraient être soumis à un stress nutritionnel menant à une mortalité accrue, si la quantité ou la qualité de ces proies déclinaient. Le saumon quinnat est sans contredit d'une grande importance pour les épaulards résidants. Pour déterminer si cette espèce représente le facteur de limitation principal de la productivité des épaulards, il faudra effectuer une surveillance continue des tendances démographiques à la fois des populations de saumons et des populations d'épaulards.

Études sur les tourbillons Haïda présentées dans Deep Sea Research

En avril 2005, un numéro spécial de Deep Sea Research portait sur la recherche pluridisciplinaire axée sur les tourbillons Haïda. Ces tourbillons constituent des oasis d'alimentation car ils transportent de grands volumes d'eaux et d'organismes côtiers du détroit d'Hécate au golfe d'Alaska. Le numéro spécial de Deep Sea Research comprend onze articles scientifiques rédigés par le personnel du Secteur des sciences du MPO et des collaborateurs internationaux, et portant sur des études menées entre 1998 et 2003 et financées par le fonds scientifique stratégique du MPO. La recherche a révélé que les tourbillons Haïda contiennent une grande partie de l'activité biologique qui a lieu dans le golfe d'Alaska - du plancton aux baleines. L'étude a également révélé que ces tourbillons transportent de l'eau et des organismes vers la zone de protection marine (ZPM) proposée du mont sous-marin Bowie, ce qui a permis d'approfondir les connaissances sur la connexité entre la ZPM et les écosystèmes côtiers : http://www.pac.dfo-mpo.gc.ca/sci/osap/projects/dsr2/default_f.htm

Suivre des morues à l'aide de méthodes acoustiques

Les chercheurs du MPO qui étudient les stocks de morue du golfe du Saint-Laurent ont suivi les poissons à l'aide d'émetteurs acoustiques ou pingueurs. L'étude a confirmé qu'au moins 60 p. 100 de la population de morues du golfe migre plus loin en mer en hiver, jusque dans la zone de pêche appelée 3Ps par l'Organisation des pêches de l'Atlantique nord-ouest. Ces poissons reviennent dans le golfe en avril. Deux cent cinquante -cinq morues du golfe ont été munies d'un émetteur acoustique, et un réseau de 80 récepteurs a été établi dans les eaux de Terre-Neuve-et-Labrador au large de Port-aux-Basques, au sud-est de Burgeo et dans la partie ouest du banc Saint-Pierre. Certains récepteurs plus éloignés dans la zone 3Ps n'ont pu être récupérés, ce qui explique pourquoi on ne connaît toujours pas les déplacements des poissons une fois qu'ils ont atteint la zone 3Ps. Les données recueillies soulèvent tout de même des questions à propos des relevés d'abondance des stocks de 3Ps. Un relevé annuel est effectué en avril, à un moment où il est possible que des morues du golfe soient encore dans cette zone, ce qui pourrait donner lieu à une surestimation de l'abondance des morues dans la zone 3Ps. Ces nouvelles données scientifiques peuvent être combinées aux informations disponibles aux fins de prise de décisions en matière de planification des relevés et d'établissement de quotas pour les deux zones.

Chercheurs tenant un grand esturgeon noir. De gauche à droite: Sandra Hamel (ancienne stagiaire d'été du MPO); Pierre Nellis (MPO), Denis Fiset et Pierre-Yves Collin (ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec). Source : Denis Fournier, ministère des Ressources naturelles et de la Faune du québec

Répercussions du dragage sur les habitats

En réponse à une demande particulière de la Région du Québec du MPO, une équipe pluridisciplinaire de chercheurs a effectué un examen approfondi des répercussions du dragage et du dépôt de sédiments dragués sur les habitats dans les eaux de la portion médiane de l'estuaire du Saint-Laurent, près de l'île Madame. L'objectif de l'examen était d'obtenir, pour la première fois, des connaissances approfondies sur l'écosystème benthique dans la zone de transition de l'estuaire, où les eaux douces et salées se rencontrent. Les résultats de l'examen peuvent être utilisés pour formuler des recommandations stratégiques quant aux activités de dragage et au dépôt de sédiments dans la zone de transition de l'estuaire. L'examen a également révélé des informations importantes concernant un habitat essentiel pour l'esturgeon noir, espèce dont le statut préoccupe les gestionnaires des habitats du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec. Dans le cadre de cet examen sans précédent, on a utilisé de nouvelles méthodes, notamment la cartographie du milieu benthique et des modèles informatiques de la dispersion des sédiments. Ont participé au projet des chercheurs du MPO, le Service hydrographique du Canada et la Garde côtière canadienne, de même que des collègues scientifiques d'Environnement Canada, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, de l'Institut national de la recherche scientifique du Québec, de l'Université du Québec à Montréal et de l'Institut des sciences de la mer. Le programme de recherche se terminera par une revue, lors d'un colloque sur l'esturgeon noir qui aura lieu dans le cadre de la réunion annuelle de la American Fisheries Society.

Corridor de découverte - Connaître le plateau continental et les écosystèmes en eaux profondes

Un corridor de découverte est une bande de fond marin et la colonne d'eau qui la surplombe. Ce corridor comprend une gamme de paysages et d'habitats marins, interreliés sur le plan écologique, qui peuvent subvenir aux besoins d'une série d'organismes et soutenir des espèces et des processus auparavant inconnus. Les corridors peuvent traverser des zones où fluctuent des variables pertinentes sur le plan écologique, notamment la profondeur, la productivité et l'activité humaine, et ils servent de pôles pour des études scientifiques en collaboration.

Emplacement du corridor de découverte dans le golfe du Maine.

Une stratégie quinquennale de recherche établie en 2003 (Trois océans de biodiversité - en anglais seulement). Les informations recueillies dans le corridor de découverte permettront aux chercheurs de synthétiser les données sur les milieux benthiques et pélagiques dans le but de mieux comprendre le fonctionnement de l'écosystème.

En juin 2005, Mme Ellen Kenchington, directrice du Centre pour la biodiversité marine du MPO, et Mme Erica Head, chercheuse principale du MPO, ont mené avec succès une mission dans le corridor à bord du NGCC Hudson. Tous les objectifs scientifiques précis ont été atteints : recueillir des données hydrographiques à la station 2 du Programme de monitorage de la zone atlantique; procéder à des relevés de l'habitat benthique et prélever des échantillons hydrographiques ainsi que des échantillons de plancton dans les bassins Jordan et Crowell et dans le chenal Nord-Est à l'aide de matériel spécialisé; consigner les cas d'observation de la baleine noire et d'autres cétacés en migration.

Lors de la mission de recherche, on a utilisé quatre types différents de matériel d'échantillonnage. Le Videograb et le Campod, systèmes montés de caméras vidéo et d'appareils photo sous-marins mis au point par le MPO à l'Institut océanographique de Bedford, ont permis de prendre des images vidéo et des photos du fond marin, y compris celle-ci montrant des anémones de mer. Le BIONESS, système d'échantillonnage à filets multiples, a permis d'échantillonner le zooplancton dans la colonne d'eau. Un enregistreur de conductivité, de température et de profondeur a servi à mesurer les caractéristiques physiques de l'océan. Source : Ellen Kenchington

ArcticNet et recherche sur les contaminants

ArcticNet est un important programme de recherche pluridisciplinaire qui comprend un réseau étendu de chercheurs dont la coordination est assurée par l'Université Laval. M. Robie Macdonald, de l'Institut des sciences de la mer de Sidney, en Colomie- Britannique, et M. Gary Stern, de l'Institut des eaux douces de Winnipeg, au Manitoba sont des chercheurs principaux du MPO qui dirigent des projets de recherche sur les contaminants sous l'égide d' ArcticNet. M. Stern est directeur du sous-projet 3.4 du thème 3 d'ArcticNet, Le cycle du carbone et des polluants dans l'environnement côtier, et codirecteur, avec M. Macdonald, du sous-projet 1.3 du thème 1, Le cycle des polluants dans l'environnement côtier. Leurs travaux contribuent à l'étude de l'efficacité des méthodes internationales de réglementation des contaminants tels que les BPC*, le DDT** et l'EDP***, et, dans le contexte d'autres recherches en cours, à l'étude des effets possibles des variations du climat sur les teneurs en contaminants et la santé des stocks de poissons et de mammifères marins.

* diphényle polychloré
** dichlorodiphényltrichloroéthane
*** éther diphénylique polybromé

Le visage protégé contre le froid, un chercheur d'ArcticNet prélève des échantillons sur la glace. En arrière-plan, on voit le navire de recherche scientifique NGCC Amundsen. Source : Lucette Barber

Une expérience révèle une divergence génétique cachée sur le plan de la forme corporelle entre les populations de morues

Les études les plus récentes sur les différences génétiques entre poissons portaient sur les différences à l'échelle moléculaire. Cependant, les résultats de ces études peuvent ne pas refléter de façon exacte la divergence entre les caractères génétiques quantitatifs et adaptatifs des poissons. Contrairement aux caractères génétiques moléculaires, les caractères quantitatifs peuvent varier selon les conditions environnementales. Par conséquent, pour faire la distinction entre les effets génétiques et les effets environnementaux sur les caractères quantitatifs (p. ex., le taux de croissance et la forme corporelle), il faut effectuer en laboratoire des expériences dans le cadre desquelles des poissons de différents groupes sont élevés dans les mêmes milieux artificiels. Une expérience en laboratoire portant sur des morues de quatre populations de l'Atlantique nord-ouest a été menée par le MPO en collaboration avec des chercheurs des universités Dalhousie et Memorial. Cette expérience a révélé des différences génétiques frappantes sur le plan de la forme corporelle entre populations élevées en laboratoire et ce, même si aucune différence n'était manifeste en milieu naturel. Les différences génétiques de forme corporelle entre les populations semblent être apparues afin de contrer les effets opposés du milieu sur la forme en milieu naturel. Ces résultats suggèrent que la majorité de la diversité génétique sur le plan de la morphologie des poissons pourrait être cachée, et qu'une sélection axée sur la même forme corporelle optimale donne lieu à une divergence génétique entre les populations qui vivent dans des milieux aux effets opposés.

Recherche sur le saumon atlantique

Certaines des rivières à saumon les plus prisées au Canada sont situées dans la Région du Golfe du MPO. Dans cette région, le MPO concentre ses efforts de recherche sur le stade en eau douce du saumon atlantique (Salmo salar) - les premières années du cycle de vie et la remonte en rivière des saumons adultes, après la période d'engraissement en mer. À cette fin, la Section des poissons diadromes du MPO utilise de nombreux outils de recherche distribués sur les rivières à saumon de la région, allant des filets d'échantillonnage aux marques électroniques. En été, les activités scientifiques consistent principalement à estimer la quantité de saumons juvéniles dans les rivières, ce qui donne une bonne idée du succès de la reproduction des derniers automnes ainsi que de la santé générale de l'espèce à l'intérieur de l'écosystème. Le régime d'échantillonnage en place est également essentiel à la surveillance et à l'étude de certaines espèces qui pourraient être désignées comme étant en péril, comme le bar rayé et l'alose.

