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Floraison d’algues toxiques dans l’estuaire du Saint-Laurent : conclusions des experts

Septembre 2008


Les experts de Pêches et Océans Canada et des organismes qui ont collaboré au suivi de la « marée rouge » observée dans l’estuaire du Saint-Laurent au cours du mois d’août 2008 concluent que cet événement d’une ampleur exceptionnelle aurait causé la plupart des mortalités de poissons, d’oiseaux et de mammifères marins qui ont été rapportées au cours de la même période. 

La floraison d’algues responsable de la marée rouge a été causée par Alexandrium tamarense, une algue toxique microscopique naturellement présente dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Les pluies abondantes à la fin du mois de juillet auraient vraisemblablement causé cette importante floraison qui a débuté dans le secteur de l’embouchure du fjord du Saguenay puis a dérivé avec les courants vers la rive sud de l’estuaire du Saint-Laurent jusque dans le secteur de Sainte-Anne-des-Monts. La marée rouge a vraisemblablement été dissipée par les forts vents qui ont sévi sur la côte nord de la Gaspésie au cours de la semaine du 18 août. Durant la période de la floraison, un nombre inhabituel de mortalités de poissons, d’oiseaux et de mammifères marins, dont neuf bélugas, a été observé et les résultats de l’ensemble des analyses effectuées sur les animaux échoués appuient l’hypothèse d’une intoxication de la chaîne alimentaire marine par l’algue responsable de la marée rouge.

Comme cette toxine provoque des troubles neurologiques passagers qui peuvent parfois entrainer la mort, Pêches et Océans Canada a procédé à la fermeture de tous les secteurs coquilliers de l’estuaire du Saint-Laurent en raison des risques à la santé humaine. Certains secteurs coquillers ont été rouverts depuis sur la recommandation de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, notamment sur la Côte Nord.

Santé Canada et l’Agence canadienne d’inspection des aliments recommandent à titre préventif de ne pas consommer le foie et les viscères de poissons et mollusques provenant de la zone où s’est produite la marée rouge. Cette recommandation s’applique pour quelques semaines, le temps que ces organismes se débarrassent naturellement de leurs toxines. Il est également recommandé d’éviter la consommation des viscères de toute capture provenant de la chasse à la sauvagine dans l’estuaire du Saint-Laurent au cours de l’automne. La consommation de la chair n’est pas une cause d'intoxication chez l'humain, et demeure donc sécuritaire. La toxine se retrouve en effet dans le système digestif des organismes contaminés (foie et hépatopancréas) et non pas dans la chair.

Des efforts conjoints importants ont été déployés au cours de ces évènements par les membres du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, notamment Pêches et Océans Canada, Parcs Canada, la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe, le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins et l’Institut national d’écotoxicologue du Saint-Laurent, auxquels se sont joints Environnement Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments et l’Institut des biosciences marines du Conseil national de la recherche du Canada, à Halifax.