Présenté à Pêches et Océans Canada
(MPO)
Le 5 octobre 2005
LES ÉTUDES DE MARCHÉ CRÉATEC +
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TABLE DES MATIÈRES
1. Objet de l'examen
2. Constatations clés des recherches sur l'opinion publique (ROP)
2.1 Plan stratégique du MPO
2.2 Surpêche
2.3 Gouvernance aquacole
2.4 Modernisation de la Garde cotière
canadienne
2.5 Gestion des pêches
2.6 Aspects scientifiques
3. Thèmes clés
3.1 Connaissance, compréhension et opinions
du MPO
3.2 Durabilité et protection de
l'environnement
3.3 Recherche scientifique et expertise
3.4 Leadership et prise de décisions
partagée
4. Incidences des communications
4.1 Réceptivité et occasions
4.2 Terminologie
5. Suggestions pour les prochaines ROP
5.1 Introduction
5.2 ROP qualitatives
5.3 ROP quantitatives
ANNEXE 1 - Sommaire des données qualitatives des ROP
1. Sondage d'opinion mené auprès des
pêcheurs qui fréquentent les lacs longeant la route Ingraham Trail (mars 2005 –
DataPath Systems)
2. Recherche par groupe de discussion :
Stratégie du Canada sur la gouvernance internationale des océans et la lutte à
la surpêche mondiale – Attitudes en Europe (mars 2005 – Environics)
3. Données qualitatives d'une recherche
par groupe de discussion sur les communications relatives au plan stratégique de
Pêches et Océans Canada et au développement durable (mars 2005 – Pollara)
4. Recherche qualitative sur les
perceptions, les attitudes et les préoccupations des Canadiens envers
l'aquaculture (février 2005 – Créatec)
5. Recherche par groupe de discussion :
Stratégie du Canda sur la gouvernance internationale des océans et la lutte à la
surpêche mondiale – Attitudes au pays (février 2005 – Environics)
6. Présentation au groupe interministériel du gouvernement
du Canada sur la réglementation intelligente : principales conclusions d'une
recherche par groupe de discussion (menée au nom des ministères partenaires du
gouvernement fédéral, y compris le MPO) (1er décembre 2004 – The Strategic
Counsel)
7. Recherche qualitative pour
l'élaboration du plan stratégique du MPO (mars 2004 – Créatec)
ANNEXE 2 - Sommaire des données quantitatives des ROP
1. Rapport omnibus sur la surpêche
mondiale (juin 2005 – Environics)
2. Rapport omnibus sur les phoques
(février 2005 – Ipsos-Reid)
3. Tableaux omnibus sur la Garde côtière
canadienne (août 2004 – Environics)
4. Tableaux omnibus sur l'aquaculture
(mars 2004 – Environics)
1. Objectif de l'examen
1. Contexte, objectif et méthodologie
- Le présent rapport a pour objectif d'examiner les recherches sur l'opinion publique (ROP) menées par le MPO, ou pour son compte, au cours des 18 derniers mois (remontant à décembre 2003) dans le but :
- d'offrir une source d'information concise concernant les efforts du MPO en matière de ROP et de mettre en évidence les constatations clés sur le public cible du MPO;
- d'aider à l'élaboration de l'analyse de l'environnement du MPO;
- de cerner les occasions et les besoins clés en matière de ROP pour l'avenir.
- Le rapport examine précisément les résultats des ROP à la lumière du plan stratégique de 2005-2010 du MPO, Nos eaux, notre avenir. Dans le rapport, les résultats sont classés par secteur et par thèmes prioritaires qu'on peut relier aux résultats stratégiques du MPO : écosystèmes aquatiques sains et productifs, pêches et aquaculture durables et voies navigables sûres et accessibles.
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2. Constatations clés des recherches sur l'opinion publique (ROP)
-
Il est nécessaire de définir le public cible non seulement pour établir le choix des médias, mais également pour planifier et élaborer une stratégie créative, puisqu'on doit informer les auteurs, les concepteurs et les décideurs à propos du public visé par différents messages. Toutefois, une définition statistique du public (p. ex., répartition selon l'âge, le sexe, etc.) n'est pas suffisante pour l'élaboration d'une stratégie de communication et de planification fructueuse. Il faut recueillir de l'information sur les opinions, et c'était les attitudes et les croyances; et c'était là l'un des objectifs de toutes les ROP menées récemment par le MPO.
-
Cet aperçu est fondé principalement sur des constatations qualitatives, approche principalement adoptée par le MPO dans ses efforts en matière de ROP. Par conséquent, on rendra davantage compte de questions provenant d'études qualitatives que de constatations quantitatives; en fait, ces dernières appuient les résultats des études qualitatives.
-
Au total, on a examiné sept ROP qualitatives et quatre ROP quantitatives concernant le MPO. On trouvera en annexe plus de détails sur les constatations provenant de chaque étude.
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2.1 Plan stratégique du MPO
Buts, priorités et vision du MPO
- La liste de principes ou de fondements stratégiques suivante qui s'inscrit dans les priorités, la vision et les buts soulignés dans le plan stratégique du MPO a suscité un appui évident.
- On considérait que le MPO a pour principale mission d'assurer la conservation et la protection du poisson et de son habitat naturel (le terme « poisson » est utilisé comme un terme générique pour désigner l'ensemble des espèces marines et leur habitat).
- On préférait nettement les mesures prises pour assurer la santé des stocks de poissons (60 % — 2005) à celles prises pour soutenir l'industrie de la pêche (30 %), particulièrement dans les provinces atlantiques (71 % c. 25 %) et en C.-B. (69 % c. 21 %).
- En général, les gens désiraient que le MPO adopte une position plus dynamique en matière de lutte contre la surpêche, et ils voulaient en avoir la preuve. En fait, l'idée que le Canada devienne un chef de file international dans la lutte contre la surpêche recevait un fort appui.
- De plus, les gens souhaitaient qu'on établisse des règlements sévères, qu'on exécute la loi et qu'on applique des sanctions relativement à la surpêche dans les océans et en eau douce ainsi qu'aux piscicultures et aux autres secteurs liés à la pollution de l'environnement.
- On accordait beaucoup d'importance à l'étiquetage des produits provenant de piscicultures puisque la salubrité des aliments constitue une priorité majeure. En outre, 86 % (2005) des gens étaient très préoccupés ou assez préoccupés par l'évolution des stocks mondiaux de poisson comme source d'aliments à l'avenir.
- Beaucoup de participants ne savaient pas qui étaient les autorités responsables des « eaux » et des ressources connexes. La plupart comprenaient que les océans et les côtes étaient de ressort fédéral, mais ne savaient pas ce qui en était à l'égard des eaux douces et de la sécurité nautique.
- On croyait que davantage de fonds et de ressources étaient nécessaires, en particulier pour la GCC, et devraient être affectés à l'exécution de la loi et à la recherche scientifique.
- Au chapitre de la recherche sur l'opinion publique concernant le programme de réglementation intelligente du gouvernement fédéral, dans lequel le MPO est un partenaire, on ne connaissait pas l'existence de la « réglementation intelligente » et on connaissait très peu le système de réglementation du Canada. On avait l'impression que le terme « réglementation intelligente » renvoyait plutôt à une réglementation accrue qu'à une meilleure réglementation (et par opposition à une déréglementation).
- Le MPO s'est intéressé au fait que les intervenants ont
tendance à soutenir des directives axées sur le processus, comme la gestion
intégrée et la réglementation intelligente; que les préoccupations et
répercussions environnementales semblaient figurer de façon prédominante à la
liste des commentaires des participants; et qu'on soutenait l'idée d'accorder
davantage de poids aux considérations environnementales lorsqu'on établit des
politiques de réglementation.
Développement durable
- De façon générale, on appuyait le concept de développement durable, peu importe le degré de familiarité ou de compréhension du terme que possèdent les gens.
- En 2004-2005, il semble que la compréhension du terme s'est quelque peu améliorée
- Toutefois, certaines personnes ont soulevé des préoccupations quant à la possibilité de quantifier le concept, l'équilibre nécessaire à l'obtention d'un résultat à long terme étant assez difficile à prévoir.
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2.2 Surpêche
- La plupart des répondants du public canadien et européen percevaient la surpêche comme une menace à l'écosystème mondial et croyaient que l'exécution de la loi à l'égard de la surpêche devait être inadéquate puisque le problème s'aggravait. La majorité des participants canadiens blâmaient les pays européens, ainsi que le Canada.
- Seuls 13 % (2005) des Canadiens ne se préoccupaient pas de l'avenir des stocks de poissons.
- 53 % des Canadiens n'étaient au courant d'aucune mesure prise par le Canada pour lutter contre la surpêche dans les eaux internationales;
- 82 % des Canadiens ont affirmé qu'il est très important que le Canada prenne des mesures pour mettre un terme à la surpêche dans les eaux internationales.
- De façon générale, aussi bien au Canada qu'en Europe, on croyait que la surpêche signifie que des bateaux étrangers pêchent illégalement dans les eaux canadiennes (ou nationales), sans qu'on saisisse que le problème est plutôt lié à la pêche dans les eaux internationales.
- Dans toutes les études, les gens n'étaient en général pas en mesure de se figurer des problèmes liés aux pêches et aux océans, excepté des images troublantes liées à la surpêche, comme des chalutiers non autorisés et des filets traînants.
- Les participants canadiens ont témoigné un soutien considérable au gouvernement pour qu'il adopte une ligne de conduite plus dure et qu'il exécute les règlements dans les eaux internationales.
Gouvernance internationale des pêches et des océans
- De façon universelle, on souhaitait que le principe du développement durable soit au centre de la stratégie mondiale du Canada relativement à la surpêche internationale.
- Les Canadiens ont fait savoir de façon claire qu'ils désiraient obtenir de l'information à propos de l'exécution de la loi et des sanctions imposées à ceux qui font de la surpêche; ils trouvaient l'absence de pénalité très déconcertante.
- 57 % (2005) pensent que le Canada réglerait plus efficacement les problèmes de surpêche en exerçant une surveillance accrue dans les eaux internationales.
- Les intervenants avaient tendance à favoriser des mesures musclées, mais considéraient des alliances ou des partenariats internationaux comme nécessaires à la réussite du Canada. Les intervenants craignaient également que, si on met fortement l'accent sur la surpêche internationale, on détourne des ressources affectées à l'exécution de la loi à l'intérieur du pays et à d'autres programmes importants du MPO.
- Même si on désirait de façon générale, au Canada et en Europe, qu'on applique les règles et les règlements, on se demandait comment on pourrait exécuter la loi relativement au concept de développement durable.
Points communs entre le Canada et l'Europe
- Les Canadiens et les Européens partageaient les points de vue suivants :
- On était sceptique à l'égard de son propre gouvernement national.
- On se préoccupait énormément de l'exécution de la loi et de la réglementation, en particulier en ce qui concerne la surpêche.
- On ne saisissait pas bien la notion de surpêche ni la définition de « zone économique exclusive ».
- Les principaux problèmes et enjeux halieutiques : épuisement des stocks de poissons, surpêche et pollution.
- On était pessimiste à l'égard de l'épuisement des stocks de poissons et des pertes d'emploi irremplaçables.
- On accordait une grande importance à la gouvernance internationale.
- On appuyait une approche axée sur le développement durable.
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2.3 Gouvernance aquacole
- En général, on connaissait et comprenait peu le terme « aquaculture », mais on comprenait le terme « pisciculture ». Quelques personnes utilisaient le terme « ferme aquatique ».
- De façon dominante, on percevait négativement l'aquaculture, impression qui se renforce au fur et à mesure qu'on se déplace vers l'Ouest, principalement en raison de la mauvaise presse concernant la présence de BPC dans le saumon d'élevage, du manque perçu d'information publique positive et du fait qu'on a observé une destruction de l'environnement impunie et non réglementée, en particulier dans l'Ouest du pays.
- Comme l'aquaculture a une incidence sur les gens puisqu'elle touche à la salubrité des aliments et à l'environnement, on était hautement concerné par ce sujet. De plus, on était très réceptif à la communication d'informations positives.
- On croyait en l'avenir de l'aquaculture si l'industrie est améliorée et mieux réglementée. La plupart des participants désiraient que le gouvernement durcisse le ton relativement à la réglementation et à l'application de normes relatives à l'environnement et à la sécurité, informe le public et fournisse des preuves scientifiques et de l'information équilibrée provenant d'études du Ministère et d'études indépendantes.
- Les Canadiens ont des attentes claires quant à la façon dont l'industrie aquacole devrait être réglementée : étape 1 : mener des études d'impact, notamment tenir compte des leçons apprises d'autres pays; étape 2 : établir un organisme de réglementation indépendant; étape 3 : élaborer un processus de réglementation ferme dans lequel on indique qui doit participer et ce qui doit être réglementé, et où on établit les aspects concernant le contrôle, l'inspection, l'exécution de la loi et la commercialisation.
- L'établissement d'un « cadre national » régissant l'aquaculture grâce à des normes élaborées, administrées, réglementées et appliquées à l'échelle régionale recevrait probablement un appui solide.
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2.4 Modernisation de la Garde côtière canadienne
- La GCC avait une image positive, on la percevait surtout comme un organisme d'exécution de la loi, et la plupart des participants étaient, en général, au courant de ses opérations de recherche et sauvetage. En revanche, on connaissait peu son rôle concernant le déglaçage, les lois sur la navigation, l'aide à la navigation, l'application de la LPEN et l'observation météorologique.
- Il apparaissait que la raison d'être de la GCC était de protéger les stocks de poissons de la surpêche par des pays étrangers (40 %/2004), bien avant de fournir des navires pour soutenir les organismes de sécurité canadiens (26 %) ou d'assurer la protection contre des attaques terroristes potentielles (16 %).