Marquage de saumons atlantiques adultes à l'aide d'un filet-trappe à Millerton, au Nouveau-Brunswick. La photo montre Kassie Blackmore, étudiante membre de la Northumberland Salmon Protection Association, et John Hayward, du MPO, qui tient le saumon. Source : Shane Matchett

Principales réussites en matière de surveillance

Le Programme de monitorage de la zone atlantique (PMZA) du Secteur des sciences du MPO contribue, dans le respect des normes internationales, à un système d'observation à long terme, systématique et durable qui fournit des données océanographiques de base, des produits à valeur ajoutée et des services relatifs à l'état actuel de l'écosystème marin de la côte Atlantique.

Il est facile d'obtenir les données du PMZA par l'intermédiaire du portail Internet du Service des données sur le milieu marin (SDMM) du Ministère.

Le programme du PMZA au cours de l'année a beaucoup contribué à l'accroissement des connaissances sur l'écosystème. Mentionnons premièrement un accroissement important de l'échantillonnage chimique et biologique, qui a mené à une description et à une compréhension bien meilleures de l'écosystème. Deuxièmement, on a fourni un effort cohérent, coordonné, concerté et solide dans les régions de l'Atlantique afin d'effectuer une évaluation détaillée des conditions environnementales dans l'ensemble de la zone atlantique. Enfin, on a fait des efforts continus visant à relever et à régler des questions particulières importantes pour l'écosystème. Il s'agit de l'envahissement du golfe du Saint-Laurent par l'espèce de phytoplancton du Pacifique Neodenticula seminæ, de l'étude des changements à long terme du plancton dans la région de la plateforme néo-écossaise et de la partie sud du plateau de Terre-Neuve par l'intermédiaire du programme d'enregistrement du plancton en continu, de la relation entre le succès de classes d'âge de l'aiglefin dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et le moment de la prolifération phytoplanctonique printanière, et d'un apport important à l'examen de l'écosystème de la partie est de la plate-forme néo-écossaise.

Le PMZA fournit également la base des contributions canadiennes au Système mondial d'observation de l'océan et aux réseaux nationaux et internationaux connexes de surveillance et d'observation des écosystèmes.

Des chercheurs du MPO détectent la présence d'un parasite de l'huître plate dans les eaux de la Colombie-Britannique

Le protiste parasite Bonamia ostreæ (la cause d'une maladie préoccupante de l'huître désignée par l'Organisation mondiale de la santé animale) a été observé pour la première fois chez les huîtres plates (Ostrea edulis) d'élevage de la Colombie-Britannique en 2005. Avant cette première observation, on savait déjà que le parasite est parfois observé sur les deux côtes des États-Unis et qu'il a entraîné la mort d'un nombre considérable d'huîtres en Europe. On suppose qu'il a été introduit en Colombie-Britannique par l'intermédiaire d'embryons d'huîtres plates importés de zones enzootiques dans l'État de Washington. Bien que le parasite soit jugé responsable de cas de mortalité d'huîtres plates à un site en Colombie- Britannique, l'industrie de l'huître plate est petite (< 0,5 p. 100 des huîtres vendues sur le marché par les producteurs de la province) et les principales espèces d'élevage, l'huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas) et l'huître plate indigène (Ostrea concaphila), sont capables de résister à l'infection par le parasite. À ce jour, le parasite n'a pas été repéré chez les huîtres du Canada atlantique.

Programme de monitorage des algues toxiques

Les biotoxines qui causent l'intoxication par phycotoxine paralysante (IPP) et l'intoxication par phycotoxine amnestique (IPA) sont les toxines les plus dangereuses et les plus répandues dans les eaux canadiennes. Dans le réseau hydrographique du golfe du Saint-Laurent, les cas d'IPP et d'IPA sont liés respectivement aux proliférations du dinoflagellé Alexandrium tamarense et de la diatomée Pseudonitzschia seriata. Ces algues peuvent tuer des poissons, contaminer des mollusques par des toxines, forcer l'arrêt des activités d'élevage à grands coûts sociaux et économiques et, dans le pire des cas, être dommageables pour la santé humaine. La fréquence et la répartition géographique des proliférations de ces algues toxiques augmentent partout dans le monde pour des raisons encore mal comprises. Parmi les causes possibles, il convient de souligner l'enrichissement des eaux côtières en éléments nutritifs en raison des activités humaines. L'estuaire et le golfe du Saint-Laurent constituent une région reconnue comme étant un point chaud pour les algues toxiques, ce qui explique pourquoi des chercheurs de l'Institut Maurice-Lamontagne du MPO surveillent et étudient les proliférations d'algues toxiques depuis 1989. Le programme comprend la collecte d'espèces d'algues nuisibles et toxiques à 11 stations de surveillance regroupées en réseau autour du Golfe, et permet l'approfondissement des connaissances sur la dynamique de ces algues et sur les conditions environnementales qui favorisent leur croissance. Les travaux d'élaboration de nouvelles technologies d'observation permettant la détection rapide des algues toxiques et de modèles de prévision des proliférations de ces algues constituent également des activités importantes des chercheurs du MPO.

Le problème de l'hypoxie : les faibles concentrations d'oxygène observées dans les eaux marines côtières

La compréhension des répercussions de l'hypoxie sur les eaux du golfe du Saint-Laurent constituait un des principaux objectifs des recherches menées à l'Institut Maurice-Lamontagne à Mont-Joli, au Québec. Pour leur part, des chercheurs de l'Institut des sciences de la mer de Sidney, en Colombir-Britannique ont suivi les tendances à la baisse de la concentration d'oxygène liée aux changements de la ventilation de la couche supérieure de l'océan dans le Pacifique nord-est.

Des études sur l'estuaire du Saint-Laurent menées en 2005 ont contribué à l'accumulation d'éléments tendant à démontrer que la tendance à la baisse de la concentration d'oxygène (hypoxie) se répand dans les milieux marins côtiers du monde entier, ce qui entraîne des conséquences biogéochimiques et écologiques importantes. Trois facteurs peuvent causer l'hypoxie en milieu côtier :

  1. des apports terrestres accrus de matière organique et de substances nutritives;
  2. des changements dans les régimes des vents côtiers;
  3. la formation en haute mer d'eaux appauvries en oxygène, et l'intrusion de ces eaux dans des zones côtières suite à des changements dans la circulation côtière. La combinaison des facteurs 1 et 3 a causé une baisse des concentrations d'oxygène dans les eaux du fond du bas estuaire du Saint-Laurent. Une grande partie de cette perte d'oxygène est attribuable à la baisse graduelle de la proportion d'eau riche en oxygène du courant du Labrador dans la masse d'eau qui pénètre dans le golfe du Saint-Laurent à partir de l'Atlantique nord-ouest, ce problème étant exacerbé par des stress anthropiques touchant le bilan local de carbone organique. Les répercussions écologiques sont variées : mortalité animale à grande échelle, variations de la répartition des espèces, variations de la biodiversité, à un stress physiologique et autres effets sublétaux, comme une réduction de la croissance ou de la reproduction, etc.

Sur la côte du Pacifique, des chercheurs de l'Institut des sciences de la mer ont étudié une série chronologique des concentrations d'oxygène mesurées durant 20 ans à la station océanique Papa. Cette série a révélé une tendance à la baisse qui semble liée aux changements de la ventilation de la couche supérieure de l'océan. La station océanique Papa, aussi connue sous le nom de station P, se trouve dans le golfe d'Alaska, à 50° de latitude nord et 145° de longitude ouest. Cette baisse des concentrations d'oxygène en haute mer pourrait faire passer certains écosystèmes côtiers ou écosystèmes de plateau continental, qui se trouvaient à un certain moment juste au-dessus du seuil d'hypoxie, sous le seuil critique, ce qui contribuerait à accroître la fréquence et la prévalence du phénomène d'hypoxie à l'échelle de la planète. Cette tendance à la baisse des concentrations d'oxygène à la station Papa constitue une menace écologique importante pour les animaux benthiques et démersaux vivant dans la partie supérieure du talus continental au large de l'île de Vancouver. Les capteurs d'oxygène installés en 2004 sur quatre profileurs Argo canadiens continuent d'aider le MPO à surveiller en temps réel les concentrations d'oxygène dans le Pacifique nord-est et dans l'Atlantique nord-ouest. En 2006, le MPO installera six nouveaux profileurs munis de capteurs d'oxygène dans le Pacifique nord-est et cinq autres dans l'Atlantique nord-ouest, dans le but d'améliorer la surveillance des changements de la ventilation de la couche supérieure de l'océan et du fonctionnement de la pompe biologique océanique.

Profils de données océaniques obtenus dans le cadre du programme Argo

Trente pays déploient des profileurs dérivants qui enregistrent des mesures océanographiques à différentes profondeurs. À la fin de 2005, 2 400 profileurs étaient en usage. Ces profileurs produisent chaque année 87 000 profils de données océaniques que les climatologues utilisent pour faire des prévisions météorologiques et climatiques, pour planifier les activités de pêche, etc. Voir : Argo Canada.

Bouées océanographiques et imagerie satellite

Avec une aide financière de l'Agence spatiale canadienne, des chercheurs du MPO ont terminé l'installation, dans l'estuaire et le golfe du Saint- Laurent, de cinq bouées océanographiques alimentées en énergie par des panneaux solaires. Ces bouées serviront à recueillir des données océanographiques et météorologiques, y compris des données sur la teneur en chlorophylle, la température de l'eau en surface, la salinité ainsi que les vents et l'humidité en surface. Ces données serviront principalement à valider d'autres types d'informations obtenues grâce à la télédétection par satellite. Les données sont transmises presque en temps réel à l'Institut Maurice- Lamontagne et affichées sans délai sur une page Web du portail de l'Observatoire du Saint-Laurent.

Un chercheur utilise un échantillonneur à rosette pour enregistrer la température et la salinité de l'eau, et recueillir des échantillons d'eau à différentes profondeurs dans la colonne d'eau. Source: François Saucier

Le complexe de la baie d'Hudson, gigantesque et de nature sensible

Une autre zone sensible qui a fait l'objet d'une surveillance attentive en 2005 est le complexe de la baie d'Hudson. Cette région, qui englobe la baie d'Hudson, le détroit d'Hudson, le bassin Foxe et la baie d'Ungava, est l'un des plus grands bassins hydrologiques du continent. Elle contribue de façon importante au courant du Labrador et constitue une entité océanographique importante qui a une incidence sur l'hydrographie et la productivité biologique des plates-formes de l'Atlantique nord-est du Canada et des États-Unis. Environ la moitié des populations Inuit du Nunavut et du Nunavik vivent dans cette région, et utilisent celle-ci aux fins de chasse et de pêche, de transport de fournitures et de biens durant la saison sans glace et de développement économique. La grande biodiversité de la région illustre l'incidence importante des eaux de l'Arctique et de l'Atlantique.

