Le Centre d'expertise sur la santé des animaux aquatiques, recherche et diagnostique (CESAARD) de Pêches et Océans Canada (MPO) surveille les maladies des animaux aquatiques

Pour préserver la santé des ressources aquatiques du Canada et notre marché d’exportation de poissons et fruits de mer, évalué à plusieurs milliards de dollars, il est essentiel de prévenir la propagation de maladies chez nos animaux aquatiques et d’empêcher l’introduction d’agents pathogènes exotiques. Dans un effort soutenu visant à réduire l’incidence de ces maladies, le Centre d’expertise sur la santé des animaux aquatiques, recherche et diagnostique (CESAARD) du ministère des Pêches et des Océans (MPO) coordonne un réseau virtuel de scientifiques chargés de diverses recherches en appui au Programme national sur la santé des animaux aquatiques (PNSAA).

Le Programme national sur la santé des animaux aquatiques – un programme de réglementation fondé sur des connaissances scientifiques exécuté conjointement par le ministère des Pêches et des Océans et par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) – a pour mandat de protéger les ressources aquatiques du Canada en prévenant l’introduction et la propagation de maladies infectieuses chez les animaux aquatiques sauvages ou d’élevage (poissons, mollusques et crustacés).

« Le Centre d’expertise sur la santé des animaux aquatiques, recherche et diagnostique coordonne la recherche thématique, le développement de tests diagnostiques de qualité et la formulation d’avis scientifiques éclairés en appui du Programme national sur la santé des animaux aquatiques et des programmes régionaux équivalents encadrés par Pêches et Océans Canada », indique le Dr Peter Wright, directeur du Centre d’expertise sur la santé des animaux aquatiques, recherche et diagnostique et gestionnaire national du Système de laboratoire national pour la santé des animaux aquatiques (SLNSAA). « Notre objectif consiste à empêcher que des maladies exotiques soient introduites et que les maladies confinées dans certaines régions se propagent par la migration des poissons ou des sous-produits de poissons. De plus, le Canada doit convaincre ses partenaires commerciaux que les poissons et les sous-produits de poissons qu’il exporte ne sont porteurs d’aucune maladie infectieuse, une règle commerciale qui exige la réalisation d’un grand nombre de tests. »

La plupart des maladies qui touchent les animaux aquatiques ne posent aucun risque pour l’homme (ce qui signifie qu’il peut manger et manipuler une espèce malade en toute sécurité), mais elles peuvent être dévastatrices pour l’aquaculture et la pêche sauvage sur le plan économique – la principale préoccupation du Programme national sur la santé des animaux aquatiques. Environ 42 maladies préoccupantes touchant les animaux aquatiques – dont le Canada abrite des espèces hôtes potentielles – pourraient avoir une incidence économique sur la pêche des poissons, des mollusques et des crustacés. Certaines de ces maladies sont endémiques à l’ensemble du Canada ou à certaines régions seulement, tandis que d’autres sont exotiques (venues de l’étranger).

Nouveau test de dépistage du virus de l’anémie infectieuse du saumon (AIS)

Jeannette Arseneault, technicienne en biologie moléculaire pour le ministère des Pêches et des Océans, procède à l’extraction de matériel génétique des tissus de poisson – une étape du processus menant au développement d’un nouveau test diagnostique pour le virus de l’anémie infectieuse du saumon, qui peut entraîner une mortalité massive au sein des populations de saumon de l’Atlantique.

Jeannette Arseneault, technicienne en biologie moléculaire pour le ministère des Pêches et des Océans, procède à l’extraction de matériel génétique des tissus de poisson – une étape du processus menant au développement d’un nouveau test diagnostique pour le virus de l’anémie infectieuse du saumon, qui peut entraîner une mortalité massive au sein des populations de saumon de l’Atlantique.

Source: Pêches et Océans Canada (MPO)

Laura Hawley, technicienne pour Pêches et Océans Canada, charge un appareil de réaction en chaîne de la polymérase quantitative (RCP) qui amorcera la réaction permettant de détecter le matériel génétique de la septicémie hémorragique virale. La réaction en chaîne de la polymérase quantitative est une technique de biologie moléculaire utilisée pour copier des segments précis du matériel (ou code) génétique à des fins de recherche. Les scientifiques de la Station biologique du Pacifique ont utilisé cette technique pour développer un nouveau test, plus rapide et plus sensible, qui permet de dépister la septicémie hémorragique virale à grande échelle.

