Le but du cadre de gestion est de minimiser le risque pour l'écosystème aquatique tout en équilibrant les besoins de l'utilisation de l'eau par l'homme. Le cadre de gestion a été élaboré selon certains principes :
La pensée écologique actuelle sur la NDM indique que les processus naturels sont maintenus en minimisant les changements au cycle de débit naturel de sorte que soit maintenue la variabilité des débits au cours d'une année, et d'année en année. Ainsi, ce qu'on appelle le paradigme du débit naturel, c'est-à-dire le maintien des paramètres que sont l'ampleur, la fréquence, le moment et la durée des variations saisonnières de débit, devrait créer des conditions qui assurent généralement la protection des écosystèmes aquatiques (Golder 2004, Poff et al. 1997). Bien que le maintien des régimes hydrologiques naturels puisse offrir une certaine protection des processus des écosystèmes naturels, ce concept ne nous dit pas de combien d'eau la rivière a besoin pour maintenir son caractère naturel ou, autrement dit, combien d'eau nous pouvons en extraire sans compromettre l'écosystème aquatique naturel. Nous devons mieux comprendre les effets d'une réduction de débit sur les écosystèmes aquatiques pour prendre ces décisions. Par conséquent, il faut concevoir et mettre en œuvre des programmes de surveillance appropriés, puis déterminer et étudier les effets des réductions de débits, en particulier dans le contexte actuel d'accroissement de la demande d'eau.
AENV et le MPO recommandent une approche préventive, mise en œuvre par phases avec un examen constant, de sorte que la surveillance qui améliore la compréhension des effets des retraits d'eau puisse être intégrée à un système de gestion qui protégera l'intégrité écologique de l'écosystème aquatique du cours inférieur de la rivière Athabasca.
Le tableau 1 présente la phase 1 du cadre de gestion de l'eau. Trois zones de gestion (verte, jaune et rouge) ont été désignées pour gérer le risque croissant des impacts à mesure que les débits de la rivière diminuent. Ces zones sont définies par les conditions d'écoulement dans la rivière. Les retraits maximaux pour chaque zone de gestion ont été établis; ils sont de plus en plus restrictifs selon le risque croissant pour l'écosystème aquatique.
Tableau 1. Phase 1 du cadre de gestion de l'eau
Condition d'écoulement et saison |
Répercussion environne- |
Mesure de gestion |
Lorsque le débit de la rivière est supérieur au seuil de précaution (SP) - Maximum de HDA80 ou Q90 Vert |
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Lorsque le débit de la rivière est inférieur au SP - Maximum de HDA80 ou Q90 mais supérieur à Q95 Jaune |
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Lorsque la rivière est sous Q95 Rouge |
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Nota : Les définitions des termes utilisés dans ce tableau se trouvent dans la section 4.0
Au cours de la phase 1, dans tous les cas où un retrait pour une condition d'écoulement donnée entraîne une réduction de débit faisant passer la rivière Athabasca à condition d'écoulement inférieure, la mesure de gestion appliquée sera celle de la condition d'écoulement inférieure. Par exemple, si la rivière est à 1 m3/s au-dessus du SP, donc encore dans la zone verte, les restrictions de la condition jaune vont prendre effet si les retraits totaux sont supérieurs à 1 m3/s.
Zone de gestion verte - disponibilité de l'eau suffisante
La plupart du temps, le débit est suffisant dans la rivière pour répondre aux besoins de l'environnement et de l'homme. Dans cette zone, le débit est suffisant, et ainsi, jusqu'à 15 % du débit instantané de la rivière sera disponible pour utilisation par l'industrie. Ce taux de détournement cumulatif maximal de 15 % a été déterminé en appliquant les mesures chroniques (à long terme), intermédiaires et aiguës (à court terme) établies pour le bassin de la rivière Saskatchewan Sud 1 pour le stade le plus sensible de la vie du poisson et le segment du cours inférieur de la rivière Athabasca (voir les détails à l'annexe 3).
Zone de gestion jaune – Seuil de précaution
La NDM pour la rivière Athabasca indique un seuil, que le cadre de gestion de la phase 1 a utilisé comme seuil de précaution (SP). Ce seuil est défini par les débits correspondant à un indice de dépassement de 80 % de l'habitat. Les valeurs d'habitat sous ce niveau sont présentes dans 20 % des cas.
