Plan d'action canadien de lutte contre les espèces aquatiques envahissantes
Groupe de travail sur les espèces aquatiques envahissantes du Conseil canadien des ministres des pêches et de l'aquaculture

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Table des matières

Cadre de gestion stratégique

Leadership, coordination et coopération

Les problèmes posés par les espèces exotiques envahissantes sont extrêmement complexes et font intervenir une grande variété de partenaires, incluant tous les paliers de gouvernements (et plusieurs ministères à chacun de ses paliers), plusieurs secteurs de l'industrie et de nombreux ONG. Il est impératif de faire preuve de leadership et de coordination pour s'assurer d'un succès, à savoir réduire les chevauchements et le dédoublement et concentrer les efforts autour des tâches les plus importantes.

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux partagent la responsabilité de la mise en œuvre du plan canadien. Les premiers responsables sont Pêches et Océans Canada et Environnement Canada, de même que les organismes compétents des provinces et des territoires.

Il faut aussi revoir les structures en place, notamment les mécanismes d'établissement des priorités fédérales, provinciales et territoriales, les structures de responsabilité et de reddition de compte ainsi que les ressources, et combler les lacunes pour faire en sorte que le plan soit implanté et coordonné à l'échelle canadienne.

À cet effet, il convient de prendre les mesures suivantes :

Initiatives intergouvernementales

Initiatives interministérielles

Initiatives internationales

La gestion de nombreuses voies navigables est une responsabilité partagée par le Canada et les États Unis. Le gouvernement canadien est représenté au sein de groupes bilatéraux chargés de lutter contre les espèces envahissantes. Parmi ces groupes, on compte le Great Lakes Panel on Aquatic Nuisance Species, le Northeast Aquatic Nuisance Species Panel, le Mississippi River Basin Panel on Aquatic Nuisance Species et le Western Regional Panel on Aquatic Nuisance Species.

Stratégies de mise en oeuvre

Bon nombre des stratégies qu'il faut appliquer pour faire face à la menace posée par les espèces aquatiques envahissantes exigent qu'on s'attaque à une voie d'entrée ou de propagation particulière, voire à une seule espèce. Toutefois, lorsqu'il s'agit d'élaborer un plan canadien, il est plus utile de grouper les interventions en grandes catégories qui couvrent l'ensemble des voies et des espèces et qui sont harmonisées entre les divers paliers de compétence en cause. Ces catégories sont les suivantes :

1. Législation, réglementation et leur application

Tout bon cadre législatif doit prendre en considération les besoins et les priorités des différents paliers de compétence et secteurs. Les mandats portant sur la plupart des problèmes liés aux espèces aquatiques envahissantes relèvent d'un ou de plusieurs textes législatifs en vigueur, et il y a lieu d'assurer une meilleure intégration.

À cet effet, il convient de prendre les mesures suivantes :

2. Gestion des risques (évaluation, détection précoce et intervention rapide)

Les activités de détection et d'intervention sont essentielles à la gestion des espèces aquatiques envahissantes et viennent en tête des priorités de tous les gouvernements.

La prévention est le premier objectif du Plan canadien de lutte contre les espèces aquatiques envahissantes; c'est aussi la façon la plus économique de contrer toute menace potentielle. La gestion efficace des risques repose sur la détermination des voies d'entrée ou des espèces à haut risque et sur l'élaboration d'une stratégie globale d'intervention rapide précisant clairement les responsabilités, prévoyant une capacité de surveillance et définissant l'expertise taxonomique.

Lorsque les espèces ont déjà été introduites, cependant, la priorité doit aller à la détection précoce et à l'évaluation des risques, et à l'adoption de mesures de contrôle, d'éradication et de restauration. Les méthodes utilisées peuvent être physiques, chimiques et/ou biologiques.

Il convient de prendre les mesures suivantes :

3. Mobilisation des Canadiens (implication, éducation et sensibilisation)

La propagation d'espèces envahissantes étant en grande partie d'origine accidentelle, les campagnes d'éducation et de sensibilisation peuvent contribuer à mieux faire respecter les règlements visant à prévenir la dissémination des espèces aquatiques envahissantes. Conformément aux principes de gérance, la gestion des espèces aquatiques envahissantes est une responsabilité commune des gouvernements et des intervenants, et les mesures ne peuvent être efficaces qu'avec l'engagement de tous. Les activités de gérance devraient se dérouler à l'échelle locale par l'intermédiaire des entités locales en place, et comporter des programmes de formation et de soutien.

