Acidification de l'océan

Environ le tiers du dioxyde de carbone (CO2) libéré par les activités humaines depuis le début de la Révolution industrielle, dans les années 1800, a été absorbé par les océans. Cette addition de CO2 anthropique a modifié la chimie de base de l'océan, en particulier le système de carbonate marin. Le dioxyde de carbone se dissout dans l'eau de surface et forme de l'acide carbonique, ayant abaissé de 0,1 unité le pH de l'océan au cours des 200 dernières années. Si les émissions de CO2 augmentent, comme le prévoit le Rapport spécial sur les scénarios d'émissions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l‘évolution du climat, le pH dans les eaux de surface des océans diminuera encore de 0,3 à 0,5 unité d'ici 2100.

L'effet biologique le plus direct de la baisse de pH se fera sentir sur les organismes qui produisent des coquilles et des squelettes à partir du carbonate de calcium (CaCO3), puisqu'une baisse de pH réduit la saturation en CaCO3. L'eau de mer environnante doit être saturée d'ions de carbonate pour que les coquilles se forment et pour les protéger contre la dissolution (ou la décomposition en ions individuels).

Le MPO participe à des activités de recherche partout au Canada en vue de mieux comprendre les variations naturelles et les risques d'acidification dans les océans du Canada et pour mettre au point des modèles biogéochimiques de prédiction des risques futurs.

Les scientifiques du MPO étudient l'acidification de l'océan sur les trois côtes du Canada :

  • Atlantique : Dans les eaux de fond de l'estuaire du bas Saint-Laurent, le pH a diminué considérablement, soit de 0,2 à 0,3 unité de pH au cours des 70 dernières années, à la suite de l'augmentation du CO2 atmosphérique. Exposés à ces eaux corrosives, les organismes de fond qui produisent du carbonate, comme les mollusques, les bivalves et les foraminifères benthiques, doivent maintenant dépenser davantage d'énergie pour produire leurs squelettes et leurs coquilles d'aragonite (une forme de carbonate de calcium). De plus, le flux arctique qui traverse l'archipel Arctique canadien a une incidence sur l'écosystème hautement productif de l'Atlantique canadien. Le flux arctique est maintenant plus « corrosif » que les autres eaux de la région et les conditions préalables de la côte Est du Canada pourraient la rendre encore plus sensible aux variations futures.
  • Pacifique : Dans les eaux subsuperficielles du Pacifique, les concentrations de CO2 sont plus élevées en raison de l'âge de l'eau. Ces eaux à faible pH se mélangent aux eaux de surface du plateau continental de la Colombie-Britannique en été, au moment des remontées d'eau froide saisonnières. Bien que cette remontée soit un phénomène naturel, l'accumulation dans l'océan de CO2 anthropique a augmenté le taux d'acidité, de sorte que, pendant de brèves périodes, les eaux de surface sont déjà sous-saturées en aragonite (pH < 7,7) sur certaines parties de la côte. La combinaison de fortes concentrations de carbone avec les augmentations prévues de vents favorisant les remontées le long de la côte Ouest va exacerber ce problème au cours des prochaines décennies. Des données historiques sur les ptéropodes, une importante source d'alimentation du saumon, sont examinées dans le contexte des prévisions fournies par les modèles.
  • Arctique : Les scientifiques du MPO ont entrepris diverses études régionales et internationales en vue de pouvoir décrire avec plus de précision la fréquence et l'étendue des événements acidifiants, de cerner les zones les plus vulnérables face à l'acidification et de mieux comprendre les répercussions possibles sur les organismes marins. Les recherches actuelles montrent que l'apport de CO2 de l'atmosphère est accéléré dans l'Arctique à cause de la basse température de l'eau. Cette situation, ajoutée à la fonte plus rapide de la glace de mer, rend l'Arctique particulièrement sensible à l'acidification océanique.

À l'échelle internationale, le MPO participe à l'évaluation de l'acidification de l'océan Arctique dans le cadre du Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique (PSEA). De nombreuses activités de surveillance de l'environnement circumpolaire du Conseil de l'Arctique sont menées dans le cadre du PSEA. Le Canada contribue au PSEA.

Pour connaître les scientifiques du MPO qui travaillent à des activités de recherche sur l'acidification des océans, cliquer ici.

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