Zone de gestion rouge – Seuil de durabilité éventuelle
Le cadre de gestion identifie un seuil de durabilité éventuelle (SDE) compatible avec les seuils à partir desquels l'écosystème est susceptible de subir un changement significatif, selon les contributions internationales pour la détermination de la NDM (par ex., Hardy 2005). Le SDE est défini par l'indice de dépassement de débit de 95 %. Les débits sont inférieurs à cette valeur 5 % du temps. Les détails pour établir le SP et le SDE sont présentés à l'annexe 3.
Réserve pour le comportement dynamique des glaces
En raison de la préoccupation considérable des intervenants, les recommandations provisoires (AENV, janvier 2006) pour les seuils assouplis lors de la formation des glaces et de la débâcle ont été supprimées.
1. Déterminations des normes de débit minimal pour le bassin de la rivière Saskatchewan Sud, Alberta, Canada (décembre 2003), accessibles en ligne à : http://www3.gov.ab.ca/env/water/regions/ssrb/IFN_reports.asp
La quantité de perte d'habitat de la phase 1 est présentée au tableau 2 et est comparée avec la perte d'habitat calculée selon une méthode de NDM acceptée qui protège pleinement les débits inférieurs. Au tableau 2, l'application de la NDM et de la phase 1 donnent des pertes d'habitat causées par des conditions d'écoulement naturelles. La phase 1 minimise les pertes autant que possible, en conciliant la compréhension actuelle des contraintes d'infrastructure et des besoins en eau avec les faibles risques additionnels pour l'écosystème aquatique. Ces pertes d'habitat à faible débit pendant la phase 1 sont considérées comme représentant un risque faible à court terme. Une surveillance continue permettra de mieux caractériser ces risques.
Tableau 2. Comparaison des pertes d'habitat (%) par rapport à l'état naturel pour une NDM et pour le cadre de gestion de la phase 1
Un régime de gestion de l'eau pour le cadre de gestion se fonde sur le concept que l'écosystème aquatique du cours inférieur de la rivière Athabasca et ses pêches seront protégés. Le cadre de gestion fera l'objet d'un examen et d'une modification au cours de la phase 2, à mesure que la connaissance de l'écosystème s'améliorera et que les considérations socio-économiques seront prises en compte. La phase 2 continuera de garantir un haut niveau de protection du cours inférieur de la rivière Athabasca, tout en assurant l'évaluation des options de gestion de l'eau et de notre compréhension de l'écosystème complexe, grâce à l'application des connaissances scientifiques occidentales et du savoir traditionnel. La phase 2 offre également un processus pour intégrer une approche de gestion adaptative basée sur de la nouvelle information et sur l'amélioration du cadre de gestion au besoin. Tel que susmentionné, les méthodes actuelles de la NDM portent à croire qu'un régime de retrait plus restrictif pourra être nécessaire pendant les périodes sensibles, afin d'assurer la protection nécessaire au cours de la phase 2, lorsque les retraits d'eau seront supérieurs.
Les détails précis du processus de la phase 2 seront déterminés en consultation avec les intéressés régionaux en 2007 (voir le tableau 3).
Tableau 3. Échéancier de la phase 2
Activité |
Date d'achèvement |
Date butoir réglementaire |
Plans de travail du groupe sur les besoins en habitat (y compris le plan pour le débit de base de l'écosystème), du groupe sur les besoins en eau et du groupe sur l'ingénierie, les exigences des procédures et les aspects socio-économiques |
1er janvier 2007 |
31 mars 2007 |
Plan de gestion intégrée de l'eau de l'industrie pour la mise en œuvre de la phase 1 |
31 janvier 2007 |
31 mai 2007 |
Consultation sur le processus de la phase 2 |
1er juillet 2007 |
31 octobre 2007 |
Collecte et examen des données; élaboration du cadre de gestion de la phase 2 et du plan de mise en œuvre |
1er juillet 2009 |
31 octobre 2009 |
Consultation finale sur le cadre de gestion de la phase 2 et le plan de mise en œuvre |
30 juin 2010 |
1er août 2010 |
Début de la mise en œuvre |
30 septembre 2010 |
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Si les intervenants ne peuvent s'entendre sur le cheminement avant les dates butoirs, les autorités de réglementation (le MPO et AENV) prendront les décisions nécessaires avant les dates butoirs réglementaires indiquées au tableau 3.