- Puisqu'on croyait que la GCC manquait de ressources (bateaux, équipement, main-d'œuvre) pour accomplir ses tâches, les gens hésitaient à ajouter à ses fonctions la sécurité publique et la sécurité dans l'Arctique.
- On pensait que la GCC avait besoin de davantage de ressources et de fonds, affectés principalement à l'exécution de la loi.
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2.5 Gestion des pêches
- On était fort préoccupé par l'idée d'une pêche saine et durable.
- Les personnes habitant dans des localités côtières sous-estimaient la participation et l'intérêt du grand public à l'égard des enjeux halieutiques.
- On croyait que les enjeux concernant l'environnement et la conservation des stocks représentaient les plus grandes difficultés halieutiques; entre autres, on mentionnait de façon constante la surpêche, l'épuisement des stocks, les risques liés à l'aquaculture et la pollution.
- Les répondants étaient très nombreux à connaître l'importance de la pêche dans son ensemble au Canada, mais en revanche, certaines personnes étaient surprises de l'importance économique de cette industrie.
- Même si la plupart des gens étaient résignés à l'idée que des industries primaires, fondées sur des ressources comme la pêche pourraient stagner ou décliner, certains étaient toujours optimistes.
- En général, l'opinion publique est divisée sur la question de la chasse au phoque commerciale, même pratiquée de façon humaine. Toutefois, les personnes qui y étaient fermement opposées (28 %/2005) éclipsaient de beaucoup celles qui y sont très favorables (19 %); cela laisse supposer que toute question liée à la chasse commerciale pourrait facilement se heurter à une opposition et devra faire l'objet d'une solide justification si l'on veut que le public l'appuie, fût-ce à contrecœur.
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2.6 Aspects scientifiques
- En général, le public accordait beaucoup d'importance à la recherche et à la science, et les recherches et les études du MPO contribuaient pour une bonne part à l'opinion positive qu'on a du Ministère. En fait, le MPO est presque perçu comme un ministère à vocation scientifique.
- Toutefois, les intervenants étaient mécontents des compressions touchant le budget et la fonction de recherche.
- Les participants du public désiraient obtenir des preuves scientifiques et de l'information équilibrée provenant des recherches du MPO et d'études indépendantes, en particulier concernant l'aquaculture et d'autres enjeux importants liés aux ressources halieutiques. Bien des gens croyaient que la valeur des études scientifiques tenait à la réputation de l'organisation subventionnaire.
- Les participants, en particulier ceux qui habitent dans des localités côtières, désirent que le MPO admette honnêtement les erreurs du passé et qu'il indique la façon dont il procédera différemment à présent, en s'appuyant sur l'expertise et les recherches scientifiques actuelles.
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3. Thèmes clés
3.1 Connaissance, compréhension et opinions du MPO
État d'esprit du public
- Au cours des discussions du groupe de consultation, le public canadien a rapidement pris part aux enjeux du MPO et a été très réceptif à ce sujet. Toutefois, la plupart des gens devenaient dépassés et embêtés lorsqu'ils évaluaient les enjeux du MPO. Ils ont reconnu la complexité et les conflits d'intérêts, mais ils ne se sentaient pas assez compétents pour exprimer une opinion définie ni pour essayer d'en savoir plus. En fait, la plupart préféraient ne pas aborder les détails.
- La plupart des gens du public et des groupes autochtones percevaient les questions du MPO comme étant des sujets abstraits et ésotériques; ils voyaient les pêches et les océans dans un contexte écologique ou environnemental, un contexte dans lequel les valeurs deviennent de plus en plus tournées vers la planète, plutôt que sur l'économie.
- Alors que les intervenants connaissent le sujet et sont bien informés, le public possédait une très faible compréhension de la terminologie et du jargon du MPO. Mais comme les images qu'on présente actuellement sur les pêches sont très limitées et sont presque exclusivement concentrées sur la surpêche, les participants ne possèdent pas de référent visuel dans leur esprit leur permettant d'établir des liens avec d'autres enjeux du MPO comme : les pêches et les océans, la science, l'aquaculture, la gouvernance internationale des pêches et des océans, etc.
- En général, la principale faiblesse de la relation entre le MPO et les Canadiens est non pas ce qu'il faut faire, mais bien la façon dont il faut le faire, en particulier en ce qui concerne l'impression que le soutien du gouvernement fédéral est réduit et limité en matière de financement, de réglementation et de leadership. On ne croit pas que les instruments nécessaires (la GCC, le personnel, la science et la recherche) soient en place.
- Particularités des intervenants
-
Les intervenants ont tendance à citer des expériences du passé lorsqu'ils évaluent ou jugent des initiatives du MPO. Par conséquent, le Ministère doit montrer qu'il a appris des erreurs du passé et qu'il prend des mesures correctives;
- les intervenants aiment recevoir de l'information détaillée et bien comprendre le sujet : plus il y en a, plus ils sont contents;
- les intervenants ont tendance à être lassés par les éléments dont on a déjà parlé, et se tournent vers de nouveaux éléments.
- Questions autochtones
- Tout comme le public, les Autochtones connaissaient peu les enjeux halieutiques et possédaient les mêmes attitudes ou idées à propos de la plupart des sujets.
- La plupart des répondants du public (y compris les Autochtones) croyaient qu'on ne devrait pas permettre aux Autochtones de pêcher de façon illimitée en raison de l'épuisement des stocks de poissons. On soutenait généralement le principe de pêche illimitée pour autant que ce ne soit pas pour des fins commerciales.
-
Même au sein des Autochtones, on avait des réactions mitigées à propos de « l'obligation » du gouvernement de créer des occasions économiques et sociales pour les Autochtones en matière de gestion des habitats et des pêches.
- Même au sein des Autochtones, on reconnaissait généralement que l'attribution directe de fonds ne représentait pas la meilleure façon d'aider les Autochtones. Toutefois, on aimait bien l'idée d'affecter des fonds à l'éducation.
- Les participants autochtones désiraient qu'on augmente la communication et la consultation avec le MPO, et qu'il fournisse davantage d'information.
Connaissance, compréhension et opinions du MPO
- En général, le public percevait d'un mauvais œil les enjeux halieutiques et le rôle du MPO, principalement en raison de l'épuisement des stocks de poissons et de l'image persistante d'une surpêche qu'on semble tolérer.
- Qui plus est, la plupart des gens doutaient sérieusement que le MPO possédait les ressources, la capacité ou la volonté politique nécessaires pour conserver, protéger ou améliorer les stocks et l'habitat des poissons.
- À l'extérieur des régions côtières, on n'était presque pas au courant des services et des responsabilités du MPO.
- Pour le public, le MPO était essentiellement associé aux poissons.
- En conséquence, excepté la surpêche, on connaissait peu la plupart des enjeux liés au poisson, tels que : le contexte réglementaire canadien actuel, la stratégie canadienne en matière de gouvernance internationale des pêches et des océans, et les rôles et responsabilités du MPO (y compris la GCC, les questions autochtones, le forage pétrolier en mer, l'aquaculture et la LEP.
- Puisqu'on considérait le mandat du MPO comme diffus et ses ressources et son financement comme limités, le Ministère était perçu comme une grande organisation bureaucratique sans trop de pouvoir ou d'influence au sein du gouvernement fédéral.
- On avait principalement l'impression que le MPO ne gérait pas bien ses décisions.
- On reconnaissait l'importance de l'ensemble des pêches au Canada, mais on la sous-estimait beaucoup. La plupart des gens ont été surpris de l'importance économique de cette industrie au Canada.
- Puisqu'on estime que la loi n'est pas appliquée relativement à la surpêche dans l'Est et à l'aquaculture dans l'Ouest, on considérait en général que l'exécution de la loi est un rôle extrêmement important pour le MPO. Dans les régions côtières, il s'agissait clairement du rôle le plus important du MPO.
- Défis du MPO
- Les Canadiens et les Européens pensaient que la surpêche et l'épuisement des stocks de poissons représentent les défis les plus importants et les plus urgents du MPO.
- On a énuméré plus d'une dizaine de défis environnementaux spécifiques au MPO, de la conservation, aux effets de l'industrie forestière, en passant par l'agriculture, les changements climatiques, les maladies, de la destruction les habitats, les espèces envahissantes et des espèces menacées.
- Le leadership et la compétence du Ministère et l'amélioration de son image négative représentaient également des défis importants pour le MPO.
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3.2 Durabilité et protection de l'environnement
- La plupart des participants conçoivent déjà les enjeux concernant la pêche et les océans en pensant au développement durable, sans même être au fait du nom du concept ou des principes sous-jacents.
- Parmi tous les autres types d'objectifs, les répondants favorisaient de façon constante la conservation et la protection de l'environnement. Par exemple, on préférait presque à l'unanimité la conservation de l'environnement à long terme aux objectifs socioéconomiques à court terme.
- On soutenait clairement la nécessité d'établir un équilibre entre les intérêts économiques et les intérêts environnementaux; la balance penchant nettement en faveur de l'environnement.
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3.3 Recherche scientifique et expertise
- On percevait la science et la recherche comme étant l'une des principales activités positives du MPO, hautement estimée par la plupart des gens. Même si le public et les intervenants canadiens souhaitaient qu'on procède à davantage de recherches scientifiques, les opinions étaient partagées quant à leur crédibilité.
- Afin de mettre en place un climat favorable à l'exploitation responsable de l'aquaculture, on estime que le rôle de la science est très important (61 %/2004, plus important que la réglementation (52 %) et que le soutien économique (51 %).
- Les répondants, en particulier les intervenants, avaient la nette impression que l'expertise scientifique est devenue moins importante au sein du MPO en raison de l'influence d'intervenants ayant un grand pouvoir politique et des compressions considérables dans le budget et les fonctions de recherche du Ministère.
- On appuyait un processus décisionnel fondé sur des preuves scientifiques, particulièrement (mais non exclusivement) chez les intervenants.
- On soutenait fermement l'établissement d'un processus de collaboration qu'on utiliserait parallèlement à l'information scientifique, et à l'augmentation du financement affecté à la recherche et de l'apport de spécialistes.
- L'expertise proviendrait 1) du MPO, 2) d'études (universitaires) indépendantes, et 3) du savoir-faire des pêcheurs locaux fondé sur l'expérience.
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3.4 Leadership et prise de décisions partagée
- En général, on appuyait l'établissement d'un processus décisionnel décentralisé, qui peut prendre diverses formes, dont : un partenariat coopératif entre le MPO et les entreprises, les collectivités autochtones, les villes et d'autres pays.
- De façon constante, les gens étaient favorables à l'idée que le MPO procède à des consultations avec les intervenants locaux, pour autant qu'on respecte trois critères : 1) que les tous les intervenants y participent, 2) qu'on adopte un processus contrôlé transparent, et 3) qu'on obtienne des commentaires locaux avant de prendre des décisions.
- De plus, les participants accueillaient bien l'idée qu'on procède à des consultations concertées avec d'autres ministères fédéraux (AFCIA, EC, SC) et qu'on établisse des partenariats avec les intervenants.
- Toutefois, on était ambivalent quant à l'adoption d'une approche participative dans le processus décisionnel. Certains participants du public croyaient que le partage des décisions pourrait affaiblir un ministère déjà faible, et qu'une approche participative manquerait de leadership. Les gens pensent qu'il faut nommer une personne chargée de prendre les décisions difficiles.
- Qui plus est, les répondants désirent que le MPO communique davantage avec les régions, particulièrement pour expliquer ses politiques et ses décisions.
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4. Incidences des communications
4.1 Réceptivité et occasions
- En ce moment, il est plus important de rassurer le public que de l'informer ou de l'éduquer.
- Pour ce faire, on doit lui montrer que quelqu'un s'occupe des écosystèmes marins et de la pérennité des stocks de poissons et qu'il est déterminé à les protéger.
- La plupart des gens doutaient sérieusement que le MPO avait les ressources, la capacité et la volonté politique nécessaire pour conserver, protéger ou améliorer les stocks et l'habitat.
- Les répondants n'avaient pas d'attente spécifique quant aux façons de communiquer l'information, mais l'absence de couverture télévisée était perçue comme une preuve que le gouvernement fédéral n'accorde pas assez d'importance aux enjeux du MPO ou que ces derniers ne sont pas importants.
- Le public est réceptif aux messages au sujet du progrès, de ce que font les autres pays, de qui sont les alliés du Canada et du genre de pénalité auquel s'exposent les personnes qui font de la surpêche.
- En général, la plupart des gens ne veulent pas se fier à une seule source d'information (même de groupes environnementaux) et sont rebutés par des positions extrêmes ou qui ne semblent pas nuancées. Par exemple :
- la confiance envers les organisations environnementales arrivait au premier rang, en tant que source d'information sur l'aquaculture, obtenant à peine 37 % des voix (2004), tandis que celle envers les médias est établie à seulement 8 %.
- La confiance envers les médias comme source d'information sur l'aquaculture a chuté de façon considérable (21 % en 2003), alors que la confiance envers les groupes environnementaux a nettement augmenté (26 % en 2003).
- Il existe d'importantes lacunes et possibilités en matière de communication puisque les enjeux suivants étaient considérés comme très importants ou pertinents. Toutefois, le public en savait beaucoup moins sur les points suivants :
- La stratégie sur la surpêche du MPO;
- les initiatives canadiennes en matière de gouvernance internationale des pêches et des océans;
- les mesures prises pour réglementer l'aquaculture.
- En fait, on doit d'abord parler des préoccupations des gens concernant l'aquaculture (principalement la salubrité des aliments et l'environnement), si on désire que les avantages puissent avoir une incidence.
- Il est également important d'établir un équilibre entre les avantages sociaux, environnementaux et économiques dans les communications.
- On était majoritairement d'accord pour fournir davantage d'informations générales et rassurer les personnes désirant des réponses détaillées à leurs questions sur le site Web.
