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Les tortues de mer

Les tortues de mer existent depuis plus de 100 millions d’années. Deux des sept espèces se trouvent en eaux canadiennes : la tortue luth et la caouane.

Tortue luth

La tortue luth est le plus gros reptile de la planète – et la seule tortue marine qui ne possède pas une carapace dure. Elle peut mesurer jusqu’à 2,4 mètres de longueur et 3,6 mètres de largeur, et peser jusqu’à 725 kilos. Sa dossière, de couleur noir bleuté, est recouverte d’une peau coriace ayant l’aspect du cuir. La tortue luth possède des nageoires antérieures et postérieures (les antérieures généralement aussi longues que la moitié de la carapace), mais c’est la seule parmi les tortues marines dont les nageoires sont dépourvues de griffes. Le corps est profilé en goutte d’eau et le plastron (partie ventrale de la carapace) est blanc rosâtre. La partie antérieure de la tête présente une tache rose, le chanfrein, unique à chaque tortue luth.

Caouane
Photo : Avec la permission du Musée d’histoire naturelle de la Nouvelle-Écosse

La caouane a une tête massive munie de mâchoires arrondies et puissantes. Elle peut peser jusqu’à 100 kilos. La dossière, rigide et brun rougeâtre, peut mesurer jusqu’à un mètre de longueur. Le plastron est jaune, et les nageoires, bordées de blanc, sont brun foncé. La caouane entreprend de longues migrations : elle se trouve dans l’Atlantique Ouest à partir du Canada jusqu’à l’Argentine, dans le Pacifique Est à partir de l’Alaska jusqu’au Chili et dans le Pacifique Ouest en Asie.

Comptant parmi les plus anciennes espèces de la Terre, les tortues marines ont toujours été la proie de prédateurs naturels à terre et en mer, en particulier les oeufs et les nouveau-nés et durant les premières années de séjour en mer. Des recherches scientifiques donnent toutefois à penser que les activités de l’homme constituent aujourd’hui le plus grand risque pour ces reptiles, notamment :

  • Braconnage et pillage des nids - La chair, les oeufs, la carapace et l’huile de tortues marines sont très recherchées dans certains marchés asiatiques et européens.
  • Capture fortuite – Les tortues marines peuvent s’enchevêtrer dans les palangres, les filets maillants et les chaluts, d’où elles ont beaucoup de difficulté à s’extraire.
  • Aménagement du littoral – L’aménagement des côtes et la construction d’ouvrages de défense peuvent empêcher l’accès aux plages de nidification. Le dragage du plancher océanique, le trafic maritime, la construction et la perturbation du couvert végétal peuvent également avoir des effets néfastes.
  • Pollution et débris de mer – Les débris de mer, telles les matières plastiques, peuvent être confondus avec de la nourriture ou les tortues peuvent s’y enchevêtrer. Les polluants chimiques peuvent également avoir des effets dévastateurs sur la santé des tortues marines.
  • Changements climatiques – Les changements climatiques impliquent des changements dans la température et le niveau de l’eau et une augmentation du nombre de tempêtes de très forte intensité, ce qui peut avoir des incidences nuisibles sur le régime de reproduction des tortues marines et contribuer à la destruction de leur habitat.

Toutes les tortues marines de la planète figurent à la liste des espèces en péril (list of endangered species) de l’Union mondiale pour la nature (UICN). L’UICN tire le fondement de ses évaluations de la situation des tortues marines de relevés des activités de reproduction sur les plages de nidification. Selon ses évaluations, par exemple, la nidification de la tortue luth (Leatherback) dans les régions du Pacifique a décliné par plus de 80 pour 100. Dans d’autres parties de son aire de répartition, les déclins observés ne sont pas aussi graves, certaines populations montrant une activité de nidification à la hausse ou stable.

La tortue luth est aussi inscrite dans la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Le Canada a signé ce traité, tout comme nombre des pays qui abritent des populations de reproducteurs ou de migrateurs. La CITES vise à assurer que le commerce des espèces en péril n’en menace pas l’existence.

Pêches et Océans Canada participe, à titre de partenaire, au Canadian Sea Turtle Research Project, un projet de recherche canadien sur les tortues marines qui a pour but la surveillance de la répartition, des déplacements et de la dynamique des populations de tortue luth et d’autres tortues marines dans les eaux canadiennes. Au titre de cette collaboration, le Ministère tente de démontrer l’importance de protéger les juvéniles et les adultes afin d’assurer la pérennité de ces populations.

Au niveau du Pacifique, le MPO met en oeuvre depuis 2003 une stratégie nationale et un plan d’action pour le rétablissement de la tortue luth dans le but d’assurer la pérennité de l’espèce dans cette région. Au niveau de l’Atlantique, le Ministère collabore avec le Nova Scotia Leatherback Turtle Working Group et le Myers Research Lab de l’Université Dalhousie à Halifax dans le but d’atteindre un but semblable.

Au niveau international, l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (dont le Canada est membre) examine actuellement les prises fortuites de tortues marines afin d’assurer que toute tortue ainsi capturée soit manipulée correctement. Les membres de l’OPANO se partagent les données scientifiques recueillies sur les tortues marines.

Le Canada continue de travailler en étroite collaboration avec d’autres pays pêcheurs et par le biais d’organisations régionales de gestion des pêches pour assurer que les meilleures pratiques de gestion des tortues marines sont mises en oeuvre dans les pêches canadiennes et à l’échelon mondial. Plus particulièrement, le Canada cherche à continuer à collaborer avec des pays tels les États-Unis au titre du partage de données scientifiques et de la mise en oeuvre d’approches de gestion cohérentes des tortues marines dans les eaux de l’Atlantique Nord-Ouest.

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