Préparé pour Pêches et Océans Canada
(MPO)
Mars 2005
DataPath Systems
Box 2180
Marsh Lake, Yukon, Y0B 1Y2
(867) 660-4600
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TABLE DES MATIÈRES
4.0 Changements au fil du temps
En mars 2005, le Ministère des pêches et des océans a mandaté DataPath Systems de réaliser une étude de marché sur les attitudes entourant les conditions de pêche sur les lacs longeant la route Ingraham Trail, près de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest (T. N.-O.).
Un aspect très important de ce rapport est qu'il s'agit de données QUALITATIVES. Seulement 40 sondages ont été complétés, ce qui génère une marge d'erreur de +/- 15% (bien au-delà du pourcentage recommandé). Des graphiques ont été produits à partir des résultats obtenus, mais ils ne font qu'illustrer les données et n'ont aucune valeur intrinsèque.
On a produit une liste aléatoire de numéros de téléphone pour la région de Yellowknife. Des intervieweurs expérimentés des Premières nations ont procédé aux appels entre le 20 et le 28 mars. Les répondants devaient satisfaire à deux critères de qualification : ils devaient habiter aux T.N.-O. depuis au moins trois ans et avoir pêché dans les lacs longeant la route Ingraham Trail au moins une fois par an au cours des trois dernières années. Au total, 40 sondages ont été remplis avec des répondants qualifiés.
De plus, on a demandé à 14 autres personnes qui ont pêché dans ces lacs au cours des dix dernières années, mais pas au cours des trois dernières années, d'expliquer pourquoi ils ne pêchent plus là.
Les taux de pêche sont relativement élevés avec une moyenne de dix voyages de pêche par an dans les lacs de la route Ingraham Trail.
Les poissons normalement pêchés sont le grand brochet et la truite grise, bien que l'on y pêche plus de brochets (3,6 par voyage) que de truites (1,7 par voyage).
Plus de la moitié des répondants remettent leurs prises à l'eau et les autres déterminent s'ils remettent les poissons à l'eau en fonction des espèces qu'ils capturent.
Les répondants sont divisés quant au degré d'activité de pêche et aux changements dans les populations. La moitié croit que les degrés d'activités et que les niveaux de population sont les mêmes depuis qu'ils ont commencé à pêcher dans ces lacs.
Plus de la moitié sont préoccupés par les populations de poissons, surtout en ce qui a trait à la truite grise (certains sont inquiets de l'augmentation des grands brochets aux dépens de la truite).
Les principales sources de préoccupation concernent les mauvaises pratiques de pêche et l'accroissement de la population à Yellowknife.
Parmi les gens contactés, 62 % ne pêchaient pas. Des 38 % qui pêchaient, la plupart vivaient dans les T.N.-O. depuis au moins trois ans et pêchaient dans les lacs de la route Ingraham Trail.

Le tableau suivant indique que les habitants de 161 résidences ont répondu à la question 1 (peu importe s'il y avait des pêcheurs ou non dans la résidence). De ce nombre, 99 répondants ont indiqué qu'ils ne pêchaient pas contre 62 qui pêchaient (39 %).
De ces 62 répondants, seuls 54 vivaient dans les T.N.-O. depuis au moins trois ans.
Et parmi 54 répondants, 40 avaient pêché dans les lacs de la route Ingraham Trail au cours des trois dernières années.
Donc, au total, seulement 25 % des répondants de l'échantillonnage satisfaisaient aux critères du sondage (vivre dans les T.N.-O. depuis au moins trois ans et avoir pêché dans les lacs de la route Ingraham Trail dans les trois dernières années)
| Nombre | % | |
|---|---|---|
| Nombre total de répondants contactés : | 161 | 100 % |
| Aucun habitant de la résidence ne pêche | 99 | 61 % |
| Nombre total de pêcheurs | 62 | 39 % |
| Ne vit pas dans les T.N.-O. depuis au moins trois ans | 8 | 5 % |
| Nombre total de répondants vivant des les T.N.-O. depuis au moins trois ans | 54 | 34 % |
| N'a pas pêché dans les trois dernières années | 14 | 9 % |
| Nombre total de répondants vivant dans les T.N.-O. depuis au moins trois ans et ayant pêché dans les lacs de la route Ingraham Trail au cours des trois dernières années. | 40 | 25 % |
Dans la plupart des cas, ces pêcheurs pêchent dans les lacs d'Ingraham Trail depuis au moins six ans.

La plupart pêchent dans ces lacs au moins six fois par an.

Le lac le plus souvent mentionné est le lac Prosperous. Plus de la moitié des répondants ont indiqué pêcher plus souvent dans ce lac.
Le deuxième lac le plus souvent visité est le lac Prelude. Les autres lacs se suivent dans cet ordre : autres lacs, lac Pontoon, lac Reid, lac Hidden et lac Madeline. 
La plupart du temps, les poissons pêchés sont le grand brochet et la truite grise.

Le brochet est pêché presque deux fois plus souvent que tout autre poisson.

Plus de la moitié des répondants indiquent qu'ils remettent toujours leurs prises à l'eau.

La plupart des pêcheurs utilisent un bateau.

Environ la moitié des répondants sont d'avis que le degré d'activité de pêche dans les lacs d'Ingraham Trail est demeuré le même depuis qu'ils ont commencé à pêché là.

Plus de la moitié sont d'avis que les niveaux de populations de poissons n'ont pas changé depuis qu'ils ont commencé à pêcher.