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4.2 Terminologie
- En général, la terminologie employée empêchait les gens de comprendre ce que fait le MPO et ce qu'il compte faire. Lors de discussions de groupe, on a apprécié de nombreuses idées du MPO ou on leur a accordé de l'importance une fois que des intervenants plus érudits les ont expliquées en langage simple.
- Les constatations suivantes sont ressorties des différentes études qualitatives :
- Le MPO doit utiliser avec circonspection les nombreux chiffres afin d'éviter de créer des impressions négatives ou de la confusion. De plus, il doit situer les données financières dans leur contexte et doit expliquer les montants considérables de façon claire et simple.
- On a bien aimé le concept de « développement durable », mais on considérait le terme en tant que tel comme un cliché ou un double langage politique.
- L'expression « gestion holistique des océans » n'a pas été bien reçue, mais l'idée de voir le MPO inclure les océans en tant que lieu où vivent les poissons plaisait aux gens.
- En général, le grand public veut qu'on utilise un « langage simple » au lieu d'un jargon obscur.
- Le meilleur terme pour parler de la conservation est le mot « conservation ».
- On connaissait mieux le terme « pisciculture » que le terme « aquaculture ».
- En ce qui a trait à la recherche qualitative concernant la réglementation intelligente du gouvernement fédéral, le terme « réglementation intelligente » pose problème. Les gens se demandaient ce qu'était la réglementation auparavant : stupide, plus idiote, pire? En outre, le terme anglais « Smart Regulation » n'était pas perçu comme synonyme de « déréglementation » et n'était pas compris. Pour le Ministère, il s'agit d'une autre confirmation pertinente de la nécessité d'employer un langage simple et clair pour expliquer ses programmes concernant la réglementation intelligente.
- Le MPO doit éviter d'employer des termes excessifs comme « XXIe siècle », « de classe mondiale », « moderne » et « en évolution rapide »; ils rendent les gens cyniques et les rebutent.
- Lorsqu'on parle des « intervenants », les gens veulent que le MPO soit précis et qu'il indique qui sont ces intervenants, et s'ils sont canadiens. Certaines personnes étaient méfiantes lorsque des « partenaires » ne sont pas nommés.
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5. Suggestions pour les prochaines ROP
5.1 Introduction
- Parfois, on critique les études qualitatives et quantitatives en raison de différentes distorsions, comme le taux de réponses, la méthode d'enquête, la représentation dans les groupes de consultation, etc. La plupart des études qu'on a examinées pour le présent rapport semblent vraisemblablement impartiales. Il est difficile d'évaluer l'impartialité d'autres études (principalement les enquêtes omnibus) puisqu'elles ne fournissent pas beaucoup d'information sur la méthode qu'on a appliquée.
- Les délais peuvent également entrer en jeu si on n'en tient pas compte en tant que variable lorsqu'on interprète les résultats, c'est-à-dire que les réponses peuvent changer selon la population sondée et selon le contexte médiatique ou économique spécifique au moment où les recherches ont été menées. Nous croyons qu'il est très utile de décrire systématiquement le contexte de l'opinion publique et la couverture médiatique du moment préalablement à la réalisation de rapports sur l'enquête.
- Quoi qu'il en soit, on doit se rendre compte du fait que certaines limites « génériques » s'appliquent à toutes les études qualitatives et quantitatives.
- En général, à l'examen des études quantitatives et qualitatives, on s'aperçoit que les Canadiens vivant dans des régions côtières ont une opinion, une connaissance et un degré d'engagement différents (et parfois contrastant) de ceux des Canadiens qui vivent à l'intérieur des terres du pays. De plus, les « intervenants », un groupe cible très influent, ont présenté certaines caractéristiques uniques. On doit toujours garder à l'esprit que les « moyennes » peuvent être trompeuses.
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5.2 ROP qualitatives
Améliorations proposées de la méthode utilisée
- Les recherches qualitatives sont plutôt utilisées en tant qu'outil d'apprentissage pour aider à comprendre la profondeur et l'étendue des réponses d'une population cible. Essentiellement, les bonnes recherches qualitatives fournissent un contexte permettant de comprendre les perceptions, l'attitude, les croyances, les sentiments et même les comportements des gens. Elles visent à expliquer les raisons pour lesquelles on a une certaine opinion à un certain moment, et en fournir un aperçu.
- Les études qualitatives se fondent sur un questionnement en profondeur approprié et sur une écoute attentive, ainsi que sur une observation minutieuse de la réaction du participant à l'égard des questions dont on discute, au cours d'un entretien ou de discussions de groupe. Les questions sont généralement ouvertes, et les gens sont libres de répondre dans leurs propres mots. Le modérateur oriente la discussion afin de s'assurer qu'on couvre la matière, mais même si on a un guide, il est impossible de tout suivre à la lettre.
- Les études quantitatives ne peuvent avoir la même vision en profondeur que les études qualitatives. Toutefois, les études qualitatives, même les études relativement importantes (de 100 participants environ), peuvent ou non être représentatives d'une certaine population cible, et ne sont pas en soi valides sur le plan statistique.
- Les constatations des recherches qualitatives menées au cours des 18 derniers mois ont un taux élevé d'uniformité et fournissent des aperçus tactiques et stratégiques utiles au MPO lorsqu'il doit orienter ses interventions. Toutefois, dans ses efforts en matière de ROP, le MPO tirerait parti des améliorations méthodologiques suivantes.
- Il faudrait uniformiser ou normaliser la définition et les critères qui concernent les Canadiens, les leaders d'opinion et les intervenants « engagés » ou « mobilisés ».
- Il faut considérer les personnes habitant dans des régions côtières comme un groupe cible distinct au moment de concevoir et d'analyser des études.
- On doit compléter le travail des groupes de consultation en procédant à des entretiens personnalisés avec des personnes hautement qualifiées, spécialisées et difficilement rejoignables (entretiens téléphoniques approfondis avec des scientifiques, des journalistes, peut-être même des intervenants, etc.)
Prochaines études proposées
- On a besoin d'une étude à deux volets : un volet qualitatif suivi d'un volet quantitatif pour approfondir et explorer la connaissance des pêches et des océans au Canada dans deux principaux domaines.
-
Dans quelle mesure les gens comprennent-ils la terminologie ou la langue utilisées par le MPO pour informer les Canadiens de ses plans stratégiques, de sa vision, de ses buts, de ses priorités, etc., afin qu'on convienne d'employer uniformément des termes compréhensibles, dans toutes les communications. La terminologie représente un obstacle important qui empêche les Canadiens de saisir ce dont parle le MPO.
- En ce moment, comment les gens envisagent-ils les problèmes auxquels fait face le MPO et les solutions éventuelles? Au-delà des images simplistes de chalutiers munis d'immenses filets ou d'âpres pêcheurs sur de petits bateaux, les gens ont peu de repères visuels pour se représenter les préoccupations du MPO et d'y identifier. Par exemple, la plupart des Canadiens n'arrivent pas à imaginer à quoi ressemble une installation de pisciculture moderne, ce qui les rend plus susceptibles de se rabattre sur des stéréotypes négatifs. Ainsi, le MPO devrait concevoir une banque d'images qu'on utilisera constamment dans les communications.
- De plus, il est essentiel de mener « certaines recherches de suivi auprès des intervenants » sur la surpêche, au Canada et en Europe, ainsi que sur d'autres sujets importants pour le MPO. Même si des enquêtes quantitatives menées auprès d'intervenants ne sont pas très utiles, certains entretiens personnalisés avec des intervenants clés peuvent être plus pertinents et permettront d'obtenir leurs véritables opinions sur les dernières mesures, stratégies ou idées du MPO. Cette recherche pourrait s'inscrire dans le cadre du processus collaboratif continu.
- Finalement, comme l'a proposé TPSGC, on devrait évaluer régulièrement le matériel de communication (presse écrite, télévision, radio), notamment les sites Web et d'autres outils d'information en ligne, en ayant recours à des groupes de discussion ou à des entretiens personnalisés approfondis.
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5.3 ROP quantitatives
Améliorations proposées des méthodes utilisées
- Il ne faut pas oublier que les données de l'enquête reflètent les attitudes et les comportements déclarés par les participants. Étant donné qu'on a tendance à se présenter sous son meilleur jour, les énoncés ne reflètent peut-être pas précisément les comportements et l'état d'esprit actuel du public. Des concepts comme le développement durable, la conservation et la protection ont nettement tendance à susciter des réponses « souhaitables sur le plan social », de sorte que les opinions sur certaines –appui et opposition— questions peuvent avoir été exagérées.
- De plus, les différences quant au degré de participation et de compréhension des gens relativement à des questions à l'étude peuvent fausser l'opinion publique éventuelle lorsqu'on expose les Canadiens à des questions controversées.
- Pour régler ces distorsions de façon efficace, on doit systématiquement valider la réaction de l'opinion publique envers des questions intéressant le MPO en menant des études quantitatives et qualitatives sur les mêmes sujets critiques auprès des mêmes groupes cibles.
- De plus, puisque les études du MPO montrent systématiquement que les participants possèdent une connaissance très limitée ou très faible des enjeux visés, on devrait mentionner et proposer aux participants des catégories de réponse comme « je ne sais pas », « je ne peux me prononcer » ou « cela ne me concerne pas » lorsqu'on leur pose des questions au cours d'enquêtes quantitatives.
- Qui plus est, puisque la compréhension du public est si limitée et que certaines études ont établi qu'il existe certaines idées fausses ou certains préjugés (concernant la surpêche par exemple), le MPO devrait régulièrement évaluer de façon qualitative la formulation de toute nouvelle question portant sur les aspects importants de la liste des priorités du Ministère avant d'utiliser cette question dans une enquête quantitative, afin de s'assurer qu'on saisit l'enjeu de la bonne manière. Lorsque cette procédure n'est pas suivie, la validité des résultats sur les grands enjeux risque d'être douteuse, voire trompeuse.
- Finalement, on doit garder à l'esprit que les enquêtes omnibus comportent une limite de taille : on ne peut maîtriser le protocole de l'entrevue, ce qui peut mener à des réponses trompeuses ou non fiables en raison d'éventuels importants effets de contamination. À titre d'exemple, le fait que les questions des autres clients apparaissent avant celles du MPO peuvent influencer indûment les répondants. En outre, l'échantillon normalisé et l'approche quant à l'échantillonnage de l'enquête omnibus risquent de ne pas être parfaitement adaptés aux dossiers du MPO examinés.
- C'est du côté quantitatif que les efforts du MPO en matière de ROP sont le plus susceptibles d'amélioration. Notre examen a fait ressortir trois principales améliorations qu'on doit apporter aux méthodes en vue des prochaines enquêtes quantitatives :
-
Il faut inclure les différentes questions stratégiques visées par l'enquête dans un seul instrument de sondage cohérent (questionnaire). En ce moment, les questions visées par l'enquête sont dispersées parmi de trop nombreuses enquêtes; en plus, elles sont évaluées à des moments différents.
-
Il faut utiliser des enquêtes personnalisées au lieu d'enquêtes omnibus. En effet, les enquêtes omnibus fournissent de l'information rapide et à faible coût (les coûts sont partagés entre plusieurs clients), et elles sont menées en fonction d'un calendrier fixe qui peut ne pas convenir à tous les clients. Ces enquêtes offrent des données et de l'information générales répondant à des besoins très généraux ou servant à établir la portée et l'approche d'une enquête d'opinion plus approfondie. Elles ne dressent pas un tableau complet et cohérent de la situation, et le nombre élevé d'autres sujets couverts pour les autres clients peut fausser les résultats. Les enquêtes omnibus ne sont habituellement pas considérées comme assez fiables pour servir à des recherches stratégiques ou des recherches sur les attitudes (connaissance, attitudes et comportement).
-
Dans les enquêtes du MPO, il faut concevoir et inclure un plan d'échantillonnage statistiquement fiable afin que soient représentés les Canadiens vivant dans des régions côtières. Même s'il ne constitue qu'une minorité au sein de la population canadienne, ce groupe cible est essentiel aux initiatives et aux politiques du MPO, particulièrement en ce qui concerne les sondages sur renouvellement des pêches. On pourrait alors analyser et comparer convenablement les commentaires des répondants vivant dans des régions côtières.
Prochaines études proposées
- Présentement, les ROP quantitatives sont trop dispersées, et les enquêtes omnibus ne constituent pas une façon convenable de mener des études stratégiques. On a besoin d'instruments ponctuels et intégrés pour mener les recherches sur l'opinion publique qui s'imposent aux fins du MPO. Trois domaines représentent de bonnes occasions de ROP quantitatives :
-
une enquête initiale générale pancanadienne sur les connaissances, les attitudes et les comportements des Canadiens à l'égard de questions liées au mandat et aux priorités du MPO (voir principaux thèmes présentés ultérieurement);
-
des enquêtes ciblées qui analysent plus en profondeur des aspects critiques permettant au MPO de concrétiser ses priorités. Ces enquêtes, détaillées et précises, permettraient au MPO d'obtenir l'information nécessaire pour orienter convenablement ses initiatives et ses mesures (voir les suggestions, présentées ultérieurement);
-
des enquêtes sur les communications visant à mesurer l'incidence des communications du MPO et d'autres ministères ou organismes concernés par les enjeux du MPO (grâce à l'outil d'évaluation commun élaboré par TPSGC).
Enquête initiale générale à l'échelle du pays sur les priorités du MPO
- Le besoin pour le MPO de disposer d'information quantitative stratégique est en soi assez important pour justifier la tenue d'une enquête annuelle sur les connaissances, les attitudes et les comportements des Canadiens au sujet des enjeux liés au mandat et aux priorités clés du Ministère. Cette enquête annuelle devrait également inclure certains paramètres pour aider à analyser le public cible et à orienter le plan de communication. Voici ce que devraient être les résultats d'une telle enquête nationale importante :
-
Obtenir des indications quant à des aspects cruciaux de l'opinion publique dans le but de fournir au MPO un tableau ou un cadre cohérent et intégré qui lui permette à MPO de comprendre le public, les tendances et les réactions aux politiques du gouvernement.