La Région du Québec du MPO a lancé un programme de modélisation et d'observation qui vise à préparer une description minimale de l'état actuel de cette région dans le cadre du programme MERICA (études des MERS intérieures du CAnada), grâce à des missions d'échantillonnage en 2003, 2004 et 2005. Ont participé à ce programme de surveillance des scientifiques de diverses régions du MPO (Québec, Centre et Arctique, et Atlantique), un certain nombre d'universités québécoises (l'Institut des sciences de la mer de l'Université du Québec à Trois-Rivieres, l'Université du Québec à Montréal et l'Université Laval) et diverses autres organisations (la Woods Hole Oceanographic Institution et Québec-Océans). Le programme a été réalisé lors de périodes d'utilisation de navires fournies par la Garde côtière canadienne lorsque les circonstances s'y prêtaient. De plus, le programme MERICA englobait la composante nordique du programme des espèces en péril de la Région du Québec du MPO, et il représentait une composante importante du programme du Centre national d'excellence pour la recherche aquatique dans l'Arctique du MPO. Parmi les données importantes relatives à l'océanographie et aux ressources vivantes qui ont été obtenues, notons celles sur la température, la salinité, les courants, les éléments nutritifs, l'oxygène, l'abondance et la biodiversité des organismes vivants, les contaminants, etc. L'objectif à long terme du programme est de mettre au point un système intégré de modélisation et d'observation pour détecter, surveiller et prédire les changements océaniques et écosystémiques du complexe de la baie d'Hudson. La collecte de données dans le cadre du programme de stations d'échantillonnage MERICA avait pour objectif principal de répondre à des questions clés relatives aux effets des changements climatiques sur le cycle de production du carbone et sur l'évolution de la biodiversité dans le complexe de la baie d'Hudson, dans le cadre d'un scénario général de réchauffement du climat.

Des chasseurs et trappeurs locaux aident les chercheurs d'ArcticNet dans leurs travaux de surveillance ou autres, rendant ainsi possibles les missions de recherche dans le Grand Nord. Source : Owen Owens, ArticNet

ArcticNet - Surveillance communautaire

Cet important programme de recherche pluridisciplinaire dans le Nord, qui regroupe un vaste réseau de chercheurs, comprend de nombreux volets auxquels le MPO participe. Dans un des volets de surveillance du programme, le MPO collabore avec l'Université du Manitoba et des habitants des régions nordiques à la réalisation d'un programme de surveillance communautaire axé sur la glace de mer ainsi que sur la variabilité et les changements climatiques. Ce programme rassemble des membres de l'Initiative des écosystèmes du Nord, de l'Institut de recherche Aurora et des collectivités, comme celles de Tuktoyaktuk, de Sachs Harbour, de Paulatuk, de Holman Island et de Sanikiluak. On a installé à proximité des collectivités des stations de météorologie en surface établies sur la glace de mer de première année. Les données télémétriques obtenues sont transmises aux bureaux locaux du comité des chasseurs et des trappeurs ou aux écoles de la région aux fins d'archivage. Toutes les deux semaines, des membres du comité des chasseurs et des trappeurs visitent les stations, y prélèvent des échantillons de glace de mer et de neige et y prennent des photos. L'information est transmise à l'Université du Manitoba où elle est transférée sur le site Web du programme de surveillance communautaire. Pour en savoir davantage sur ArcticNet, visitez le site Web d'ArcticNet (en anglais seulement) ).

Identification et cartographie des assemblages de poissons démersaux dans le détroit de Davis et la baie de Baffin

Afin d'étudier l'abondance des poissons et d'obtenir de nouvelles données sur les assemblages de poissons, le MPO a travaillé sur un projet de recherche qu'il finance conjointement avec divers partenaires du Nunavut. Les chercheurs ont utilisé le navire de recherche Paamiut de l'Institut des ressources naturelles du Groenland pour étudier les assemblages de poissons dans le détroit de Davis et dans le sud de la baie de Baffin, un plan d'eau polaire profond relativement isolé et unique parmi les mers de l'Arctique. Les chercheurs ont pu comparer les résultats dans l'ensemble de la zone du stock, puisque seul le navire Paamiut a été utilisé pour évaluer les eaux canadiennes et celles du Groenland. Le MPO espère poursuivre ces relevés plurispécifiques afin d'acquérir les données à long terme nécessaires pour suivre les tendances liées aux populations de poissons.

Fluctuations du niveau de l'eau : assurer un équilibre entre les besoins en énergie et les besoins écologiques

Des chercheurs et des ingénieurs du MPO, du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario et de Brookfield Power Corporation Ltd. collaborent à une expérience à long terme de gestion et d'évaluation environnementale adaptatives visant à déterminer si la régulation du taux de variation du débit d'eau dans les turbines d'un barrage hydro-électrique peut fournir un milieu plus favorable pour les poissons, tout en permettant de maximiser la production d'énergie. On utilise le plan d'expérience avant-après avec groupe témoin pour obtenir les meilleurs résultats scientifiques dans le cadre de cette expérience à l'échelle d'un écosystème. L'expérience est menée sur la rivière Magpie, près de Wawa, en Ontario, sur un segment de rivière d'environ 40 km situé entre les centrales des chutes Steephill et Magpie. La rivière témoin est la rivière Batchawana, située environ 60 km au nord de Sault Ste. Marie, en Ontario, qui ne compte aucun barrage. L'étape « avant » de l'étude est maintenant terminée. Les principales composantes de l'étude sont les suivantes : les paramètres de l'habitat physique, la géomorphologie fluviale, les caractéristiques des communautés de poissons, la dérive des proies des poissons et des invertébrés, le comportement de l'omble de fontaine, la dynamique trophique et une analyse économique du coût des variations du débit à des installations en Ontario. Une fois les conditions de base établies pour les deux rivières, les restrictions en matière de variation du débit ont été éliminées. La surveillance durant la période « après », ou étape expérimentale, se poursuivra jusqu'en 2007. Si un effet est décelé, les restrictions pourraient être remises en vigueur progressivement, dans le but d'équilibrer les besoins en énergie et les besoins écologiques pendant l'étape d'évaluation. Les résultats seront inclus dans les lignes directrices et les politiques fédérales et provinciales en matière d'hydroélectricité, ce qui facilitera les décisions axées sur la science concernant les variations du débit aux centrales. Les méthodes élaborées seront intégrées à des programmes de surveillance de l'efficacité des plans de gestion de l'eau à des centrales hydroélectriques existantes et nouvelles de l'Ontario.

Dénombrement du saumon du Pacifique à l'aide d'un sonar

Entre août et en octobre 2005, on a utilisé avec succès un sonar imageur DIDSON pour estimer les échappées de saumon rouge (Oncorhynchus nerka) dans la rivière Horsefly, qui fait partie du réseau du lac Quesnel dans le bassin versant du fleuve Fraser en Colombie-Britannique. La rivière Horsefly a été choisie pour cette première utilisation du sonar parce que 2005 a été une année importante dans le cycle du stock de cette rivière et parce qu'un programme de marquage-recapture y a également été mené, ce qui a facilité les comparaisons entre ces méthodes d'estimation des échappées. La comparaison des dénombrements visuels et des dénombrements par le sonar DIDSON a permis de conclure que les dénombrements par le sonar ne sont pas biaisés par des poissons non détectés et sont aussi exacts que les dénombrements visuels. Le sonar DIDSON permettra au personnel chargé de l'évaluation des stocks de surveiller les échappées de reproducteurs 24 heures par jour pendant toute la durée de la remonte et ce, que l'eau soit turbide ou claire. Comme deux ou trois employés examinent les dossiers, les estimations des échappées quotidiennes peuvent être obtenues la journée suivant l'enregistrement des données. Le programme de 2005 est un excellent exemple de transfert de technologie, depuis l'évaluation et la mise à l'essai de nouvelles méthodes et de nouveau matériel jusqu'à la mise en oeuvre de ceux-ci grâce à une formation interministérielle du personnel. Le sonar DIDSON fournit une approche pratique et économique pour estimer les échappées de saumon rouge dans certaines régions terminales à l'intérieur du bassin versant du fleuve Fraser.

Les saumons rouges qui remontent la rivière Horsefly ont été dirigés vers une ouverture large de 11m dans une barrière. Des dénombrements visuels ont été effectués à l'aide d'images obtenues grâce à un dispositif acoustique à haute fréquence. Le taux maximal de passage de saumons rouges observé était d'environ 8000 poissons à l'heure pendant la saison. Source : Rob Dolighan, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique

Biotechnologie et génomique

Les chercheurs du MPO produisent de l'information et utilisent des outils et techniques biotechnologiques pour élaborer des outils de gestion et formuler des avis scientifiques, notamment aux fins suivantes : l'identification précise et rapide des stocks pour la prise des décisions de gestion des pêches en temps réel; la création d'outils sensibles pour la détermination et l'élaboration de méthodes d'atténuation ou de traitement des maladies des animaux aquatiques; l'identification précise de populations dont la gestion soulève des préoccupations, notamment les populations d'espèces en péril; l'élaboration d'outils permettant d'atteindre les objectifs en matière de biodiversité; la réalisation d'analyses métagénomiques visant la biorestauration (l'utilisation de micro-organismes pour dégrader les produits chimiques toxiques dans le milieu aquatique) et la compréhension des composants des écosystèmes; la détermination et la surveillance des réactions physiologiques aux changements environnementaux; la recherche à l'appui de l'élaboration et de la mise en oeuvre de règlements relatifs aux animaux aquatiques aux caractères nouveaux. Le Programme de recherche et développement en génomique et en biotechnologie aquatique du Secteur des sciences du MPO a permis de cerner quatre thèmes de recherche stratégique dans le cadre desquels il est possible d'intégrer des technologies fonctionnelles et novatrices permettant d'améliorer la précision, la sensibilité et la rapidité d'obtention d'informations visant la formulation d'avis scientifiques et l'élaboration d'outils de gestion. Les quatre thèmes de recherche stratégique interreliés sont les suivants : biotechnologie et établissement de profils des ressources aquatiques; biotechnologie et santé des animaux aquatiques; biotechnologie et santé des écosystèmes aquatiques; étude de la réglementation relative aux animaux aquatiques aux caractères nouveaux.