Un peu plus de la moitié des répondants sont préoccupés par l'état des populations de poissons dans les lacs de la route Ingraham Trail.
La plus grande préoccupation concerne la population de truites. Tous les répondants s'inquiètent pour cette population.

Plus de la moitié indiquent que les mauvaises pratiques de pêche, y compris les hameçons à ardillon, et l'accroissement de la population de Yellowknife (plus de pêcheurs sur les lacs) ont un impact élevé sur les populations de poissons.

La principale raison expliquant pourquoi certains répondants ont arrêté de pêcher dans ces lacs est personnelle : ils n'ont pas le temps ou ils ont des enfants. Seulement un répondant a indiqué qu'il a arrêté de pêcher dans ces lacs en raison de sa perception en tant que pêcheur sportif : « Les poissons sont durs à attraper. Les seuls poissons que j'attrape sont des grands brochets. J'ai entendu dire que les stocks sont en déclins. J'aimerais que la pêche de subsistance soit suspendue pour quelques années. Il faudrait également diminuer le nombre de poissons que les pêcheurs sportifs peuvent capturer. »
Il y a deux principales raisons expliquant pourquoi certains ne remettent pas toujours leurs prises à l'eau. La première concerne le nombre limite de captures et la grosseur des poissons. La seconde est une préférence pour la truite plutôt que le grand brochet.
« Je ne garde que la truite. »
« Si j'attrape un grand brochet, je le remets à l'eau. »
La majorité des répondants qui ont commenté l'impact sur les lacs ont indiqué que le plus fort impact provient des bateaux motorisés et de l'augmentation de l'activité de pêche. De nombreux répondants se disaient également inquiets de l'utilisation des lacs et des pratiques de pêche, et ils aimeraient que les règles soient appliquées plus rigoureusement.
« Laisser les gens pêcher aux filets pendant la remontée, éduquer les gens, pratiquer une meilleure conservation. »
« Aucune limite pour les Autochtones qui forment la majeure partie de la population. »
« Les carcasses de caribou à Tibit. »
« Les gens se parlent dans des walkie-talkies et tuent les poissons. Il devrait y avoir un plus grand nombre de garde-pêche. Il y a trop de gens qui enfreignent les lois et qui ne sont pas punis. On devrait appliquer une meilleure conservation. »
« Pas assez de surveillance, aucune application des limites. »
Certains se préoccupent également du fait que le grand brochet a un impact sur d'autres populations de poissons et aimeraient qu'il y ait de l'ensemencement.
« Il faut ensemencer les bons poissons; les grands brochets mangent les petits poissons. »
« Ensemencer plus de truites, le grand brochet prend le contrôle. »
« Ensemencer et établir une fourchette de grosseurs. »
« Ensemencer les lacs et peut-être interdire l'accès à certains. »
« Réduire la population de grands brochets. La pisciculture pourrait être une bonne idée pour la truite grise, peut-être au lac River.
Certains ont fait des suggestions pour la conservation, la gestion et la remise à l'eau des prises.
« Il faut plus de garde-pêche et des droits de permis plus élevés; éduquer les gens sur les techniques de manutention du poisson; et faire appliquer les lois sur les lacs par la police. Il faut plus d'agents de conservation. Le Yellowknifer (journal) devrait changer son approche de la capture pour la conservation; ils prennent des photos de poissons dans des positions désagréables. La solution n'est pas l'ensemencement, mais la présence d'un plus grand nombre d'agents de conservation. »
« Une plus grande présence policière. »
« Il faudrait revoir la politique de remise à l'eau des prises. Ce n'est pas une bonne pratique de conservation. Les poissons capturés devraient être conservés. De cette façon, les pêcheurs à la ligne qui atteignent leur limite seraient obligés d'arrêter de pêcher plutôt que de passer le reste de la journée à blesser les poissons. »
« Il y a des gens qui laissent les entrailles des caribous qu'ils tuent sur le bord des lacs. Cela a peut-être un impact sur la grosseur du poisson. Les restes polluent peut-être les lacs ou créent des bactéries, etc. »
« J'espère que les changements qui seront apportés aux règlements, s'il y en a, seront fondés sur la science et non pas sur des sondages. »
« Ne pas mettre de calcium sur les routes. »
« Pensez aux poissons et appliquez de vraies limites restrictives. J'appuie également la remise à l'eau des prises. La pêche de subsistance a un énorme impact sur les poissons en migration et en période de fraie. Il faudrait ouvrir des routes vers d'autres lacs, cela réduirait la pression sur les lacs déjà accessibles. »
« Je crois que le gouvernement fait de son mieux pour réduire le déclin. »
« J'ai lu un article dans le journal. Réduire le nombre de poissons que les Autochtones peuvent pêcher. Ça ne sert à rien de baisser les quotas, il y aura un trop grand nombre de poissons qui se mangeront les uns les autres, ce qui fera baisser les stocks. »
« Interdire les moteurs à deux temps. Les barrages hydroélectriques doivent surveiller les séparateurs et les capteurs d'hydrocarbures, car la machinerie a des fuites. Il faut étudier le poisson davantage. Il y a trop de ruissellement qui provient des routes l'hiver et du sel épandus sur les autoroutes. Nous avons été témoins du massacre de 1 900 caribous au lac Bluefish; ils ont dû retirer les entrailles de la route avec des pelles et ils ont jeté les carcasses dans les lacs. »