-
Connaître les opinions du public envers le Ministère et son rendement.
-
Montrer quelles connaissances, attitudes, comportements et perceptions du public ont trait aux priorités du Ministère et à ses plans de communication connexes — par exemple le Plan d'action pour les océans et le Plan de communication, dont les enjeux et le positionnement.
-
Cerner les particularités et les lacunes principales des groupes cibles et des groupes régionaux.
-
Établir des priorités pour améliorer les relations entre le MPO et les Canadiens.
- Étant donné que trois groupes cibles distincts sont visés par le MPO (les personnes vivant à l'intérieur du pays, les personnes vivant dans des régions côtières et les intervenants), l'enquête annuelle devrait être conçue à partir d'un plan d'échantillonnage qui assure une bonne représentativité de chaque groupe. Comme on l'a déjà mentionné, on croit que le MPO devrait envisager de concevoir et d'appliquer un plan d'échantillonnage uniformisé pour l'ensemble de ses études quantitatives.
- Voici une liste des sujets susceptibles d'être abordés par l'enquête sur les connaissances, les attitudes et les comportements.
Connaissances, attitudes et comportements
-
Principaux problèmes concernant les pêches et les océans (questions ouvertes);
-
préoccupation personnelles et raison pour laquelle on se sent concerné ou non;
-
perception des océans, des problèmes océaniques et des questions liées à la conservation des océans;
-
perception des espèces menacées/espèces à risque;
-
perception de la surpêche, des efforts pour enrayer la surpêche et pour restaurer les stocks de poissons;
-
perception de l'incidence de certains prédateurs (comme les phoques) sur les poissons;
-
perception du forage pétrolier en mer;
-
perception de la gouvernance internationale;
-
perception de l'aquaculture;
-
perception de la GCC;
-
perception de la santé de… et tendances perçues;
-
importance de types spécifiques d'habitats et de vie marine;
-
incidence sur la consommation de poisson des mises en garde liées à la contamination des poissons et à la surpêche;
-
compromis viables touchant la conservation et l'environnement;
-
attitudes face à l'économie et à l'environnement.
Ministère
-
Connaissance des fonctions principales du ministère/de l'organisme;
-
connaissance du Ministère;
-
attitudes envers le Ministère;
-
opinion sur le Ministère;
-
priorités que devrait adopter le MPO au cours des cinq prochaines années (questions ouvertes).
Mission et priorités
-
Ce qu'on perçoit comme étant les priorités du MPO et quelle importance on doit y attacher (ce que fait le MPO c. ce qu'il devrait faire)
-
Perception de l'efficacité du MPO en rapport avec l'accomplissement de ses priorités1
-
Équilibre entre le développement durable et la croissance économique
-
Degré de soutien et préférences politiques générales
-
Connaissance des mesures prises
-
Valeurs et principes associés aux politiques du MPO (ce qu'ils sont/ce qu'ils devraient être)
-
Budget et ressources
-
Intégrité scientifique
-
Domaines de préoccupation scientifique
-
Réglementation, exécution de la loi et conformité
Communications
-
intérêt vis-à-vis de l'information liée :
aux ressources marines;
aux études scientifiques menées par…
à la position des autres pays;
etc.
-
Degré d'engagement et d'information concernant les enjeux halieutiques figurant dans la liste des priorités essentielles du MPO
-
Confiance envers les sources d'information concernant les enjeux sur les pêches et les océans
-
Confiance vis-à-vis des institutions et des organisations qui interviennent dans les problèmes touchant les pêches et les océans
Enquêtes ciblées
- Ces enquêtes ont pour but de permettre au MPO de comprendre en profondeur des sujets ou des enjeux spécifiques relatifs à ses priorités clés. Même si toutes ces enquêtes ressemblent à des sondages généraux sur les connaissances, les attitudes et les comportements, elles sont beaucoup plus détaillées et portent sur une priorité particulière.
- Voici quelques suggestions :
-
L'opinion des personnes vivant dans des régions côtières au sujet des questions spécifiques aux pêches et aux océans
-
Les attitudes et les habitudes en matière de consommation de poisson au Canada
-
L'opinion des Canadiens sur les questions concernant les océans, les problèmes océaniques et la conservation des océans
-
La connaissance des poissons et des océans du Canada
-
L'opinion des Canadiens sur l'aquaculture
-
Leur perception de la GCC et de son rôle
-
Etc.
Enquêtes sur les communications
- Depuis 2003, on a annoncé des changements relativement à la gestion des activités publicitaires, et ils sont progressivement mis en œuvre. Certains de ces changements concernent la mise à l'essai préalable de la publicité et l'évaluation postérieure de la campagne.
- Il est nécessaire de procéder à une évaluation postérieure à la campagne pour tout projet publicitaire important et pour les initiatives de nature horizontale (auxquelles participent plusieurs organisations). Même s'il est possible qu'on effectue la mise à l'essai préalable au moyen de techniques qualitatives (notamment, les groupes de discussion), les évaluations postérieures à la campagne doivent être effectuées à l'aide de techniques quantitatives (dont des enquêtes téléphoniques), puisqu'on mesurera l'incidence de la publicité grâce à l'Outil d'évaluation de campagnes publicitaires (OECP).
- L'OECP se compose d'une série de questions normalisées, insérées au début d'un questionnaire d'évaluation postérieure à la campagne. En plus des questions centrales qui s'y trouvent, le MPO peut ajouter ses propres questions.
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ANNEXE 1
Sommaire des données qualitatives des ROP
Au total, on a examiné sept ROP qualitatives liées au MPO (2004-2005). Les principales conclusions tirées de chacune de ces études sont résumées aux pages suivantes.
- Sondage d'opinion mené auprès des pêcheurs qui fréquentent les lacs longeant la route Ingraham Trail (mars 2005 – Datapath Systems).
- Recherche par groupe de discussion : Stratégie du Canada sur la gouvernance internationale des océans et la lutte à la surpêche mondiale – Attitudes en Europe (mars 2005 - Environics).
- Données qualitatives d'une recherche par groupe de discussion sur les communications relatives au plan stratégique de Pêches et Océans Canada et au développement durable (mars 2005 – Pollara).
- Recherche qualitative sur les perceptions, les attitudes et les préoccupations des Canadiens envers l'aquaculture (février 2005 – Créatec).
- 5. Recherche par groupe de discussion : Stratégie du Canada sur la gouvernance internationale des océans et la lutte à la surpêche mondiale – Attitudes au pays (février 2005 – Environics).
- Présentation au groupe interministériel du gouvernement du Canada sur la réglementation intelligente : principales conclusions d'une recherche par groupe de discussion (menée au nom des ministères partenaires du gouvernement fédéral, y compris le MPO) (1er décembre 2004 – The Strategic Counsel).
- Recherche qualitative pour l'élaboration du plan stratégique du MPO (mars 2004 – Créatec).
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1. Sondage d'opinion mené auprès des pêcheurs qui fréquentent les lacs longeant la route Ingraham Trail (mars 2005 – Datapath Systems)
Échantillon : |
Sondage téléphonique aléatoire/N = 40/pêcheurs qui fréquentent les lacs longeant la route Ingraham Trail |
Thèmes de l'entrevue : |
Pratiques de pêche
Changements perçus chez les populations de poissons au fil du temps
Préoccupations concernant l'avenir des populations de poissons |
Dates d'entrevue : |
20-28 mars 2005 |
Principales conclusions :
- Prudence : Comme le nombre d'entrevues menées à bien est très faible (N=40), les résultats ne nous permettent pas de tirer des conclusions générales.
- Environ 4 personnes sur 10 avaient l'impression que les stocks de poissons ont diminué.
- Six personnes sur 10 étaient préoccupées par l'avenir des stocks de poissons.
- De nombreux commentaires portaient sur l'importance d'accroître les mesures d'exécution de la loi.
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2. Recherche par groupe de discussion : Stratégie du Canada sur la gouvernance internationale des océans et la lutte à la surpêche mondiale – Attitudes en Europe (mars 2005 – Environics)
Groupes cibles : |
Neuf groupes et cinq villes européennes : Boulogne-sur-mer (France), Stockholm (Suède), Aveiro/Lisbonne (Portugal) et Vigo (Espagne).
Membre intéressé du grand public et intervenants. |
Thèmes de l'entrevue : |
Attitudes des Européens à l'égard des recherches futures concernant la sensibilisation et la compréhension des enjeux, les préoccupations liées à la surpêche et les attitudes face à la surpêche internationale, par rapport à la surpêche nationale.
Réactions aux communications du MPO sur la pêche au Canada et les stratégies de lutte contre la surpêche.
Compréhension et opinion en ce qui a trait à la gouvernance et à la gestion internationales de la pêche. |
Dates d'entrevue : |
5 février – 19 mars 2005 |
Principales conclusions :
Pêche
-
Les gens sont très touchés par la pêche en raison de leur histoire et de leurs traditions, surtout en Espagne et au Portugal.
-
Dans l'ensemble, on avait l'impression que les stocks de poissons diminuent ou disparaissent, et qu'il y a de moins en moins de pêcheurs.
-
On s'est dit préoccupé par la pollution des océans, qui pourrait menacer la survie et la santé des poissons, notamment à Stockholm et à Vigo.
-
On mange du poisson pour des raisons de santé et par goût. Toutefois, la consommation de poisson présente certains obstacles : il coûte plus cher que la viande, il faut plus de temps pour l'apprêter et le saumon d'élevage serait moins goûteux que le saumon sauvage, sans compter qu'il n'est peut-être pas bon pour la santé.
-
Les gens estimaient que l'Union européenne (UE) doit s'intéresser davantage aux questions halieutiques. Lorsqu'on élimine les quotas, des gens perdent leur emploi, et les poissons disparaissent. On a tendance à croire que les gouvernements nationaux sont impuissants face à la bureaucratie de l'UE.
-
La plupart des répondants estimaient que la baisse des stocks de poissons causait d'importants problèmes, qui risquaient de mener à des pertes d'emplois et de revenus. Les causes seraient une combinaison des facteurs suivants : des propriétaires de bateau de pêche trop axés sur les profits; demande trop grande des consommateurs en poissons; mauvaise gestion par l'UE et le gouvernement national; surpêche dans divers pays; la pollution, qui tue les stocks de poissons; la nouvelle technologie, qui rend les prises plus faciles et plus nombreuses.
-
On a reconnu que son propre pays a sa part de responsabilité.
Surpêche
- La plupart des répondants estimaient que la surpêche met en péril certains stocks de poissons.
- La surpêche est considérée comme une menace pour l'écosystème mondial, de même qu'un problème sur le plan de la conservation.
- On estimait que les bateaux non autorisés battant des pavillons de complaisance constituent une bonne partie du problème, sans compter ceux de leur propre pays.
- On s'est dit spontanément désireux qu'on en arrive à un équilibre entre l'économie et l'environnement (développement durable).
- La surpêche était considérée comme un problème d'ordre national ou international, selon la région. À Stockholm et à Vigo, on estimait qu'il est surtout lié à la conservation internationale, tandis qu'à Aveiro, à Lisbonne et à Boulogne, on le voyait davantage comme un enjeu économique d'ordre local ou national.
- C'est seulement à Vigo qu'on se sentait très concerné par la zone économique exclusive (ZEE) de 200 milles.
- Souvent, les gens avaient d'abord tendance à croire faussement que, par surpêche, on entendait la pêche illégale de chalutiers étrangers dans leur ZEE.
- Toutefois, tout le monde s'entendait pour dire que les poissons n'ont pas de frontière, et que les activités à l'intérieur et à l'extérieur de cette zone ont un impact sur les stocks de poissons mondiaux.
- Les habitants de Boulogne, de Lisbonne et de Stockholm ne comprenaient pas en quoi leur pays était touché par la surpêche sur la côte canadienne, tandis que les résidents d'Aveiro et de Vigo saisissaient mieux l'enjeu.
Rôle des gouvernements
-
En général, les gens voyaient d'un mauvais œil la manière dont leur gouvernement national s'y prend pour résoudre les problèmes halieutiques, car il néglige selon eux les questions et enjeux à long terme, au profit d'avantages politiques et économiques à court terme.
-
On estime que l'UE est l'ordre de gouvernement ayant le plus de responsabilités à ce chapitre.
-
D'aucuns critiquent l'UE parce qu'elle ne tient pas compte ou ne peut pas toujours tenir compte des besoins de chaque pays.
-
Dans l'ensemble, on s'entend pour dire que les gouvernements nationaux et l'UE gèrent la pêche en établissant des quotas, en imposant des amendes lorsqu'on dépasse ces quotas, en réduisant la saison de la pêche pour certaines espèces et en limitant les genres de filets permis.
-
Certaines personnes se demandaient comment on applique ces politiques.
Attitude face au rôle du Canada
-
Personne, ou presque, ne connaissait les activités déployées par le Canada pour lutter contre la surpêche internationale, sauf les intervenants de Stockholm et de Vigo, qui étaient assez au fait de la situation.
-
Le document de fond présenté par le MPO a suscité diverses réactions. Bon nombre de gens étaient surpris de l'importance de l'industrie de la pêche au Canada, où travaillent tant de personnes.
-
La plupart des répondants étaient surpris d'apprendre que 30 % des prises de poissons dans le monde seraient illicites, non réglementées ou non signalées.
-
Certains répondants se méfiaient, estimant que le Canada cherchait probablement à renforcer sa position. D'aucuns croyaient qu'il essaie d'élargir sa ZEE afin qu'elle englobe la totalité des Grands Bancs.
-
Certains répondants supposaient que le Canada s'adonnait également à la surpêche (au point d'avoir épuisé tous ses stocks de poissons).
-
Les gens estimaient que le Canada était en mesure d'agir parce qu'il ne fait pas partie d'une grande union.
