
Pêches et Océans Canada (MPO) est le ministère fédéral responsable de l'élaboration et de la mise en œuvre des politiques et des programmes visant à appuyer les intérêts économiques, écologiques et scientifiques du Canada dans le domaine des océans et des eaux intérieures. Cette responsabilité inclut la conservation et l'utilisation durable des ressources halieutiques du Canada ainsi que la prestation de services maritimes efficaces, sécuritaires et soucieux de l'environnement qui répondent aux besoins des Canadiens dans le contexte de l'économie mondiale.
Le programme de recherche en biotechnologie et génomique est en voie de révolutionner la gestion des pêches commerciales et de l'aquaculture ainsi que la protection des écosystèmes aquatiques. Les outils biotechnologiques contribuent à élargir l'éventail des connaissances et des options technologiques dont peuvent profiter les décideurs, et ce à moindre coût.
La biotechnologie désigne l'application des sciences ou de l'ingénierie à l'utilisation des organismes vivants ou de leurs parties ou produits, sous leur forme naturelle ou modifiée.
La biotechnologie aquatique désigne l'application des sciences ou de l'ingénierie à l'utilisation directe ou indirecte des organismes aquatiques vivants ou de leurs parties ou produits, sous leur forme naturelle ou modifiée. La biotechnologie aquatique comprend différents volets, notamment la biotechnologie aquacole (p. ex. optimisation de la santé des poissons et des stocks de géniteurs), la biotransformation aquatique (p. ex. obtention de composés utiles à partir d'organismes marins) et la biorestauration aquatique (p. ex. utilisation de microorganismes pour dégrader des composés chimiques toxiques présents dans l'environnement marin). Appliquée à la gestion des organismes aquatiques vivants, la biotechnologie consiste principalement en l'analyse ou en la gestion du matériel génétique des populations en vue de maintenir des niveaux adéquats d'abondance et de biodiversité.
La génomique est une discipline de la biotechnologie qui a pour but de déchiffrer et de comprendre l'ensemble de l'information génétique d'un organisme. Cette discipline diffère de la recherche biologique classique de par son envergure et sa vaste portée et du fait qu'elle repose fortement sur la collecte et l'analyse de données et sur les technologies de l'information. La génomique fournit les bases scientifiques d'un large éventail d'applications biotechnologiques.
Le génome désigne l'ensemble de l'ADN d'un organisme, y compris ses gènes. Les gènes portent l'information nécessaire à la fabrication de toutes les protéines, qui sont essentielles à tous les organismes. Ces protéines déterminent, entre autres, l'apparence d'un organisme, sa capacité de métaboliser les aliments ou de lutter contre les infections, et parfois aussi son comportement.
Aux termes de la Loi sur les pêches, un « organisme aquatique » s'entend de tout organisme dulcicole ou marin, y compris les poissons, qui sont définis au sens large comme suit : a) les poissons proprement dits et leurs parties; b) les mollusques, les crustacés et les animaux marins et leurs parties et c) les œufs, le sperme, le frai, les larves, le naissain et les petits des poissons, des mollusques, des crustacés et des animaux marins.
Un poisson à caractères nouveaux est un organisme aquatique dont une caractéristique a été intentionnellement sélectionnée ou introduite dans une population de l'espèce aquatique par un changement génétique précis. Cette définition inclut les poissons issus des techniques de l'ADN recombinant (poissons transgéniques ou génétiquement modifiés), des méthodes classiques de croisement axées sur la sélection de caractères précis, ou de l'importation de poissons non indigènes.
Un poisson transgénique est un poisson qui contient un ou plusieurs gènes qui ont été introduits par les techniques de l'ADN recombinant plutôt que par les méthodes classiques de croisement (élevage sélectif). Cette expression est synonyme de poisson génétiquement modifié.
La modification génétique est un processus naturel courant qui résulte de changements dans la séquence d'ADN d'un organisme et qui peut être causé par les pratiques de sélection classiques. Le génie génétique diffère de la modification génétique en ce qu'il recourt au transfert de gènes ou de caractères sélectionnés d'un organisme à un autre, par les techniques biotechnologiques modernes. Le génie génétique donne des résultats beaucoup plus précis que les méthodes classiques de sélection.
