
Le Canada exporte plus de crevettes nordiques que tout autre pays du monde et la crevette se classe au quatrième rang, pour la valeur, parmi les exportations de mollusques et de crustacés du Canada. La crevette nordique est de loin la plus abondante des 30 espèces de crevettes que l’on trouve dans l’Atlantique canadien, représentant environ 97 p. 100 de toute la pêche commerciale dans la région. Les principaux marchés de la crevette canadienne sont l’Europe (Russie, Danemark et R.‑U.), l’Asie (Chine et le Japon) et les États-Unis.
Les populations de crevettes du Canada sont saines et gérées de façon durable. Les quotas annuels sont basés sur des avis scientifiques visant à maintenir la santé des populations.
Les crevettes sont des crustacés dotés d’une carapace dure dont ils doivent périodiquement se débarrasser (la mue) pour grandir. On les trouve principalement sur des fonds meubles et vaseux, entre 150 et 600 mètres sous le niveau de la mer. Les crevettes sont réparties dans tout l’Atlantique et le Pacifique Nord.
Dans les zones plus au Nord, la crevette vivrait plus de huit ans, tandis que dans le Sud, elle ne vivrait probablement que six ou sept ans. Les crevettes atteignent la maturité vers deux ans en tant que mâles puis, à l’âge quatre, se transforment en femelles. Les crevettes peuvent grandir jusqu’à environ 15 à 16 cm de longueur, même si la taille moyenne est à peu près de la moitié. Elles sont considérées exploitables lorsque la carapace atteint 18 millimètres de longueur. À ce stade, elles ont environ trois ans.
La crevette joue un rôle important dans la chaîne alimentaire marine. Elle se nourrit de diverses formes de zooplancton et constitue une proie importante pour les espèces de poisson de fond, surtout la morue, la merluche, le sébaste, le flétan noir et la plie.
Il y a 15 zones de pêche de la crevette dans l’Est du Canada, entre le golfe du Saint-Laurent, la plate‑forme Scotian et le Nord-Ouest de Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi que dans le détroit de Davis.
La pêche côtière a lieu généralement du printemps à l’automne. Les bateaux hauturiers pêchent toute l’année dans l’Atlantique. Les pêcheurs de crevettes du Canada utilisent des chaluts à panneaux avec un maillage minimal de 40 millimètres. Les casiers sont utilisés seulement dans la zone de pêche de la crevette 15.
L’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest formule des recommandations sur les quotas annuels pour les zones de pêche de la crevette 1 et 7, tandis qu’un total autorisé de captures est établi par Pêches et Océans Canada pour les autres zones de pêche de la crevette dans les eaux canadiennes. Pour ce qui est des zones de pêche à la crevette 13, 14 et 15, le Ministère reçoit les recommandations du Comité consultatif de la crevette du plateau néoécossais avant d’établir les quotas annuels. Il n’y a pas de pêche sportive de la crevette dans l’Atlantique canadien.
Les produits de la pêche hauturière sont principalement congelés en mer avec la carapace, alors que les produits côtiers sont débarqués et transformés dans des usines en crevettes cuites et décortiquées.
Les pêches suivantes de la crevette (zones de pêche de la crevette) ont obtenu une écocertification du Marine Stewardship Council :
La figure 1 est intitulée « Zones de pêche Atlantique de la crevette ». Il s’agit d’une carte indiquant la latitude sur l’axe x, de 45 à 70 degrés, et la longitude sur l’axe y, de 42 à 66 degrés. Elle montre les masses terrestres du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve-et-Labrador et du Groenland. Des lignes servent à délimiter les zones de pêche de la crevette (ZPC) 2 à 16 : la ZPC 2, celle la plus au nord, près du Groenland; les ZPC 4 et 5, près du Labrador; les ZPC 6, 7 et 8, situées autour de Terre-neuve; les ZPC 9, 10 et 12, près de l’île d’Anticosti; et les ZPC 13 à 16 sur le plateau néo-écossais.
Trois zones interdites y sont aussi délimitées : la première au nord du Labrador, la deuxième au sud du Labrador, et la troisième près de l’île de Terre-Neuve.
De plus, la carte montre la limite de 200 miles (ligne pointillée bleue) et la limite de 200 miles nautiques (ligne pointillée noire).

La figure 2 est intitulée « Débarquements de crevette et total autorisé des captures (1990-2009) ». Il s’agit d’un graphique à colonnes empilées illustrant la tendance des quotas et des débarquements historiques de crevette enregistrés pour les pêcheurs canadiens dans toutes les zones de pêche pendant la période s’échelonnant de 1990 à 2008. L’axe x indique les années par intervalles de 4, tandis que l’axe y indique les débarquements par paliers de 50 000 tonnes, de 0 à 250 000 tonnes. Le graphique indique une augmentation des débarquements de crevettes de 1990 à 2006, et un léger déclin jusqu’à aujourd’hui. Le quota, ou total autorisé des captures, est indiqué pour chaque année à partir de 1990, au moyen d’une ligne rouge.

Débarquements de crevettes et total autorisé des captures (1990-2009)
Source : MPO
Toutes les pêches de la crevette de l’Est du Canada sont soumises à une gamme des mesures de gestion visant à promouvoir l’exploitation durable des ressources de crevettes, à minimiser les risques de prises accessoires d’autres espèces et à protéger la biodiversité dans les zones de pêche. La réglementation comprend :
Tous les chalutiers de crevette doivent utiliser une grille séparatrice Nordmore (voir l’image). Cette grille permet de réduire largement les prises accessoires de poisson de fond puisque les poissons sont acheminés vers un triangle de sortie dans le panneau supérieur de l’engin. En 1997, la flottille hauturière a obtenu le prix de l’environnement de la Nouvelle-Écosse pour ses efforts en vue de réduire les prises accessoires.
La figure 3 est une illustration de grille Nordmore. Ce dispositif permet aux poissons plus gros pris accidentellement dans un cul-de-chalut ou un filet de fond de s’en échapper. Il consiste en un entonnoir de guidage que les poissons suivent pour s’échapper du cul-de-chalut ou un filet de fond. L’illustration montre une « ouverture pour des prises accessoires », qui permet aux poissons de s’échapper du cul-de-chalut sans que les pêcheurs aient à interrompre leurs opérations de pêche normales.

Grille Nordmore
Source : MPO
Selon la plus récente évaluation des stocks de crevettes :