-
L'image du Canada était généralement très positive, et on considérait le pays comme étant moderne, démocratique et paisible.
-
Toutefois, les réactions étaient mitigées quant à son rôle de chef de file. Certains estimaient que le Canada devrait être un partenaire égal aux autres, et d'aucuns l'ont félicité de son initiative.
Opinions sur l'OPANO
-
En général, les intervenants connaissaient l'OPANO, mais ce n'était pas le cas du grand public, même si bon nombre de gens se doutaient qu'il existe une organisation de ce genre.
-
Les répondants voulaient savoir qui sont les membres de l'OPANO et ce qui est arrivé aux personnes non membres qui ont essayé de pêcher dans la zone réglementée par l'OPANO.
-
Dans l'ensemble, le grand public supposait que les règlements de l'OPANO étaient trop mous et n'étaient pas suffisamment appliqués.
-
On estimait que les bateaux en contravention ne devraient pas être sanctionnés par leur propre pays, car cela peut mener à des abus, les amendes étant trop minimes. La plupart des répondants convenaient qu'une amende de 5 000 euros en cas de surpêche était vraiment trop faible.
-
La majorité des gens estimaient que, pour combattre la surpêche, il faut appliquer une sanction « correspondant au crime » ou supérieure à la valeur des prises illicites. Parmi les sanctions plus sévères proposées, mentionnons les suivantes : peines de prison pour les propriétaires, et suspension de leur permis pendant un certain temps. En France, on a souligné l'importance d'appliquer ces sanctions rapidement. En outre, certains répondants estimaient qu'on devrait appliquer les sanctions non pas aux pêcheurs qui travaillent à bord d'un bateau en contravention, mais plutôt aux propriétaires du bateau ou aux décideurs.
Termes utilisés
-
Le « développement durable » était considéré comme étant très positif, et c'est un concept qu'on comprend bien. Bon nombre de répondants ont précisé que c'est sur ce principe que devrait reposer toute politique mondiale sur les pêches. Ils étaient presque tous d'accord avec la définition officielle.
-
La « gestion des pêches » était associée à la gestion économique et aux quotas s'appliquant aux ressources, où plusieurs organismes multilatéraux établissent les règles communes.
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3. Données qualitatives d'une recherche par groupe de discussion sur les communications relatives au plan stratégique de Pêches et Océans Canada et au développement durable (mars 2005 – Pollara)
Groupes cibles : |
Six groupes de discussion dans les villes suivantes : Winnipeg, Montréal, Corner Brook, Victoria, Miramichi et Sydney.
Grand public. |
Thèmes de l'entrevue : |
Évaluer le nouveau plan stratégique du MPO. |
Dates d'entrevue : |
17-19 janvier 2005 |
Principales conclusions :
Connaissance et compréhension du MPO
-
Les gens avaient de la difficulté à imaginer autres choses que le poisson en pensant aux ressources associées au MPO.
-
Dans l'Est, on était surtout préoccupé par la surpêche et on espérait que la pêche pourrait finalement être remplacée par le pétrole.
-
Dans l'Ouest, on se préoccupait principalement de l'extinction du saumon sauvage en Colombie-Britannique. Parmi les autres préoccupations soulevées, mentionnons la « pisciculture » et ses effets sur l'environnement, ainsi que les différends entre les divers ordres de gouvernement, les politiciens et les chercheurs, et les pêcheurs et groupes autochtones.
-
On s'entendait pour dire que les travaux du MPO sont importants.
-
Sur les deux côtes, on estimait que l'exécution de la loi est le rôle le plus important que doit jouer le MPO, mais les répondants de l'Est considéraient qu'on ne l'assumait pas bien.
Vision du MPO
-
En général, on soutenait la nouvelle vision du MPO, mais ce sentiment était plus fort dans l'Est, où les gens estimaient qu'on avait déjà attendu trop longtemps pour cela.
-
Dans l'ensemble, on était également d'accord avec le concept de développement durable, même si le degré de compréhension ou de connaissance de l'expression variait d'une personne à l'autre. Certains répondants ont remis ce concept en question, le jugeant non quantifiable, et on estimait pouvoir difficilement prévoir le moment où on aura atteint l'équilibre requis pour assurer des résultats stables.
-
En ce qui concerne l'équilibre entre la conservation, la protection et le développement, bon nombre de répondants accordaient la priorité à la conservation et à la protection.
-
Dans l'ensemble, on soutenait l'application des règles et des règlements, mais on se demandait comment cette activité serait menée dans le cadre du développement durable.
-
En général, on était également d'accord avec les messages présentés dans les documents du MPO, même si les répondants de l'Est étaient plutôt préoccupés et cyniques face à l'inaction passée du gouvernement.
-
La plupart des gens se sont dits inquiets du manque de renseignements détaillés à l'égard de l'application et de la réglementation du développement durable.
-
Bon nombre de répondants ne savaient pas qui sont les autorités responsables des « eaux » et des ressources connexes. Même si la plupart d'entre eux comprenaient que les océans et les côtes étaient de ressort fédéral, ils ne savaient pas trop à quoi s'en tenir sur le plan des eaux douces et de la sécurité nautique. Dans l'Est, on estimait que des partenariats entre le MPO et les intervenants étaient importants pour régler les questions liées au chevauchement des compétences.
-
En général, on se sentait rassuré et heureux d'avoir accès à d'autres documents de fond sur le site Web pour y trouver des réponses à ces questions.
-
Les déclarations du gouvernement relatives à ses engagements comme celles présentées dans le Plan d'action pour les océans manquaient de fondement et étaient peu connues du public.
-
On s'entendait pour dire que la gestion des océans et des ressources touche tous les pays, de sorte que le Canada ne peut jouer qu'un petit rôle à ce chapitre.
-
On voyait mal le lien qui existe entre la sécurité nautique et les déplacements sur l'eau et l'objectif global du développement durable. Bon nombre de répondants ne savaient pas trop non plus quel pouvoir la Garde côtière canadienne exerce.
Communications
-
Lorsqu'on faisait allusion aux « intervenants », cela soulevait beaucoup de questions. De qui s'agit-il? Est-ce que ce sont des Canadiens? Certains répondants se méfiaient de « partenaires » sans nom.
-
Les participants ont apprécié qu'on parle de « générations à venir », sur une note inspirante.
-
Sauf dans le cas des participants à Victoria, on estimait que le fait de mentionner spécifiquement les Autochtones revenait à appliquer une politique d'exclusion. Les gens voulaient plutôt que les politiques mettent l'accent sur « tous les Canadiens ».
-
En général, on estimait qu'on pouvait parler de « gestion » pour décrire le mandat du MPO, même si les commentaires dans l'Est étaient parfois teintés de cynisme.
-
Les renvois à la notion d'« équilibre » ont permis de préciser l'objectif du développement durable, mais on a remis le tout en question dans l'Est.
-
La plupart des participants jugeaient l'approche scientifique pertinente. On estimait qu'il est bien de parler d' « élaborer de nouvelles technologies », car c'est un message conforme aux aspirations scientifiques.
-
Bon nombre de répondants ne connaissaient pas le terme « marin » (c.-à-d. « mariner » en anglais).
-
Dans l'Est, on estimait que, en parlant des « principaux ports », on applique une politique d'exclusion, puisque cela ne comprend pas tous les Canadiens.
-
Les gens voulaient obtenir de plus amples renseignements sur les diverses promesses et stratégies présentées par le MPO dans les médias, mais ils ont trouvé le site Web rassurant en raison de ses informations détaillées.
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4. Recherche qualitative sur les perceptions, les attitudes et les préoccupations des Canadiens envers l'aquaculture (février 2005 – Créatec)
Groupes cibles : |
22 groupes de discussion, 11 villes dans six régions (Toronto, Prince Rupert, Vancouver, Campbell River, Whitehorse, Ottawa, Halifax, St. John's, St. John, Montréal, Québec).
Grand public (leaders d'opinion et consommateurs de poisson) et Autochtones. |
Thèmes de l'entrevue : |
Évaluer le degré de connaissance et de compréhension de l'aquaculture et des enjeux connexes.
Déterminer les mesures que le MPO et ses partenaires peuvent prendre pour redonner confiance au public face à ce secteur.
Étayer les politiques et les communications. |
Dates d'entrevue : |
10-26 janvier 2005 |
Principales conclusions :
Sens du terme « aquaculture »
- En général, on connaissait et comprenait mal l'aquaculture, même si on était un peu plus au courant de cette activité dans les régions côtières.
- Les gens ne savaient souvent pas trop ce qu'on entend par aquaculture : certaines personnes ne savaient carrément pas ce que le thème signifie, il était synonyme de pisciculture pour bon nombre de répondants, et les participants étaient agréablement surpris, en général, d'apprendre que cela inclut les plantes et les mollusques et crustacés.
- De prime abord, les gens avaient l'impression que l'aquaculture fait partie de l'industrie de la pêche, mais lorsqu'on leur a demandé s'ils avaient d'autres idées, ils ont parlé aussi de l'industrie agricole.
- Quelques personnes ont parlé de « fermes aquatiques ».
- L'aquaculture peut être considérée comme une industrie unique.
- Toutefois, les perceptions étaient particulièrement négatives à ce sujet, augmentant d'intensité plus on se dirigeait vers l'ouest.
- Tous les groupes se sont montrés très inquiets du fait que l'aquaculture semblait une industrie en pleine expansion, que personne ne contrôle.
- Les gens se sont dits très préoccupés par la salubrité alimentaire et la sécurité environnementale.
- Dans l'ensemble, les participants se sentaient très concernés et visés par l'aquaculture, et ils étaient très ouverts aux renseignements positifs à ce chapitre.
Impressions concernant l'industrie
- La plupart des répondants voyaient dans l'aquaculture une nouvelle industrie en pleine expansion, qui se cherchait toujours mais montrait beaucoup de potentiel.
- Certains participants veulent que le Canada devienne un chef de file de l'aquaculture.
- On a soulevé des points négatifs au sujet des principaux intervenants : les entreprises ne s'en font pas du tout; le gouvernement est passif; l'industrie est mal réglementée et semble plutôt hors contrôle; les médias en ont fait sans conteste une couverture négative. Les gens se demandaient : qui protège le consommateur?
- Les nombreuses remises en question, peurs et incertitudes l'emportaient sur les avantages. La salubrité alimentaire et la sécurité environnementale (questions intimement reliées dans l'esprit des gens) étaient liées pour les gens à de nombreux enjeux comme : l'exploitation agricole; les poissons malades ou échappés; la nourriture donnée aux poissons; les questions réglementaires; l'impact sur la pêche traditionnelle; les conséquences potentielles inconnues (liens souvent établis avec la maladie de la vache folle ou la contamination génétique); et la présence de saumon de l'Atlantique dans le Pacifique.
- Parmi les points les plus positifs, mentionnons les suivants : l'énorme potentiel de l'industrie; l'emploi qu'elle crée, le fait qu'elle offre une source alimentaire renouvelable, prévisible et viable; le fait que cela permet de renflouer les stocks sauvages (donc, c'est une bonne solution au problème de la surpêche).
- Pour que les avantages portent fruit, il faut d'abord répondre aux préoccupations en matière de sécurité (tant environnementales qu'alimentaires).
Problèmes du MPO
- Les participants ont déterminé que les principaux problèmes du MPO sont les suivants :
-
reconnaissance du public, en fonction de renseignements fiables et convaincants (on montrait un peu de méfiance vis-à-vis du MPO sur les deux côtes);
-
le large éventail de préoccupations environnementales;
-
le cadre réglementaire;
-
la confiance du public envers le MPO;
-
les préoccupations touchant la santé et la salubrité des aliments.
-
l'impact sur la pêche traditionnelle ou commerciale.
Principales attentes du gouvernement
- Les participants voulaient surtout que le gouvernement les rassure, et qu'il leur montre qu'il compte bien appliquer les normes en matière de sécurité et d'environnement, de même que réglementer les choses dans ce domaine.
- Les gens veulent que le MPO prenne le leadership et la responsabilité à ce chapitre. On tient à connaître ses valeurs et principes directeurs, surtout en ce qui a trait à la sécurité personnelle, car on a l'impression que l'industrie n'est pas assez réglementée.
- On tient grandement à combler les lacunes actuelles sur le plan de l'information, afin d'aider les gens à se faire une opinion sans se fonder uniquement sur ce que disent les médias.
- Les participants estimaient que le gouvernement devrait informer le public en lui fournissant des preuves scientifiques et des renseignements nuancés, tirés d'études du MPO et d'études indépendantes.
- Les renseignements les plus pertinents portaient sur : la salubrité alimentaire et la sécurité environnementale; l'étiquetage et la réglementation; les principes directeurs des mesures gouvernementales.
- Parmi les meilleures façons d'informer le public, mentionnons les suivantes : au point d'achat; dans les divers médias.
Réglementation
- Les gens veulent que le gouvernement intervienne davantage.
- Voici les perceptions de la situation actuelle en aquaculture : il s'agit d'une nouvelle industrie en pleine expansion, qui n'est pas assez réglementée, ou dont la réglementation date. Même lorsqu'une réglementation existe, elle n'est pas appliquée.
- Les gens estimaient qu'on devrait établir des étiquettes et des normes semblables à celles utilisées pour le poulet, le bœuf ou le lait dans le domaine de l'aquaculture.
- Les répondants avaient des attentes bien précises quant à la façon de réglementer l'industrie. Première étape : mener des études d'impact, et tirer des leçons des autres pays; deuxième étape : établir un organisme de réglementation indépendant; troisième étape : élaborer un processus réglementaire (décider qui devrait participer, déterminer ce qu'il faut réglementer, et inclure des activités de surveillance, d'inspection, d'application et de marketing…)
- Les normes en aquaculture étaient très bien perçues : sans normes, on s'expose à des risques.
