Crevette

crevette
Nom :
Crevette
Nom latin :
Pandalus borealis
Groupe :
Invertébrés
Lieu :
Atlantique Nord
Engin de pêche :
Chalut à panneaux, casier
Saison de pêche :
Variable

Aperçu de l’espèce

Le Canada exporte plus de crevettes nordiques que tout autre pays du monde et la crevette se classe au quatrième rang, pour la valeur, parmi les exportations de mollusques et de crustacés du Canada. La crevette nordique est de loin la plus abondante des 30 espèces de crevettes que l’on trouve dans l’Atlantique canadien, représentant environ 97 p. 100 de toute la pêche commerciale dans la région. Les principaux marchés de la crevette canadienne sont l’Europe (Russie, Danemark et R.‑U.), l’Asie (Chine et le Japon) et les États-Unis.

Les populations de crevettes du Canada sont saines et gérées de façon durable. Les quotas annuels sont basés sur des avis scientifiques visant à maintenir la santé des populations.

Débarquements :
Au cours des dix dernières années, le total des débarquements de crevettes a atteint un sommet à 185 974 tonnes en 2007 et a diminué légèrement depuis. En 2013, 141 291 de tonnes ont été récoltées et en 2012, 148 874 tonnes de crevettes ont été récoltées. En 2011, 150 776 tonnes de crevettes ont été récoltées dans l’Atlantique canadien. Les débarquements de crevette nordique en 2011 s’élevaient à 146 862 tonnes.
Valeur :
En 2013, la valeur totale à l’exportation de la crevette canadienne est estimée a 319 million de dollars. En 2012, la valeur totale à l’exportation de la crevette canadienne (dont la crevette nordique, Pandalus montagui et la crevette de la Colombie-Britannique) s’est chiffrée à 345 millions de dollars. En 2011, la valeur à l’exportation de la crevette nordique est estimée à 342,8 millions de dollars. La valeur totale des débarquements de crevette était de 311,9 millions de dollars, dont 301,4 millions pour la crevette nordique à elle seule.
Situation et tendances de l’abondance :
Les indices d’abondance et de biomasse ont beaucoup augmenté à la fin des années 1990, atteignant des sommets record en 2006. Bien que les stocks aient diminué dans la partie plus au sud de leur aire, ils demeurent en bon état. Les débarquements sont toujours supérieurs à la moyenne des 15 dernières années.
Pêche :
Il y a 15 zones de pêche de la crevette dans l’Est du Canada. La pêche côtière est pratiquée du printemps à l’automne, tandis que les bateaux hauturiers peuvent pêcher pendant toute l’année.
Mesures de conservation :
Les mesures comprennent : un maillage minimal pour les filets, l’obligation d’utiliser la grille Nordmore pour tous les chaluts de pêche de la crevette, la surveillance en mer par les observateurs des pêches, l’utilisation des secteurs fermés (à la pêche), et la vérification à quai.

Renseignements sur l’espèce

Les crevettes sont des crustacés dotés d’une carapace dure dont ils doivent périodiquement se débarrasser (la mue) pour grandir. On les trouve principalement sur des fonds meubles et vaseux, entre 150 et 600 mètres sous le niveau de la mer. Les crevettes sont réparties dans tout l’Atlantique et le Pacifique Nord.

Dans les zones plus au Nord, la crevette vivrait plus de huit ans, tandis que dans le Sud, elle ne vivrait probablement que six ou sept ans. Les crevettes atteignent la maturité vers deux ans en tant que mâles puis, à l’âge quatre, se transforment en femelles. Les crevettes peuvent grandir jusqu’à environ 15 à 16 cm de longueur, même si la taille moyenne est à peu près de la moitié. Elles sont considérées exploitables lorsque la carapace atteint 18 millimètres de longueur. À ce stade, elles ont environ trois ans.

La crevette joue un rôle important dans la chaîne alimentaire marine. Elle se nourrit de diverses formes de zooplancton et constitue une proie importante pour les espèces de poisson de fond, surtout la morue, la merluche, le sébaste, le flétan noir et la plie.

Pêche

Il y a 15 zones de pêche de la crevette dans l’Est du Canada, entre le golfe du Saint-Laurent, la plate forme Scotian et le Nord-Ouest de Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi que dans le détroit de Davis.

La pêche côtière a lieu généralement du printemps à l’automne. Les bateaux hauturiers pêchent toute l’année dans l’Atlantique. Les pêcheurs de crevettes du Canada utilisent des chaluts à panneaux avec un maillage minimal de 40 millimètres. Les casiers sont utilisés seulement dans la zone de pêche de la crevette 15.

L’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest formule des recommandations sur les quotas annuels pour les zones de pêche de la crevette 1 et 7, tandis qu’un total autorisé de captures est établi par Pêches et Océans Canada pour les autres zones de pêche de la crevette dans les eaux canadiennes. Pour ce qui est des zones de pêche à la crevette 13, 14 et 15, le Ministère reçoit les recommandations du Comité consultatif de la crevette du plateau néoécossais avant d’établir les quotas annuels. Il n’y a pas de pêche sportive de la crevette dans l’Atlantique canadien.

Les produits de la pêche hauturière sont principalement congelés en mer avec la carapace, alors que les produits côtiers sont débarqués et transformés dans des usines en crevettes cuites et décortiquées.