Points saillants des avis fournis

Processus consultatif et publications scientifiques

Le Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS) coordonne le processus consultatif du Secteur des sciences du MPO en collaboration avec les Centres des avis scientifiques régionaux. Ce réseau de coordination est chargé de faire respecter des normes d'excellence élevées dans la prestation de renseignements scientifiques évalués par les pairs et d'avis permettant la prise de décisions judicieuses. Au cours de la dernière année, quelque 70 réunions de consultation (examens par les pairs et ateliers) ont été tenues, et plus de 200 publications scientifiques (avis scientifiques, documents de recherche et comptes rendus) ont été diffusées. Outre des questions courantes d'évaluation des stocks, ces publications couvraient un nombre croissant de questions nouvelles (évaluations écosystémiques, espèces en péril, espèces envahissantes, répercussions de l'aquaculture, etc.). En 2005, le SCCS a diffusé plusieurs rapports consultatifs particulièrement notables, dont des rapports sur la morue, le crabe des neiges et d'autres espèces d'intérêt particulier, et des rapports documentant les enjeux relatifs aux espèces en péril et aux écosystèmes. Les publications et les calendriers des activités du SCCS, sont disponibles sur le site Web du SCCS.

Le Secteur des sciences à l'appui de la Loi sur les espèces en péril

Le Secteur des sciences du MPO a participé en 2005 à 14 examens scientifiques par les pairs portant sur plus de 70 espèces. Les données que détient le MPO sur les espèces d'intérêt prioritaire sont examinées par des pairs avant d'être évaluées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Sept espèces ont fait l'objet de ce genre d'examen en 2005, y compris l'anguille d'Amérique et plusieurs espèces de sébaste du Pacifique. Les rapports de situation d'espèces préparés par le COSEPAC sont également examinés par des pairs. Plus de 40 rapports du genre ont été examinés par des scientifiques régionaux en 2005.

Un aspect clé des avis scientifiques formulés à l'appui de la Loi sur les espèces en péril est l'établissement du potentiel de rétablissement des espèces évaluées par le COSEPAC, et dont on envisage l'inscription à la liste de la Loi sur les espèces en péril. En 2005, on a étudié le potentiel de rétablissement de 30 espèces. La plupart de celles-ci étaient des espèces d'eau douce, mais quelques-unes étaient des espèces marines, dont la raie tachetée et le bar rayé (diadrome), ainsi que le béluga.

Le Secteur des sciences du MPO tient également des ateliers dans le but de peaufiner des techniques et des outils scientifiques destinés à aider le Ministère à appliquer la Loi sur les espèces en péril. En 2005, on a tenu deux ateliers de ce genre. Le premier portait sur l'élaboration d'un cadre d'évaluation des dommages acceptables aux espèces dulçaquicoles et la délivrance d'autorisation de détérioration, de destruction ou de perturbation de l'habitat en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Le second portait sur la détermination des caractéristiques d'une population rétablie, et avait pour objectif de fixer des cibles et des objectifs de rétablissement pour les espèces inscrites. Pour en savoir davantage sur les avis scientifiques évalués par les pairs formulés à l'appui de la Loi sur les espèces en péril et d'autres priorités ministérielles en 2005, voir le calendrier des avis scientifiques du SCCS. Pour en savoir plus sur les espèces aquatiques énumérées dans la Loi, visitez : Espèces aquatiques en péril.

Populations de phoques à la hausse dans l'Atlantique

En 2005, des chercheurs du Centre d'expertise sur les mammifères marins ont participé au Programme de recherche sur les phoques de l'Atlantique (PRPA). Ce programme de six millions de dollars a pour but d'établir l'abondance, la répartition et le régime alimentaire des phoques. Le phoque du Groenland est le pinnipède le plus abondant dans l'Atlantique nord, et il fait l'objet d'une chasse commerciale. La dernière évaluation de ses effectifs indique que la population s'est probablement stabilisée et compte actuellement quelque 5,8 millions de bêtes, le niveau d'abondance le plus élevé depuis les années 1970. La population de phoques gris avait augmenté et se chiffrait à quelque 250 000 bêtes en 2005. Les avis sur les niveaux autorisés de capture fournis aux gestionnaires des pêches ont permis d'ouvrir la première chasse commerciale de cette espèce. Un relevé des effectifs de jeunes phoques à capuchon a également été effectué, et les données sont en voie d'être analysées. L'examen par les pairs de cette évaluation aura lieu en 2006. Les évaluations du phoque gris et du phoque du Groenland ont été examinées par les pairs en mai 2005, et les résultats publiés dans les documents du SCCS. La répartition des trois espèces est établie par télémétrie satellitaire. Cette composante se poursuit - tant en ce qui concerne l'analyse des données recueillies dans le cadre du PRPA qu'en ce qui concerne la collecte de données additionnelles dans le cadre du Programme de gouvernance internationale (et d'une proposition de recherche pour l'Année polaire internationale, 2007-2008). Les données sur le phoque gris ont été publiées dans des journaux scientifiques, et les données sur les trois espèces ont été présentées dans un bon nombre de réunions scientifiques ou publiques.

Le PRPA nous permet de mieux comprendre le rôle possible que jouent le phoque du Groenland, le phoque à capuchon et le phoque gris dans le déclin de l'abondance de la morue. La composante du PRPA sur le régime alimentaire portait sur l'utilisation des acides gras pour étudier le régime alimentaire de ces mammifères et améliorer l'échantillonnage des phoques du Groenland et des phoques à capuchon en haute mer (pour lesquels on a relevé d'importantes lacunes dans les données lors des évaluations des stocks de morue). Nous avons établi qu'il est possible de déterminer le régime alimentaire des phoques à partir de la signature des acides gras, et le modèle utilisé pour établir les proportions des différentes espèces de poissons dont ils se nourrissent d'après les proportions de différents acides gras a été publié dans un journal scientifique doté d'un comité de lecture.

Dans le cadre du PRPA, on a également réalisé une étude pilote visant à établir la faisabilité de zones d'exclusion des phoques. Les résultats préliminaires de cette étude ont été présentés lors d'un atelier international sur les zones d'exclusion des phoques. Le rapport de cette réunion est disponible sur le site Web du SCCS.

Les avis scientifiques conduisent à une augmentation du quota de flétan noir pour le Nunavut

Des recherches effectuées par le MPO en 2005, financées par l'intermédiaire d'un partenariat entre le gouvernement du Nunavut, le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut, la société Nunavut Tunngavik Incorporated, le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, la Baffin Fisheries Coalition et le MPO, ont mené à une augmentation du quota de flétan noir pour le Nunavut. Les travaux de recherche ont permis au Conseil scientifique de l'Organisation des pêches de l'Atlantique nord-ouest (OPANO) de recommander une augmentation de 5 000 tonnes métriques du quota de flétan noir dans les divisions 0A et 1A de l'OPANO en 2006, portant ainsi le quota total à 13 000 tonnes métriques. En vertu d'une entente de partage du quota entre le Groenland et le Canada, le Nunavut s'en verra attribuer 50 p. 100, soit 6 500 tonnes métriques. Ceci fera passer la quotepart du Nunavut de 60 à 68 p. 100, et résultera en une augmentation du quota hauturier total du Nunavut pour le flétan noir et la crevette, qui passera de 38 à 41 p. 100. Le Nunavut s'est vu attribuer l'ensemble de l'augmentation de 2 500 tonnes métriques du quota canadien de flétan noir pour 2006 dans la division 0A, située dans le nord de la baie de Baffin. L'avis scientifique a été accueilli avec joie au Nunavut, car il laisse entrevoir la création d'emploi et le développement économique.

Une analyse révèle que les baleines boréales de l'Arctique de l'Est constituent une seule population

En 2005, des chercheurs du Centre d'excellence sur les mammifères marins (CEMAM) ont passé en revue les données sur les stocks de baleines boréales de l'Arctique de l'Est. Ce cétacé, qui fait l'objet d'une chasse de subsistance très limitée, a été décimé par la chasse commerciale, qui a pris fin au début des années 1900. À partir d'inférences fondées sur des données de la chasse commerciale et des barrières glaciaires et terrestres, on considérait jusqu'ici que les baleines boréales de l'Arctique de l'Est se divisaient en deux populations, soit le stock de la baie d'Hudson et du bassin Foxe, et le stock du détroit de Davis et de la baie de Baffin. De récents travaux génétiques et la surveillance des déplacements de ce cétacé à l'aide de la télémétrie par satellite n'ont pas permis de confirmer l'hypothèse de deux populations. L'avis va plutôt dans le sens que la baleine boréale de l'Arctique de l'Est pourrait être considérée comme un seul stock. Selon des relevés aériens, les effectifs se chiffreraient au minimum à environ 7 000 bêtes.

Au cours de l'été 2006, près de l'île de Kekerton, au Nunavut, deux baleines boréales font surface à la gauche d'un petit canot de transport piloté par Levis Quanag d'Igloolik. Le biologiste Larry Dueck se tient sur la proue, où il se prépare à attacher un marqueur électronique de surveillance par satellite au dos d'une des baleines. Ce projet comprenait le marquage de huit baleines et la collecte de 32 échantillons d'ADN de celles-ci, les plus grands mammifères marins de l'Arctique canadien. Source : DFO

Comparaison des connaissances écologiques traditionnelles sur les bélugas aux données de télémétrie satellitaire

En 2005, des chercheurs du CEMAM ont comparé les déplacements et les modèles de concentration du béluga de l'est de la baie d'Hudson obtenus par télémétrie satellitaire et ceux du savoir écologique traditionnel des habitants du Nunavik. Le savoir écologique traditionnel se compose des connaissances écologiques collectives, de l'expérience et des valeurs des collectivités pratiquant la chasse de subsistance. Les deux approches fournissent d'importants renseignements écologiques, mais peu d'études ont tenté de comparer ces deux sources de connaissances. L'étude a révélé que les deux ensembles de données se complètent et qu'ils sont tous deux affligés de faiblesses résultant des limites que pose la collecte des données - faiblesses qui doivent être reconnues lorsqu'on utilise ces données pour formuler des avis concernant la gestion des ressources.