La biorestauration consiste à utiliser des organismes pour favoriser la dégradation ou le confinement des contaminants. Ce processus peut aussi se faire par enrichissement de l'environnement avec des substances qui augmentent la capacité des microbes naturels de décomposer les substances toxiques, y compris avec des espèces sélectionnées pour favoriser le processus (voir bioaugmentation).
La bioaugmentation désigne l'ajout direct d'espèces utiles capables de décomposer ou de contenir les contaminants en vue d'accélérer leur destruction et l'assainissement du site contaminé.
Le MPO crée des poissons transgéniques en milieu fermé, qu'il utilise pour évaluer les risques pour l'environnement et la santé humaine à l'appui de ses responsabilités en matière de réglementation. Le MPO ne crée pas de poissons transgéniques destinés à la commercialisation.
Non. Aucun poisson transgénique n'a été approuvé à des fins d'utilisation commerciale (consommation) ou de dissémination au Canada, et le MPO n'a reçu aucune demande visant l'importation ou l'élevage de poissons génétiquement modifiés à des fins d'utilisation commerciale ou de dissémination dans l'environnement.
Le MPO collabore à l'administration du Règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles (RRSN) (organismes) et évalue à cette fin les risques associés aux organismes aquatiques à caractères nouveaux, y compris les plantes et animaux aquatiques obtenus par l'application des sciences et de l'ingénierie en vue de leur conférer un caractère nouveau.
L'expérience que nous avons acquise avec les poissons d'élevage indique que les poissons qui s'échappent des cages en filet peuvent avoir une incidence sur les poissons sauvages, mais qu'il est possible de prévenir cela par l'application de bonnes méthodes de gestion. Cependant, nos connaissances sur les risques de croisement avec des poissons sauvages de la même espèce demeurent limitées, car ni l'utilisation ni la fabrication de poissons transgéniques ne sont autorisées au Canada.
Les progrès rapides de la biotechnologie soulèvent des questions éthiques et stratégiques nouvelles et complexes, tant pour les particuliers que pour les sociétés. Des préoccupations ont été formulées quant au bien fondé des poissons génétiquement modifiés et aux risques d'effets négatifs sur la santé et l'environnement si ces poissons étaient consommés ou étaient libérés dans l'environnement.
Le caractère multidimensionnel des pêches, de l'aquaculture et de la gestion des écosystèmes aquatiques exige l'établissement de solides partenariats et de rapports efficaces avec les divers intervenants. Le MPO collabore ainsi avec un éventail varié de groupes et de particuliers, notamment les collectivités locales, les biologistes des pêches, le personnel chargé de l'application de la loi, des organisations internationales, des groupes autochtones détenteurs de droits de pêches et autres droits d'utilisation des ressources, des organisations commerciales d'aquaculture et de pêche sauvage, des entreprises et ses homologues provinciaux, avec qui il partage la responsabilité de la gestion des ressources.
Les projets en biotechnologie et en génomique du MPO sont menés dans plusieurs laboratoires dispersés dans l'ensemble du pays, parfois en collaboration avec d'autres partenaires.
Le MPO collabore avec des universités, l'industrie, d'autres ordres de gouvernement et des collectivités de pêcheurs dans la réalisation d'un grand nombre d'initiatives de recherche. En effet, comme de nombreuses recherches sont menées en dehors des installations du MPO, il est important que le Ministère demeure renseigné et bien au fait. Cependant, dans ses recherches pour la réglementation de la biotechnologie aquatique, le MPO ne collabore pas avec l'industrie ou avec les universités qui ont des liens avec l'industrie, afin de préserver son impartialité et son autonomie en matière de réglementation.
Le MPO est signataire de la Stratégie canadienne en matière de biotechnologie et il participe à la mise en œuvre de cette initiative fédérale.
Oui, en vertu d'ententes et de projets de recherche précis et dans l'application de certains règlements.
Les outils de la biotechnologie ont diverses utilités. Les gestionnaires des pêches les utilisent notamment pour déterminer si des populations migratrices de poissons ont été désignées menacées ou en voie de disparition et fixer les périodes d'ouverture ou de fermeture de la pêche de manière à ce que les prises se limitent aux populations viables. Ils les utilisent également pour établir des quotas de pêche écologiquement viables et aider à gérer les pêches de capture par l'identification, la modélisation, l'évaluation et le suivi des populations et par l'application des lois qui s'y rapportent.
