Bref historique de la carpe asiatique en Amérique du nord et des initiatives connexes au Canada
Mai 2012
Les années 1970
La carpe asiatique est introduite en Amérique du Nord. Dans le sud des États-Unis, la plupart des carpes ont été amenées pour être utilisées par l’industrie aquacole. Au Canada, la carpe asiatique est importée pour les besoins de l’industrie des produits de consommation vivants de la pêche.
En raison d’inondations dans le sud des États-Unis à partir des années 1970, la carpe asiatique s’échappe de leurs bassins de confinement et commence à envahir les plans d’eau douce. S’adaptant rapidement à cet environnement, deux espèces de carpe asiatique, la carpe à grosse tête et la carpe argentée, entament leur migration vers le nord par le bassin du Mississippi.
Les années 1990
Après une importante inondation dans l’Illinois et la décrue des eaux qui s’ensuit, on constate les premiers signes indiquant que la carpe asiatique est en train d’envahir ces milieux aquatiques. Parmi les nombreux poissons morts qui gisent sur la rive des rivières en décrue, 90 % sont des carpes asiatiques.
2003 - 2004
Le Canada participe à deux sommets sur la carpe asiatique qui se tiennent à Chicago dans le but d’examiner les stratégies de prévention de l’introduction de carpes asiatiques dans le lac Michigan.
Pêches et Océans Canada réalise une étude scientifique afin d’évaluer la probabilité que la carpe asiatique puisse survivre, se reproduire et avoir une incidence si elle s’introduisait en eaux canadiennes. Selon les conclusions de cette étude, le risque est élevé que quatre espèces de carpe asiatique envahissent certaines parties du Canada, y compris le sud du bassin des Grands Lacs.
Le personnel scientifique de Pêches et Océans Canada commence à contribuer à l’élaboration du Plan américain de contrôle et de gestion de la carpe asiatique et au sous-groupe sur la prévention.
2008
Le Canada entreprend des contrôles frontaliers éclairs de cargaisons entrant au Canada par voie terrestre et aérienne à la recherche de poissons vivants et, en particulier, de carpes asiatiques. Pêches et Océans Canada collabore avec plusieurs organisations pour fournir de la formation, de l’équipement et des protocoles. Depuis ce temps, plusieurs cargaisons terrestres de carpes asiatiques vivantes ont été interceptées; des accusations ont été portées et des condamnations, imposées.
2009
Durant l’été, de l’ADN de carpes asiatiques est découvert à 10 kilomètres du lac Michigan, signe que les carpes asiatiques sont beaucoup plus proches des Grands Lacs qu’on ne le croyait. En décembre, le Canada fournit de l’équipement et une expertise dans le cadre des efforts de confinement réalisés en Illinois afin d’empêcher la carpe asiatique de traverser le Chicago Sanitary and Ship Canal (canal d’évacuation sanitaire et de navigation de Chicago) et d’envahir les Grands Lacs. Le mécanisme de contrôle employé dans cette voie navigable consiste en une série d’obstacles électriques qui requiert une maintenance continue pour en assurer l’efficacité à long terme.
2010
La Colombie-Britannique interdit la possession et la vente de la carpe asiatique.
Au nom du gouvernement du Canada, la ministre des Pêches et Océans, Gail Shea, annonce le lancement d’une évaluation binationale des risques associés à la carpe asiatique pour le bassin des Grands Lacs, afin de déterminer les potentielles voies d’introduction des carpes à grosse tête et argentées dans les Grands Lacs et les principaux secteurs du bassin les plus vulnérables. Des chercheurs canadiens et américains participent à la rédaction du rapport et à l’examen par les pairs à titre d’experts scientifiques. Le gouvernement du Canada accorde quelque 415 000 $ à la réalisation de l’étude, sans compter les 4 millions $ prévus dans le budget 2010 pour soutenir le programme des espèces aquatiques envahissantes du Ministère et les 6,1 millions $ d’investissement annuel dans le programme de lutte contre la lamproie de mer.
2011
L’Ontario et le gouvernement du Canada collaborent à des simulations pour mettre à l’essai le cadre d’intervention rapide de la province et les systèmes de communication requis en cas d’introduction soudaine de la carpe asiatique en Ontario.
Les organismes fédéraux, étatiques et provinciaux ainsi que les établissements universitaires des deux côtés de la frontière achèvent une collaboration de 15 mois qui a permis la collecte de renseignements à jour sur l’évaluation des risques associés aux carpes argentées et à grosse tête. Cette collaboration binationale s'est poursuivie dans le cadre de la rédaction du rapport d'évaluation des risques impliquant des experts en espèces aquatiques d'organismes canadiens et américains. Ils ont rédigé un document d'évaluation des risques aux fins de l'examen par les pairs qui a consolidé le processus général.
________
Les Grands Lacs contiennent 21 p. 100 des réserves d’eau douce de surface du monde. On estime que les revenus annuels générés par les pêches commerciales et sportives, de même que par la lucrative industrie du tourisme et du loisir, dépassent les 9 milliards de dollars canadiens. (Source : Pêches et Océans Canada; Commission des pêcheries des Grands Lacs).
Communiqué :
FI-AC-12-15F
- Date de modification :