- Un « cadre national » doté de normes élaborées, administrées, réglementées et appliquées à l'échelle régionale obtiendrait sans aucun doute un grand soutien. Toutefois, les réactions étaient mitigées à l'idée de normes « nationales ».
- Les normes devraient : 1) être les mêmes que pour les animaux d'élevage et prévoir des inspections, des activités de surveillance et des vérifications ponctuelles; 2) comprendre une réglementation sur la salubrité des aliments (p. ex. pratiques exemplaires en alimentation animale et lignes directrices sur les modifications génétiques); 3) inclure une réglementation environnementale (p. ex. lignes directrices sur la charge admise, la taille des poissons et les poissons morts).
- Certaines personnes ont proposé les mesures suivantes : utiliser des incitatifs plus forts que les normes minimales; former et accréditer les aquaculteurs; imposer des sanctions sévères, afin de garantir l'application de la réglementation.
Salubrité des aliments
- Dans l'ensemble, on s'entend pour dire que la consommation de poisson est assez sécuritaire.
- Toutefois, la salubrité des aliments était l'un des problèmes prépondérants, que le MPO devrait résoudre en priorité, surtout dans le domaine de l'aquaculture.
- Les répondants estimaient que les mesures de salubrité alimentaire et les mesures de salubrité environnementale sont très liées. Pour que celles-ci soient convaincantes, on doit les appliquer en même temps.
- Au point d'achat, on ne cherche pas à savoir si on achète du saumon d'élevage ou du saumon sauvage. Seuls quelques groupes montraient une nette préférence pour le saumon sauvage (les Autochtones et les répondants de Colombie-Britannique). Même si les raisons pour lesquelles on achète et consomme du saumon d'élevage ou du saumon sauvage n'étaient pas très différentes d'une personne à l'autre, les sentiments pour ou contre l'un ou l'autre n'étaient pas les mêmes chez tous.
- Les répondants percevaient de toute évidence moins bien le saumon d'élevage parce qu'ils le considéraient comme n'étant « pas naturel », tandis que le saumon sauvage est considéré comme étant : de meilleure qualité, plus goûteux, meilleur pour la santé ou plus nutritif (on le comparait parfois au poulet ou au bœuf pour se rassurer).
- Malgré une perception positive du poisson en tant qu'aliment, la plupart des participants étaient préoccupés par la consommation tant des variétés sauvages que des variétés d'élevage, mais le poisson d'élevage était tout de même considéré comme le plus risqué. Parfois, les gens préféraient ne pas tenir compte de ce qu'ils avaient entendu avant d'acheter du poisson, espérant que ce n'était pas vrai.
- Les gens veulent et peuvent être rassurés. La majorité d'entre eux estiment que le saumon d'élevage aussi bien que le saumon sauvage ont des niveaux de BPC relativement faibles. Seule une minorité évite de manger du saumon d'élevage en raison de sa teneur en produits chimiques, plus élevée que chez le saumon sauvage. Une minorité seulement croyait qu'on peut réduire l'impact des BPC et d'autres contaminants chimiques en cuisant le poisson d'une certaine manière.
- Une forte majorité était certaine que les statistiques de Santé Canada sont fiables : on peut manger en toute sécurité aussi bien du saumon sauvage que du saumon d'élevage.
- On s'est montré très ouvert à l'étiquetage, mais les attitudes face au logo « Inspection officielle – Canada » étaient mitigées.
Communications
- Les gens se sentaient concernés par l'aquaculture sur le plan de la salubrité alimentaire et de la sécurité environnementale.
- Les opinions négatives l'emportaient sur les nombreux avantages perçus.
- On doit d'abord répondre aux préoccupations des gens (surtout en matière de sécurité) si l'on veut que les avantages se manifestent.
- On a tiré des conclusions troublantes, inquiétantes, effrayantes et perturbantes en raison de la couverture négative présentée dans les médias et des lacunes actuelles sur le plan informatif, sans compter l'impact de « la maladie de la vache folle ».
- La plupart des gens étaient insatisfaits de la situation actuelle de l'industrie et des mesures que prend le gouvernement pour la régler.
- Les gens ne font pas confiance aux principaux intervenants de l'industrie, qui pensent, d'après eux, trop à l'argent et ne s'inquiètent pas du tout pour le consommateur (aquaculture et pêche commerciale).
- Mal informés, les participants s'imaginent le pire et ne font généralement pas confiance au MPO. Néanmoins, bon nombre d'entre eux estimaient que l'industrie était prometteuse et que le Canada pourrait devenir un chef de file mondial.
- Les gens se sont montrés prêts à revoir leurs opinions et à se faire une idée plus nuancée de la situation, mais ils avaient besoin d'être rassurés. Ils ne veulent pas être manipulés.
- L'aquaculture pourrait être considérée comme une industrie unique.
- L'expression « ferme aquatique » est peut-être plus évocatrice que le terme « aquaculture ».
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5. Recherche par groupe de discussion : Stratégie du Canada sur la gouvernance internationale des océans et la lutte à la surpêche – Attitudes au pays (février 2005 – Environics)
Groupes cibles : |
Douze groupes dans quatre villes, et deux collectivités de pêche : Toronto, Calgary, Nanaimo, Halifax, St. John's et Clarenville.
Grand public intéressé, et intervenants du secteur de la pêche. |
Thèmes de l'entrevue : |
Évaluer les points suivants : degré de connaissance et de compréhension de la pêche au Canada ou chez les Canadiens; principaux enjeux ou problèmes auxquels on fait face dans ce domaine; efforts déployés par le gouvernement pour protéger la vie aquatique; préoccupations relatives à la surpêche; gouvernance internationale des pêches; soutien au développement durable; santé des écosystèmes des océans.
Cerner les besoins en information des Canadiens, et évaluer les communications. |
Dates d'entrevue : |
29 novembre – 8 décembre 2004 |
Principales conclusions :
Pêches
- On s'est montré très intéressé par la notion de pêches saines et viables.
- Les collectivités côtières ont sous-estimé l'attitude du grand public.
- Parmi les principaux problèmes auxquels font face les pêcheurs, on compte ceux touchant l'environnement et la conservation. On a mentionné souvent la surpêche et la réduction des stocks, ainsi que les risques causés par l'aquaculture et la pollution.
- Dans l'ensemble, les répondants reconnaissent l'importance de la pêche au Canada, mais certains étaient surpris d'apprendre à quel point ce secteur est important pour l'économie.
- Même si la plupart des gens étaient résignés à l'idée que des industries primaires (axées sur les ressources) comme celles des pêches puissent stagner ou décliner, on garde espoir.
Surpêche
- On avait presque tous la même vision de filets traînants et de chalutiers non autorisés dans les eaux et les océans canadiens vidés de tous leurs poissons.
- On jette le blâme sur divers pays, et on a reconnu en partie que le Canada a sa part de responsabilité.
- On veut et doit trouver le juste équilibre entre l'économie et l'environnement. Même si le grand public est préoccupé et touché par les taux de chômage, il voit aussi la surpêche comme une menace pour l'écosystème mondial.
- Dans l'ensemble, on croyait faussement que la surpêche concerne seulement les bateaux étrangers qui pêchent illégalement dans les eaux canadiennes. On ne comprenait pas pourquoi ce problème touche principalement les eaux internationales.
Efforts du MPO
- La plupart des participants du grand public n'avaient aucune idée de ce que le MPO fait pour lutter contre la surpêche, mais ils supposaient que ce n'est pas suffisant, puisque le problème est de plus en plus grave.
- En général, on soutient l'idée de renforcer la stratégie diplomatique du MPO, et on estime que le Canada doit collaborer avec les organisations internationales, les chercheurs d'un peu partout et d'autres pays pour apporter des changements durables.
- On n'était presque pas au fait des efforts diplomatiques du Canada contre la surpêche, ni de l'existence de l'OPANO.
- On se demande si la pêche au Canada, qu'elle soit licite ou pas, contribue à l'accroissement du problème.
- Les intervenants craignaient davantage que l'importance accordée à la pêche mondiale n'ait pour effet de détourner des ressources qui pourraient aller aux mesures d'exécution de la loi nationale ou à d'autres programmes importants.
Stratégie du Canada
- Tout le monde est d'accord pour qu'on mette l'accent sur le développement durable dans la stratégie mondiale du Canada sur la surpêche internationale.
- En général, on s'entend également pour dire que le Canada doit prendre la direction des opérations et montrer qu'il pense non seulement à ses intérêts, mais aussi à ceux des autres pays dans le domaine de la pêche.
- On soutient beaucoup les efforts déployés pour :
-
obtenir la participation d'autres ministères dans le cadre d'une stratégie sur la surpêche (Affaires étrangères, ministère de la Défense et Environnement Canada);
-
prendre des mesures plus sévères et appliquer la réglementation dans les eaux internationales.
- Les participants se sont dits très intéressés à connaître les mesures d'exécution et les sanctions appliquées contre les personnes qui font de la surpêche. Il était très déconcertant de voir que les gens pensaient qu'il n'y avait pas de sanctions.
- Les intervenants étaient les plus enclins à favoriser l'application de mesures sévères, mais ils estimaient que le Canada s'exposait à trop de dangers s'il agissait seul et qu'il devrait conclure des alliances ou des partenariats internationaux pour garantir le succès de son entreprise.
- On a envisagé la possibilité que le Canada subisse des représailles telles que des sanctions économiques, mais en Alberta et en Colombie-Britannique, les gens ont fait remarquer que nous avons déjà dû faire face au contentieux américain sur l'exportation du bois d'œuvre et du bœuf.
- Dans l'ensemble, on ne soutient pas beaucoup les mesures unilatérales du Canada. Toutefois, on s'entend pour dire que les avantages potentiels l'emportent sur tous les inconvénients que des mesures de représailles pourraient causer.
Communications
- On a proposé que l'information du grand public au Canada et en Europe fasse partie intégrante de toute solution contre la surpêche. Bref, il faut des mesures d'application, de diplomatie et d'information.
- Le grand public était ouvert aux messages sur les progrès accomplis, les mesures prises par les autres pays, les alliés du Canada et le genre de sanctions que peuvent recevoir les contrevenants.
- La plupart des répondants étaient heureux de connaître les mesures déployées par le Canada jusqu'à ce jour, mais certains n'étaient pas très ouverts aux messages du MPO en raison de leur attitude négative envers le gouvernement.
- On doit faire attention aux données utilisées, afin de ne pas faire mauvaise impression ni de semer la confusion. Par exemple, le fait qu'on n'ait parlé que huit fois des bateaux étrangers a été souvent vu comme une preuve que les politiques sont inadéquates, source constante de frustration. En outre, les données financières doivent être bien placées dans leur contexte, et on doit expliquer clairement et simplement ce que représentent de gros montants (p. ex. la stratégie de 45 millions de dollars a suscité des réactions mitigées).
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6. Présentation au groupe interministériel du gouvernement du Canada sur la réglementation intelligente : principales conclusions d'une recherche par groupe de discussion (1er décembre 2004 – The Strategic Counsel)
À noter qu'il s'agissait d'une étude interministérielle à laquelle participait le MPO. Ce projet de recherche fédéral portait sur la réglementation intelligente, de manière générale. Les initiatives du MPO en rapport avec les priorités du gouvernement fédéral en matière de réglementation intelligente comprenaient la modernisation du programme de gestion de l'habitat des poissons, l'aquaculture et la réglementation de la recherche marine utilisant les canons pneumatiques pour l'exploration sismique.
Groupes cibles : |
12 groupes : Ottawa, Halifax, Toronto, Calgary, Winnipeg et Montréal.
Grand public et leaders d'opinion. |
Thèmes de l'entrevue : |
Connaître les attitudes et opinions du public face à la « réglementation intelligente », afin d'élaborer une approche de communication ministérielle axée sur les risques, les perspectives et les enjeux. |
Dates d'entrevue : |
22-25 novembre 2004 |
Principales conclusions :
Connaissance et compréhension
- On connaissait très peu le système réglementaire canadien actuel.
- On avait l'impression que la réglementation sert à protéger « le bien public », mais elle n'est pas bien appliquée ni exécutée.
- Dans l'ensemble, on estimait que le système réglementaire est efficace, compte tenu de ses répercussions positives et négatives sur les Canadiens et les entreprises canadiennes dans les domaines suivants : mesures visant à favoriser ou à freiner les investissements; croissance commerciale; compétitivité et innovation internationales; protection des Canadiens contre l'exposition aux risques.
- Même si on ne connaissait pas la « réglementation intelligente », quelques personnes se sont dit qu'il devait s'agir d'une approche plus stratégique, axée sur les résultats, uniforme ou cohérente, malléable ou compatible, ou encore plus holistique. On NE croyait pas que l'adjectif « intelligente » s'applique à la déréglementation, mais on avait tendance à l'associer davantage à une réglementation accrue plutôt qu'au contraire. La traduction anglaise, « Smart Regulation », posait également problème.
- On s'inquiétait du fait que l'adjectif « INTELLIGENTE » puisse sous-entendre non pas davantage, mais moins de réglementation. On estimait que ce terme est un peu cliché, et, dans le cas de la traduction anglaise (SMART), les répondants se sont dit qu'il s'agissait peut-être d'un acronyme. Certains se sont demandés quel terme on utilisait avant : stupide, idiote, ou pire?
- Les participants ne comprenaient pas tous la notion de durabilité. Fait intéressant pour le MPO, les intervenants semblaient soutenir les orientations axées sur les processus comme la gestion intégrée et la réglementation intelligente. Ils étaient aussi grandement intéressés par des préoccupations et répercussions touchant l'environnement, et ils estimaient qu'on devrait mieux tenir compte des enjeux environnementaux au moment d'établir des politiques de réglementation.
Stratégie de réglementation
- La stratégie de réglementation actuelle était davantage un sujet de réflexion, car le public ne croit pas que des changements s'imposent immédiatement.