À mesure que se développera le bassin de connaissances scientifiques et traditionnelles, les hypothèses utilisées pour développer la phase 1 seront vérifiées et l'information sur quatre aspects clés – besoins en eau, besoins en habitat, besoins d'ingénierie et valeurs des ressources en eau – sera intégrée. Les besoins en eau correspondent à la détermination de la quantité d'eau qui est nécessaire pour une exploitation normale, à l'heure actuelle et à l'avenir. Ils ne comprennent pas les besoins d'urgence. Pour déterminer les besoins en habitat, il faudra rassembler des données pour mieux déterminer ce dont la rivière Athabasca a besoin afin d'assurer que son environnement aquatique sera maintenu au cours de l'exploitation des sables bitumineux. Les besoins d'ingénierie nécessiteront la collecte de données techniques et économiques pour déterminer les mesures d'atténuation qui conviennent le mieux pour l'industrie. Les valeurs des ressources en eau viseront l'importance de l'eau pour tous les utilisateurs.
Dans le cadre de gestion provisoire de l'Alberta (janvier 2006), il était reconnu qu'il pourrait y avoir à l'occasion certains épisodes de faible débit dans la rivière Athabasca et qu'à ces moments-là, les retraits d'eau pour l'industrie cesseraient. Ce niveau de débit est généralement appelé le débit de base de l'écosystème (DBE). La recherche sera axée sur la définition d'un DBE dans la phase 2.
Le développement et la mise en œuvre de la phase 2 comprendront, entre autres :
Voici les activités qui sont déjà en cours ou qui devraient commencer à l'appui du cadre de gestion :
1) Évaluation des besoins en eau pour l'exploitation normale – dirigée par l'industrie390
2) Évaluation des besoins en habitat – dirigée par les autorités de réglementation390
3) Évaluation des besoins d'ingénierie et de procédures – dirigée par l'industrie390
4) Évaluation des valeurs des ressources en eau et des aspects socio-économiques – dirigée par un groupe formé de divers intervenants (par ex. WPAC ou CEMA) 390
L'évaluation des valeurs sociales, traditionnelles, récréatives et commerciales de la rivière Athabasca, dans le contexte de l'exploitation des sables bitumineux, est en cours depuis des décennies. Toutefois, l'évaluation de ces valeurs s'est faite en grande partie en rapport avec des résultats de projets précis, et une évaluation globale en rapport avec les allocations d'eau semble être le plus négligé des quatre points évoqués ici. Aucun responsable compétent n'a encore été mandaté pour faire la synthèse des études existantes sur le sujet et développer une compréhension précise de la question des allocations d'eau.
Chaque groupe de travail doit compléter son plan de travail au plus tard le 31 janvier 2007. Les plans de travail devraient comprendre les activités, le budget proposé et les échéances pour l'achèvement des travaux avant l'échéance du cadre de gestion du 1er juillet 2009.
Élaboration de programmes de surveillance et de recherche
Le cadre de gestion a été choisi en reconnaissance de la difficulté appréciable qu'implique l'établissement d'une équation directe entre le faible écoulement de la rivière et les impacts sur l'écosystème aquatique. Il n'existe pas d'études établissant un lien certain entre les taux de faible débit et les impacts pour le cours inférieur de la rivière Athabasca, et des études de ce genre sont rares dans la documentation scientifique internationale, particulièrement pour de grandes rivières comme l'Athabasca. Ainsi, le cadre de gestion de la phase 1 a défini des zones de risque (verte, jaune et rouge) qui représentent des approximations des objectifs de protection pour le maintien de la norme de débit minimal. À l'intérieur de ces zones, le cadre de gestion fixe des taux de retrait qui devraient limiter le risque à des niveaux acceptables. Toutefois, ces risques sont acceptables pourvu que des programmes de recherche et de surveillance solides soient en place pour soutenir la gestion adaptative.
Ces objectifs de protection ont été adoptés pour le cadre de gestion selon l'hypothèse que l'habitat est limitatif, peu importe les conditions d'écoulement. Toutefois, les retraits permis en vertu du cadre ne sont pas sans risque. Puisqu'un certain degré de risque est inhérent à toute décision permettant des retraits ne serait-ce que limités aux faibles débits naturels, il faut dès maintenant mettre sur pied de bons programmes de recherche et surveillance afin d'établir une relation entre les conditions de débit et d'habitat et le succès biotique et la durabilité. Des indices pertinents de santé biotique et de durabilité, et de santé de l'écosystème en général, doivent également être établis.
