Notes d'allocution de l'honorable Keith Ashfield lors de la mise à jour sur la construction de patrouilleurs dédiés en souvenir de héros canadiens
Le 9 novembre 2011
Halifax Shipyard Limited
Halifax (Nouvelle-Écosse)
SEUL LE TEXTE PRONONCÉ FAIT FOI
Bonjour Mesdames et Messieurs, et merci de vous être déplacés.
Pour la majorité des Canadiens, le 11 novembre – jour du Souvenir au Canada – est un jour où nous nous rappelons la bravoure des femmes et des hommes qui ont consenti le sacrifice ultime afin de protéger notre liberté et nos moeurs.
Chaque année, au jour du Souvenir, nous nous réunissons lors de grands ou de petits rassemblements partout au pays – devant les monuments commémoratifs de guerre du Canada, dans des auditoriums, ainsi que dans nos foyers – afin d’observer un moment de silence en l’honneur de nos héros tombés au combat.
Aujourd’hui le 9 novembre, nous soulignons un autre anniversaire solennel et commémoratif. Le 9 novembre 1917 – il y a exactement 94 ans – les amis et camarades de peloton du soldat James Peter Robertson qui se trouvaient au front de Passchendaele rédigeaient une lettre qu’ils envoyèrent à sa famille, pour lui annoncer la bravoure et la mort au combat du soldat.
La lettre disait ceci :
« Avec la mort de Pete, nous perdons un bon camarade et un ami que les officiers ainsi que des soldats estimaient beaucoup. Il a même refusé de monter en grade parce qu’il voulait simplement être « Pete » et rester avec ses confrères, plutôt que de devenir sous‑officier. »
et se poursuivait ainsi :
« C’était un bon soldat et il faisait bien son devoir... Il n’y avait pas meilleur soldat ni meilleur frère d’armes. »
Le soldat Robertson s’est enrôlé dans le 27e bataillon en 1915 et a reçu la Croix de Victoria pour sa bravoure remarquable durant l’assaut final de Passchendaele – une des plus grandes batailles de la Première Guerre mondiale. Seulement 94 Canadiens, dont le soldat Robertson, ont été décorés de la Croix de Victoria.
Le 6 novembre 1917, le soldat Robertson a pris la tête de son peloton dans une charge qui a permis aux Canadiens de s’emparer de la mitrailleuse de l’ennemi, et de le forcer ainsi à battre en retraite.
Le soldat Robertson a chargé seul vers la mitrailleuse. Il a tué quatre mitrailleurs avec sa baïonnette et a ensuite retourné la mitrailleuse contre l’ennemi. Son courage et sa détermination ont été l’inspiration qui a mené son peloton vers la victoire.
Portant lui-même la mitrailleuse qu’il venait de ravir à l’ennemi, le soldat Robertson a mené l’attaque de Passchendaele. En retournant sur ses positions, le peloton s’est aperçu que deux de ses tireurs d’élite étaient gravement blessés en dehors de la tranchée. De sa propre initiative, le soldat Robertson s’est alors aventuré en terrain inconnu pour sauver les deux hommes. Malgré sa position extrêmement dangereuse sous les feux ennemis, il a réussi à ramener un des blessés en lieu sûr. Malheureusement, le soldat Robertson a été tué en essayant de sauver l’autre soldat blessé.
Il n’avait que 34 ans.
Reconnu comme un des « neuf de Passchendale », il fait partie des neuf Canadiens à avoir reçu la Croix de Victoria pour la bravoure dont il a fait preuve au cours de cette bataille meurtrière.
Lorsque la Croix de Victoria a été présentée à la mère du soldat Robertson, le lieutenant gouverneur a déclaré : « Cette croix est bien petite, mais elle porte l’inscription À cœur vaillant, des mots qui ont une grande valeur. L’argent permet d’obtenir beaucoup de choses, avec de l’argent on peut acheter des titres, mais on ne peut pas acheter la Croix de Victoria. Elle doit être méritée, par la bravoure et par le devoir accompli. »
Aujourd’hui, j’ai l’honneur de dévoiler le premier navire de patrouille de la Garde côtière canadienne dédié en souvenir de héros canadiens. Le navire est baptisé NGCC Private Robertson V.C.
Aucun honneur, aucune médaille, ni aucun discours ne sont à la hauteur de l’héroïsme dont ce jeune et brave soldat a fait preuve, et aucune parole ne saurait décrire notre gratitude envers lui et sa famille pour son ultime sacrifice.
Aujourd’hui, nous avons l’honneur de partager cet hommage avec ses petites‑nièces, mesdames Lynne Tebay et Peggy Carlson, et ses arrières petits‑neveux Laurie Seitz et Tim Kassner, qui sont venus de l’Alberta et de la Colombie‑Britannique. Nous sommes fiers de baptiser ce navire à la mémoire de votre oncle.
Nous avons appelé cette classe de navires – dont neuf sont en construction – la classe Héro et chacun des neuf navires sera baptisé du nom d’un vrai héros canadien qui a fait passer le devoir avant sa propre sécurité afin de servir son pays. Ainsi, nous pourrons garder leur souvenir bien vivant et aider les générations futures à ne pas oublier leur sacrifice.
Comme de nombreux membres de la Garde côtière canadienne, des Forces canadiennes et de la Gendarmerie royale du Canada, le soldat Robertson a risqué sa vie afin de protéger notre pays, mais aussi notre liberté et nos valeurs.
Les navires de la Garde côtière sont des symboles puissants de sécurité et de sacrifice. En leur donnant des noms de héros comme celui du soldat Robertson, nous rendons à ceux-ci un hommage bien mérité.
Je suis fier de dévoiler ce navire aujourd’hui. Il sera le témoin de la mémoire du soldat Robertson, et de celle de tous nos héros morts au combat, et il inspirera la Garde côtière dans sa mission de servir et de protéger les Canadiens d’un océan à l’autre.
La citation gravée sur la Croix de Victoria du soldat James Peter Robertson se lit comme suit : « Pour un acte de bravoure remarquable et pour son sens du devoir exceptionnel au cours de l’assaut ».
Gardons le souvenir de son service vivant et gravons son sacrifice dans notre cœur cette journée d’aujourd’hui, celle du 11 novembre, de même que chaque jour que nous continuerons de vivre en liberté.
N’oublions jamais.
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