La baleine à bec commune, considérée en danger par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), a comme habitat la zone de protection marine du Gully de l’île de Sable et des canyons sous marins adjacents. Étant donné que les baleines utilisent le son pour se déplacer, communiquer et localiser ses proies, le bruit ausé par les activités d’exploration de l’industrie pétrolière et gazière extracôtière est un sujet de préoccupation étant donné qu’il peut exercer un stress sur la population des baleines. La demande de permis d’exploration au large des côtes et les appels de propositions correspondantes pour l’exécution de levés sismiques ayant augmenté sur la côte est du Canada, le grand public exige maintenant une analyse de la situation.

En 2003, le CRPGEE a coordonné des études acoustiques et biologiques conjuguées à des programmes d’exploration sismique réalisés par le secteur privé au large de la côte de la Nouvelle Écosse. Le programme de recherche consistait, entre autres, à effectuer un relevé de base des enregistrements acoustiques et des distributions de baleines en avril 2003 à l’intérieur des limites d’habitats connus, incluant le Gully et les canyons sous marins adjacents sur la plate forme Néo Écossaise, avant le début des tirs sismiques. Lorsque les activités sismiques ont débuté, des observateurs des mammifères marins ont refait les enregistrements des vocalises de baleines ainsi que des observations visuelles directes. En outre, on a mis en place des sismomètres sur le fond océanique pour quantifier les niveaux de bruit sismique et ainsi valider les modèles mathématiques de la transmission du son dans l’eau. Ces modèles du son servent actuellement à évaluer les risques liés à l’environnement.
Ce projet offre une occasion unique d’améliorer nos connaissances et notre capacité scientifique et permettra aux organismes de réglementation et à l’industrie de planifier et de préparer les travaux futurs dans d’autres secteurs. Les chercheurs du MPO de l’Institut Maurice-Lamontagne (Québec), du Centre des pêches de l’Atlantique Nord Ouest (Terre Neuve) et l’Institut océanographique de Bedford (Nouvelle Écosse) ont conjugué leurs efforts pour assurer le succès du projet. Le rapport final du programme de recherche et des recommandations pour une analyse approfondie des données sera produit d’ici décembre 2004.
Kenneth Lee