
La morue charbonnière est l'une des espèces de la côte Ouest du Canada qui a le plus de valeur. Ce poisson de grands fonds est présent dans l'océan Pacifique aussi loin au nord que la mer de Béring et aussi loin au sud que le Japon et la Californie. La morue charbonnière vit dans les eaux tempérées de plateau et de talus à des profondeurs pouvant atteindre 1 500 mètres.
Plus de 74 % de la morue charbonnière du Canada est exportée au Japon. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont les autres principaux marchés du Canada. Les pêcheurs commerciaux canadiens de la morue charbonnière ont obtenu l'écocertification du Marine Stewardship Council.
La morue charbonnière peut s'avérer une grande migratrice; en effet, le suivi de morues étiquetées a montré qu'elles migrent des eaux intérieures du détroit d'Hécate et des bras de mer continentaux vers les eaux au large de la Colombie-Britannique, aussi loin au nord que les îles Aléoutiennes et au sud dans les eaux américaines au large de l'Oregon. Le poisson le plus âgé qui ait été capturé dans les eaux de la Colombie-Britannique était âgé de 92 ans.
L’âge, le taux du croissance et la maturité de la morue charbonnière varient nettement en fonction du territoire et des profondeurs. La croissance initiale est rapide, et les femelles matures atteignent une longueur de 55 cm entre 3 et 5 ans. De larges classes d’âge se produisent infréquemment. La plupart des périodes de production des stocks sont caractérisées par des périodes de recrutement faibles à moyennes.
Les premiers débarquements de morue charbonnière qui ont été enregistrés remontent à 1913. Même si les premières captures étaient des captures accessoires, au Canada la pêche de la more charbonnière en tant que pêche ciblée a connu une croissance rapide à la fin des années 1970 et au début des années 1980. En 1981, la pêche de la morue charbonnière se limitait à 48 permis et ce nombre est toujours le même. En 1990, un système de quota individuel par bateau a été adopté pour attribuer des quotas précis aux bateaux munis d'un permis de pêche; ces quotas étaient fondés sur les données historiques concernant leurs prises. En permettant la pêche à longueur d'année, ce système de gestion a éliminé le « derby » de pêche de courte durée, extrêmement compétitif et difficile à contrôler. En plus de la surveillance indépendante de la pêche, le système garantit aussi que la pêche ne dépasse pas le total autorisé de captures.
La saison de pêche commerciale de la morue charbonnière débute le 21 février et se termine le 20 février de l'année suivante. Les quotas sur le total autorisé des captures sont attribués aux Premières Nations, à la recherche et aux pêches commerciales. Un petit pourcentage du TAC est aussi consacré à la collecte du stock de géniteurs aux fins de l'aquaculture.
À l'échelle commerciale, les pêcheurs titulaires de pêchent la morue charbonnière sur toute la longueur de la côte dans le cadre de pêches dirigées au moyen de pièges à longue ligne et de leurs hameçons, tandis que les pêcheurs titulaires utilisent des chaluts. Le secteur de la pêche au chalut reçoit 8,75 % du total autorisé de captures pour la pêche commerciale. On utilise aussi des hameçons et des longues lignes pour pêcher la morue charbonnière dans le cadre de la pêche dirigée du flétan du Pacifique, du sébaste, de la morue-lingue et de l'aiguillat commun; ces pêches font aussi l'objet d'une surveillance totale et un quota doit être attribué pour rendre compte des captures de morue charbonnière. En vertu du règlement, toute morue charbonnière de moins de 55 cm de longueur à la fourche doit être remise en mer.
La figure 1 a pour sous-titre « Zones de pêche à la morue charbonnière ». Il s'agit d'une carte montrant les zones de pêche à la morue charbonnière situées au large de la partie continentale de la Colombie-Britannique. La zone couverte par la carte va de la frontière canado-américaine à l'Alaska (au nord) et de celle-ci jusqu'à l'État de Washington (au sud). La carte comprend également le large des côtes de l'île de Vancouver et des îles de l'archipel Haida Gwaii (îles de la Reine-Charlotte). Les coordonnées de latitude (du 46e au 54e degré nord) et de longitude (du 136e au 124e degré ouest) sont indiquées le long de tous les côtés de la carte. La carte montre les masses terrestres canadienne et américaine ainsi que l'océan Pacifique. Les limites des zones de pêche à la morue charbonnière figurent sur la carte et les zones principales sont toutes numérotées : (de bas en haut) 3C, 3D, 5A, 5B, 5C, 5E et 5D. L'ensemble des sous-zones sont également numérotées, tandis que les villes clés (Campbell River, Port Hardy, Bella Bella et Prince Rupert) sont localisées sur la carte.

Figure 1. Zones de pêche de la morue charbonnière
La Canadian Sablefish Association et Pêches et Océans Canada concluent des ententes de collaboration annuelles depuis les années 1990 dans le but d'accomplir conjointement les activités d'évaluation, de gestion et d'application des lois et règlements.
Pêches et Océans Canada collabore étroitement avec l'industrie de la morue charbonnière à l'élaboration d'un plan d'évaluation du stock et à la formulation du plan de pêche de la morue charbonnière contenu dans le Plan de gestion intégrée des pêches du poisson de fond (PDF 2,9 Mo) (anglais seulement).