Programme du pétrole et du gaz- Recherches dans le Nord

Tout au long de l'année, le MPO a mené des recherches pour être en mesure de fournir des avis et des décisions scientifiques à l'appui de ses responsabilités réglementaires concernant la protection du poisson et de son habitat en rapport avec le Projet de gazoduc du Mackenzie. Ce projet pourrait avoir des incidences environnementales sur le Nord canadien, en raison de la construction du gazoduc et des activités pétrolières et gazières connexes. Le MPO passe en revue les énoncés des incidences environnementales, formule des recommandations et mène des recherches scientifiques afin d'assurer que les incidences environnementales nuisibles éventuelles des activités pétrolières et gazières induites font l'objet d'une surveillance et d'une évaluation adéquates. Des scientifiques du MPO mènent des études et des recherches à terre et en mer dans le but de combler les lacunes dans les données déterminées lors d'ateliers communautaires. Ainsi, on étudie les poissons marins et anadromes, la fréquentation saisonnière de la mer de Beaufort et les voies de migration importantes. Des études par étiquetage permettront d'établir la fréquentation saisonnière de la mer de Beaufort par le béluga et ses voies de migration annuelle. Des études sur les phoques de la mer de Beaufort menées à la fin de l'hiver et au début du printemps permettront d'établir les incidences possibles des activités pétrolières et gazières en haute mer sur leur abondance, leur comportement de mise bas et de soin des nouveaux-nés et leur migration annuelle. Des scientifiques du MPO participent également au programme de cartographie de l'habitat côtier de la mer de Beaufort, à financement partagé, dans le cadre duquel on examinera tous les aspects de l'écosystème marin, dans le but d'identifier les aires qui devraient être mieux protégées ou évitées durant la planification des projets futurs de développement pétrolier et gazier en mer. On trouvera sur le site Web du Ministère une description de cette vaste série de programmes de recherche dans le Nord.

Des drains agricoles servent d'habitat au poisson

Le Secteur de la gestion de l'habitat du poisson du MPO a demandé un avis à savoir si les drains agricoles pouvaient ou non être considérés comme un habitat du poisson. Des scientifiques du MPO ont donné des conseils relativement à cette recherche menée par l'Université de Guelph dans le but d'établir s'il existait des différences dans la diversité, l'abondance, les stades de vie et l'habitat des poissons trouvés d'une part, dans 25 drains agricoles à température élevée du sud-ouest de l'Ontario et d'autre part, dans 25 cours d'eau jumelés non soumis à un drainage. Aucune différence significative n'a été relevée dans les variables mesurées, et les chercheurs ont conclu que les drains agricoles servaient vraiment d'habitat au poisson. Les gestionnaires de l'habitat et des drains utiliseront ces résultats pour élaborer des lignes directrices de gestion des drains qui tiennent compte des besoins des agriculteurs tout en protégeant la diversité des poissons et l'habitat.

L'échantillonnage du homard américain par des plongeurs a permis de recueillir des renseignements précieux sur la croissance des jeunes. Source : DFO

Analyse de la croissance du homard

Le homard fait l'objet d'une pêche commerciale depuis le milieu du XIXe siècle. Les débarquements ont atteint des pics historiques ou presque durant les années 1990 et au début des années 2000, dans le sillage d'une augmentation en chandelle imprévue de l'abondance durant les années 1980. En 2005, des scientifiques de la Région du Québec ont publié une étude sur la croissance du homard juvénile au large des îles-de-la- Madeleine. En plus de l'échantillonnage du homard par des plongeurs durant deux périodes (1995-2001 et 2003-2004), l'étude a permis de faire un examen critique des concepts qui prévalent au sujet des premiers stades de croissance du homard, en mettant l'accent sur la rareté des études à haute résolution de la croissance des premiers stades benthiques de ce crustacé. Ces recherches permettront de mieux comprendre les variations de la taille selon l'âge et de l'âge au recrutement, ce qui constitue la première étape vers la compréhension des relations entre les larves qui se sont établies sur le fond et les recrues - des connaissances qui aideront à mieux gérer la pêche.

Pêche du pétoncle géant - Projet de cartographie benthique pour la Nouvelle-Écosse

La pêche du pétoncle géant dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, pratiquée dans la zone de pêche du pétoncle 29, est unique sur maints plans. Cette nouvelle pêche fait l'objet d'une pleine surveillance depuis son ouverture en 2001 : relevés annuels, présence d'observateurs, échantillonnage des prises et système de surveillance des navires par satellite. En 2002, le MPO a conclu une entente triennale de projet conjoint avec les flottilles de pêche et Ressources naturelles Canada, et toutes les parties ont engagé des fonds pour faire la cartographie du plancher océanique au sonar acoustique à faisceaux multiples et mener des travaux scientifiques connexes dans la région. L'accès à la pêche dans cette région était subordonné à la contribution de fonds au projet.

Ce projet a résulté en l'établissement de cartes bathymétriques à haute résolution, de cartes de l'intensité de la rétrodiffusion du signal acoustique et de cartes géologiques des dépôts meubles. On a également recueilli des données benthiques à l'aide d'appareils vidéo et photographiques dans le but d'analyser la répartition des assemblages benthiques par rapport au type de fond. Les données et les vidéos recueillies par les observateurs ont montré que des pétoncles géants étaient présents presque partout, mais qu'ils étaient plus abondants sur les fonds plats de dépôts résiduels et les fonds sablonneux stables. L'autorisation de faire la pêche du pétoncle à la drague uniquement sur les fonds plats de dépôts résiduels ou les fonds sablonneux permettrait peut-être d'accroître les prises, de minimiser les pertes d'engins et de réduire fortement les prises accessoires et les dommages aux espèces qui vivent sur le fond ou à proximité, lesquelles sont les plus abondantes sur les affleurements et le till. Au cours des trois dernières années, les cartes bathymétriques ont servi à la planification des traits de relevé, ce qui a permis de réduire grandement les dommages aux engins durant le relevé annuel. Le relevé de 2005 a été restructuré à partir des cartes géologiques des dépôts meubles, et les résultats préliminaires indiquent que cette nouvelle méthode donne des estimations plus précises de la biomasse. Finalement, on a analysé les prises commerciales par unité d'effort à l'aide des cartes géologiques des dépôts meubles, et les résultats donnent à penser que les pêcheurs réussissent à maintenir les taux de capture actuels en pêchant à des endroits inexploités jusqu'à maintenant. Les résultats du relevé de 2005 ont été présentés et examinés par les intéressés dans le cadre d'un atelier tenu au début de 2006.

Projet sur l'habitat du poisson de la plate-forme néo-écossaise - source d'information sur l'aiglefin

En 2001, le MPO a entrepris un programme de recherche concertée auquel participaient la Région des Maritimes et la Région de Terre-Neuve-et- Labrador, dans le but d'établir comment les poissons benthiques utilisent l'habitat du plancher océanique de la plate-forme néo-écossaise et, plus particulièrement, quel était l'habitat préféré des jeunes aiglefins. Cette information est nécessaire pour gérer les pêches et l'habitat dans un contexte écologique. En 2005, cet ambitieux programme de recherche sur le terrain s'est terminé avec succès. Il a été réalisé sur six sites d'étude de 100 km2, choisis au départ d'après les données historiques de relevés du chalut du MPO pour identifier les aires à faible probabilité et à forte probabilité d'être préférées. Lors d'une expédition de recherche à bord du NAFC Quest, on a recueilli des données de radar multifaisceaux à haute résolution à trois des sites. Les particularités du plancher océanique jusqu'à 0,5 mètre de hauteur étaient visibles. Le NGCC Needler a effectué des relevés au chalut sur les six sites, ce qui permettra d'établir plus précisément la composition des communautés de poissons et les principales proies benthiques. Finalement, le NGCC Hudson a effectué des relevés d'envergure de l'habitat et des communautés benthiques à tous les sites d'étude à l'aide d'une vaste gamme d'appareils, y compris un sonar à balayage latéral, un sondeur acoustique Biosonics DT, un Towcam (plate-forme vidéo remorquée) et un échantillonneur vidéo Videograb. Ces appareils ont recueilli des données sur les particularités du plancher océanique, la composition des sédiments, la distribution des poissons par rapport à l'habitat et la composition des communautés benthiques. Le grand nombre d'ensembles de données physiques et biologiques recueillies systématiquement aux mêmes sites d'étude constitue un aspect unique de ce projet du MPO. L'analyse des données est en cours, et les résultats intégrés seront présentés dans le cadre d'un atelier en mars 2007.

Une année spéciale pour le Processus consultatif régional des Maritimes

En 2005, le Processus consultatif régional (PCR) des Maritimes a donné lieu à 11 réunions qui avaient pour objectif d'étudier diverses questions, allant de l'évaluation du stock de crabes des neiges de l'est de la plate-forme néo-écossaise à l'examen des aperçus écologiques du lac Bras d'Or. Comme le veut la tendance observée au cours des dernières années, le PCR sert de plus en plus à passer en revue les questions liées aux océans, à l'habitat et aux espèces en péril, en plus de celles liées aux évaluations des stocks. Une importante réunion du PCR tenue en 2005 a donné lieu à l'établissement d'une approche de classification des communautés benthiques de la plateforme néo-écossaise d'après leur vulnérabilité à l'anthropisation. Le Secteur des Sciences utilisera cette approche de classification pour gérer la gamme complète des activités humaines (de la pêche à la prospection gazière et pétrolière) qui ont un effet sur les communautés benthiques. En ce qui concerne la Loi sur les espèces en péril, les réunions du PCR portant sur l'examen du potentiel de rétablissement du requintaupe commun et de la raie tachetée ont constitué les faits saillants de l'année. Ces examens représentent les analyses les plus approfondies de ces populations effectuées jusqu'à maintenant, et joueront un rôle important dans l'élaboration des plans de rétablissement de ces espèces. Pour ce qui est des évaluations des pêches, l'examen du modèle d'évaluation du stock de limande à queue jaune du banc Georges se démarque. Il s'agit d'un des examens les plus exhaustifs d'une évaluation de stock qui ait été réalisé jusqu'à maintenant. Il a révélé des problèmes avec l'évaluation; une fois ceux-ci réglés, le PCR pourra formuler de meilleurs avis scientifiques à long terme sur cette ressource. Dans l'ensemble, 2005 a constitué une année spéciale pour le PCR dans cette région.

Établissement de 35 nouvelles aires de conservation du sébaste en Colombie-Britannique

Depuis 2002, des consultations ont été menées auprès des secteurs de la pêche commerciale, récréative et autochtone, des administrations locales et du gouvernement provincial ainsi que des collectivités côtières et du grand public dans le but d'agrandir le réseau d'aires de conservation du sébaste (ACS) en Colombie-Britannique. Suite à ces vastes consultations, on a établi 35 ACS durant la saison de pêche de 2005. Des analyses spatiales reposant sur des données sur les prises de la pêche et des données bathymétriques ont permis de déterminer les aires côtières qui pourraient être considérées comme un « habitat du sébaste ». Cette couche d'habitat du sébaste a ensuite été utilisée comme base pour choisir les ACS et établir les cibles de parcelles d'habitat du sébaste qui seraient fermées. Les 35 ACS satisfont à la cible de la fermeture de 20 p. 100 des parcelles d'habitat du sébaste, établie par le MPO pour l'ensemble des eaux hauturières à l'extérieur du détroit de Georgie. D'autres consultations sur de nouvelles ACS proposées pour les eaux intérieures du détroit de Georgie ont débuté en 2005. L'établissement de ces nouvelles aires en 2006 portera le nombre d'ACS à 120, ce qui correspond à la cible de la fermeture de 30 p. 100 des parcelles d'habitat du sébaste dans les eaux intérieures du détroit de Georgie. Il est interdit aux secteurs de la pêche commerciale et récréative de pratiquer la pêche au chalut ou avec ligne et hameçon dans les 35 nouvelles ACS établies en 2005 pour l'ensemble de la côte à l'extérieur du détroit de Georgie.