La biotechnologie offre de nombreux outils puissants, qui servent entre autres au diagnostic des maladies et à la réduction des interactions entre les organismes domestiques et sauvages par la génomique, et qui sont utilisés pour accroître la viabilité écologique de l'industrie aquacole.
Le développement et l'utilisation d'indicateurs écosystémiques et la mise en oeuvre de systèmes de surveillance parallèlement à l'application d'outils biotechnologiques permettant d'identifier les espèces et d'établir la structure des populations aident les gestionnaires à caractériser et à délimiter les zones qui doivent être protégées (aires marines protégées).
Plusieurs règlements régissent le confinement physique des poissons d'élevage. Divers moyens sont ainsi proposés pour le poisson, notamment l'utilisation de cages en filet, de filets à poche, de réservoirs et autres structures similaires. Des méthodes de confinement biologique, comme l'induction de la triploïdie, sont actuellement à l'étude.
Les outils de la biotechnologie et de la génomique aident à protéger l'environnement, à détecter et à réduire les maladies dans les stocks de poissons ainsi qu'à améliorer les techniques de production de l'industrie aquacole. Le Canada est reconnu internationalement comme un chef de file mondial dans les techniques moléculaires et diagnostiques appliquées aux maladies des animaux aquatiques. Les outils moléculaires sont notamment utilisés pour détecter les pathogènes et tenter de mieux comprendre leur mode de propagation. Les scientifiques du MPO sont également à développer des vaccins à ADN pour les animaux aquatiques élevés en écloserie (mise en valeur du saumon ou de la truite) et dans les installations aquacoles.
Le Canada adhère aux normes établies par l'Office international des épizooties (OIE) en matière de santé animale, lesquelles prévoient notamment l'utilisation d'essais moléculaires pour la détection et l'identification des pathogènes.
Le MPO a établi un protocole d'évaluation des risques pour la santé humaine et l'environnement, en prévision du moment où une entreprise pourrait lui demander l'autorisation de commercialiser un produit aquatique nouveau issu de la biotechnologie.
Le système canadien de réglementation de la biotechnologie réglemente les produits, et non les processus.
Le cadre réglementaire du Canada pour la biotechnologie exige que les autorités réglementaires compétentes soient informées avant qu'une substance nouvelle, y compris un nouvel organisme vivant issu de la biotechnologie, soit fabriquée ou importée pour la première fois au Canada. L'autorité compétente doit alors évaluer la substance en regard des risques qu'elle pourrait présenter pour l'environnement et la santé humaine, puis déterminer si la fabrication ou l'importation peut être autorisée.
Au nom d'Environnement Canada (EC), autorité responsable de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) (LCPE, 1999), le MPO collabore à l'administration du Règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles (RRSN). Cela signifie que le MPO doit, au nom d'EC, évaluer les risques environnementaux associés aux organismes aquatiques à caractères nouveaux (poissons génétiquement modifiés) qui font l'objet d'une notification en vertu de la LCPE (1999) et du RRSN. (lien au site sur la réglementation)
Les expressions élevage sélectif et hybridation sont interchangeables. Dans les deux cas, les lignées parentales sont choisies à partir de populations ou de lignées génétiques différentes en fonction d'un caractère particulier, par exemple le taux de croissance ou la taille globale. Les descendants issus de ce croisement sont ensuite sélectionnés en fonction des caractères recherchés. La modification génétique peut faire référence au processus précité (au sens large) ou à la manipulation génétique au niveau moléculaire.
Un organisme transgénique pourrait avoir des incidences sur les autres membres de son espèce ou sur d'autres espèces et entraîner ainsi une perturbation de l'environnement. Ces effets pourraient se manifester, par exemple, par une compétition pour des ressources limitées comme l'espace ou la nourriture, par le déplacement d'organismes de leur niche écologique, par la prédation ou par l'altération physique de l'habitat. Selon l'ampleur et la fréquence des échappées de l'organisme transgénique dans le milieu naturel, les effets pourraient être locaux et réversibles, ou étendus et dommageables pour l'environnement. Ces effets peuvent se produire même si les organismes transgéniques sont stériles.