Parmi les mesures de conservation figurent la collecte de données fiables sur le stock et la surveillance des pêches, l'élaboration d'une méthode d'évaluation, ainsi que l'application de la règle de décision de pêche conforme à l'approche de précaution du Canada concernant la prise de décisions concernant les pêches. La procédure de gestion de la morue charbonnière comprend des avis sur les taux de captures qui satisfont aux objectifs particuliers en matière de conservation et de croissance du stock à court terme et à long terme.
La limite du total autorisé des captures est aussi une mesure de gestion clé qui est utilisée pour mettre à exécution les avis visant les captures. Cette limite est mise en application au moyen d'un programme intégré de journaux de bord obligatoires, de la surveillance vidéo à 100 % en mer des prises, ainsi que de la validation à quai de tous les débarquements. Ce Programme d'intégration de la pêche commerciale du poisson de fond oblige les pêcheurs individuels à rendre compte de toutes les prises de morue charbonnière sans égard au permis sous lequel ils pêchent. L'industrie du poisson de fond a participé activement à l'établissement de normes de surveillance et à la recommandation de mesures correctives lorsque les captures déclarées sont inférieures aux normes.
Parmi les autres mesures de conservation figurent :
Depuis 1969, les débarquements annuels totaux se sont situés entre 2 290 tonnes (2003) et 7 410 tonnes (1975), la moyenne des débarquements s'établissant à 4 740 tonnes environ entre 1969 et 1999. Les débarquements ont baissé à 2 350 tonnes en 2010, lorsque le total autorisé de captures a été réduit.
La figure 2 a pour sous-titre « Prises commerciales annuelles de morue charbonnière conservées (période de 1913 à 2010) ». Le sous-titre comprend un renvoi à un bas de page où sont décrits les autres éléments de la légende du tableau : les lignes pointillées verticales représentent la période d'application du Programme des observateurs en mer visant la pêche au chalut (1996 à 2006) et la surveillance en 2006 des prises dans tous les secteurs de la pêche du poisson de fond. Le cercle représente les totaux de prises relâchées. L'axe des y du diagramme sert à la fois de mesure des débarquements conservés et de mesure du volume de poissons capturés relâchés en tant que prises accessoires. L'axe s'étend de 0 à 7 500 tonnes et est divisé en tranche de 500 tonnes (seuls les multiples de 1 000 apparaissent – 1 000, 2 000, 3 000, etc.). L'axe des x comprend les années de chaque décennie allant de 1910 à 2010, tandis que les barres représentant les débarquements et les remises à l'eau commencent à l'année 1913. Le tableau montre que le poids des captures de morue charbonnière est demeuré relativement constant entre 1919 et 1968 (des volumes très élevés ont été enregistrés en 1914 et en 1915, ce qui fait contraste avec les années avant et après). Les débarquements de morue charbonnière ont déjà été très importants, en 1970 et en 1972 (entre 5 000 et 6 000 tonnes), et ont connu un pic de plus de 7 000 tonnes en 1975 et en 1976. Après cette période, les débarquements ont en général été de 3 500 à 5 000 tonnes. Ils connaissent toutefois une lente baisse depuis 2007, d'où ils sont passés de 3 000 à 2 500 tonnes, puis à 2 000 tonnes, en 2010. À partir de 1966 et pour chaque année suivante, un cercle représente la quantité (en tonnes) de morue charbonnière remise à l'eau. C'est en 1979 et en 1980 que cette quantité a été le plus élevée, affichant plus de 2 000 et 1 500 tonnes, respectivement. Au cours de la dernière décennie, le poids total de morue charbonnière remise à l'eau s'est situé aux alentours de 500 tonnes.

Figure 2. Débarquements annuels de morue charbonnière (barres verticales) et rejets (cercles) entre 1913 et 20101
1 Les lignes pointillées verticales indiquent l'introduction des observateurs de chalut en mer en 1996 et la surveillance des captures de tous les poissons de fond à compter de 2006. Les cercles représentent les estimations de rejets de morues charbonnières.
Les données sur l'abondance du stock de morue charbonnière et les données biologiques proviennent d'un relevé spécial indépendant de la pêche effectué en collaboration par Pêches et Océans Canada et la Canadian Sablefish Association. Ces données sont utilisées chaque année pour formuler des avis sur les captures, y compris sur le total autorisé de captures pour la saison de pêche.
Selon les estimations, le stock reproducteur se situe actuellement sous la biomasse au rendement maximal soutenu. On estime que la morue charbonnière se situe actuellement entre le milieu de la zone de prudence et le bas de la zone saine, selon le Cadre décisionnel pour les pêches intégrant l’approche de précaution du Canada. Les estimations indiquent qu'au cours des dernières années le stock de morue charbonnière a fait l'objet d'une pêche à un taux légèrement supérieur ou légèrement inférieur au taux de récolte optimal; toutefois, l'application uniforme de la procédure de gestion de la morue charbonnière devrait se traduire par des taux de récolte légèrement sous le taux de récolte optimal et un taux de rentabilité élevé en moyenne.