
Le pétoncle géant est un mollusque bivalve et l’une des espèces les plus importantes de la catégorie des mollusques et crustacés à valeur commerciale du Canada. Il est probablement mieux connu pour sa magnifique coquille circulaire distinctive, qui peut atteindre 20 cm de diamètre.
La pêche est gérée au moyen de six zones géographiques appelées zones de pêche du pétoncle, qui s’étendent du banc Saint-Pierre au large de la côte Sud de Terre-Neuve, jusqu’au banc Georges au large de la côte Sud de la Nouvelle-Écosse. Les principaux marchés d’exportation du pétoncle de l’Est du Canada sont les États-Unis et la France.
Les populations (hauturières) de pétoncle de l’Est du Canada sont saines et gérées de façon durable. Actuellement, le niveau de la biomasse est supérieur à sa médiane à long terme et les quotas de pêche annuels sont fondés sur des avis scientifiques axés sur le maintien de la santé de la population.
Le pétoncle vit sur des fonds de gravier ou de sable et forme de denses concentrations ou gisements. On le trouve à des profondeurs d’aussi peu que 10 mètres ou aussi grandes que 384 mètres. Les gisements hauturiers exploitables sont situés sur des bancs, dont la profondeur varie entre 35 et 120 mètres. En moyenne, il faut de 4 à 5 ans au pétoncle géant pour atteindre une taille commerciale. Son espérance de vie est de 21 ans.
Le pétoncle est un organisme filtreur qui consomme principalement du plancton en suspension dans la colonne d’eau. Avant de s’établir sur le fond, la mortalité parmi les pétoncles est élevée, car les larves peuvent être la proie de plus grands organismes, comme certaines espèces de zooplancton et de poissons, ou transportées loin des habitats favorables par les courants. Les principaux prédateurs des pétoncles adultes sont les étoiles de mer, les crabes, les homards et divers poissons de fond.
La pêche hauturière du pétoncle se déroule exclusivement à l’intérieur de la zone économique de 200 milles du Canada, principalement sur le banc Georges (zone de pêche du pétoncle 27), mais aussi sur le banc de Brown et le banc German (zone de pêche du pétoncle 26), dans l’Est de la plate‑forme Scotian (zone de pêche du pétoncle 25) et sur le banc de Saint-Pierre (zones de pêche du pétoncle 10, 11 et 12).
À quelques exceptions près, la pêche est pratiquée toute l’année. Par exemple, elle a lieu de juin à octobre sur le banc German, afin d’éviter les conflits avec celle du homard qui s’y déroule de novembre à mai. Il y a deux fermetures précises sur le banc Georges : environ sept semaines en février et mars pour protéger la morue en pleine période de reproduction et au mois de juin pour protéger la limande à queue jaune.
La flottille de pétoncliers hauturiers comprend deux sortes de bateaux :
La figure 1 est intitulée « Zones de pêche du pétoncle (hauturier) ». Il s’agit d’une carte de la portion est du Canada et des ÉtatsUnis qui montre les principales zones de pêche hauturière. Ces zones sont : les zones de pêche du pétoncle (ZPP) 10, 11 et 12, près du Banc de SaintPierre et de l’île de Terreneuve; la ZPP 25, qui comprend le banc Banquereau et la partie est du plateau néécossais; la ZPP 26, qui comprend le banc de Browns; et la ZPP 27, qui comprend les souszones A et B du banc de Georges. La limite de 200 milles marins, à partir de la ligne de côte, est tracée sur la carte. Est aussi délimitée sur la carte chacune des zones de pêche en eaux canadiennes.

Source : MPO
Le 25 mars 2010, la pêche du pétoncle géant dans l’Est du Canada a obtenu du Marine Stewardship Council (MSC) son écocertification de pêche bien gérée et durable. C’est la première pêche du pétoncle en Amérique du Nord à recevoir l’écocertification du MSC.
Les mesures de conservation comprennent :
Actuellement, six entreprises détiennent des permis de pêche hauturière du pétoncle. Chacune obtient un pourcentage (allocation d’entreprise) du total autorisé des captures annuel dans chaque zone de pêche du pétoncle. Ces allocations d’entreprise ont été établies au départ d’après le rendement historique de pêche et le nombre de permis détenus par chaque entreprise à ce moment.
L’industrie gère volontairement des fermetures qui visent à protéger les zones où l’on trouve de grandes concentrations de jeunes pétoncles. Sur le banc Georges, les prises accessoires sont régulièrement surveillées par des observateurs indépendants et la flottille continue de chercher des moyens de réduire les prises accessoires d’espèces de poisson de fond.
L’application des mesures de conservation inclut des inspections en mer, des activités fréquentes de surveillance aérienne, la présence d’observateurs indépendants à bord, un système de surveillance des navires et une vérification indépendante complète de toutes les prises débarquées.
Le plan de gestion intégrée de cette pêche est en vigueur depuis 2000 et est en révision pour 2011.
La figure 2 est intitulée « Débarquements des pétoncles hauturiers – Perspective historique ». Il s’agit d’un graphique à barres dont l’axe y indique les débarquements en tonnes métriques (de 0 à 10 000, par paliers de 1 000) et l’axe x indique l’année où ceuxci ont été enregistrés (de 1990 à 2010). Les débarquements enregistrés dans chacune des ZPP (10, 11, 12, 25, 26 et 27) sont montrés à l’aide de couleurs différentes. Les débarquements totaux ont fluctué au cours des années, atteignant des taux record en 1995 et en 2004 et connaissant un léger déclin depuis 2008.

Source : MPO
Dans l’ensemble, les populations de pétoncles (hauturiers) de l’Est du Canada sont saines et gérées de façon durable. Actuellement, la biomasse est supérieure à la médiane à long terme et les quotas de pêche annuels sont fondés sur des avis scientifiques visant à maintenir la santé de la population.
Dans la région du banc Georges, la biomasse des pétoncles « entièrement recrutés » (adultes, pouvant être exploités commercialement) a été estimée à 18 320 tonnes (poids des chairs excluant les coquilles) en 2009. Il s’agissait d’une baisse par rapport à l’estimation de 20 760 tonnes de 2008, mais tout de même un niveau bien supérieur à la biomasse médiane des 28 dernières années qui est de 10 405 tonnes.
La cohorte extrêmement grande de « prérecrues » observée au cours du relevé d’évaluation du stock de 2008 a commencé à s’intégrer à la population exploitable en 2010, et l’on s’attend à ce que le niveau de la biomasse commerciale soit beaucoup plus élevé dans les années à venir. (Avis scientifique 2010/036).
Actuellement, Pêches et Océans Canada tente de trouver de nouveaux points de référence de la biomasse afin d’officialiser l’approche de précaution pour la gestion de cette espèce.