Carte de la zone de conservation du sébaste. Source : DFO

La recherche sur les oeufs de saumon produit des données pratiques

Pour s'approvisionner en oeufs, l'industrie de l'élevage du saumon atlantique en Colombie-Britannique dépend presque entièrement de reproducteurs élevés dans la province. Depuis 2003, le MPO et l'industrie salmonicole effectuent donc des recherches concertées sur de nombreux facteurs qui nuisent au développement et à la survie des oeufs jusqu'au stade d'alevin (manutention des gamètes, entreposage, procédures de fertilisation et température d'incubation), ainsi que sur les facteurs qui agissent sur le dernier stade de la maturation avant le frai (teneur en oxygène dissous et température). Les recherches ont produit des connaissances pratiques et utiles sur l'élevage du saumon et des données pour le milieu scientifique.

Oeuf de saumon magnifié. Source : Karin Davis

Gestion des données et de l'information

Le Service des données sur le milieu marin (SDMM) est le centre d'archivage et de gestion des données océanographiques du MPO. Le SDMM recueille des données auprès de chercheurs canadiens et étrangers, les introduit dans des structures de données communes, s'assure qu'elles sont de bonne qualité et les met à la disposition des intéressés. Le SDMM est membre d'un consortium international de centres de données. Certains de ces centres gèrent les données en temps réel et coordonnent leurs efforts par l'intermédiaire de la Commission conjointe sur l'océanographie et la météorologie marine (J-COMM). D'autres gèrent des données en temps différé au moyen de l'Échange international des données et de l'information océanographiques (IODE). Le SDMM est un acteur important dans les deux organisations, une situation unique dans le monde.

En 2005, comme il le fait depuis nombre d'années, le SDMM a géré de nombreux types différents de données canadiennes, comme les mesures faites à l'aide de marégraphes, les mesures de la température et de la salinité des océans obtenues à l'aide de profileurs Argo, et nombre d'autres mesures de variables du milieu océanique ainsi que les données obtenues lors du suivi de poissons à l'aide de méthodes acoustiques, les données sur la répartition des espèces envahissantes et bien d'autres.

Les recherches modernes en océanographie, comme celles qu'entreprend le SDMM, nécessitent des relations internationales et la coopération de nombreux partenaires pour être abordables et de plus en plus efficaces. Une grande part des données recueillies par le SDMM provient de sources internationales. Le SDMM agit à titre de centre mondial de données pour certains types de données, tandis que pour d'autres, il ne fait que recueillir les données sur les eaux canadiennes. Pour certains types de données, le SDMM distribue tout ce qu'il reçoit à des chercheurs de centres de données de six autres pays et, en fait, publie le contenu de ses archives six fois par année.

Depuis plusieurs années, le SDMM fournit un accès à des données en temps réel aux responsables de l'Expérience mondiale d'assimilation des données océaniques (GODAE), une initiative visant à établir comment construire et utiliser des modèles combinés glace-atmosphère-océan. Grâce à des liens formés par l'intermédiaire de l'IODE, le SDMM a conclu une entente en vue de fournir des données en temps réel aux modélisateurs français qui contribuent à la GODAE. En 2005, des chercheurs canadiens ont également entamé des travaux de modélisation et ont choisi d'utiliser le modèle français. Dans le cadre d'une relation de travail étroite avec le centre de données de France, le Canada a obtenu une copie du logiciel français utilisé pour préparer les données aux fins d'assimilation dans le modèle. Le SDMM continue de fournir des données à la France et il est en train d'élaborer le logiciel nécessaire pour fournir les données aux modélisateurs canadiens.

Toujours en 2005, le SDMM a lancé un projet pilote avec l'Institut des sciences de la mer du MPO afin de joindre un code à barres aux données recueillies à chaque site en mer. Il est joint aux données au moment de leur création et les accompagne dans tous leurs transferts. Il permet de satisfaire au besoin d'identification des données qui peuvent être reçues à plus d'une reprise par le système de données du MPO.

Un des principaux problèmes en ce qui concerne les données est l'absence de normes relatives aux types de données nationales et internationales et les défis que cette situation présente sur le plan de l'interopérabilité. Dans le but d'harmoniser les normes, le MPO a tenu en 2005 un atelier national sur l'architecture axée sur le service. Le résultat de cet atelier a été une entente à l'échelle nationale quant à la nécessité d'une architecture axée sur le service, notamment pour le Secteur des sciences du MPO afin que celui-ci puisse utiliser ses archives de données de façon optimale et ainsi servir les Canadiens et respecter pleinement ses engagements internationaux.

Données, produits et services

Service hydrographique du Canada

Le Service hydrographique du Canada (SHC) est la division du Secteur des sciences du MPO qui est responsable de la surveillance et de la cartographie des voies navigables canadiennes afin d'assurer une navigation sécuritaire et efficace. En 2005-2006, les bureaux de diffusion du SHC ont distribué 153 779 cartes et 92 637 publications par l'intermédiaire des 800 détaillants autorisés partout au Canada et aux États-Unis. Le SHC a produit 129 nouvelles éditions et nouvelles cartes en format papier et 106 nouvelles cartes électroniques de navigation en format S57, y compris 85 nouvelles éditions. Cinquante-deux cartes matricielles de navigation ont été publiées, dont six nouvelles cartes. En 2005, le site Web sur les marées a été consulté à plus d'un million de reprises, et le numéro de téléphone sans frais a reçu plus de 3 500 appels concernant les niveaux d'eau et les marées. Pour en connaître davantage sur le SHC et ses nombreux produits, visitez son portail en ligne.

Indices et bulletins du Programme de monitorage de la zone atlantique

Outre le SHC, d'autres directions du Secteur des sciences du MPO sont directement responsables de la création de nombreux produits, services et données qui sont utilisés chaque jour par des Canadiens et des utilisateurs étrangers du milieu des transports, de l'industrie et des loisirs. Par exemple, le Programme de monitorage de la zone atlantique (PMZA) annuel fournit un accès direct à un recueil de données océanographiques, d'indices du climat, de données sur le plancton, de données sur le niveau de la mer, de données de télédétection et de données météorologiques. Le public a accès à toutes ces données à MPO (la section du Service des données sur le milieu marin). De plus, le PMZA publie un bulletin annuel.

Offre en ligne de données océanographiques

Avec l'aide d'une université partenaire Institut des sciences de la mer de Rimouski), le MPO a terminé en 2005 la première phase de la mise en place d'un réseau de bouées océanographiques sur le Saint-Laurent. Les données obtenues grâce à ce réseau, disponibles presque en temps réel par l'intermédiaire d'un site Web. Ce réseau, qui fait partie du PMZA, est une composante clé de l'élaboration de produits de télédétection de meilleure qualité visant à résoudre les problèmes du MPO en matière de sciences et de gestion.

Océanographie opérationnelle dans le golfe du Saint-Laurent

En 2005, le laboratoire de l'Institut Maurice- Lamontagne (IML) a continué d'être à l'avant-garde des travaux d'élaboration de produits d'information sur les océans utiles à des fins scientifiques, sociales et commerciales. Le système de prévision de l'IML est fondé sur des modèles de recherche utilisés à l'échelle opérationnelle. Des prévisions océaniques quotidiennes pour le réseau hydrologique du golfe du Saint- Laurent sont disponibles gratuitement sur le site Web de l'Observatoire du Saint-Laurent.

Le microcosme de l'IML montre la vaste gamme d'activités et d'avantages liés à l'océanographie opérationnelle. En partenariat avec d'autres organismes qui recueillent des informations connexes (p. ex., le Service météorologique du Canada, les cartes des glaces du Service canadien des glaces, les observations du niveau de l'eau du Service hydrographique du Canada, les prévisions d'Environnement Canada en ce qui concerne le débit sortant des Grands Lacs et les prévisions de débit du secrétariat du conseil de la rivière des Outaouais, l'IML maintient des programmes visant à effectuer des observations systématiques supplémentaires du milieu marin et utilise ces informations avec des modèles de prévision combinés glace-atmosphère-océan pour fournir, par l'intermédiaire d'une diffusion sur le Web, des services opérationnels à des utilisateurs finaux particuliers et à d'autres intéressés.

Parmi les services offerts, notons les suivants : les prévisions quotidiennes des courants de surface dans le golfe du Saint-Laurent; les données sur la concentration et l'épaisseur des glaces aux fins de navigation météorologique pour le service d'urgence environnementale de la Garde côtière canadienne, utilisées pour établir des prévisions de la trajectoire de déversements et pour les systèmes de recherche et sauvetage; les prévisions sur 30 jours du niveau de l'eau dans le fleuve Saint-Laurent; la prévision immédiate du débit d'eau douce à Québec. Le système constitue un excellent exemple des réalisations dans le domaine de l'océanographie opérationnelle et des avantages que celle-ci procure aux Canadiens.

Données et informations scientifiques en ligne

La page d'accueil du Secteur des sciences du MPO peut être consultée à l'adresse http://www.dfo-mpo.gc.ca/science. La clientèle en ligne du Secteur des sciences augmente régulièrement au fil des ans et est de plus en plus intéressée à obtenir les données et les produits du MPO relatifs aux sciences aquatiques. Cette clientèle est également de plus en plus dépendante de ces données et produits. L'évolution rapide des technologies du Web crée de façon continue un éventail de nouvelles possibilités permettant au Secteur des sciences d'envisager et d'élaborer des mécanismes d'intégration de données supplémentaires afin d'accroître la disponibilité des données à l'intérieur du MPO et d'assurer l'interopérabilité entre le MPO et ses collaborateurs externes.

Dans son cadre national, le Secteur des sciences exploite plusieurs portails Web spéciaux qui répondent à des besoins scientifiques précis. Par exemple, depuis janvier 2000, le portail Internet de l'Observatoire du Saint-Laurent (OSL) fournit un accès à des données et à de l'information scientifiques sur une gamme de sujets comme la modélisation d'écosystèmes, la biodiversité, le climat et l'environnement, la biologie expérimentale, la télédétection et la recherche halieutique. Bien qu'il porte principalement sur l'écosystème du Saint-Laurent, le portail de l'OSL présente également des éléments qui dépassent les limites régionales, notamment des produits et des applications Web comme l'accès direct aux archives nationales des cartes de la température de l'eau en surface et aux résultats et modèles d'un programme de dynamique comparée des écosystèmes dans l'Atlantique nord-ouest. Le portail de l'OSL donne également accès aux recherches menées par le Centre d'excellence sur les mammifères marins. Des travaux sont en cours au sein du Secteur des sciences afin d'accroître la présence sur le Web des centres d'expertise et d'améliorer la disponibilité des informations sur les recherches de ces centres pour les partenaires nationaux et internationaux.

