Biotechnologie et profil des pêches commerciales de poissons sauvages

Apprenez-en plus sur nos programmes en matière de biotechnologie et de pêches commerciales de poissons sauvages.

Sur cette page

À propos de l'industrie de la pêche commerciale de poissons sauvages

Les activités de pêche récréative et de pêche commerciale de poissons sauvages existent depuis longtemps au Canada. Les gestionnaires des pêches ont maintenant accès à de nouvelles technologies, dont la biotechnologie et la génomique.

Le Canada possède l'une des industries de pêche commerciale les plus lucratives au monde, parce que :

  • les Grands Lacs se trouvent sur notre territoire
  • notre ligne de côte est la plus longue au monde (244 000 km)
  • nous sommes entourés par les océans Arctique, Atlantique et Pacifique

La pêche de capture se déroule dans 3 principales régions :

  • Atlantique
  • Pacifique
  • eaux douces

La pêche de capture compte pour 76 % de la production totale de poissons et de fruits de mer. À eux seuls, le homard, le crabe et la crevette constituent 67 % de la valeur au débarquement de tous les poissons, mollusques et crustacés pêchés au Canada.

Environ 80 % des quantités totales débarquées proviennent de l'Atlantique. Les produits en tête de liste sont :

  • le homard
  • le crabe
  • la crevette
  • le pétoncle

Environ 16 % des quantités totales débarquées proviennent du Pacifique. Les produits en tête de liste sont :

  • le saumon
  • la palourde
  • le crabe
  • le hareng (œufs)

La pêche commerciale demeure en outre le pilier économique de quelque 1 500 collectivités rurales et côtières du Canada.

À Pêches et Océans Canada, nous mettons l'accent sur une pêche durable ainsi que sur l'utilisation d'outils novateurs en matière de biotechnologie et de génomique.

Établissement de quotas pour la pêche internationale

Les questions liées à la gestion des pêches internationales et des océans requièrent le maintien d'un équilibre constant entre, d'une part, la conservation et la protection des écosystèmes marins et, d'autre part, la demande et l'utilisation croissantes des ressources océaniques.

Nous souhaitons collaborer avec les autres pays afin de pouvoir répondre aux besoins alimentaires de la population mondiale, qui est en forte croissance. Cependant, nous nous devons d'être réalistes et prévoyants en ce qui concerne la quantité de poissons, de homards et des autres produits de la mer que nous prélevons.

Nos scientifiques mettent au point des outils génétiques permettant de « marquer » ou d'identifier les poissons (aussi appelé typage génétique) afin de favoriser une pêche plus durable. Les stocks de poissons qui chevauchent les frontières internationales peuvent ainsi être attribués au pays d'où ils proviennent.

Le Canada contribue à l'enrichissement du corpus de connaissances et à la mise au point de nouveaux outils à l'échelle internationale afin de relever le défi de la gestion internationale des pêches. Pour ce faire, il élabore des méthodes d'analyse sensibles, exactes et rapides qui fournissent des renseignements précieux aux gestionnaires des pêches et des océans. Il peut ainsi réaliser les engagements pris auprès de diverses organisations telles que :

Banque génomique

Nos scientifiques sont à constituer des banques génomiques, ou de génotypes, pour les espèces marines. Un génotype est le portrait de l'ADN d'un organisme.

En faisant la carte des espèces, une population après l'autre, par l'identification génétique des stocks (génotypage), les scientifiques peuvent :

  • mieux évaluer celles qui peuvent supporter une pêche commerciale
  • déterminer, au moment de la conception des programmes d'élevage pour l'aquaculture, comment prévenir la perte de diversité génétique

Ces banques génomiques aident à mieux comprendre la dynamique des populations des espèces marines. Outre les espèces qui font déjà partie de cette banque, nos scientifiques souhaitent inclure :

  • plus de poissons et d'invertébrés dont la gestion relève de Pêches et Océans Canada
  • les espèces aquatiques déjà gérées dans le cadre d'accords internationaux

Par exemple, nous prélevons des échantillons chez des poissons dans un cours d'eau donné et, après analyse, stockons l'information génétique (génotype) de ces poissons dans la banque. L'année suivante, nous prélevons des échantillons dans le même cours d'eau et comparons les résultats à ceux dans la banque. Nos scientifiques peuvent alors déterminer si :

  • le cours d'eau est utilisé par les mêmes populations
  • la composition a changé ou s'est appauvrie

Identification et conservation au moyen d'analyses de l'ADN

Nous améliorons la gestion durable des pêches par la mise au point d'outils biotechnologiques, notamment l'utilisation de l'information génétique obtenue grâce à un échantillonnage non mortel afin d'identifier des stocks de poissons en particulier.