Les pêches suivantes de la crevette (zones de pêche de la crevette) ont obtenu une écocertification du Marine Stewardship Council :

  • Pêche de la crevette nordique, côtière et hauturière (zones de pêche de la crevette 5‑10 et 12 dans le golfe du Saint-Laurent)
  • Pêche de la crevette sur la plate‑forme Scotian (zones de pêche de la crevette 13, 14 et 15).

Zones de pêche Atlantique de la crevette

Zones de pêche Atlantique de la crevette
Figure 1. Zones de pêche Atlantique de la crevette

La figure 1 est intitulée « Zones de pêche Atlantique de la crevette ». Il s’agit d’une carte indiquant la latitude sur l’axe x, de 45 à 70 degrés, et la longitude sur l’axe y, de 42 à 66 degrés. Elle montre les masses terrestres du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve-et-Labrador et du Groenland. Des lignes servent à délimiter les zones de pêche de la crevette (ZPC) 2 à 16 : la ZPC 2, celle la plus au nord, près du Groenland; les ZPC 4 et 5, près du Labrador; les ZPC 6, 7 et 8, situées autour de Terre-neuve; les ZPC 9, 10 et 12, près de l’île d’Anticosti; et les ZPC 13 à 16 sur le plateau néo-écossais. Trois zones interdites y sont aussi délimitées : la première au nord du Labrador, la deuxième au sud du Labrador, et la troisième près de l’île de Terre-Neuve.
De plus, la carte montre la limite de 200 miles (ligne pointillée bleue) et la limite de 200 miles nautiques (ligne pointillée noire).

Débarquements de crevette – Perspective historique

Débarquements de crevette
Figure 2. Débarquements de crevettes et total autorisé des captures (1990-2009)

La figure 2 est intitulée « Débarquements de crevette et total autorisé des captures (1990-2009) ». Il s’agit d’un graphique à colonnes empilées illustrant la tendance des quotas et des débarquements historiques de crevette enregistrés pour les pêcheurs canadiens dans toutes les zones de pêche pendant la période s’échelonnant de 1990 à 2008. L’axe x indique les années par intervalles de 4, tandis que l’axe y indique les débarquements par paliers de 50 000 tonnes, de 0 à 250 000 tonnes. Le graphique indique une augmentation des débarquements de crevettes de 1990 à 2006, et un léger déclin jusqu’à aujourd’hui. Le quota, ou total autorisé des captures, est indiqué pour chaque année à partir de 1990, au moyen d’une ligne rouge.

Mesures de conservation

Toutes les pêches de la crevette de l’Est du Canada sont soumises à une gamme des mesures de gestion visant à promouvoir l’exploitation durable des ressources de crevettes, à minimiser les risques de prises accessoires d’autres espèces et à protéger la biodiversité dans les zones de pêche. La réglementation comprend :

  • des quotas annuels sous forme de totaux autorisés de captures
  • des quotas individuels, tant pour le secteur côtier que pour le secteur hauturier
  • des permis à accès limité
  • un maillage minimal de 40 millimètres qui empêche la capture des jeunes crevettes
  • l’utilisation obligatoire d’une grille séparatrice afin de limiter le plus possible les prises accessoires d’espèces non ciblées
  • la fermeture de certaines zones à la pêche au chalut afin de protéger les espèces sensibles comme les coraux
  • des règles sur les rejets
  • la surveillance en mer par des observateurs de la pêche à toutes les sorties de la flottille de gros bateaux
  • la surveillance en mer par des observateurs de la pêche selon un pourcentage prescrit, par région, pour les sorties de la flottille de petits bateaux
  • la vérification à quai de tous les débarquements de crevettes des bateaux de moins de 100 pieds de longueur

Tous les chalutiers de crevette doivent utiliser une grille séparatrice Nordmore (voir l’image). Cette grille permet de réduire largement les prises accessoires de poisson de fond puisque les poissons sont acheminés vers un triangle de sortie dans le panneau supérieur de l’engin. En 1997, la flottille hauturière a obtenu le prix de l’environnement de la Nouvelle-Écosse pour ses efforts en vue de réduire les prises accessoires.

chalutiers de crevette
Grille Nordmore

La figure 3 est une illustration de grille Nordmore. Ce dispositif permet aux poissons plus gros pris accidentellement dans un cul-de-chalut ou un filet de fond de s’en échapper. Il consiste en un entonnoir de guidage que les poissons suivent pour s’échapper du cul-de-chalut ou un filet de fond. L’illustration montre une « ouverture pour des prises accessoires », qui permet aux poissons de s’échapper du cul-de-chalut sans que les pêcheurs aient à interrompre leurs opérations de pêche normales.

Estimations de la population

Selon la plus récente évaluation des stocks de crevettes :

  • Partie nord du golfe du Saint-Laurent (ZPC 8, 9, 10 et 12) : Le principal indicateur révèle que les quatre stocks que comporte cette pêche se trouvaient dans la zone saine en 2011. En 2011, l’indicateur d’état du stock a augmenté de plus de 40 % dans l’estuaire et le chenal Esquiman, alors qu’en 2010, il avait diminué d’environ 25 % à Sept-Îles et à l’île d’Anticosti.
  • Plateau néo-écossais (ZPC 13 à 16) : La biomasse a atteint son apogée en 2009. Même si elle a commencé à décliner à partir de 2011, elle demeure dans la zone saine.
  • Pêche de la crevette nordique (ZPC 0 à 7) : Au cours des dernières années, les stocks ont diminué au sud, mais sont demeurés stables ou ont augmenté au nord.

Renseignements supplémentaires