4. Recherche scientifique (suivi, recherche, et analyse des risques)

À l'heure actuelle, on connaît mal la biologie des espèces envahissantes, leurs effets environnementaux, sociaux et économiques ultimes ainsi que les meilleurs moyens et méthodes pour lutter contre elles. La recherche sur les aspects biologiques, technologiques et socio-économiques du problème doit faire en sorte que la gestion des espèces aquatiques envahissantes soit prédictive plutôt que réactive. Le recours aux outils et aux modèles existants d'évaluation des risques, et l'élaboration de nouveaux outils et modèles au besoin, font partie intégrante du processus.

La recherche scientifique et l'évaluation des risques soutiennent la prise de décisions, l'élaboration des orientations stratégiques, la législation et l'élaboration de programmes, et aident à déterminer les pratiques optimales de lutte contre la propagation d'espèces envahissantes.

Le MPO a créé la chaire de recherches sur la biologie des espèces envahissantes à l'Université de Windsor dans le but d'étudier les vecteurs et les effets des espèces aquatiques envahissantes.

Des pourparlers sont en cours pour coordonner les efforts de recherche menés au Canada et les recherches faites en collaboration avec l'étranger (É-U et international), et demander au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) un financement pour la création d'un réseau canadien de recherche sur les espèces aquatiques envahissantes axé sur quatre thèmes principaux.

Parmi les autres mesures qui doivent être prises, mentionnons les suivantes :

Établissement des priorités

Bien que certaines priorités présentent une urgence évidente et nécessitent la prise de mesures immédiates, il est impératif de maintenir les programmes de prévention et de contrôle déjà existants. L'établissement des priorités futures commence par la collecte d'information pour mieux saisir l'ampleur du problème. Il est également urgent de répertorier les menaces réelles et potentielles que posent les espèces envahissantes. Une partie du travail a déjà été faite dans ce secteur, notamment en ce qui concerne l'examen de la législation à l'échelle nationale.

L'objectif principal est la prévention, suivi de la détection précoce, de l'intervention rapide et finalement de l'éradication, du contrôle et de la gestion. Les priorités incluront les activités qui :

Elles devront également tenir compte d'autres facteurs :

Rôles, responsabilités et ressources

Comme les espèces aquatiques envahissantes constituent un problème horizontal, l'engagement d'un grand nombre de ministères et d'entités à tous les paliers de gouvernement, ainsi que celui des autres intervenants, s'impose. Pour contrer la menace, la participation de l'ensemble des Canadiens et des Canadiennes est également nécessaire.

Les gouvernements se sont engagés à faire preuve du leadership nécessaire dans la recherche de solutions au problème des espèces envahissantes et dans la coordination des activités connexes.

La variabilité des mandats et des capacités des divers paliers de compétence fait en sorte que ceux-ci jouent des rôles différents à des moments différents. Bien que certaines questions relèvent clairement du palier fédéral ou provincial/territorial, voir du palier municipal, pour d'autres, les responsabilités sont plus difficiles à départager. En outre, comme la gestion des voies navigables est une responsabilité partagée par le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires, il est essentiel d'assurer une coordination entre les diverses instances. La réglementation des espèces aquatiques envahissantes doit donc être suffisamment souple pour permettre des variantes régionales dans l'ordre des priorités.

Ce plan ne peut porter fruit sans l'entière participation des intervenants. L'industrie, les ONG, les peuples autochtones et la population en général peuvent tous mettre à contribution de précieuses ressources pour lutter contre les espèces aquatiques envahissantes.

Bien que les structures et les programmes actuels puissent favoriser et favorisent grandement l'action, la mise en œuvre efficace du plan canadien nécessitera de nouvelles ressources humaines et financières. Les ressources affectées aux mesures de prévention et de lutte contre les espèces envahissantes réduisent non seulement la nécessité des dépenses futures, mais peuvent générer des avantages économiques.

Étant donné l'ampleur du problème posé par les espèces aquatiques envahissantes, il est capital de faire bon usage des ressources pour maximiser l'efficacité des interventions. On peut faire beaucoup en développant des partenariats qui permettront d'optimiser le rendement de chaque dollar dépensé et en maximisant les occasions de mettre en commun expertise et ressources. On devrait également examiner la possibilité d'utiliser les recettes réalisées dans la structure tarifaire existante pour aider à combattre les espèces envahissantes.

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