- Dans l'ensemble, on se fait une idée positive du Canada, qui serait plus réglementé que d'autres pays industrialisés.
- Après discussion, la plupart des participants ont reconnu l'importance de revoir complètement le système réglementaire.
- Parmi les valeurs fondamentales sur lesquelles devrait reposer toute approche réglementaire, mentionnons les suivantes : sécurité; respect du bien public; équité; efficacité; rentabilité; fiabilité; coopération; rationalisation; transparence; caractère mesurable; reddition de comptes; compatibilité; malléabilité; compétitivité; innovation; caractère de consultation et de dialogue publics.
- Au nombre des secteurs essentiels que le gouvernement fédéral doit surveiller plus étroitement ou continuer de réglementer, on compte les suivants : 1) la santé, les drogues et les médicaments; 2) les produits alimentaires et l'étiquetage; 3) l'environnement, notamment la qualité et le traitement de l'air et de l'eau; 4) les transports, surtout par air et par route; 5) la gestion des ressources naturelles, notamment les pêches, les mines, les forêts, le pétrole et le gaz; 6) la biotechnologie, surtout en ce qui a trait aux aliments génétiquement modifiés et au clonage.
- Les gens n'étaient pas très intéressés à ce que l'on harmonise mieux le tout avec les États-Unis, mais ils estimaient qu'on pourrait adopter des pratiques exemplaires et renforcer l'échange d'information entre les provinces et les territoires.
Communications
- On estimait qu'il importe de trouver un point d'équilibre lorsqu'on aborde les avantages sociaux, environnementaux et économiques dans les communications.
- Il serait préférable d'éviter les superlatifs, comme dans les expressions « XXIe siècle », « de classe mondiale », « moderne » et « en évolution rapide », qui ont suscité des commentaires négatifs et cyniques.
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7. Recherche qualitative pour l'élaboration du plan stratégique du MPO (mars 2004 – Créatec)
Groupes cibles : |
16 groupes cibles dans six provinces canadiennes et un territoire : Moncton, Halifax, Grand Falls, Yellowknife, Vancouver, Nanaimo, Sault Ste Marie.
Grand public, intervenants et Autochtones informés. |
Thèmes de l'entrevue : |
Examiner les opinions relatives à l'élaboration du plan stratégique du MPO dans les domaines suivants : 1) développement durable; 2) écosystèmes aquatiques sains et productifs (EASP), pêches et aquaculture durables (PAD) et voies navigables sûres et accessibles (VNSA); 3) meilleure collaboration avec les intervenants en ce qui concerne l'information scientifique; 4) nouvelles orientations et priorités (gestion intégrée, réglementation intelligente, renouvellement des pêches, application de la LEP, aquaculture et gouvernance internationale); 5) communications relatives aux pêches autochtones. |
Dates d'entrevue : |
26 février-10 mars 2004 |
Principales conclusions :
Perceptions générales du MPO
- La plupart des participants du grand public et des Autochtones ne connaissaient pas le MPO, contrairement aux intervenants. Malgré tout, les gens n'étaient pas indifférents.
- On avait fortement l'impression que le MPO n'était pas vraiment intéressé par les questions en jeu ni décidé à les régler.
- On ne savait pas trop en quoi consistent le rôle et les multiples responsabilités du MPO, mais on estimait que la pêche ou les questions connexes (p. ex. l'habitat, la conservation et les quotas) étaient sans aucun doute de son ressort.
- Comme on considère que son mandat est mal ciblé et que ses ressources ou ses fonds sont limités, le MPO est perçu comme une grande bureaucratie sans pouvoir réel.
- Dans l'ensemble, le grand public attache de l'importance à la recherche et à la science, mais les intervenants étaient mécontents des compressions budgétaires.
- Les meilleures impressions à l'égard du MPO portaient sur ce qui suit : recherches et études du MPO; application des quotas de pêche; gestion des ressources marines; efforts de conservation des poissons et de leur habitat; établissement de normes ou de politiques et de règlements; conscience professionnelle de membres du personnel du MPO; opérations de recherche et de sauvetage de la Garde côtière; maintien de la souveraineté des côtes et des eaux du Canada; attitude moderne par rapport aux autres ministères du gouvernement du Canada; tentatives récentes du MPO en vue d'améliorer la situation des membres des Premières nations.
- Parmi les pires impressions relatives au MPO, mentionnons les suivantes : mauvaise application des mesures de contrôle de la surpêche; financement inadéquat; manque de leadership ou de volonté et d'influence politiques à Ottawa, sauf si de grands intérêts financiers sont en jeu; mauvaise application des mesures antipollution (causée surtout par la pisciculture); manque de recherches ou de fonds, et recherches contradictoires; mesures inadéquates de règlement des différends avec les Autochtones; manque de consultations avec les collectivités et les industries locales; chômage chez les pêcheurs; bureaucratie et fardeau administratif; manque de priorité ou de vision, et de stratégie à long terme claire; surrèglementation et mesures d'application incompatibles avec les entreprises commerciales; coûts élevés des permis de pêche sportive et de pêche commerciale.
Enjeux du MPO
- Les participants ont cerné les principaux enjeux suivants :
- on se préoccupe surtout du déclin des stocks de poissons;
- on a nommé plus d'une dizaine d'enjeux environnementaux, depuis la conservation jusqu'aux effets de la destruction forestières, en passant par les espèces envahissantes et les espèces en danger, l'agriculture, les changements climatiques, les maladies et la destruction des habitats;
- parmi les autres enjeux cités, mentionnons les suivants : importance d'une démarche scientifique rigoureuse; financement; importance de la collaboration; rapports avec les pêcheurs, dont les pêcheurs autochtones; rôle de la Garde côtière;
- les gens ont également parlé du leadership et de la compétence du MPO, et de l'importance d'améliorer l'image du Ministère, qui est plutôt négative.
Termes utilisés
- Le grand public avait des difficultés à comprendre les termes utilisés par le MPO (p. ex. aquaculture, développement durable, durabilité de l'environnement et utilisation durable). Les gens ont exprimé le désir qu'on utilise « un langage clair et simple », au lieu d'un « jargon » obscur, qui prête à confusion. La majorité convient que le meilleur terme à utiliser dans le domaine de la conservation est justement « conservation ».
- Le « développement durable » est considéré comme un concept et un principe directeur acceptables, mais l'expression est perçue comme un cliché servant des propos ambigüs.
- On n'a pas beaucoup aimé l'expression « gestion holistique des océans », mais les gens étaient d'accord pour que le MPO tienne compte des océans (comme habitat des poissons).
- Dans l'ensemble, les participants préféraient des termes comme « intendance » ou « défense » des habitats des poissons, au lieu de « gestion ».
Vision du MPO
- En général, le grand public n'était pas au courant des activités du MPO.
- Les répondants ne tenaient généralement pas à savoir si le MPO devrait mettre davantage l'accent sur les pêches ou adopter une approche de gestion holistique des océans, sauf les intervenants.
- Dans l'ensemble, les participants préféraient qu'on se fixe des objectifs environnementaux à long terme plutôt que des objectifs socioéconomiques à court terme. Certains voulaient que le MPO collabore avec d'autres ministères favorables à l'environnement.
- Les gens estimaient que les questions touchant l'habitat des océans et celles touchant l'habitat des eaux douces étaient intimement liées, et ils n'avaient aucune idée de ce qui était plus pressant. La majorité voulait que le MPO soit responsable de ces deux dossiers, mais certains répondants souhaitaient qu'il partage ces responsabilités avec des ministères fédéraux et provinciaux, montrant qu'ils ne savaient pas que c'est déjà ce que fait le Ministère.
- On estimait que le MPO devait accorder surtout la priorité aux poissons et à leur habitat naturel. Certains estimaient que le Ministère devait prendre des mesures visant à protéger les animaux – où on parlerait de « poissons » pour décrire en général toutes les espèces marines et leur habitat – ainsi qu'à garantir la protection des habitats ou des espèces.
- Parmi les autres priorités, mentionnons les suivantes : 1) le milieu aquatique dans son ensemble, y compris les dommages causés par des déversements d'hydrocarbures et les produits chimiques puissants, ainsi que la protection de la faune et les effets des changements climatiques; 2) les Grands Lacs et les plans d'eau intérieurs, dont la qualité de l'eau et la santé des poissons.
- Les gens tenaient également à ce que le MPO communique davantage avec les régions, surtout afin d'expliquer les politiques ou les décisions, et qu'on décentralise le processus décisionnel, entre autres grâce à des partenariats entre le MPO et les entreprises, les communautés autochtones, les villes et d'autres pays.
- Les gens étaient généralement favorables aux objectifs établis par le MPO. Toutefois, l'expression « pêche et pisciculture » a entraîné des discussions sur les dommages que cela peut causer à l'environnement, et l'expression « voies navigables sûres et accessibles » a suscité la confusion, car la plupart des répondants ne savaient pas que la Garde côtière relève du MPO.
Processus décisionnel
- Dans l'ensemble, il semble que le MPO n'ait pas de vision globale claire lui permettant de constamment étayer ses décisions.
- L'impression générale touchant le processus décisionnel du MPO était que celui-ci n'applique pas bien ses décisions.
- On a reçu avec un peu d'ambivalence l'idée d'adopter une approche conjointe dans ce domaine. Certains répondants estimaient que le partage des décisions pourrait affaiblir encore plus le ministère, et d'autres étaient préoccupés par son leadership, souhaitant que quelqu'un prenne les décisions plus difficiles.
- Les intervenants locaux étaient généralement d'accord avec les consultations, tant qu'on respecte les critères suivants : 1) inclure tous les intervenants; 2) veiller à ce que le processus soit transparent et bien surveillé; 3) tenir une rétroaction pertinente des intervenants locaux, et mener les consultations avant de prendre des décisions, durant les phases de recherche, de planification ou d'élaboration des politiques.
- Les intervenants soutenaient dans l'ensemble les orientations axées sur les processus comme la gestion intégrée et la réglementation intelligente. Ils ont approuvé en général la gestion intégrée, où le MPO collabore avec d'autres ministères et organismes fédéraux, provinciaux ou territoriaux et locaux afin d'harmoniser les multiples règles et règlements et de partager les responsabilités.
Science et recherche
- Parmi les principales activités du MPO jugées positives, mentionnons celles touchant la science et la recherche. La plupart des participants les considéraient comme étant très importantes, et les gens en général voulaient qu'on les renforce.
- Toutefois, on avait grandement l'impression que le MPO accorde de moins en moins d'importance et de poids à l'expertise scientifique pour les raisons suivantes : 1) influence des intervenants sur le plan politique et financier; 2) compressions importantes du budget et de la fonction de recherche.
- Les attitudes des participants étaient mitigées face au savoir scientifique et à son bien-fondé.
- Dans l'ensemble, on était grandement en faveur d'un processus d'échange d'informations scientifiques, en plus : 1) d'un accroissement des fonds de recherche scientifique et 2) d'une contribution plus poussée des experts. Idéalement, les recherches devraient tenir compte des études menées par le MPO et les universités, de même que de l'expertise pratique des pêcheurs locaux.
Gestion du risque
- La plupart des participants estimaient que le concept de « risque » était pour ainsi dire incompatible avec le rôle que le MPO doit jouer, selon eux, de sorte qu'il faut utiliser ce terme avec prudence.
- Les gens veulent que le MPO ne prenne aucun risque en ce qui concerne les poissons et leur habitat, mais qu'il prenne plutôt des risques exceptionnels au nom de ceux-ci.
- Les répondants souhaitent que le MPO prenne des mesures courageuses afin de mieux protéger les poissons ou leur habitat naturel : 1) en s'opposant aux personnes étrangères (ou autres) qui font de la surpêche et 2) en n'hésitant pas à prendre des décisions stratégiques qui risquent de ne pas trouver la faveur populaire.
Questions touchant les Autochtones
- Les participants autochtones étaient, à l'instar du grand public, peu au courant des enjeux halieutiques, et leurs attitudes et idées concernant la plupart des sujets étaient semblables.
- La plupart des participants estimaient que les Autochtones ne devraient pas avoir le droit de pêcher sans limite, compte tenu du déclin des stocks de poissons. On n'était pas contre la pêche illimitée en soi, dans la mesure où elle n'est pas fondée sur des facteurs commerciaux.
- Même si la majorité des participants n'avaient pas entendu parler de l'arrêt Marshall, ils ont tous reconnu que le gouvernement fédéral est responsable des pêches autochtones. Certains croyaient que les Autochtones jouissent probablement d'un libre accès, sans aucune restriction en matière de contrôle, de conservation ou de réglementation.
- Les réactions étaient mitigées face à l'idée que le gouvernement soit obligé de créer des débouchés socioéconomiques à l'intention des Autochtones dans le domaine de la gestion des pêches et des habitats, même parmi cette communauté.
- Les réactions étaient également mitigées lorsqu'il s'agissait d'évaluer l'impartialité des mesures prises à l'égard des Autochtones, même parmi ces derniers.
- Dans l'ensemble, les gens (y compris les participants autochtones) convenaient que ce n'est pas la meilleure façon d'aider les Autochtones que de leur fournir directement des fonds. Toutefois, on était généralement en faveur du financement des programmes éducatifs.
- Les participants autochtones voulaient qu'on renforce les communications avec le MPO, de même que les consultations et l'échange de renseignements.
Garde côtière canadienne
- Les gens ont une opinion très positive de la GCC. Néanmoins, ils ne savaient pas qu'elle relève du MPO, contrairement à la plupart des intervenants.
- La majorité des répondants considéraient la GCC comme un organisme d'exécution de la loi, mais certains croyaient qu'il s'agissait d'une organisation civile, en raison de ses activités de recherche et de sauvetage.