Mise au point de solutions techniques
Il y a de nombreuses méthodes possibles pour répondre aux futures demandes en eau de la région de Wood Buffalo. Pour les sables bitumineux, l'amélioration de l'efficience de l'utilisation de l'eau s'avère de loin la plus attrayante, puisqu'elle réduit les retraits ainsi que la quantité d'eau stockée dans les résidus. L'eau stockée dans les résidus représente probablement un des problèmes environnementaux les plus pressants dans cette région, que l'on pourrait résoudre en améliorant l'efficience de l'utilisation de l'eau et en trouvant des moyens de recycler ou de traiter ces eaux avant de les déverser. Le stockage hors du cours d'eau, une des solutions possibles pour pallier les pénuries d'eau en hiver seulement, a pour conséquences d'augmenter la pression en été, de réduire la nécessité de trouver des solutions axées sur l'utilisation efficace de l'eau et de déplacer le problème environnemental vers le site de stockage, en laissant irrésolue la question de l'avenir de l'eau contenue dans les résidus.
Environnement Alberta et le MPO ont demandé que les promoteurs de l'exploitation des sables bitumineux présentent un aperçu des initiatives qui soutiendraient l'objectif de réduction des répercussions des besoins en eau sur la rivière Athabasca. Un atelier de l'industrie, auquel ont participé des experts en gestion de l'eau des exploitations minières, a eu lieu le 11 mai 2006 afin de dresser une liste inclusive des options de gestion de l'eau. Cette liste d'initiatives constituera la base de l'étude de faisabilité, de rentabilité, de l'aspect pratique et des coûts, et elle a été divisée comme suit :
Le processus d'élaboration d'une recommandation sur les meilleures pratiques et les options de gestion afin de répondre aux besoins en eau de l'industrie a commencé officiellement. Il importe de noter que l'industrie des sables bitumineux a déjà entrepris une quantité considérable de recherches sur les améliorations technologiques et opérationnelles existantes et prévues, en grande partie sous la direction du Réseau canadien pour la recherche-développement sur les sables pétrolifères (Canadian Oil Sands Network for Research and Development – CONRAD). Comme d'importants efforts de recherche sont en cours, il est à prévoir que de nouvelles informations sur les innovations seront disponibles dans un proche avenir.
En ce qui concerne l'élément de gestion intégrée de l'eau, AENV et le MPO ont demandé une recommandation à l'industrie sur la mise en œuvre de la phase 1 d'ici janvier 2007.
Acquisition de données socio-économiques et analyses de rentabilité
Le cadre de gestion n'inclut pas adéquatement les considérations socio-économiques dans la mise en œuvre de la phase 1. Toutefois, AENV et le MPO sont liés par les exigences réglementaires et doivent en tenir compte. L'évaluation socio-économique de la conciliation des besoins en eau, des impacts environnementaux de ces besoins et des coûts environnementaux et sociaux des options d'atténuation et de gestion qui s'y rattachent est essentielle pour développer la phase 2. La tribune appropriée pour la réalisation de cette évaluation serait probablement une combinaison des groupes d'intendance du bassin versant et du comité consultatif de planification du bassin versant (Watershed Planning and Advisory Committee – WPAC) pour le cours inférieur de la rivière Athabasca, tel que le propose la Stratégie sur l'eau de l'Alberta.
Consultation et examen
Le processus de consultation et d'examen est essentiel pour l'adaptation fructueuse du cadre de la phase 2 et son évolution éventuelle en un plan de gestion de l'eau approuvé. La consultation et l'examen se poursuivront sur demande jusqu'à ce qu'un processus officiel soit établi.
Un aperçu du calendrier du processus de la phase 2 figure au tableau 3. Cet aperçu général comportera plusieurs points de décision et des sous-échéances. En tout temps, AENV et le MPO seront prêts à appuyer le processus afin d'assurer le respect du calendrier.
