Ascidie jaune
Ciona intestinalis

L'Ascidie jaune est un tunicier solitaire envahissant originaire de l'Europe du Nord.

Signaler une espèce aquatique envahissante

Si vous pensez avoir découvert une Ascidie jaune :

  • Ne rejetez pas ces espèces dans l’eau.
  • Notez l’endroit précis (coordonnées GPS) et la date d’observation.
  • Contactez Pêches et Océans Canada.

Caractéristiques d’identification

L'Ascidie jaune a un corps translucide allongé (souvent de couleur jaune pâle, verte ou orange), qui peut atteindre 15 cm (6 pouces) de longueur. L'Ascidie jaune peut se fixer à presque tous les substrats durs, autant naturels qu’artificiels, souvent en larges colonies; cette espèce contribue donc largement à l’encrassement biologique. L'Ascidie jaune peut se reproduire de façon continue dans des eaux dont la température est supérieure à 8 °C, libérant du sperme et des œufs qui sont fécondés et qui forment des larves nageuses. Les larves doivent se déposer dans un intervalle de un à six jours pour survivre, ceci limite donc la dispersion naturelle de cette espèce sur de courtes distances.

Espèces similaires (indigènes)

Parmi les espèces indigènes, mentionnons la patate de mer et la pêche de mer; ce sont également des tuniciers, mais ils sont individuels ou en petits groupes. La patate de mer a la forme d'un hochet et possède un long pied (tige) qui atteint 13 cm. Quant à la pêche de mer, son corps est plutôt arrondi, ferme et rugueux.

Répartition de l’Ascidie Jaune dans la région du Golfe

Répartition de l’Ascidie Jaune dans la région du Golfe
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À quel(s) endroit(s) cette espèce a-t-elle été retrouvée

Sa présence en Amérique du Nord a été signalée pour la première fois dans l’est des états Unis en 1850; cette espèce a ensuite été découverte sur la côte Est du Canada (Nouveau-Brunswick), en 1852. Sa présence a été documentée de façon sporadique depuis plus de 100 ans dans l'Est du Canada. Des observations de plus grandes abondances ont été faites en Nouvelle-Écosse en 1997, et à l'Île-du-Prince-Édouard, en 2004.

L'Ascidie jaune a été identifiée pour la première fois à Terre Neuve et Labrador le 19 septembre 2012, durant un relevé en plongée des quais et des-brise lames, effectué par Pêches et Océans Canada à Burin, dans la baie Placentia. Il s’agissait de la première découverte de l'Ascidie jaune dans les eaux de cette province. Des relevés subséquents effectués en octobre et novembre 2012 ont révélé la présence de l'Ascidie jaune à Little Bay et à Marystown. Les plus fortes concentrations ont été observées à Little Bay, sur des piliers de quais, des coques de bateaux, des câbles, des bouées, du varech et des frondes de zostère. L’espèce a aussi été détectée en plus faibles concentrations sur des structures de quai à Burin et à Marystown. Jusqu’à maintenant, cette espèce n’a été signalée dans aucune exploitation aquacole de Terre Neuve et Labrador.

Habitat

La température et la salinité jouent un rôle important dans la croissance et la reproduction de l'Ascidie jaune. Dans les régions tempérées ou peu profondes, l'Ascidie jaune peut vivre de 12 à 18 mois et produire deux générations par année; dans les zones plus froides et plus profondes, elle peut vivre de deux à trois ans mais ne se reproduire que durant une année ou moins.

Impacts écologiques et économiques

Comme l'Ascidie jaune est un animal qui se nourrit par filtrage, elle est un compétiteur naturel des autres filtreurs (dont les moules et autres bivalves commerciaux). Des exploitations aquacoles des Maritimes (principalement de la Nouvelle écosse et de l’île du Prince édouard) ont observé une diminution de la taille et de l’état des moules d’aquaculture commerciale, ainsi qu’une augmentation des coûts de récolte dus à la nécessité d’éliminer les tuniciers et des problèmes liés à la qualité de l’eau. L'Ascidie jaune se compose principalement d’eau; elle peut donc transporter un poids considérable lorsqu’elle forme de denses colonies. Or ce poids supplémentaire peut entraîner une hausse des coûts d’entretien des bateaux, en plus de réduire la vitesse des bateaux et leur maniabilité.

Origine et mode d’arrivée au pays

Originaire de l’Europe du Nord.

Côte Est

L'Ascidie jaune était considérée comme rare sur la côte Est jusqu’à tout récemment. Durant la dernière décennie, une croissance rapide et importante de la population d’Ascidie jaune s’est produite le long de la côte au sud de la Nouvelle-Écosse dans les baies dans lesquelles se retrouvaient des substrats artificiels tels que des quais, des bateaux de pêche et de l’équipement aquacole. Cette espèce demeure cependant absente ou très rare sur la côte Est de la Nouvelle-Écosse.

Côte Ouest

L'Ascidie jaune n’a pas encore été observée sur la côte Ouest du Canada.

Méthodes de dispersion

La dispersion régionale de l’Ascidie jaune est fort probablement attribuable à l’encrassement de la coque des bateaux à déplacement lent tels que les barges flottantes et les petites embarcations de pêche et de plaisance, dans plusieurs zones côtières.

Actions du gouvernement

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Répartition Lieux et Baie
  • Burin: Baie Placentia
  • Little Bay: Baie Placentia
  • Marystown: Baie Placentia

Recherche scientifique

Les recherches se poursuivent en vue d’en apprendre davantage sur la biologie de cette espèce dans l’environnement de Terre-Neuve et Labrador et d’élaborer des stratégies d’atténuation et de communication visant à limiter et à prévenir la propagation de l'Ascidie jaune dans l’ensemble de la province.

Contrôle de l’abondance

L'Ascidie jaune est considérée comme l’espèce envahissante qui menace le plus la mytiliculture dans les provinces Maritimes; aussi faut-il tout mettre en œuvre pour éviter que cette espèce se propage aux installations de mytiliculture dans l’Est du Canada.

Les tuniciers peuvent se propager facilement par le déplacement d’engins de pêche, de mollusques et de bateaux de pêche commerciale et récréative. Afin de lutter contre la propagation de l'Ascidie jaune, il faut faire une inspection visuelle des coques des bateaux et des engins de pêche et les nettoyer régulièrement en les laissant sécher à l’air pendant au moins 48 heures. De plus, tout matériel végétal et animal et toute eau présents sur ces bateaux ou engins de pêche doivent être éliminés sur terre, en évitant qu’ils soient réintroduits dans l’eau. Tout doit être fait également pour éliminer les populations qui se trouvent sur les quais et les structures adjacentes.

L’établissement de relevés et la surveillance de l'Ascidie jaune sont des moyens efficaces d’en assurer la détection précoce. La détection précoce des populations nouvellement établies peut offrir la possibilité de maîtriser, de contenir ou, idéalement, d’éradiquer les nouvelles populations avant qu’elles se propagent.

Pour plus d’information

Références

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