Laura Hawley, technicienne pour Pêches et Océans Canada, charge un appareil de réaction en chaîne de la polymérase quantitative (RCP) qui amorcera la réaction permettant de détecter le matériel génétique de la septicémie hémorragique virale. La réaction en chaîne de la polymérase quantitative est une technique de biologie moléculaire utilisée pour copier des segments précis du matériel (ou code) génétique à des fins de recherche. Les scientifiques de la Station biologique du Pacifique ont utilisé cette technique pour développer un nouveau test, plus rapide et plus sensible, qui permet de dépister la septicémie hémorragique virale à grande échelle.

Source: Pêches et Océans Canada (MPO)

L’hémorragie témoin, qui se présente sous la forme des taches rouges sur le corps de la sardine du Pacifique, est un symptôme classique de la septicémie hémorragique virale. Le Centre d’expertise sur la santé des animaux aquatiques, recherche et diagnostique du ministère des Pêches et des Océans coordonne des travaux de recherche sur ce virus et d’autres agents pathogènes et veille au développement de tests diagnostiques en appui au Programme national sur la santé des animaux aquatiques.

L’hémorragie témoin, qui se présente sous la forme des taches rouges sur le corps de la sardine du Pacifique, est un symptôme classique de la septicémie hémorragique virale. Le Centre d’expertise sur la santé des animaux aquatiques, recherche et diagnostique du ministère des Pêches et des Océans coordonne des travaux de recherche sur ce virus et d’autres agents pathogènes et veille au développement de tests diagnostiques en appui au Programme national sur la santé des animaux aquatiques.

Source: Pêches et Océans Canada (MPO)

Parmi ces maladies, le virus de l’anémie infectieuse du saumon (AIS) peut entraîner une mortalité massive au sein des populations de saumon de l’Atlantique. Les symptômes courants de ce virus comprennent l’inflammation du foie et de la rate, l’hémorragie, la congestion des organes internes et l’anémie, laquelle entraîne souvent la mort. « Au milieu des années 1990, l’anémie infectieuse du saumon a dévasté la Baie de Fundy et causé la mort de nombreux saumons de l’Atlantique d’élevage », affirme M. Wright.

Au Centre des pêches du Golfe de Moncton, au Nouveau-Brunswick, Nellie Gagné, biologiste moléculaire pour le ministère des Pêches et des Océans, a récemment développé un nouveau test pour le virus de l’anémie infectieuse du saumon qui permet de détecter dans les poissons ou des échantillons la présence (ou l’absence) d’une portion particulière du code génétique de l’agent pathogène. Depuis trois ans, Mme Gagné collabore avec le Collège vétérinaire de l’Atlantique afin de valider l’efficacité du nouveau test et de s’assurer qu’il mesure bien ce qu’il doit mesurer. Les résultats des travaux de validation – comprenant une modélisation informatique et une complexe analyse statistique de la performance du test par rapport à d’autres – révèlent que le nouveau test est plus sensible à cet agent pathogène que d’autres tests, ce qui en fait le moyen idéal pour dépister le virus au sein des populations de saumon.

Valider l’efficacité des tests diagnostiques

Selon Nellie Gagné, « un test doit être sensible, fiable, robuste, répétable et approprié. Nos tests sont soigneusement optimisés afin de satisfaire ces exigences, et nous avons évalué ces caractéristiques pendant nos travaux de validation. » Le test ciblant le virus de l’anémie infectieuse du saumon fait partie d’une gamme de techniques diagnostiques employées pour dépister la maladie au sein des populations de saumon de l’Atlantique.