Promotion stratégique des sciences

Le Secteur des sciences du MPO comprend une unité de promotion stratégique des sciences qui contribue à sensibiliser le public à l'importance des travaux scientifiques du MPO en tant qu'outil facilitant l'établissement d'une culture scientifique au Canada. Cette unité gère les alliances et partenariats externes entre partenaires fédéraux et provinciaux liés à des conférences et des expositions scientifiques présentées à des centres nationaux scientifiques, les activités de sensibilisation auprès d'organismes non gouvernementaux qui contribuent à l'apprentissage des sciences et à l'élaboration de programmes d'études scientifiques, ainsi que les activités auxquelles participe le personnel, comme les exposés scientifiques à l'interne ou à l'externe. L'unité contribue à l'application des conseils formulés par le Comité consultatif des sciences externe, un groupe d'experts dans le domaine des sciences et de la communication scientifique nommés d'office, qui fournit des conseils à l'équipe de gestion du Secteur des sciences durant l'année. Elle contribue à la communication scientifique à l'interne, fournit des lignes directrices en ce qui concerne les activités scientifiques liées aux communications externes, et prépare de nombreux rapports et présentations sur le Secteur des sciences, y compris le présent rapport annuel. Une réussite particulière de l'unité est sa populaire série d'articles scientifiques vedettes, à laquelle le public peut s'abonner en ligne.

Section 5 - Sur la scène internationale

Leadership scientifique sur la scène internationale

Le Secteur des sciences du MPO joue un rôle de chef de file auprès d'organisations internationales qui exercent une grande influence dans les domaines des sciences de la mer et des eaux douces. Parmi celles-ci s'inscrivent la Commission océanographique intergouvernementale (COI), la Commission conjointe sur l'océanographie et la météorologie marine (J-COM), le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), l'Organisation des sciences de la mer pour le Pacifique Nord (PICES), l'Organisation des pêches de l'Atlantique nord-ouest (OPANO), la Commission des pêches des Grands Lacs (CPGL), l'Organisation mondiale de la santé animale et l'Organisation hydrographique internationale.

Décroissance des populations de lamproie marine dans les Grands Lacs

Mme Wendy Watson-Wright, sous-ministre adjointe, Secteur des sciences, et M. John Davis, conseiller spécial auprès du sous-ministre, ont agi à titre de commissaires canadiens auprès de la CPGL dans le cadre de l'engagement du MPO de gérer les populations de lamproie marine envahissante. La CPGL est chargée de la réduction des populations de lamproie marine - une espèce envahissante qui a décimé les populations de touladi - ainsi que de la coordination des recherches sur les pêches dans les Grands Lacs. Le Programme de lutte contre la lamproie marine a donné lieu à une réduction de 90 p. 100 des populations de ce parasite, ce qui a permis le rétablissement des populations de touladi et d'autres espèces de poissons. La CPGL a lancé le Partenariat de recherche et de gestion des écosystèmes, qui finance les travaux d'élaboration de méthodes novatrices de lutte contre la lamproie marine menés par des chercheurs de l'Université de Guelph et de la Michigan State University. En 2005, la CPGL a financé des recherches visant à décrire la structure et la fonction des phéromones uniques dont se sert la lamproie marine pour localiser un cours d'eau adéquat pour le frai et attirer des femelles aux nids. On a entrepris des travaux en vue de trouver des emplacements du génome de la lamproie qui pourraient servir à l'élaboration de nouvelles méthodes de lutte contre ce parasite. On s'attend à ce que l'intégration des méthodes d'évaluation des stocks, des méthodes de lutte traditionnelles et des nouvelles méthodes élaborées dans le cadre du programme scientifique permette de réduire davantage les populations jusqu'aux niveaux cibles d'ici 2010.

La lamproie marine. Source : DFO

Organisation des pêches de l'Atlantique nord-ouest

En 2005, le Canada a atteint un important objectif en gestion des pêches, et l'Organisation des pêches de l'Atlantique nord-ouest (OPANO) a franchi une étape cruciale dans l'approche écosystémique de la gestion des pêches, lorsque les pays membres de l'OPANO ont convenu à l'unanimité de réformer organisation et d'améliorer la gestion des pêches à l'extérieur de la limite de 200 milles du Canada. Le Secteur des sciences du MPO participe aux réunions du Conseil scientifique de l'OPANO, qui fournit sur demande des avis sur l'état des stocks de poissons dans la zone d'application de la Convention de l'OPANO à des commissions des pêches et aux États côtiers. Le Conseil scientifique de l'OPANO publie le NAFO Journal of Northwest Atlantic Fishery Science.

Pour soutenir sa présentation, à la Commission des limites du plateau continental des Nations Unies au titre de l'UNCLOS, de preuves à l'appui de sa revendication territoriale sur le plateau continental, le Canada participe, de concert avec le Danemark, à un projet de collecte de données bathymétriques sur la dorsale Lomonosov (Lomonosov Ridge Test of Appurtenance ou LORITA) (en anglais seulement). L'équipe scientifique sera logée à la base des Forces canadiennes d'Alert, dans l'île d'Ellesmere. Une station sismique située dans la baie Frankfield, au Groenland, est indiquée par les lettre FFB. Les lignes montrent le plan d'acquisition des données de réfraction sismique reçues. Les points rouges représentent les trous de tir sismique prévus. Source: LORITA

Service hydrographique du Canada - Convention des Nations Unies sur le droit de la mer

Le Canada a ratifié la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) en novembre 2003, et il a jusqu'à la fin de 2013 pour présenter à la Commission des limites du plateau continental des Nations Unies des preuves à l'appui de sa revendication territoriale sur le plateau continental situé au-delà de la limite actuelle. Le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) est responsable de la préparation de la présentation du Canada. Le Service hydrographique du Canada (une division du MPO) et la Commission géologique du Canada (CGC), une division de Ressources naturelles Canada (RNCan), effectuent des levés visant à établir les limites du plateau continental du Canada dans l'Arctique et l'Atlantique au-delà de notre zone économique exclusive de 200 milles marins. En raison des défis techniques que pose la collecte de données dans les zones recouvertes par les glaces de l'Arctique, la CGC, en consultation avec le MAECI, a négocié une entente de collaboration avec la Commission géologique du Danemark et du Groenland (GEUS) pour effectuer des levés dans la région située au nord de l'île d'Ellesmere et de la mer du Labrador. Cette entente permettra non seulement de réduire les coûts des levés pour les parties, mais également d'interpréter ensemble les données recueillies, ce qui réduira la possibilité de recoupement de revendications et de différends. Les deux pays ont convenu d'exécuter un programme conjoint de travaux sur la glace de l'Arctique, qui débutera en mars 2006. Du côté de l'Atlantique, des navires affrétés ont commencé les levés. Dans le Pacifique, comme le plateau est étroit, il n'existe aucune possibilité de revendiquer des territoires audelà de la limite de 200 milles au titre de l'UNCLOS.

Commission conjointe sur l'océanographie et la météorologie marine

Le Canada, et le Secteur des sciences du MPO, ont joué un rôle de chef de file dans la mise sur pied de la Commission conjointe sur l'océanographie et la météorologie marine (J-COM). Mme Savithri Narayanan, directrice générale des Sciences océaniques et du Service hydrographique du Canada, en a été la coprésidente pendant quatre ans, à partir de 2001, lorsqu'elle a été élue à ce poste lors de la première réunion de la J-COMM, jusqu'à la deuxième réunion, tenue à Halifax en septembre 2005. Le MPO continuera à gouverner la J-COMM par l'intermédiaire de sa participation au Comité de gestion et aux conseils consultatifs. Cet organisme intergouvernemental, composé de spécialistes, agit à titre de mécanisme de coordination, de réglementation et de gestion d'un système de services, d'observation et de gestion des données océanographiques et météorologiques maritimes. La J-COMM est très importante pour le Canada, car le Plan d'action pour les océans du Canada est voué à la gestion des activités maritimes d'une manière globale et intégrée, et les travaux de gestion des pêches canadiennes que mène le MPO exigent que les observations et les données soient gérées de la meilleure façon possible. Les récents phénomènes météorologiques, extrêmes et dévastateurs, notamment le tsunami de l'océan Indien et l'ouragan Katrina, ainsi que l'onde de tempête que ce dernier a générée, ont rappelé aux participants l'importance du rôle que joue la J-COMM dans la collecte et l'interprétation des données. La participation de la JCOMM au développement et à la mise à jour de systèmes d'alerte aux désastres maritimes a été fortement appuyée, en raison de ses compétences et de ses équipements de surveillance des vagues et des ondes de tempête, de formulation et de prestation de services de sécurité maritime, et de mouillage et d'entretien de plates-formes d'observation des océans.

Développement d'un système d'alerte international aux tsunamis et aux ondes de tempête

En 2005, le Secteur des sciences du MPO, en coopération avec l'Agence canadienne de développement international (ACDI), a complété un plan détaillé pour des programmes de renforcement des capacités en vue d'aider au développement d'un système d'alerte aux tsunamis au Sri Lanka. Par l'intermédiaire de l'ACDI, le Canada a également versé 500 000 $ à la COI pour la mise sur pied du Centre d'information sur les tsunamis de l'océan Indien à Jakarta, en Indonésie. Le Secteur des sciences a coordonné cet effort dans le cadre de ses activités auprès de la COI, alors que le MPO a directement contribué au Groupe intergouvernemental de coordination du Système d'alerte aux tsunamis et d'atténuation de leurs effets dans le Pacifique (GIC/PTWS) de la COI. Fred Stephenson, du SHC dans la Région du Pacifique, est le vice-président du GIC/PTWS. http://www.ioc-tsunami.org/

En 2005 également, le Secteur des sciences du MPO a oeuvré en vue d'assurer que la composante existante de la côte Ouest et la composante proposée de la côte Est des plans et des systèmes canadiens d'alerte aux tsunamis et aux ondes de tempête sont intégrées au Système mondial d'alerte aux tsunamis, et a agi à titre de président d'une équipe interministérielle chargée d'élaborer un système d'alerte aux tsunamis et aux ondes de tempête dans l'Atlantique.