- Dans l'ensemble, on a cerné neuf services, mais la plupart des gens n'en connaissaient que deux : 1) les opérations de recherche et de sauvetage, qui sont considérées comme le service le plus important et sont mentionnées par presque tous les groupes; 2) les services de patrouille, de surveillance et de protection des eaux canadiennes, y compris les côtes et les frontières, contre les trafiquants de drogues et de marchandises humaines.
- Les services de déglaçage, les lois sur la navigation, les aides à la navigation, l'application de la LPEN et les observations météorologiques ont été moins souvent mentionnées.
- On estimait que la GCC n'a pas toutes les ressources requises (c.-à-d. bateaux, matériel et effectifs) pour remplir ses divers rôles, de sorte que les gens hésitaient à parler de l'Arctique et des fonctions de sécurité publique.
Aquaculture
- On connaissait et comprenait mal le terme « aquaculture », contrairement à l'expression « pisciculture ».
- Dans l'ensemble, les participants ne savaient pas qui est responsable de l'aquaculture, mais la majorité croyaient que ça devait être le MPO. Certains voulaient que ce dernier collabore avec d'autres ministères.
- En général, les commentaires étaient plutôt négatifs pour les raisons suivantes : 1) publicité défavorable surtout au sujet des BPC dans le saumon d'élevage; 2) manque perçu d'information publique positive; 3) destruction de l'environnement impunie et non réglementée, en particulier dans l'Ouest du pays.
- Les gens trouvaient qu'il y a toutes sortes d'avantages et d'inconvénients à l'aquaculture. Principal avantage : elle permet de préserver les stocks naturels. Principal inconvénient : les risques d'insalubrité alimentaire et les effets négatifs sur l'environnement.
- Malgré les commentaires négatifs, on estime que l'aquaculture a de l'avenir si on améliore et règlemente davantage l'industrie, qu'on renforce la recherche et adopte une démarche scientifique rigoureuse, qu'on prévoit un financement à long terme et qu'on établit une nouvelle série de règles et de règlements.
Loi sur les espèces en péril (LEP)
- En général, les gens connaissaient peu cette loi, mais la plupart de ceux qui en avaient entendu parler la trouvaient inefficace (la LEP n'était pas pleinement en vigueur au moment de l'étude).
- Même si on estime que la LEP est une bonne initiative de protection des espèces en péril, on la juge inefficace surtout parce qu'elle est inexécutable et difficile à évaluer.
- La plupart des participants estimaient que le MPO devrait limiter la pêche de certaines espèces, mais ils ne veulent pas pour autant que celui-ci fasse le contraire pour d'autres espèces.
Forage en mer
- Dans l'ensemble, les gens ne connaissaient pas grand-chose au forage en mer, même si certaines personnes étaient préoccupées des effets sur les poissons ou leur habitat.
- Lorsqu'on leur a demandé s'ils croyaient que le forage pétrolier et gazier en mer avait causé des dommages à l'environnement, bon nombre de participants ont répondu par l'affirmative. Certains ont déclaré que le forage avait déjà fait du tort à certaines espèces (baleines), et que cela risquait d'en toucher d'autres. En outre, des répondants s'inquiétaient des effets encore inconnus sur diverses espèces et leur habitat.
- Dans l'Est, certains répondants croyaient qu'on prend des mesures pour réduire au minimum l'impact du forage en mer, tandis que d'autres répondants n'avaient rien à redire sur cette activité, n'ayant pas entendu parler de dommages précis, du moins « pas encore ».
Communications
- La plupart des gens du public et des groupes autochtones percevaient les questions du MPO comme étant des sujets abstraits et ésotériques; ils voyaient les pêches et les océans dans un contexte écologique ou environnemental, un contexte dans lequel les valeurs deviennent de plus en plus tournées vers la planète, plutôt que sur l'économie.
- La plupart des participants n'avaient qu'une connaissance minimale ou primaire du domaine des pêches et des océans, de sorte qu'ils en avaient seulement une impression générale, sans trop savoir exactement ce qu'il en est. La majorité se fiait à l'opinion des experts. Par conséquent, on doit simplifier la question et expliquer le tout clairement.
- Au contraire, les intervenants connaissaient généralement bien le sujet et étaient bien informés, voire très engagés dans certains cas.
- On ne peut constater que les gens ont besoin d'être rassurés : ils veulent savoir que quelqu'un (au MPO) est dévoué à la cause et veille sur les stocks de poissons futurs et les écosystèmes marins du Canada. Pour la plupart des gens, il semble que les questions liées à la pêche et aux océans les préoccupent sur le plan émotif, éthique et environnemental.
- La plupart des gens ne croyaient pas trop que le MPO ait les ressources, les capacités ou la volonté politique nécessaires pour conserver, protéger ou renforcer les stocks de poissons et les habitats piscicoles. Par ailleurs, si le MPO arrive à prouver sans l'ombre d'un doute qu'il est bien décidé à conserver et à renforcer les stocks de poissons de même qu'à assainir les écosystèmes marins, il recevra certainement davantage l'appui des gens. Comme on le sait, il ne suffit pas de bien faire les choses; il faut qu'on perçoive qu'on les fait bien.
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ANNEXE 2
Sommaire des données quantitatives des ROP
Au total, on a examiné quatre ROP quantitatives du MPO (2004-2005). Les principales conclusions de ces études sont résumées aux pages suivantes.
- Rapport omnibus sur la surpêche mondiale (juin 2005 – Environics).
- Rapport omnibus sur les phoques (février 2005 – Ipsos-Reid).
- Tableaux omnibus sur la Garde côtière canadienne (août 2004 – Environics).
- Tableaux omnibus sur l'aquaculture (mars 2004 – Environics).
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1. Rapport omnibus sur la pêche mondiale (juin 2005 – Environics)
Échantillon : |
Rapport omnibus/sondage téléphonique aléatoire/N = 2 022/ adultes canadiens |
Thèmes de l'entrevue |
Questions fermées
Surpêche
Connaissance et importance des initiatives canadiennes de lutte contre la surpêche
Meilleur moyen de combattre la surpêche (parmi un choix de deux)
Priorité : santé des stocks de poissons ou santé de l'industrie de la pêche?
Degré de préoccupation au sujet de l'avenir des stocks de poissons |
Dates d'entrevue : |
20 juin – 11 juillet 2005 |
Principales conclusions :
- Au total, 53 % des répondants n'étaient pas au courant des mesures que le Canada prend pour combattre la surpêche dans les eaux internationales. (Comme les gens avaient une fausse idée de ce qu'on entend par « surpêche dans les eaux internationales », les résultats risquent fortement de ne pas être fiables et d'avoir été sous-estimés.)
- En tout, 82 % des répondants ont déclaré qu'il est très important que le Canada prenne des mesures pour stopper la surpêche dans les eaux internationales (là encore, les résultats risquent de ne pas être très fiables). Toutefois, les données révèlent un grand écart entre la connaissance du sujet et l'importance qu'on y accorde, ce qui voudrait dire que des communications s'imposent.
- Les participants préfèrent nettement qu'on prenne des mesures concrètes pour lutter contre la surpêche (57 %), au lieu de passer par les voies diplomatiques (33 %).
- Les participants préféraient nettement qu'on renforce la santé des stocks de poissons (60 %), plutôt que de renforcer l'industrie de la pêche (30 %), surtout dans les provinces atlantiques (71 %, par rapport à 25 %) et en Colombie-Britannique (69 %, par rapport à 21 %).
- La moitié (49 %) des Canadiens étaient très préoccupés par l'avenir des stocks de poissons, surtout en Colombie-Britannique (62 %). Seulement 13 % des Canadiens n'étaient pas préoccupés. Le degré de préoccupation variait sensiblement en fonction de l'âge du répondant (taux le plus élevé chez les personnes de 60 ans et plus, soit 61 %).
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2. Rapport omnibus sur les phoques (février 2005 – Ipsos-Reid)
Échantillon : |
Rapport omnibus/sondage téléphonique aléatoire/N = 1 000/ adultes canadiens |
Thèmes de l'entrevue : |
Questions fermées
Opinion générale sur la chasse commerciale (une échelle répartie selon les catégories « d'accord » ou « pas d'accord »).
Soutien général envers la politique fédérale en matière de chasse au phoque (une échelle répartie selon les catégories « pour » ou « contre ») |
Dates d'entrevue : |
18-21 février 2005 |
Principales conclusions :
- En général, l'opinion publique est divisée sur la question de la chasse au phoque commerciale, même pratiquée de façon humaine. Toutefois, les personnes qui y étaient fermement opposées (28 %) éclipsaient de beaucoup celles qui y sont très favorables (19 %); cela laisse supposer que toute question liée à la chasse commerciale pourrait facilement se heurter à une opposition et devra faire l'objet d'une solide justification si l'on veut que le public l'appuie, fût-ce à contrecœur .
- Comme la politique fédérale actuelle sur la chasse au phoque établit des règles strictes et des quotas visant à assurer la survie des phoques, la majorité des répondants (6 sur 10) l'approuvait. Toutefois, il s'agissait d'une majorité non pas forte, mais « modérée ». En outre, les résultats révèlent que bon nombre de ces Canadiens (4 sur 10) la désapprouvent, et que le quart d'entre eux la désapprouvent tout à fait. Ces réponses montrent que les arguments présentés aux participants n'étaient pas assez convaincants pour qu'ils jugent la politique peu risquée (à noter que la survie de certaines populations de poisson ne s'inscrivait pas dans le cadre des modalités ou arguments présentés).
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3. Tableaux omnibus sur la Garde côtière canadienne (août 2004 – Environics)
Échantillon : |
Rapport omnibus/sondage téléphonique aléatoire/N = 2 020/ adultes canadiens |
Thèmes de l'entrevue : |
Questions fermées
Importance accordée à divers rôles/activités de la GCC
Échelle d'importance de trois points sur quatre activités
Une question sur le rôle le plus important |
Dates d'entrevue : |
9-28 juillet 2004 |
Principales conclusions :
- Les Canadiens reconnaissent sans nul doute que la GCC joue un rôle vital et essentiel, notamment dans les domaines de la sécurité, de la sûreté et de l'exécution des lois.
- Il semble que la protection des stocks de poissons contre la surpêche par des pays étrangers soit sa vocation pour bon nombre de répondants (40 %), et que pour moins de répondants sa mission est de fournir des bateaux aux agences de sécurité canadiennes (26 %) ou de protéger le territoire contre le terrorisme (16 %).
- Dans l'ensemble, les résultats confirment l'image positive qu'on se fait de la GCC, et son importance cruciale pour le MPO.
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4. Tableaux omnibus sur l'aquaculture (mars 2004 – Environics)
Échantillon : |
Rapport omnibus/sondage téléphonique aléatoire/ N = 2 014/adultes canadiens |
Thèmes de l'entrevue : |
Questions fermées
Connaissance générale de l'aquaculture
Confiance du public envers le système de salubrité des aliments de l'ACIA
Certitude que l'aquaculture est suffisamment réglementée pour garantir la protection de l'environnement
Certitude qu'on peut manger du saumon d'élevage en toute sécurité
Perceptions relatives à la réglementation de l'aquaculture
Rappel des enjeux de salubrité et de santé liés à la consommation du saumon d'élevage
Tendance signalée en matière de consommation du saumon sauvage et du saumon d'élevage
Questions ouvertes
Produit alimentaire « d'origine canadienne » le plus risqué pour la santé
Importance de contribuer à un climat favorable à l'aquaculture (démarches scientifiques, soutien au développement responsable et réglementation)
Source d'information la plus fiable sur l'aquaculture. |
Dates d'entrevue : |
Avril 2004 |
Principales conclusions :
- En ce qui a trait à la salubrité des aliments, peu de répondants (7 %) se préoccupaient du poisson. Ils l'étaient beaucoup plus par le bœuf (39 %) et le poulet (31 %).
- Les répondants avaient une certaine idée de ce qu'on entend par aquaculture (53 % dans l'ensemble, la Colombie-Britannique ayant le taux le plus élevé, soit 69 %). Toutefois, près de la moitié des répondants (47 %) ne savaient pas du tout comment définir ce concept ou en entendaient parler pour la première fois. Par rapport aux sondages précédents, les participants comprenaient davantage (39 % en 2000).
- Les Canadiens qui savaient à quoi renvoie l'aquaculture étaient divisés, ne sachant pas s'ils doivent croire ou non que la réglementation sur la pisciculture sert vraiment à protéger l'environnement. Seulement 10 % des gens y croyaient fermement, et 18 % n'étaient pas du tout convaincus.
- On note une forte tendance à croire que la pisciculture n'est pas suffisamment réglementée (54 %). Les répondants de l'Atlantique étaient les plus enclins à estimer que la réglementation est suffisante, voire un peu extrême (49 %).
- Les participants estimaient que, pour créer un climat favorable au développement responsable de l'aquaculture, il faut accorder la priorité à la démarche scientifique (61 %), plus qu'à la réglementation (52 %) et au soutien économique (51 %). Par rapport aux sondages précédents, les répondants sont beaucoup plus en faveur de ces trois mesures.
- Les résultats n'ont pas permis de déterminer à quelle source d'information la majorité des Canadiens se fient principalement. Les organisations environnementales sont les plus mentionnées, avec un taux de seulement 37 %, et les médias sont au bas de la liste, avec 8 %. Par rapport aux sondages précédents, les gens semblent faire beaucoup moins confiance aux médias lorsqu'ils veulent obtenir des renseignements sur l'aquaculture (21 % en 2003), contrairement à ce qu'on peut voir pour les groupes environnementaux (26 % en 2003).
- Les Canadiens ont tendance à consommer sans crainte du saumon d'élevage (61 %, par rapport à 31 % des répondants qui n'étaient pas rassurés). Toutefois, seulement 22 % étaient très confiants, taux inférieur aux résultats obtenus dans la même catégorie pour les produits alimentaires en général (30 %). Les femmes étaient moins confiantes (57 %) que les hommes (66 %).