La maladie MSX est causée par un parasite microscopique (c.-à-d. trop petit pour être visible à l'œil nu) dont le nom scientifique est Haplosporidium nelsoni. Le sigle MSX désigne « Multinucleate Sphere X » (sphère X multinucléée), le nom qu'on a donné au parasite lorsqu'on l'a découvert chez l'huître américaine, ou huître de l'est (Crassostrea virginica), de la baie Chesapeake à la fin des années 1950.
Non. Il s'agit d'un problème sanitaire qui ne touche que l'huître américaine. Aux États-Unis, on met couramment en marché des huîtres provenant de populations porteuses du parasite MSX sans qu'il n'y ait de problèmes de santé humaine.
Au microscope, on peut déceler deux stades du parasite MSX dans les tissus de l'huître :

Tissus d'huître mous retirés de la coquille (en bas à gauche); coupes transversales pour examen microscopique : spores dans une glande digestive (en haut à droite) et stade de plasmode dans les branchies (en bas à droite)
On a signalé des huîtres creuses du Pacifique (Crassostrea gigas) infectées par le parasite MSX en Corée, sur la côte pacifique des États-Unis et en France. Le parasite ne cause toutefois pas de maladie grave chez cette espèce d'huître. Par contre, il entraîne des mortalités de masse chez l'huître américaine et a fait des ravages dans des stocks de la baie Chesapeake. Le parasite est présent du Maine jusqu'en Floride, mais les plus importantes pertes causées par la maladie se produisent dans la région de la baie Chesapeake-Delaware.
Une fois dans les tissus de l'huître, le parasite se multiplie et se propage. On peut trouver les plasmodes dans l'ensemble des tissus mous, et, à la fin de l'été, les spores commencent à se développer dans les parois des tubules digestifs. Leurs tissus étant ainsi endommagés, les huîtres infectées s'affaiblissent progressivement jusqu'à ce qu'elles commencent à mourir à la fin de l'été. Certaines huîtres infectées peuvent survivre durant l'hiver, mais elles ne se rétablissent pas le printemps suivant, ce qui donne lieu à une deuxième vague de mortalité. Les huîtres qui ont survécu à une mortalité de masse ne présentent aucun autre signe d'infection avant l'apparition du stade plasmode du parasite MSX l'été suivant.
Le parasite MSX ne peut pas se propager directement d'une huître à l'autre, mais il se fixe aisément à un vecteur inconnu dans l'eau. Ainsi, on croit qu'il se propage par l'entremise d'un hôte intermédiaire inconnu. L'exposition d'huîtres infectées à une salinité de 10 ppt et à une température de 20°C pendant deux semaines semble faire disparaître l'infection. Le fait de garder des huîtres dans de l'eau de salinité inférieure à 15 ppt peut réprimer la maladie, mais ne tue pas nécessairement le parasite.
Il n'y aucune indication que le parasite MSX puisse causer une maladie chez d'autres mollusques bivalves, comme les palourdes, les moules et les pétoncles. Toutefois, comme le parasite pourrait être transporté fortuitement sur ou dans d'autres mollusques, il faut être prudent lorsqu'on déplace tout mollusque d'une zone où le parasite est présent.
Si vous trouvez des huîtres en train de mourir, ne les déplacez pas. Signalez-les à une des personnes-ressources suivantes :
Octobre 2002