Le cadre de gestion servira à orienter la prise de décisions réglementaires pour traiter les demandes à venir et offrira un moyen d'appliquer les principes de gestion adaptative et coopérative. Il sera adapté au besoin en fonction du développement des connaissances. Les segments 4 et 5 du cours inférieur de la rivière Athabasca sont situés dans la zone où l'industrie des sables bitumineux intensifie ses activités (figure 1) mais, d'après les connaissances actuelles, c'est le segment 3 qui contient un habitat de frai et qui semble être le plus sensible aux retraits. Le segment 5 commence légèrement en aval de Fort McMurray et se termine en amont du confluent de la rivière Steepbank. Le segment 4 commence en aval du segment 5, pour se terminer en amont du confluent de la rivière Firebag. Le segment 3, qui est en aval du segment 4, se termine en amont du confluent de la rivière Embarras.
Figure 1. Limites des segments de la norme de débit minimal de la rivière Athabasca
Les segments 4 et 5 ont chacun deux valeurs du cadre de gestion pour chaque semaine de l'année. Ces valeurs séparent le seuil de précaution vert-jaune (SP - HDA80) et les limites de condition du seuil de durabilité éventuelle jaune-rouge (SDE - Q95) (tableau 4).
Les débits instantanés pour appliquer le cadre seront déterminés comme suit :
Tableau 4. Valeurs de la phase 1 (m3/s) pour définir les limites vert-jaune et jaune-rouge chaque semaine.
Tableau 5 : Retrait maximal de la phase 1 dans le segment 4 pour chaque semaine
Il peut arriver que les entreprises se trouvent aux prises avec des complications imprévues qui nécessitent plus d'eau que prévu. Collectivement, c'est ce qu'on appelle les « conditions perturbantes » et elles comprennent des urgences et d'autres situations qui nécessitent des changements dans les opérations. Dans ces conditions, des permis de détournement à court terme peuvent être accordés au cas par cas. Les lignes directrices pour l'examen des demandes de permis de détournement à court terme, leur longévité et les niveaux correspondant aux « meilleures pratiques de gestion » pendant l'exploitation en vertu d'un permis de détournement à court terme seront établies au début du processus de la phase 2.
Bien que jusqu'ici, la consommation d'eau pour l'exploitation des sables bitumineux ait été généralement inférieure aux limites les plus strictes établies dans le cadre de gestion de la phase 1, les permis en cours autorisent des quantités maximales qui, cumulativement, pourraient entraîner un dépassement de ces limites. La poursuite du développement du projet fera gonfler la demande cumulative actuellement assujettie aux limites de la phase 1. Les options de partage de l'eau ou les autres options de gestion de l'eau devront respecter les limites de la phase 1. Le premier retrait supplémentaire autorisé sera celui de la Canadian Natural Resources Limited au milieu de 2007. Le cadre de gestion de la phase 1 tient compte des retraits cumulatifs et reconnaît que chaque entreprise a une capacité différente face aux restrictions de la disponibilité de l'eau. AENV et le MPO ont demandé à l'industrie de fournir un plan pour mettre en œuvre ce cadre de gestion d'ici janvier 2007 concernant le partage de l'eau en général et concernant le respect des restrictions imposées par la phase 1. En attendant ce plan de mise en œuvre recommandé, le texte ci-dessous offre un aperçu initial de la façon dont le partage de l'eau pourrait se faire tout en reconnaissant que la recommandation finale pourra être différente :
Afin de faire respecter le cadre de gestion si l'industrie n'arrive pas à présenter un plan de mise en œuvre d'ici janvier 2007, AENV évalue entre autres la possibilité d'imposer des restrictions qui seraient exprimées en pourcentage de l'allocation annuelle moyenne pour chaque détenteur de permis. En consultation avec l'industrie, un plan conceptuel provisoire a été établi qui équilibre les taux de retrait autorisés existants et proposés, les allocations et la pleine utilisation de la capacité de stockage d'eau sur place pour respecter la restriction de zone rouge lors des pires années. Cette version du plan fait actuellement l'objet d'un contrôle d'exactitude, et une comptabilisation de l'eau plus détaillée par AENV est en cours. S'il faut appliquer cette solution de dernier recours, elle sera soumise à un examen au début de 2007.