Le fait de pouvoir distinguer un stock d'un autre permet aux gestionnaires des pêches de :

  • fixer les quotas de pêche au Canada
  • protéger les espèces inscrites, notamment celles qui sont :
    • menacées
    • vulnérables
    • en voie de disparition

Cette information ainsi que la vitesse à laquelle elle peut être recueillie aident les gestionnaires des pêches à décider rapidement s'il convient de :

  • maintenir une pêche ouverte
  • fermer une pêche pour favoriser le rétablissement des stocks.

Nos bases de données génétiques, qui ne cessent de se développer, sont intégrées aux banques génomiques sur les espèces marines canadiennes.

Nous utilisons des outils génomiques, tels que l'ADN mitochondrial (ADNmt) et l'ADN nucléaire (ADNn), pour identifier les stocks de bélugas. Ces outils permettent :

  • d'estimer la proportion de bélugas appartenant aux différents stocks dans les pêches mixtes autochtones
  • d'établir des limites de captures maximales tenant compte de l'exploitation durable de chaque stock

Des mesures de gestion visant à faire respecter les fermetures de zones sont prises quand les analyses d'ADN indiquent que la zone est fréquentée par un stock dont l'abondance est faible.

Traçage de l'ADN des poissons

Il est parfois important de savoir d'où provient un poisson, un mollusque ou un crustacé pour s'assurer qu'il a été récolté légalement. Nous avons été en mesure d'utiliser des preuves d'ADN pour avoir gain de cause dans des poursuites concernant le saumon et l'ormeau.

Les outils d'analyse génétique sont particulièrement utiles pour attraper et poursuivre les braconniers. Le typage génétique nous permet de prouver que les poissons, mollusques ou crustacés confisqués ont été obtenus par braconnage ou pêche illégale.

Par exemple, dans les ormeaux nordiques de la Colombie-Britannique est une population fragile. L'établissement de leur profil génétique fait qu'il est difficile, voire impossible, pour un braconnier de prétendre que ses ormeaux ont été importés.

Banques de données génétiques de référence pour le saumon du Pacifique

En raison de sa viabilité commerciale et de sa facilité de localisation, le saumon est devenu un des organismes aquatiques les plus étudiés au Canada et dans le monde entier.

Nos scientifiques ont constitué de riches banques de données génétiques pour le saumon du Pacifique. Ces banques de données :

  • sont utilisées pour assurer la gestion génétique des pêches en temps réel la plus intensive du monde
  • contiennent les informations génétiques de centaines de stocks (de 10 000 à 50 000 poissons par espèce)
  • peuvent servir à l'identification de stocks de saumons présents dans les pêches mixtes pratiquées dans l'océan, de l'Alaska à l'Oregon

Il est possible d'obtenir en temps réel (en moins de 24 heures) de l'information génétique sur les stocks d'une pêche pendant qu'elle est en cours. Les gestionnaires des pêches sont donc en mesure de prendre des décisions rapides et de déterminer si une pêche peut demeurer ouverte ou s'il faut la fermer pour protéger des stocks préoccupants.

Pêches et Océans Canada analyse plus de 10 000 échantillons de saumon quinnat, de saumon rouge et de saumon coho pour gérer les ouvertures de pêche. Le Canada peut ainsi maximiser les prises dans le respect des dispositions du Traité canado-américain portant sur le saumon du Pacifique tout en maintenant des limites strictes pour les stocks dont la conservation est préoccupante.

Par exemple, en 2003 et 2004, nous avons réalisé une gestion génétique en temps réel de la pêche à la traîne du saumon quinnat sur la côte nord. Le quota a ainsi été atteint pour la première fois depuis 1994 sans qu'il y ait surpêche des populations préoccupantes de la côte ouest de l'île de Vancouver. Les recettes annuelles des pêches ont par conséquent été accrues de plus de 3 millions de dollars.

En revanche, l'information génétique sur de nombreuses autres espèces marines que le saumon est très parcellaire. Dans ces cas, nous examinons l'ADN génomique pour trouver des régions (marqueurs) qui peuvent ensuite servir à la production de banques génomiques pour les espèces marines d'intérêt.

Date de modification :