Voies d'entrée et de propagation

Les espèces envahissantes sont introduites accidentellement, intentionnellement ou illégalement dans les eaux canadiennes par les activités humaines qui laissent des espèces étrangères s'échapper. Faute de prédateurs et de compétiteurs naturels, elles peuvent se propager rapidement et finissent par s'établir dans nos eaux.

Ces espèces envahissent les eaux canadiennes depuis des siècles, mais le rythme des invasions n'a jamais été aussi rapide qu'aujourd'hui à cause de la facilité et de la fréquence des déplacements et des échanges commerciaux internationaux.

La meilleure façon de lutter contre les centaines d'espèces envahissantes qui s'établissent ou qui pourraient s'établir au Canada s'avère être la gestion des voies par lesquelles ces espèces entrent dans nos eaux ou s'y propagent.

Commerce d'animaux vivants

Aquariums et jardins d'eau : Les espèces aquatiques envahissantes peuvent être introduites par la remise à l'eau d'appâts ou de poissons vivants provenant d'aquariums publics et privés dans les écosystèmes aquatiques naturels.

Poissons de consommation vivants : Les poissons, mollusques ou crustacées destinés à la consommation humaine ou des espèces accidentellement transportées avec eux peuvent s'échapper ou être rejetés dans l'environnement.

Transport maritime

Le rejet des eaux de ballast et les salissures biologiques sont à l'origine de l'introduction de la moule zébrée, du cladocère épineux et du crabe vert.

Des règles et technologies ont été mises en place afin de réduire l'impact du transport maritime comme source éventuelle d'introduction.

Les eaux de ballast ou les cales des navires sont principalement un moyen de transport pour les juvéniles, les larves ou les œufs d'espèces plus grosses (poissons, mollusques, crustacés) ou pour les adultes d'espèces plus petites (tuniciers, plancton).

  • Programme canadien d'eau de ballast
    Transports Canada
  • La gestion de l'eau de ballast dans les Grands Lacs réduit l'introduction d'espèces aquatiques envahissantes
    étude de Pêches et Océans Canada

Les salissures biologiques sont composées d'organismes, notamment des invertébrés, qui se fixent aux coques et autres parties submergées des bateaux. Ils créent ainsi de petites communautés vivantes qui se déplacent avec le bâtiment vers des zones où ils peuvent devenir des espèces envahissantes.

Aquaculture

  • Contrôle de la végétation Les poissons sont parfois utilisés dans des étangs et des bassins d’élevage artificiels pour contrôler la végétation. La plupart des aquaculteurs utilisent des poissons stériles ou « triploïdes » à cette fin, mais le processus de stérilisation n’est pas toujours entièrement efficace et des poissons qui s’échappent peuvent établir de nouvelles populations envahissantes.
  • Introductions et transferts: Le déplacement délibéré d’organismes aquatiques vivants (c.-à-d. de poissons, de mollusques et crustacés, et de plantes) par des introductions ou des transferts appuie l’aquaculture, les pêches commerciales et récréatives, la mise en valeur des stocks, la recherche, la sensibilisation, ainsi que le rétablissement écologique. Ces déplacements sont réglementés afin de s’assurer qu’ils se déroulent d’une manière limitant les impacts sur les autres animaux aquatiques et les écosystèmes.

Navigation et activités nautiques

Des fragments, des larves et des œufs d’espèces envahissantes peuvent être transportés vers de nouveaux plans d’eau lorsqu’ils se fixent sur les navires, les hydravions, les voiliers, les motomarines, les kayaks, l’équipement de plongée, les cordages et les engins de pêche.

Pêche sportive

  • Introduction délibérée Les espèces qui sont populaires auprès des pêcheurs sont parfois introduites dans les eaux canadiennes, et ce, sans tenir compte de la menace qu’elles pourraient poser aux espèces indigènes.
  • Introduction accidentelle Les espèces aquatiques envahissantes sont parfois introduites accidentellement lorsque des réservoirs-viviers sont vidés ou que des appâts vivants sont jetés à l’eau. L’eau des seaux à appâts peut contenir des juvéniles, des œufs, des larves ou des fragments d’espèces aquatiques indésirables.

Canaux et dérivations de cours d'eau

Les canaux, les chenaux et la dérivation de grandes quantités d'eau peuvent être utilisés à diverses fins : le transport maritime, le développement hydroélectrique, les activités récréatives, le commerce, l'alimentation en eau, la lutte contre les inondations, et l'agriculture. Ces ouvrages créent des liens artificiels qui permettent aux espèces aquatiques envahissantes de franchir les obstacles physiques pour circuler librement entre les bassins versants.

Remise à l'eau culturelle

Certaines pratiques culturelles symboliques supposent de libérer intentionnellement un animal vivant dans la nature. Il peut aussi arriver que quelqu'un relâche dans la nature un poisson en captivité (provenant par exemple d'un marché alimentaire) avec l'idée de le libérer. Ceux qui se livrent à ces pratiques traditionnelles ne sont pas toujours conscients des répercussions potentiellement dangereuses qu'elles peuvent avoir.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la question importante des voies d'introduction et de propagation des espèces aquatiques envahissantes, consulter le Plan d’action canadien de lutte contre les espèces aquatiques envahissantes.

Date de modification :