Le Secteur des sciences du MPO a également fait une autre importante contribution dans ce domaine. Avec des collègues de la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis et de l'Académie des sciences de la Russie, M. Richard Thomson, de l'Institut des sciences de la mer du MPO, a publié dans Science un article clé intitulé « The Global Reach of the 26 December 2004 Sumatra Tsunami » (en anglais seulement). Cet article décrit pour la première fois la propagation du tsunami de Sumatra à l'échelon mondial, et l'analyse qui en est faite constitue une vérification essentielle des modèles utilisés pour prédire le jet de rive et les inondations causés par les tsunamis. Pour leurs recherches, les auteurs ont fait une utilisation novatrice de l'altimétrie par satellite et du réseau mondial de marégraphes. .

Recherche sur le changement de régime dans le Pacifique nord

L'Organisation des sciences de la mer pour le Pacifique Nord (PICES) (en anglais seulement) est un organisme scientifique international établi dans le but de promouvoir et de coordonner les recherches océanographiques dans le Pacifique nord. En 2003, la PICES a reçu sa première demande officielle d'avis scientifique du National Marine Fisheries Service (NMFS) des États-Unis. Le NMFS a demandé conseil à la PICES au sujet des conséquences au niveau des sciences et de la gestion que pourrait avoir eu un changement potentiel de régime climatique océanique en 1998 sur les pêches dans le Pacifique nord. Les changements de régime climatique océanique précédents ont eu de graves conséquences pour les écosystèmes et, partant, pour les populations de poissons et l'industrie de la pêche. La PICES a créé un groupe d'étude international (Fisheries and Ecosystem Responses to Recent Regime Shifts - FERRRS), composé de 21 scientifiques des pays membres de la PICES, pour formuler l'avis scientifique à l'intention du gouvernement américain. Le groupe d'étude était présidé par Mme Jackie King, de la Station biologique du Pacifique, et la Région du Pacifique du MPO a participé de façon importante aux travaux. L'avis du groupe d'étude incluait des recommandations visant l'incorporation des concepts de changement de régime dans les activités de gestion des pêches. Le rapport du groupe d'étude FERRRS a été présenté au gouvernement américain en janvier 2005. Les recommandations formulées ont des répercussions sur les activités du Secteur des sciences du MPO au titre de l'évaluation et de la gestion des stocks.

Surveillance intégrée dans l'Atlantique nord

Le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) coordonne et encourage la recherche marine réalisée dans l'Atlantique nord par des scientifiques des 19 pays membres. En 2005, des chercheurs canadiens ont travaillé avec des collègues du CIEM sur des thèmes de grande importance pour le Canada, notamment la survie et la gestion des stocks de morue, l'élaboration et la mise en oeuvre d'une approche écosystémique de la gestion des pêches et la mise au point d'indicateurs écosystémiques en appui de la Directive cadre sur l'eau (DCE) adoptée par le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne. Les pays membres du CIEM ont signé un accord dans le but d'atteindre une production maximale équilibrée pour les stocks de poissons de la planète d'ici 2015 et de mettre en oeuvre une approche écosystémique de la gestion des pêches d'ici 2010. La DCE exige que les pays européens atteignent un « bon état écologique et chimique » des eaux superficielles d'ici 2015. Bien que l'accent initial soit mis sur les bassins versants, la DCE s'applique également aux eaux estuariennes, côtières et océaniques. Ce but de la DCE est semblable aux objectifs écosystémiques pour l'habitat que le Canada poursuit en élaborant des plans de gestion intégrée. Le CIEM participe à la détermination d'indicateurs et à l'élaboration d'un programme de surveillance intégrée qui inclut des mesures des effets chimiques et biologiques. Ce ne sont là que quelques exemples des avantages que le Canada récolte de la participation de scientifiques et de gestionnaires des sciences canadiens à un ensemble choisi des plus de 100 groupes de travail, comités scientifiques et comités consultatifs du CIEM.

Examens internationaux des travaux scientifiques sur l'écosystème marin dans d'autres pays

Le MPO a également fourni ses compétences à des examens des recherches scientifiques menées sur les écosystèmes marins par d'autres pays. En Australie, après avoir récemment fusionné ses divisions des Océans et de l'Atmosphère, la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation a créé une équipe spéciale de cinq membres pour passer en revue tous les plans scientifiques de l'organisation nouvelle. L'évaluation visait à établir la qualité et la pertinence stratégique des recherches scientifiques en cours, et la mesure dans laquelle les plans de recherche tiraient parti des synergies potentielles d'une unité de recherche océans-atmosphère fusionnée. Aux États-Unis, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a établi une équipe spéciale externe sur les écosystèmes, composée de huit membres, pour répondre à deux questions et formuler des recommandations. En premier lieu, le mélange de travaux scientifiques sur les écosystèmes menés ou financés par la NOAA est-il approprié aux besoins de sa mission et à ses responsabilités réglementaires? En deuxième lieu, comment la NOAA devrait-elle organiser ses activités de recherche scientifique sur les écosystèmes? M. Jake Rice, directeur, Évaluations et Avis, Secteur des sciences du MPO, a été invité à participer aux deux comités d'examen.

Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, Montréal (CdP 11)

La Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC - CdP 11) s'est réunie pour la onzième fois à Montréal en décembre 2005. Elle réunissait environ 10 000 participants venant de 189 pays et 700 journalistes. Le MPO y a participé en ce qui a trait à ses travaux de collecte de données plus complètes pour comprendre les océans de la planète et a présenté ses travaux visant à étudier, évaluer, prédire et atténuer le changement et les variations du climat dans les écosystèmes marins, afin que nous puissions mieux nous adapter à ces changements. Trois employés des secteurs des Politiques et des Sciences du MPO faisaient partie de la délégation canadienne à titre d'observateurs. Pour en savoir plus : http://dsp-psd.pwgsc.gc.ca/Collection-R/LoPBdP/PRB-f/PRB0516-f.pdf.

La visite du NGCC Amundsen, amarré au port de Montréal pour l'événement, a été une activité très populaire. Plus de 1 700 membres du public et des médias ont visité le brise-glace, qui a été remis en service et radoubé pour mener des recherches dans le Nord en 2003. Les visites ont suscité des dizaines de mentions à la télévision, à la radio et dans les journaux autour du monde, mettant en vedette les travaux scientifiques menés dans le Nord canadien.

Au Pavillon du Canada, M. Ken Denman, chercheur scientifique principal au MPO, a fait une présentation de calibre international durant la conférence « La science au service des solutions » sur le rôle du cycle du carbone dans la régulation du changements climatiques. Il est l'auteur principal responsable de la coordination d'un chapitre dans le prochain rapport des Nations Unies sur les changements climatiques. Le Secteur des sciences du MPO a également fait des présentations dans le cadre de l'activité parallèle du Groupe des observations de la Terre et de la session du Système mondial d'observation du climat.

Activités internationales de surveillance et de collecte de données

Le MPO participe et contribue à de nombreux programmes scientifiques de collecte de données et de surveillance océanographique, et joue un rôle de chef de file dans ces programmes prestigieux d'importance internationale.

Système des systèmes globaux des observations de la Terre

La contribution du Canada au Système des systèmes globaux des observations de la Terre (GEOSS) prend la forme de mesures océaniques, terrestres, atmosphérique et spatiales qui nous permettent de mieux comprendre les systèmes de notre planète - le temps, le climat, les masses continentales, les océans, les glaces, la géologie, les ressources naturelles, les écosystèmes et les risques. Des observations de la Terre de qualité supérieure servent au soutien du mandat et des priorités du MPO, y compris le Plan d'action pour les océans, la gestion des pêches et de l'aquaculture, les opérations de la Garde côtière canadienne et la surveillance des effets des changements climatiques sur les ressources marines et dulcaquicoles. http://www.earthobservations.org

Système mondial d'observation de l'océan

Le Système mondial d'observation de l'océan (SMOO) est un système mondial permanent d'observation, de modélisation et d'analyse des variables marines et océaniques à l'appui des services océaniques opérationnels à l'échelle mondiale. Pour en savoir plus : http://www.ioc-goos.org

ArcticNet

ArcticNet est un réseau de centres d'excellence du Canada qui regroupe plus de 90 chercheurs issus de 23 universités canadiennes et de cinq ministères fédéraux. ArticNet collabore avec des équipes de recherche des États-Unis, du Japon, du Danemark, de la Suède, de la Norvège, de la Pologne, du Royaume- Uni, de l'Espagne, de la Russie, du Groenland et de la France. Pour en savoir plus : http://www.arcticnet.ulaval.ca.

Argo

Argo est un réseau mondial de 3 000 profileurs dérivants destinés à enregistrer la température et la salinité des océans jusqu'à 2 000 m de profondeur. Pour la première fois, la surveillance en continu de la température, de la salinité et des courants des couches supérieures des océans sera possible, toutes les données recueillies étant relayées et mises à la disposition du public dans les heures suivant leur collecte. En pratique, Argo surveille le pouls du bilan thermique mondial. Plus de 90 p. 100 de l'augmentation observée du contenu thermique du système climatique air-terremer au cours des 50 dernières années s'est produite dans les océans. Argo nous permet de mieux comprendre le rôle des océans dans la régulation du climat, et engendre une très vaste gamme de précieuses applications océaniques. Pour les données canadiennes suivies de profileurs dérivants, aller à :
http://www.meds-sdmm.dfo-mpo.gc.ca/isdm-gdsi/argo/index-fra.html

Surface Ocean - Lower Atmosphere Study

La Surface Ocean - Lower Atmosphere Study est une initiative de recherche internationale visant à acquérir une compréhension quantitative des interactions et des rétroactions biogéochimiquesphysiques clés entre l'océan et l'atmosphère ainsi que de l'incidence de ce système couplé sur les changements climatiques et environnementaux et sur la rétroaction de ces changements sur le système couplé. La SOLAS, à laquelle participent plus de 250 scientifiques venant de 22 pays, est un élément du Earth System Science Partnership. Pour en savoir plus : http://www.uea.ac.uk/env/solas/welcome.html

Étude conjointe du climat de l'ouest de l'Arctique

Ce projet de recherche concertée du Japan Marine Science and Technology Center et de l'Institut des sciences de la mer du MPO a débuté en 2003. L'Étude conjointe du climat de l'ouest de l'Arctique (JWACS) s'inscrit dans le cadre d'une collaboration continue entre le Japon et le Canada ayant pour but d'étudier les effets des changements climatiques sur les glaces et les processus océaniques dans l'ouest de l'Arctique à l'aide de bouées amarrées et de relevés hydrographiques des processus biogéochimiques. Cette étude du climat du bassin Canada a été menée à partir du NGCC Louis S. St-Laurent. Les données recueillies serviront à répondre aux questions sur l'entreposage d'eau douce dans le tourbillon de Beaufort, la circulation, les variations interannuelles des propriétés de la masse d'eau ainsi que la distribution et l'abondance du biote. Pour en savoir plus : http://www.jamstec.go.jp/arctic/jwacs/jwacs_index.htm

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