Le cadre de gestion précise les limites de détournement d'eau que l'industrie devra respecter. Les limites proposées minimiseront la détérioration de l'habitat du poisson aux niveaux prévus pour maintenir la santé et la productivité des pêches et de l'habitat. Toutefois, il y aura probablement une certaine diminution de l'habitat du poisson par rapport aux niveaux naturels. L'article 35 de la Loi sur les pêches interdit la détérioration, la destruction ou la perturbation de l'habitat du poisson à moins d'une autorisation du ministre des Pêches et des Océans. Une réduction de la quantité d'habitat attribuable au détournement du débit pourrait être considérée comme une détérioration et pourrait nécessiter une autorisation en vertu de la Loi sur les pêches fédérale. Selon la politique du MPO pour la gestion de l'habitat du poisson, aucune autorisation de ce genre n'est accordée lorsque la détérioration, la destruction ou la perturbation est inacceptable. Lorsque la détérioration, la destruction ou la perturbation est considérée comme acceptable dans les circonstances, des mesures de compensation pour la perte d'habitat sont requises.
Selon les renseignements dont le MPO dispose actuellement, la NDM de la rivière Athabasca définit les débits sous lesquels les détournements pourraient entraîner des impacts sur l'habitat du poisson, qui nécessiteraient, de ce fait, une autorisation en vertu du paragraphe 35(2) de la Loi sur les pêches. Les détournements qui ne réduisent pas les débits à des niveaux inférieurs à la NDM sont présumés ne pas avoir d'impacts sur l'habitat du poisson. Les détournements d'eau seront évalués d'après l'écart prévu (positif ou négatif) par rapport à la NDM, et des autorisations ou des modifications à l'autorisation seront émises s'il y a lieu. Les paragraphes suivants énoncent les exigences d'autorisation en vertu de la Loi sur les pêches pour les projets d'exploitation des sables bitumineux relevant du cadre de gestion.
Retraits d'eau existants
Puisque Syncrude et Suncor ont obtenu des permis pour retirer de l'eau de la rivière Athabasca avant la mise en œuvre des dispositions relatives à l'habitat de la Loi sur les pêches, elles n'ont pas besoin de l'autorisation en vertu de la Loi sur les pêches. Toutefois, tout futur changement des opérations susceptible d'entraîner des impacts accrus sur le poisson et son habitat est assujetti à la législation actuelle et peut déclencher l'exigence d'une autorisation en vertu de la Loi sur les pêches. Tel que susmentionné, d'après la modélisation du débit actuel et l'état actuel des connaissances scientifiques, des impacts accrus sur l'habitat du poisson sont probables si les taux de détournement actuels réduisent les débits de la rivière Athabasca à un niveau inférieur à la NDM (c'est-à-dire dans la zone jaune ou la zone rouge selon la recommandation de la phase 1).
Projets déjà autorisés
Le retrait d'Albian Sands est autorisé en vertu de la Loi sur les pêches. L'autorisation est assortie de conditions précises quant aux niveaux de détournement (maximum de 4,17 m3/s, ou 1,8 % du débit de la rivière, selon le plus bas). Toute augmentation des retraits d'eau pour Albian Sands dépassant l'autorisation lorsque le débit est inférieur à la NDM nécessiterait probablement une nouvelle autorisation en vertu de la Loi sur les pêches ou une modification de l'autorisation existante.
Nouveaux projets
Les retraits d'eau de la rivière Athabasca pour les futurs projets d'exploitation des sables bitumineux pourront nécessiter une autorisation en vertu de la Loi sur les pêches si les retraits sont susceptibles d'entraîner une réduction du débit instantané de la rivière en deçà de la NDM.
Conditions de l'autorisation
Chaque autorisation de la Loi sur les pêches comprendra des conditions d'atténuation, de surveillance et de compensation de l'habitat, que le promoteur devra élaborer et mettre en œuvre. La surveillance exigée comprendra probablement des rapports sur les retraits d'eau et les débits, la surveillance des impacts sur l'habitat du poisson suite au changement de débit, des études de modélisation des débits et de l'habitat, et la surveillance des ouvrages de compensation de l'habitat. Des lettres de crédit peuvent être exigées, et elles devraient être adéquates pour permettre le respect des conditions de surveillance et de compensation de l'autorisation.
Expiration de l'autorisation
Les autorisations de la Loi sur les pêches émises au cours de la phase 1 feront l'objet d'un examen et d'une intervention appropriée du MPO pour assurer la compatibilité avec le cadre de gestion après 2010. De nouvelles autorisations ou des modifications aux autorisations pourront être émises, le cas échéant, pour chaque projet à ce moment-là, et elles devront intégrer les changements découlant du processus de la phase 2. Le MPO travaillera avec AENV afin d'assurer la meilleure coordination possible des processus réglementaires respectifs.