
Les zones humides sont des milieux de faible énergie très fragiles où il y a peu de mélange par turbulence. Ils sont donc particulièrement vulnérables à un stress causé par une exposition à des hydrocarbures. Leur remise en état est problématique à cause de la fragilité du sol. C’est la raison pour laquelle il est difficile d’éliminer les contaminants et d’améliorer la récupération sans effet négatif puisque les activités de nettoyage peuvent provoquer plus de dommages physiques que la contamination elle-même. Aussi faut-il mettre au point une méthode moins intrusive permettant d’éliminer les contaminants et d’accélérer et d’améliorer cette élimination en perturbant le moins possible l’habitat.
La phytoremédiation, technologie de restauration utilisée dans les milieux terrestres, fait actuellement l’objet d’une évaluation pour déterminer sa faisabilité dans les zones humides. L’écosystème aquatique contient des microbes de dégradation des hydrocarbures. Dans les zones humides, les facteurs environnementaux qui affectent le plus l’activité des microbes et limitent la dégradation du pétrole sont les apports de nutriments et la teneur en oxygène. La phytoremédiation vise à utiliser la capacité des plantes des zones humides à éliminer les contaminants des sédiments par absorption directe, par l’aération du sol pour contrecarrer le déficit en oxygène et(ou) par la production de substances stimulantes qui accroissent les taux de biodégradation. La phytoremédiation vise à la fois à restaurer et à remettre en état étant donné que la plante affectée est la même plante que celle qui la remplace. Il s’agira du premier projet d’évaluation in situ touchant à la fois la revégétalisation, la biorestauration et la récupération naturelle des zones humides subissant un stress aigu.
Kenneth Lee