Vu les conséquences de faux résultats positifs ou négatifsNote de bas de page 1 sur l’industrie, il est crucial de développer des tests diagnostiques de qualité et de valider leur efficacité selon la façon dont le Programme national sur la santé des animaux aquatiques prévoit les utiliser. « Lorsqu’on désire faire migrer un poisson d’une région à une autre, on doit s’assurer que les tests de dépistage d’une maladie n’ont pas donné de faux résultats négatifs puisqu’alors, on déplacerait des animaux infectés, indique M. Wright. Parallèlement, un faux résultat positif pourrait avoir d’importantes répercussions sur l’exportation d’une espèce ou d’un sous-produit de poisson, car certains pays interdisent complètement l’importation de certaines espèces lorsqu’une maladie donnée est présente dans le pays exportateur. Nellie Gagné et le Collège vétérinaire de l’Atlantique ont élaboré une nouvelle approche merveilleuse pour valider nos tests à un niveau acceptable à l’échelle internationale. »

Test et surveillance de la septicémie hémorragique virale

À la Station biologique du Pacifique (SBP) de Nanaimo, en Colombie-Britannique, le Dr Kyle Garver, chercheur scientifique pour le ministère des Pêches et des Océans, a développé un nouveau test pour la septicémie hémorragique virale (SHV) qui permet de surmonter les limites d’autres tests, notamment leur non-convenance au dépistage à grande échelle. La septicémie hémorragique virale est un virus mortel qui provoque une mortalité massive chez de nombreuses espèces de poissons des Grands Lacs et qui se propage rapidement dans d’autres voies d’eau.

M. Garver a développé pour la septicémie hémorragique virale un test génétique (réaction en chaîne de la polymérase quantitative en temps réel à transcription inversée ou SHV RT-qPCR) qui s’avère très sensible et qui permet de procéder en quelques heures au dépistage de la maladie dans un grand nombre d’échantillons. En 2008, l’United States Animal Health Association (USAHA) a présenté au ministère américain de l’agriculture une résolution demandant l’évaluation et la validation de deux tests pour la septicémie hémorragique virale, dont celui qu’a développé la Station biologique du Pacifique.

Dans le but de maîtriser la propagation de la septicémie hémorragique virale, le ministère des Pêches et des Océans et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (dans le cadre du Programme national sur la santé des animaux aquatiques) mènent un programme de surveillance au moyen du test SHV RT-qPCR qui leur permettra de documenter la répartition spatiale de l’agent pathogène émergent et d’en savoir davantage sur les voies d’eau qu’emprunte le virus pour se propager. La surveillance est effectuée en collaboration avec les États-Unis, où une initiative similaire est en cours. Cet effort bilatéral de surveillance détermine la présence (ou l’absence) de la septicémie hémorragique virale dans les populations de poissons d’eau douce sauvages ou d’élevage du Canada et des États-Unis, ce qui permettra de rétablir la confiance de leurs partenaires commerciaux quant aux poissons vivants et aux sous-produits de poissons provenant de régions identifiées comme exemptes du virus.

Selon M. Wright, « ces tests diagnostiques et les autres qui sont en voie de développement ou de validation ont des fins de réglementation dans le cadre d’un programme d’importation et d’exportation, d’une mesure de contrôle intérieur de la maladie ou d’une initiative de migration des espèces entre les provinces. Par exemple, si un producteur désire importer des œufs de saumon d’un autre pays, il devra d’abord les soumettre à des tests pour s’assurer qu’ils ne sont pas porteurs d’une souche différente d’anémie infectieuse du saumon ou de toute autre maladie. »

D’autres recherches sont menées pour obtenir davantage d’information sur divers agents pathogènes, notamment pour mieux connaître leur constitution génétique et leur dissémination. « Par exemple, un autre projet tente de déterminer si le fait de pêcher des moules dans les eaux d’une région dont on sait que les huîtres sont infectées de la sphère X multinucléée (MSX) puis de traiter ces moules à un autre endroit pourrait propager par mégarde la maladie sphère X multinucléée, un agent pathogène très préoccupant chez les huîtres, indique M. Wright. Ce type de recherche nous permettra d’informer le Programme national sur la santé des animaux aquatiques quant aux facteurs qui représentent ou non un risque de propagation d’une maladie donnée ».

Il ajoute : « Pour le moment, notre principal objectif consiste à développer des tests diagnostiques. Nous encadrons également la création de systèmes de soutien pour nos tests, notamment grâce aux progrès des techniques moléculaires, et sommes à élaborer une approche nationale standardisée qui déterminera la façon d’exécuter ces tests du point de vue du contrôle de la qualité. Tous ces travaux de recherche font partie intégrante des efforts que fournit le Canada pour protéger ses ressources aquatiques contre les maladies infectieuses. »

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